Toast lors du dîner offert par le président de la République slovaque

Monsieur le président de la République,

Madame GAŠPAROVIČA,

Monsieur le Président du Conseil national,

Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs,

Je veux d’abord vous dire toute la reconnaissance pour l’accueil que vous m’avez réservé comme président de la République française. C’était un honneur d’être le premier chef de l’Etat à venir ici, en Slovaquie, pour le vingtième anniversaire de votre indépendance.

Les épisodes que nous avons traversés, Slovaques et Français, dans notre histoire, sont nombreux. Ils nous rapprochent. L’exposition remarquable que vous avez inaugurée avec moi cet après-midi en témoigne. Son titre m’a frappé. On y parle des trésors méconnus de notre histoire commune. Notre devoir, c’est de rappeler l’histoire. L’histoire qui nous réunit. L’histoire qui nous permet de mieux nous comprendre et de tirer des leçons.

Je souhaite que ma visite permette à nos deux peuples de mieux se connaître encore, et que nombreux soient mes compatriotes à venir visiter, à leur tour, un pays si proche de nous. Proche par la géographie, sûrement. Proche aussi par la politique.

Monsieur le Président, vous avez évoqué le Général STEFANIK qui est en effet un symbole. Il était à la fois slovaque et français. Il servait avec la même passion, la même ferveur, ses deux patries. Il demanda de conserver la nationalité française alors même qu’il devenait ministre de la Guerre de votre pays. Il avait souhaité être enterré avec la Légion d’Honneur, qui lui avait été décernée par la République française, alors même qu’il se dévouait pour la Tchécoslovaquie indépendante.

Sa mort, dans des conditions dramatiques, provoqua une grande émotion en France. Nous en avons d’ailleurs eu la preuve lors de l’exposition sur les mémoires communes, en voyant les archives du Quai d’Orsay où les autorités françaises de l’époque évoquent leur « grande douleur » à la suite de la perte de ce grand homme.

La reconnaissance envers le Général STEFANIK se poursuit jusqu’à ce jour et même jusqu’aux confins du Pacifique, puisqu’à Papeete, en Polynésie, le lieu-même où le Général faisait ses observations astronomiques, porte désormais son nom.

Un autre moment fort de notre histoire furent les combats qui nous assurèrent la victoire contre le nazisme. Je veux saluer le soulèvement national slovaque en 1944.

Plus tard, à la fin de l’année 1989, la France fut encore à vos côtés dans le soutien qu’elle vous apporta dans la « Révolution de velours », qui conduisit à la fondation de la République slovaque.

Je vous remercie d’avoir évoqué la présence de François MITTERRAND, qui encouragea la Tchécoslovaquie à être pleinement dans l’Europe. Aujourd’hui, la Slovaquie est dans l’Union européenne. Vous fêterez bientôt le 10ème anniversaire de votre adhésion. Mais la Slovaquie a encore fait davantage puisqu’elle est membre de la zone euro depuis cinq ans.

Je veux saluer le parcours de la Slovaquie durant ces deux dernières décennies. La Slovaquie est dotée d’institutions démocratiques, d’une économie solide et d’une stabilité, que son appartenance à la zone euro vient encore renforcer.

Ma visite était aussi l’occasion de rappeler, avec le Premier ministre, notre engagement pour une nouvelle orientation de la construction européenne. Nous voulons, Slovaques et Français, renforcer la gouvernance de la zone euro, lui donner une dimension sociale, lutter contre le chômage, notamment celui des jeunes et promouvoir la croissance.

Ce que nous avons conclu aujourd’hui, à travers ce partenariat stratégique, c’est justement la capacité de mettre en œuvre, sur l’énergie, sur les nouvelles technologies, sur le numérique, de nouvelles ambitions.

Dans le forum économique qui a été organisé - je veux remercier le Président de la Chambre de Commerce - nous avons pu rapprocher encore davantage nos entreprises et insister sur la coopération scientifique que nous devons porter, notamment sur les questions énergétiques puisque la France et la Slovaquie portent un projet d’un réacteur de nouvelle génération.

Monsieur le Président, je garderai un souvenir particulier de cette journée ici à Bratislava. Je parle bien sûr de l’accueil que vous nous avez, tout au long de cette journée, réservé.

Elle restera également gravée dans ma mémoire pour une autre raison. C’est ici, à Bratislava, que le Président du Niger m’a appris la libération de quatre de nos compatriotes qui étaient détenus depuis plus de trois ans dans le Sahel. J’ai pu annoncer, à leurs familles, d’ici même, de Slovaquie, l’heureuse nouvelle. Imaginez leur joie après tant de souffrances, tout en n’oubliant rien des conditions que ces otages ont pu vivre, et dans lesquelles ils ont souffert dans leur chair. Je suis particulièrement, dans cet instant, soucieux d’évoquer cette émotion, et vous dire combien l’appui que vous nous avez réservé a été un élément de plus dans la joie que nous avons éprouvée.

C’est la raison pour laquelle je lève mon verre à l’amitié entre la France et la Slovaquie.

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