Toast lors du déjeuner au Département d'Etat

Monsieur le vice-Président,

 

Monsieur le Secrétaire d’Etat,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je vous remercie pour cet accueil très chaleureux qui m’est réservé, ainsi qu’à ma délégation ici présente. Je salue les trois anciens Secrétaires d’Etat qui ont marqué l’Histoire : Mme Albright, M. Kissinger, M. Colin Powell, et toutes les personnalités qui sont ici rassemblées.

 

Vous l’avez rappelé, Monsieur le vice-Président, Monsieur le Secrétaire d’Etat, la France et les Etats-Unis sont des alliés de toujours. Nous en avons eu la confirmation dans cette maison de Jefferson, qui – s’il n’y avait pas eu l’étendue de terrain autour – aurait pu être installée à Paris, car les objets eux-mêmes nous étaient familiers. Il y avait ce buste de Voltaire. Il y avait même celui de Turgot… Bref, nous étions dans un musée français ! Il y avait même une cave très bien gardée où les vins les plus prestigieux y étaient retenus. Ils témoignaient d’un goût pour la culture française.

 

Aujourd’hui, nous sommes dans une autre période où nous avons à relever d’autres défis. Mais ce qui est saisissant depuis ces dernières années, c’est que nous agissons toujours ensemble, la France et les Etats-Unis. La France est l’alliée des Etats-Unis et les Etats-Unis sont les alliés de la France.

 

La France n’est pas toujours l’alliée la plus facile pour les Etats-Unis, mais c’est vrai aussi des Etats-Unis pour la France ! Mais ce qui fait l’intensité de notre amitié, c’est que, justement, elle est fondée sur l’indépendance, sur la souveraineté, sur le respect. Nous sommes guidés par les mêmes valeurs, les mêmes principes. Nous sommes deux nations qui ont la prétention, l’orgueil diront d’autres, de porter des messages pour le monde entier. Nous ne le faisons pas pour nous-mêmes, pour notre puissance, pour notre influence, pour nos intérêts. Nous le faisons par rapport aux messages que nous avons-nous-même reçus de nos Pères fondateurs, c’est-à-dire les droits de l’Homme et l’émancipation des peuples.

 

La France fait son devoir, là où elle se sent la plus engagée, en Afrique. Nous l’avons fait au Mali. C’est une opération qui n’a pu être réussie que parce qu’il y a eu l’appui des Américains, des Européens, et la participation des Africains eux-mêmes. Aujourd’hui, nous sommes en Centrafrique pour éviter un massacre – certains parlent même de génocide – parce que nous considérons que, là encore, c’est notre responsabilité. Et nous savons toujours compter sur l’appui des Américains.

 

Nous sommes également ensemble pour régler la question de la Syrie, pour empêcher la prolifération nucléaire, notamment par rapport aux risques que représente l’Iran ou, d’une autre façon, la Corée du Nord. Nous sommes ensemble chaque fois qu’il est question de la paix. Nous avons soutenu l’initiative de John Kerry pour la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens.

 

Nous sommes ensemble, toujours, pour défendre la planète, faire que la lutte contre le changement climatique soit une priorité. C’est la raison pour laquelle la France accueillera une conférence exceptionnellement importante pour l’avenir même de notre monde.

 

Nous sommes ensemble dans la même alliance, l’OTAN, dont nous voulons définir les nouveaux objectifs par rapport à une nouvelle situation internationale.

 

Aujourd’hui, John Kerry et Laurent Fabius sont mobilisés concernant la situation en Ukraine. L’Ukraine, c’est loin des Etats-Unis, c’est aussi loin de la France d’une autre façon… Mais c’est tout près de nous par rapport à ce qu’attendent ces hommes et ces femmes épris de liberté, qui ne veulent pas se séparer de leur voisin, mais qui veulent tout simplement faire leur choix souverainement.

 

Nous avons aussi des défis à relever sur le plan commercial. Ce n’est pas le plus simple parce que nous devons ouvrir nos marchés, nous devons échanger davantage et, en même temps, défendre un certain nombre d’intérêts. Nous le faisons en respectant un certain nombre de principes. La France est très attachée à l’exception culturelle. Je le dis souvent : ce n’est pas pour elle-même, c’est pour la diversité, la pluralité des langues, des cultures, à l’échelle du monde.

 

Nous sommes conscients qu’il y a aujourd’hui une révolution qui est en train de s’opérer. Elle y est venue des Etats-Unis, comme souvent : la révolution du numérique. Nous devons à la fois la promouvoir, l’amplifier pour qu’elle produise les meilleurs résultats sur le plan économique et, en même temps, la réguler parce que cela fait partie de notre responsabilité.

 

Voilà pourquoi j’ai confiance dans cette amitié entre la France et les Etats-Unis.

 

Cette visite d’Etat vient après d’autres, qui ont eu lieu ici-même et qui ont pu accueillir le général de Gaulle. Il était un allié loyal des Etats-Unis, même s’il ne le montrait pas toujours dans toutes ses expressions. Mais chaque fois que les Etats-Unis ont eu à appeler la solidarité de la France, elle y est venue, notamment au moment de la crise de Cuba.

 

Ensuite, Georges Pompidou est venu ici. Il y est resté longtemps. A l’époque, les Présidents de la République française pouvaient rester une semaine, deux semaines, parfois davantage… Merci, j’ai un mot du vice-Président pour pouvoir rester plus longtemps ! Le Président Pompidou y était venu. Ce n’était pas facile, il venait parler du Proche-Orient. Mais, là-encore, vous l’aviez bien accueilli, bien compris parce qu’il cherchait lui-aussi la paix.

 

Puis le Président Giscard d’Estaing et le Président François Mitterrand sont venus. Je racontais cette anecdote : le Président François Mitterrand était allé dans la Silicon Valley et un jeune chef d’entreprise, lui avait porté, non pas la contradiction, mais l’avait interpellé. Il s’agissait de Steve Jobs, cela nous a marqué !

 

Et puis le Président Chirac est également venu, et je suis là à mon tour… Et le Président Sarkozy y était venu en visite officielle.

 

Voilà la tradition dans laquelle nous sommes. A chaque fois, nous avons pu renforcer nos liens, faire avancer l’amitié entre la France et les Etats-Unis, et je suis très fier d’être là, avec vous, à ce moment.

 

Merci beaucoup.

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