Toast du président de la République lors du diner d'Etat avec le roi du Maroc

Sire,

C’est un grand honneur d’être reçu ici, par vous et votre famille. Parce que c’est le Maroc, et parce que c’est vous.

La relation qui unit nos deux pays est unique. Elle se situe au-delà des alternances et des variations politiques. Au-delà même des personnes.

Le Maroc est étroitement lié à la France, à sa population, à son histoire, à sa langue. Et la France est unie au Maroc par mille liens humains, culturels, économiques. Nos pays partagent une richesse qui n’a pas de prix : celle de pouvoir regarder leur avenir, avec la même confiance, sans avoir besoin de se retourner pour juger le passé. Et si nous avons à revenir sur l’histoire, c’est pour ne jamais oublier que des soldats marocains sont venus combattre avec une bravoure exceptionnelle pour libérer la France lors des deux conflits mondiaux. Et que Mohammed V fut fait Compagnon de la Libération par le Général de Gaulle. Ce fut le seul chef d’Etat à recevoir cet honneur.

Nous célébrerons l’année prochaine les commémorations du centenaire de la guerre de 14 comme le 70ème anniversaire de la libération de la France. Et le Maroc y sera un invité de choix.

Mais ce qui nous rapproche aujourd’hui, ce sont nos populations. Les Marocains de France, comme les Français du Maroc, constituent une source de développement pour nos deux pays. Pour l’économie, pour la culture, pour le tourisme.

La France a confiance dans le Maroc.

Votre pays dispose d’atouts considérables, une population diverse et jeune, une stabilité qui ne verse jamais dans l’immobilisme, et le respect d’une tradition qui ne l’écarte jamais de la force de la modernité. Votre pays, Majesté, est au confluent de la Méditerranée, du monde arabe et de l’Afrique. Peu de nations ont su construire un modèle qui assume si pleinement chacune des composantes de son identité, qu’elle soit arabo-islamique, amazighe ou saharo-hassanie, ou encore, comme votre Constitution l’affirme, africaine, andalouse, hébraïque et méditerranéenne. Peu d’Etats sur cette planète sont construits sur l’ouverture, la tolérance et le dialogue. Peu de pays dans le monde arborent tant de richesses. Celles de la géographie, des grands espaces des montagnes de l’Atlas jusqu’aux aux sables du désert. Celles de l’Histoire, avec le patrimoine des cités impériales celle de l’architecture avec les audaces des villes nouvelles comme cette « ville verte » de Zenata.

Sire, vous avez fait il y a plus d’une dizaine d’années, le choix audacieux de lancer un vaste mouvement de réformes, vous avez su répondre aux aspirations de votre peuple à davantage de liberté et de démocratie, bien avant le début des printemps arabes. Le Maroc a décidé de changer, dans le calme et la sérénité. Il y réussit.

Je suis heureux que le Maroc et la France aient su nouer depuis des décennies un partenariat. J’ai entendu poursuivre sur cette voie. Vous êtes le premier Chef d’Etat à avoir été reçu officiellement à l’Elysée au lendemain de mon élection. La « rencontre de haut niveau » présidée par nos deux chefs de gouvernement à Rabat en décembre dernier a permis de définir de nouvelles priorités. Elles concernent les domaines de l’éducation, de la formation, de la production partagée ou encore du développement durable.

Mais la France et le Maroc partagent également l’ambition de contribuer à un monde plus juste, plus pacifique et plus sûr. Autour de la Méditerranée mais également au Sahel, comme au Proche-Orient.

Le soutien apporté par votre pays à l’intervention française au Mali a été précieux. Je tiens à Vous remercier chaleureusement, Sire, pour cet appui. Le combat pour la liberté est universel. Il nous dépasse. Il nous rassemble.

C’est celui que nous menons ensemble aux Nations unies, sur le dossier syrien, avec l’organisation à Marrakech de la conférence des amis du peuple syrien, qui faisait suite à celle de Paris. Nos deux pays ont également la responsabilité d’imaginer la Méditerranée des projets. Car la Méditerranée ne nous sépare pas, elle nous unit.

Nous devons mobiliser largement, autour de cette belle idée.

Je veux saluer, au nom de la France, tous ceux qui contribuent ici à la vitalité de la relation franco-marocaine.

Vous avez depuis le début de Votre règne démontré un attachement constant au développement des liens entre nos deux Nations. La France a la chance de pouvoir compter sur un ami tel que vous.

C’est pour prolonger cette chance et célébrer cette amitié que je lève mon verre en l’honneur de Votre Majesté et de toute Votre famille, en l’honneur du Maroc et de l’alliance indéfectible qui unit nos deux pays.

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