Point de presse avec le Premier ministre polonais, M. Donald TUSK

M. DONALD TUSK – Monsieur le président, Mesdames et Messieurs, je me réjouis, malgré l’agenda tellement tendu, nous avons trouvé le temps pour faire cette réunion ici à Varsovie, dans le cadre de la quatrième consultation intergouvernementale entre la France et la Pologne.

La signature de ces documents montre que comme précédemment, notre réunion d’aujourd’hui a porté ses fruits.

Pendant les rencontres, les débats qui vont d’ailleurs se poursuivre après la rencontre avec les médias, parce qu’il y a différents ministres de l’Environnement, de l’Economie, de la Défense, du Commerce, qui sont en train de parler. Cela montre bien le sujet même de notre conversation.

Tout d’abord, tous les deux, nous avons apporté un jugement à ce qui se passait à Vilnius. Il est important de voir l’Europe parlant d’une seule voix, en fait l’Europe dit que l’approchement entre l’Ukraine et l’Europe, est devenu un fait accompli. Que la porte européenne reste ouverte pour l’Ukraine et le processus de négociation fait aussi rapprocher les standards, les normes ukrainiennes des standards européens.

Pour nous deux, il est tout à fait évident que cette histoire n’est pas terminée à Vilnius et nous allons attendre, maintenant, tout en travaillant pour réussir ce rapprochement avec nos voisins de l’Est. Peut-être dans l’avenir cette imagination, imagination stratégique de leader ukrainien, leur permettra de prendre des décisions qui d’après notre conviction très profonde, sont nécessaires aussi bien pour l’Europe que pour l’Ukraine.

Je me réjouis aussi de voir les citoyens ukrainiens qui ont montré, au cours de ces derniers jours, qu’ils sont vraiment disposés à s’intégrer avec l’Europe et que le peuple ukrainien s’intègre davantage avec le peuple européen.

D’ailleurs, je trouve que cela est plus important que l’absence de cette signature décisive, faite par le Président de l’Ukraine.

Je suis tout à fait convaincu que l’Europe reste un modèle très attrayant pour la grande majorité des Etats dans le monde. Non seulement, en raison de sa position économique. A un certain moment, les ukrainiens seront plus déterminés, plus courageux pour prendre des mesures visant un rapprochement entre l’Union européenne et l’Ukraine.

Nous avons aussi parlé de plan communautaire que nous avons en commun. La Pologne et la France est l’un des modèles que l’on peut présenter comme un modèle de coopération bilatérale.

En fait, nous avons des positions communes dans la plupart des sujets qui préoccupent l’Union européenne. Là où il y a des sujets qui nous séparent, nous savons trouver un compromis.

Nous allons donc travailler ensemble pour préparer le Sommet à Bruxelles, dans la partie notamment, concernant la sécurité européenne. Vous vous souvenez de la visite du Président de France à Varsovie, avec Madame la chancelière d’Allemagne, avec le représentant du gouvernement du groupe de Visegrád. Je crois que nous avons trouvé ici un accord remarquable, à Varsovie, concernant la coopération dans le domaine de la Défense, en répondant à un certain besoin dont on parle au niveau de l’Otan.

Je pense que la Pologne et la France sont très près, pour vraiment réaliser ces recommandations très raisonnables. Je me réjouis de voir que nous avons un langage commun en la matière.

J’ai aussi informé Monsieur le Président de l’évaluation polonaise de la Conférence du Sommet climatique Cop 19, qui s’est tenue à Varsovie. Il est très important que nous poursuivions notre conférence, donc, avec cette vision de Lima et de Paris en 2015. Nous allons donc travailler tous les deux pour trouver un accord à Paris, un accord raisonnable.

Les négociations à Varsovie n’ont pas été faciles, mais en fait c’est un succès, peut-être partiel, mais quand même ce qui a étonné beaucoup de personnes, c’est un pas dans ce chemin que l’on doit suivre. La Pologne fera tout pour atteindre un vrai accord à Paris.

Vous pouvez donc compter sur l’aide et l’engagement de la part de la Pologne.

En ce qui concerne le besoin de la coopération dans le domaine de la lutte contre la crise économique et financière, nous allons donc travailler ensemble pour créer un mécanisme fort, un mécanisme de l’Union Bancaire.

On va donc parler de la politique de l’Emploi, nous voulons que nos économies soient plus compétitives.

Voilà, cela peut paraitre un slogan, mais la coopération entre la France et la Pologne laisse croire que cela ne restera pas au niveau des mots mais que l’on va réussir à avoir des résultats vraiment tangibles, également au niveau du Conseil européen.

Je voudrais mettre en relief encore une fois, tout en remerciant Monsieur le Président, parce que c’est vraiment grâce à son engagement personnel dans nos relations, que les relations franco-polonaises sont les meilleures dans l’histoire, même si ces relations ont toujours été très bonnes.

Je suis tout à fait convaincu qu’il y aura aussi des entreprises communes qui vont suivre, je me réjouis aussi de voir en fait le Président français qui a accepté notre invitation, que la France devienne co-hôte, le patron d’honneur aussi de l’exposition d’armement qui se tiendra à Kielce, en 2014.

Vous savez très bien que nous tenons toujours à ce qu’il y ait nos partenaires qui soient présents pendant cette exposition et nous avons ici une bonne compréhension de nos intérêts communs et de nos besoins. 

Je suis persuadé que dans quelques mois à venir, il y aura aussi des effets tangibles. A cela, je vous remercie d’être venu à Varsovie et de tout ce que nous avons fait ensemble jusqu’à présent.

 

LE PRESIDENT – Monsieur le Premier ministre, merci pour votre accueil, vous avez évoqué la relation entre la France et la Pologne, pour dire qu’elle était excellente. Je vais l’illustrer par le constat que c’est la troisième fois en moins d’un an que je suis à Varsovie.

Il y a un an, je venais en visite d’Etat, j’ai également participé au groupe de Visegrád qui s’est tenu à Varsovie, et je reviens encore aujourd’hui dans le cadre de la relation bilatérale que nous avons décidé d’engager et qui nous réunira chaque année.

Nous avons de bonnes relations et nous voulons les illustrer dans plusieurs domaines.

Premier domaine, c’est la Défense, parce que nous sommes conscients des enjeux de sécurité pour l’Europe et parce que nous avons à préparer ensemble le Conseil européen du mois de décembre, qui va porter sur l’Europe de la Défense.

Qu’est-ce que nous entendons par là ? Les opérations militaires que nous pouvons coordonner, préparer, organiser et nous avons eu effectivement un certain nombre de groupes qui se sont entrainés ensemble et je veux sur ce point saluer l’appui que nous avait apporté la Pologne pour l‘intervention au Mali.

Et je ferai également une demande si nous avons à nous engager en Centrafrique, dans la cadre d’une résolution du Conseil de sécurité, et en appui d’une force africaine pour que la Pologne soit également partie prenante sous la forme qu’elle voudra choisir.

Il y a également des capacités militaires que nous devons mettre en œuvre dans le cadre de l’Europe de la Défense et il y a un partage de la technologie des industries de défense que nous devons également mettre en commun. C’est le sens d’ailleurs, de l’accord qui a été signé aujourd’hui.

Donc, c’est un domaine important, important pour nos deux pays, important pour l’Europe.

Le second domaine, c’est l’Energie. La Pologne et la France ont des choix énergétiques qui leur appartiennent. Nous avons comme volonté de limiter, de réduire notre dépendance à l’égard d’un certain nombre de sources d’énergie venant de l’extérieur. Et nous le faisons chacun, avec nos orientations.

Mais ce que nous avons aussi comme volonté commune, c’est de développer les énergies, les économies d’énergies et d’avoir également une coopération industrielle dans ce domaine, autour de ce que je pourrai appeler la « ville durable ». C’est-à-dire comment construire différemment, aménager nos villes différemment, traiter les déchets différemment.

Là-aussi, il peut y avoir un partenariat qui pourra être exemplaire.

Et puis nous avons également comme volonté de stabiliser l’Europe et de la mettre sur le chemin de la croissance.

J’ai, à chaque fois que je suis venu à Varsovie, rappelé ce qu’était la position de la France par rapport à la Pologne. Elle fera le choix, le moment venu, d’entrer ou de ne pas entrer dans la zone euro.

Mais elle doit être considérée d’ores et déjà comme un partenaire de la zone euro. C’est la raison pour laquelle sur l’Union Bancaire, nous aurons dès le mois de décembre à travailler ensemble pour que non seulement l’agenda soit précisé, mais que les mécanismes non plus de supervision mais de résolution des crises bancaires, puissent être adoptés à ce Conseil.

Nous avons également comme démarche commune de favoriser l’emploi, ce qui suppose de convaincre les entreprises de nos deux pays de travailler ensemble, c’est ce que nous avons fait, et de soutenir la croissance, de soutenir l’activité et de favoriser l’emploi des jeunes.

J’ai tenu il y a peu de jours, et le Premier ministre polonais était présent, un Sommet sur l’emploi des jeunes. Les fonds européens vont être libérés dès le 1er janvier pour qu’il y ait la mise en place dans chacun de nos pays de la garantie jeune.

Je me suis fixé comme objectif non pas simplement d’inverser la courbe du chômage, sur le mois d’octobre c’est fait en France, mais de le faire également jusqu’à la fin de l’année.

Mais je me suis fixé comme objectif de réduire le chômage des jeunes et depuis six mois, en France, le chômage des jeunes recule. Même si nous avons encore trop de jeunes qui sont sans emploi, d’où l’importance des mécanismes que l’Europe peut également mettre en œuvre à travers le budget européen qui vient d’être adopté. Je termine par-là. La Pologne et la France ont travaillé ensemble pour que ce budget, ce cadre financier pluriannuel puisse être adopté.

Nous avions deux objectifs.

Le premier objectif, c’est que la politique agricole commune puisse être préservée et même réorientée. Nous avons fait en sorte que nos ministres de l’Agriculture puissent travailler dans ce sens.

Le second objectif, c’était de préserver les fonds de cohésion. Pas simplement parce que la France a de l’amitié pour la Pologne mais parce que les fonds de cohésion vont vers les pays qui ont adhéré à l’Union européenne à la suite de la réunification de l’Europe puisque ces fonds-là ont un effet sur la croissance des pays qui étaient fondateurs de l’Union européenne.

Je suis heureux que nous ayons pu joindre nos efforts pour que ce budget puisse être non seulement adopté au Conseil européen mais également au Parlement européen.

 

QUESTION – Vous dites que vous arrivez à trouver des compromis sur ce qui vous sépare. Etes-vous arrivé ce soir à trouver un compromis sur la question des travailleurs détachés ? Ce n’est pas un problème majeur, certes, entre nos deux pays mais c’est une question qui est de nature à pourrir totalement une campagne électorale comme celle des européennes qui est à venir.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer si vous êtes en faveur d’une adhésion à l’Europe de la Géorgie, de la Moldavie, voire de l’Ukraine plus tard ? Est-ce que pour vous ces Etats ont vocation à devenir membres de l’Union européenne ?

 

LE PRESIDENT – Sur les travailleurs détachés, c’est-à-dire la directive travailleurs détachés, oui nous en avons parlé, le Premier ministre polonais et le Président français, les ministres également du Travail de nos deux pays sont en contact régulier pour qu’il y ait au Conseil des ministres du Travail et de l’Emploi, qui va se tenir le 9 décembre, un compromis qui puisse être trouvé pour appliquer cette directive et éviter tous les abus, toutes les fraudes. Et de façon pour qu’il y ait davantage de contrôles et qu’il n’y ait pas, pour certaines entreprises qui se livrent à des pratiques que nous devons condamner, l’utilisation de travailleurs à des niveaux de salaire qui ne sont pas compatibles justement avec les principes européens.

Sur le second sujet, la France considère que le Partenariat Oriental est une bonne démarche, c’est-à-dire de nous adresser à des pays qui nous sont proches géographiquement, qui étaient autrefois dans l’Union soviétique et qui ont vocation à avoir des liens avec l’Europe. C’est la démarche de l’association. Mais pour nous, l’association ne conduit pas à l’adhésion.

 

M. DONALD TUSK – Je confirme bien évidemment le premier point, de la première question. Nous sommes disposés à rechercher une bonne solution.

Je parle donc de ces problèmes des travailleurs détachés.

La Pologne, comme la France devrait coopérer en la matière parce que les deux pays ont beaucoup de travailleurs détachés. Rien d’étonnant que la position de la France et la position de la Pologne jouent un rôle important dans ce débat européen. Nous nous sommes mis d’accord avec Monsieur le Président. Nos ministres du Travail feront des efforts pour trouver une position la plus commune possible. Les intentions de la Pologne et de la France sont à peu près similaires.

Tout le monde voudrait donner le maximum d’opportunités d’emploi pour ces travailleurs tout en les protégeant contre les pratiques malhonnêtes. Il est important de ne pas avoir des idées fixes les uns à l’égard des autres. Je suis convaincu que le travail sur ce compromis pour trouver quelque chose de commun peut aboutir à des résultats. C’est le cœur de l’Europe, c’est-à-dire que l’on se parle et que l’on essaie de trouver une position commune.

En ce qui concerne les pays du Partenariat Oriental, aujourd’hui, nous voyons clairement qu’il faut traiter chacun de ces pays en regardant leur détermination, leurs possibilités, leurs opportunités. Si nous comparons la Moldavie, la Géorgie et l’Ukraine, on voit que malgré beaucoup de problèmes en Moldavie et en Géorgie, les opinions publiques, les leaders politiques dans ces pays sont assez déterminés pour se rapprocher de l’Europe.

Pour l’Ukraine, le problème paraît plus grave. La dimension est aussi plus importante parce que l’Ukraine est un pays beaucoup plus grand que la Moldavie et la Géorgie réunies.

Aujourd’hui, je pense qu’on ne devrait pas parler de la perspective de l’adhésion à l’Union européenne parce que nous avons beaucoup de missions, de tâches à accomplir ensemble. Il vaut mieux parler par exemple de l’atténuation du régime des visas à l’égard de certains pays au moins.

Il paraît qu’en Europe, nous sommes très proches de trouver un consensus et je dois dire que les expériences polonaises en ce qui concerne le trafic sans visa, le petit trafic sans visa comme on dit ici. Cela est vrai pour la Russie qui a le trafic sans visas dans la partie Nord de notre pays, cela concerne aussi l’Ukraine, et cela n’a pas eu d’effets négatifs. Nous avons uniquement à des effets positifs.

Aujourd’hui cette imagination politique ne nous dit pas qu’il faut vraiment viser une adhésion rapide de ces pays avec l’Union européenne. C’est plutôt une coopération économique, l’amélioration des standards, le respect des règles démocratiques, le trafic sans visas, ce sont ces éléments qui deviennent une réalité.

Moi, qui aie vécu sa jeunesse dans le régime communiste, je peux dire que je connais très bien les réalités de tous ces pays dont on parle aujourd’hui. Je peux vous dire qu’aujourd’hui, les transitions qui ont lieu actuellement dans ces pays sont des grandes transitions. Bien évidemment, nous n’avons pas de satisfaction après le Sommet à Vilnius parce que l’Ukraine n’a pas pris cette grande décision. Mais les changements, les évolutions qui se sont opérés au niveau des esprits des gens, c’est exceptionnel, c’est extraordinaire.

Cela vaut la peine d’être déterminé pour continuer à poursuivre les démarches visant à rapprocher ces pays de l’Europe. Si ce sera le cas, je ne sais pas. Il faut être patient et travailler en faveur de ce rapprochement.

 

QUESTION – Je voudrais revenir sur le Sommet à Vilnius, est-ce que à votre avis l’Union européenne a tout fait pour que l’Ukraine signe l’accord d’association. Le Premier ministre ukrainien a dit il y a quelques jours cette proposition financière était une aumône. Le Président IANOUKOVITCH a dit aussi pendant une autre réunion que l’Union européenne a laissé l’Ukraine seule avec un grand voisin derrière lui comme la Russie.

Est-ce que les hommes politiques de l’Europe ont vraiment tout fait pour aboutir à ce rapprochement ? La deuxième question concernant la défense, est-ce que la société française va participer aux appels d’offres pour la modernisation de l’armement ? Est-ce que vous en avez parlé lors de votre discussion aujourd’hui ? Merci.

 

LE PRESIDENT – Les entreprises françaises vont participer, j’espère bien. Ce n’est pas moi qui les dirige mais je pense que dès lors qu’il y a des appels d’offres, dès lors qu’il y a des compétences, des partages de technologie, je ne vois que des avantages à ce que les entreprises françaises viennent se présenter. Après ce sont les règles, ce sont les principes de concurrence, c’est la transparence, je n’ai donc pas à donner la conclusion. Mais sur la présence des entreprises françaises, soyez-en sûrs.

Sur les efforts de l’Union européenne, par rapport à l’Ukraine, on n’achète pas une association. On ne monnaie pas une démarche qui doit être celle de la conviction. Qu’il y ait bien sûr des soutiens qui doivent être apportés, c’est ce qui se passe d’ailleurs dans tout accord d’association. Mais je pense que ce serait inverser la responsabilité que de la renvoyer à l’Union européenne.

Maintenant, c’est à l’Ukraine, aux Ukrainiens, aucune porte n’est fermée, de revenir lorsque les autorités de ce pays en auront décidé, pour qu’une nouvelle initiative soit prise. Mais on ne peut pas être dans une logique de marchandage. Quant aux pressions qui ont pu s’exercer, je pense que, pas besoin ici d’avoir des informations secrètes, elles me paraissent évidentes.

Mais c’est à l’Ukraine de savoir ce qu’elle a à faire. Cela renvoie aussi à une volonté qui est en tout cas portée par la France et je pense aussi par la Pologne, c’est d’avoir une Europe de l’énergie, une Europe qui est capable d’assurer la sécurité de ses approvisionnements, la diversité de ses sources d’énergie et des réseaux qui peuvent être mis en commun. C’est la meilleure des façons d’éviter les pressions.

 

M. DONALD TUSK – Vous pouvez comparer, Mesdames et Messieurs, la détermination du leadership politique de la Moldavie, de la Géorgie et de l’Ukraine. Vous pouvez comparer le niveau de détermination du leadership politique de la Pologne au moment où elle sollicitait l’adhésion de la Lituanie, de la Lettonie, la Bulgarie, la Roumanie.

Si vous les comparez à la détermination du leader politique ukrainien aujourd’hui. Nos positions sont très transparentes à l’égard des pays qui veulent adhérer à l’Union européenne. La pression de la part du voisin de l’Est est aussi forte, même plus forte sur la Géorgie notamment parce qu’une partie de la Géorgie est surveillée par l’armée russe. Si l’accord d’association est signé ou non.

Cela dépendait du niveau de détermination et de conviction des leaders politiques de ces pays. Il est tout à fait clair pour le leader politique de l’Ukraine, nous trouvions qu’il n’était pas prêt ou qu’il n’était pas convaincu pour signer cet accord. C’est pourquoi nous croyons qu’il est plus important que l’Ukraine se rapproche de l’Europe au niveau de ses standards. En fait, les négociations avec l’Ukraine ont abouti à un certain succès.

Les émissaires de Bruxelles responsables de ces négociations ont dit que la leçon était bien faite. C’est juste la volonté politique qui manque. Je veux souligner de manière très forte que la Pologne s’est engagée dès le début, à Varsovie, on peut dire que l’idée du Partenariat Oriental a vu le jour. Nous avons commencé les travaux ensemble avec la Suède qui n’ont a rejoint.

A l’époque, personne ne croyait qu’on pouvait atteindre le niveau tel que nous le voyons aujourd’hui. En tant que Premier ministre du Gouvernement polonais, je peux dire que l‘Europe a tout fait, mais elle a même fait plus. Plus qu’elle aurait dû faire pour que l’Ukraine puisse signer l’accord d’association.

Au cours de ces derniers jours, l’Europe était même prête à prendre un risque politique, risque à l’égard de nos opinions politiques pour que cette porte ouverte soit vraiment ouverte pour l’Ukraine. Sur ces sujets, je voudrais que ce soit vraiment clair pour tout le monde. L’Europe a vraiment ouvert cette porte pour l’Ukraine, cette porte reste ouverte mais quelqu’un maintenant doit vouloir passer ce seuil. Le Président, le Premier ministre, le gouvernement, en fait personne ne voulait passer ce seuil, franchir ce seuil.

Leur volonté manquait donc, personne ne peut les forcer. Mais nous allons travailler avec patience pour aboutir à ce rapprochement dans l’avenir quelle que soit la personne, quelles que soient les personnes qui seront les leaders politiques en Ukraine. Je crois que c’est l’intérêt stratégique de l’Ukraine et aussi de l’Union européenne. Nous vous remercions.

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