Intervention du président de la République lors de l'inauguration du MUCEM

Monsieur le maire, cher Jean-Claude GAUDIN,

 

Je pensais venir à une inauguration et je suis maintenant convié à un mariage.

 

J’accepte bien volontiers la proposition en sachant qu’ici, vous m’accueillez et j’en suis heureux au nom de tous les Marseillais. Vous êtes aussi ici, dans un décor sublime, légitimement fiers du musée qui vient d’être inauguré. Je salue tous les élus qui représentent l’ensemble du département et même de la région avec Michel VAUZELLE et je viens me faire pardonner d’un retard.

 

Vous l’avez évoqué, Monsieur le maire, près de cinq mois de retard puisque je devais être parmi vous le 12 janvier pour le lancement de Marseille, capitale européenne de la culture, et pour les raisons que vous avez évoquées – l’intervention de la France au Mali –, j’ai été amené à différer ma venue.

 

Le Premier ministre, Jean-Marc AYRAULT, pour lequel vous avez un penchant qui n’a échappé à personne, m’a remplacé et m’a également rapporté les propos que vous aviez tenus ce jour-là pour saluer le courage de nos soldats et la décision que j’avais prise au nom de la France et je veux ici vous en exprimer toute ma gratitude, prouvant là qu’au-delà des sensibilités, il y a des intérêts qui dépassent ce que nous sommes et qui appellent les Français à se rassembler pour aller vers l’essentiel.

 

L’essentiel, c’est ce que nous faisons aujourd’hui aussi, c’est ce que vous avez entrepris avec Marseille-Provence, capitale 2013 dont le succès ne se dément pas.

 

Depuis le mois de janvier, la préfecture m’informe régulièrement des rassemblements qui se tiennent. Sur la friche « Belle de Mai », au Vieux Port, deux cent mille visiteurs dès le premier jour se sont rassemblés. Quatre cent mille étaient encore présents le mois dernier pour l’événement « Entre flammes et flots » et chaque événement, chaque manifestation rencontre une réussite. Ce qui veut dire quoi ? Et je parle devant des ministres de la Culture, ceux qui se sont succédés rue de Valois comme d’autres qui nous font l’honneur de venir de toute l’Europe. La culture joue pleinement son rôle, celui d’être un lien (lien entre les générations, lien entre les catégories sociales, lien entre les quartiers, lien entre les populations).

 

Bref, la culture, ce n’est pas simplement un moment d’émotion – et nous pouvons en rencontrer des émotions dans ce musée –, c’est ce qui permet à un territoire – en l’occurrence ici, une ville et, au-delà de la ville, une région – de prendre conscience de sa force, de son rayonnement, de son influence.

 

Mais il est vrai qu’à Marseille, rien n’est vraiment pareil qu’ailleurs. Et le musée que nous inaugurons en est une illustration par son ampleur, par sa majesté, par sa dimension exceptionnelle, par le décor qui est le nôtre aujourd’hui, par l’architecture, mais aussi par les collections. Le message que vous envoyez est un message de fraternité, un message d’intelligence, un message de compréhension et de réflexion.

 

Le génie – puisque vous en avez parlé – que vous partagez avec d’autres, le génie de votre ville – car il y en a un ! – tient en trois mots.

 

D’abord, la liberté. Marseille, c’est la liberté !

 

Ouverte à la Méditerranée, le dos résolument tourné à la capitale, Marseille a toujours voulu préserver son identité. Je n’ai pas dit son indépendance. Marseille, tout au long de son histoire, a été capable de se lever, de se dresser lorsque l’essentiel était en cause et même de dire non lorsque les circonstances l’exigeaient. Ce n’est pas pour rien que notre hymne national s’appelle la Marseillaise.

 

Cette ville, votre ville, a résisté et notamment au nazisme, avec des femmes, avec des hommes courageux à qui la nation n’a pas fini d’exprimer sa gratitude. J’en citerai deux : Gaston DEFFERRE qui contribuera à la libération de cette ville, mais aussi un grand résistant disparu il y a peu, Raymond AUBRAC, qui fut nommé commissaire de la République à Marseille en 1944 par le général de GAULLE.

 

Marseille, c’est aussi la diversité, c’est un monde fait de mille mondes. Et ici, au MUCEM, nous les retrouvons : les Corses, les Languedociens, les habitants venus du nord, mais aussi toutes les spiritualités, toutes les religions qui se côtoient à Marseille, dans la paix. Je pense aussi à toutes ces immigrations venues d’Algérie, du Sénégal, d’Afrique, aux Arméniens, aux Espagnols, aux Italiens, aux Comoriens qui fondent cette ville depuis des décennies et devenant aussi de véritables Marseillais avec toutes les caractéristiques, toutes les qualités et sans doute quelques défauts. Nous en avons tous.

 

Mais ces expositions du MUCEM permettent de mieux comprendre l’histoire, votre histoire et celle de la Méditerranée, l’histoire de cette diversité qui fait votre unité. Marseille, c’est enfin la jeunesse. L’on dit que la cité phocéenne est l’une des plus anciennes villes de France. C’est possible mais elle a surtout le caractère suivant d’être la plus jeune ville de France, l’une des plus jeunes ! Et c’est une richesse considérable, hélas – vous l’avez dit, Monsieur le maire –, gâchée trop souvent par le chômage.

 

À Marseille et au-delà des résultats que vous avez pu atteindre les uns et les autres, le chômage est encore supérieur dans certains quartiers à une fois et demie la moyenne nationale et les problèmes les plus lourds sont concentrés – on le sait – dans les mêmes lieux. Et si nous voulons – et nous le voulons tous – lutter contre le délitement social ou la dérive délinquante, alors nous devons tout faire pour l’emploi. Les jeunes de Marseille, les familles de Marseille que j’ai entendues attendent de la République qu’elle tienne sa promesse. Alors tenons-la ensemble !

 

C’est pour eux, pour les jeunes, que nous avons lancé les contrats de génération, c’est-à-dire des contrats à durée indéterminée qui permettent à des jeunes d’être recrutés en CDI et avec des seniors comme tuteurs.

 

C’est pour eux, pour les jeunes, que nous avons conçu les emplois d’avenir auxquels peuvent prétendre plus de dix mille Marseillais sans aucune qualification et avec un dispositif exceptionnel que l’État a mis en œuvre, avec une participation à hauteur de 75 % de la rémunération pour les jeunes recrutés par les associations.

 

Il m’est rapporté que ce dispositif ne rencontre pas encore tout le succès qui est attendu de lui. Alors je saisis cette occasion pour lancer un appel à toutes les grandes collectivités ici représentées : l’État met 75 %. Si les autres collectivités font le reste (les 25 %), nous pouvons proposer 100 % de la rémunération d’un jeune à toutes les associations des quartiers où il y a le plus de difficulté !

 

Est-ce que nous allons être frileux davantage ou est-ce que nous allons être capables de nous unir pour aller jusque-là ? L’État, ici, prendra toutes ses responsabilités. Mais ce qui est en cause, ce n’est pas de savoir qui va payer, parce que nous savons que c’est Marseille qui paiera si rien n’est fait, en termes de désarroi, de désespoir.

 

De la même manière, pour montrer l’exemple, j’ai décidé que les emplois d’avenir, qui, normalement, sont réservés aux associations ou aux collectivités, pourront être proposés à toutes les entreprises, dans tous les secteurs, dès lors que ces entreprises sont à Marseille.

 

Troisième proposition que je fais, nous allons expérimenter à Marseille ce qu’on appelle les emplois francs. Monsieur le maire, vous avez évoqué les zones franches et nous n’allons pas les remettre en cause. Mais tous les jeunes qui habitent dans ces quartiers pourront également être recrutés hors de ces quartiers avec les mêmes avantages que s’ils étaient dans une entreprise installée dans la zone franche.

 

Ça veut dire que tout jeune qui habite un certain nombre de lieux que vous connaissez, que l’on dit sensibles, et qui vivent ce lieu de résidence parfois comme une discrimination, cette fois-ci, ce sera une chance de plus puisque toutes les entreprises pourront avoir un avantage qui peut monter jusqu’à cinq mille euros si elles embauchent un jeune venant de ces quartiers.

 

Je sais aussi, si l’on veut parler des difficultés de Marseille – mais moi, je ne veux parler après que de ses atouts –, qu’il y a l’insécurité et ne pas en parler ici serait de ma part un aveuglement ou une indifférence quand la chronique, hélas, rappelle un certain nombre de drames ou de faits divers qui vous heurtent, qui vous blessent. Il y a eu, l’année dernière, dix-neuf homicides avec une chronique qui est toujours la même, vingt en 2011, dix-sept en 2010, dix-huit en 2009. Sinistre succession de drames. Eh bien ça doit s’arrêter.

 

Le ministre de l’Intérieur a pris des dispositions nécessaires qui ne seront jamais regardées comme suffisantes mais qui marquent une rupture après quatre cents suppressions d’emplois ces cinq dernières années. Deux cent cinquante-six policiers et gendarmes ont été affectés en plus dans deux zones de sécurité prioritaires auxquels s’ajoutent trois forces mobiles et le développement que vous avez appuyé de la vidéosurveillance.

 

Cette politique, elle est fondée sur une approche globale qui part de l’éducation où nous avons renforcé un certain nombre de moyens jusqu’à la sanction nécessaire et ensuite, le suivi de ceux qui ont commis des fautes et qui doivent les réparer. Et nous avons des résultats (premier signe d’une évolution) : les atteintes aux biens ont diminué de plus de 7 % depuis le début de l’année, 15 % même pour les cambriolages, 9 % pour les vols à main armée. Alors poursuivons cette action !

 

Je sais aussi – car nous devons agir ensemble – que vous allez recruter des policiers municipaux. Eh bien nous devons mener communément cette action de prévention, de dissuasion et d’intervention. Il n’y aura – je vous le dis, Mesdames et Messieurs – aucune faiblesse, aucune indifférence, aucun relâchement. Face à la loi de la force, nous imposerons la force de la loi et je peux vous dire qu’elle l’emportera.

 

Marseille, grande ville de France, belle ville de France peut compter sur la solidarité de la nation. C’est le sens du plan qui a été arrêté en septembre dernier par le gouvernement et qui propose de réunir État, collectivités, acteurs économiques, associations, universités, centres de recherche pour couvrir tous les enjeux de la métropole.

 

La métropole – j’ai prononcé le mot – car Marseille ne peut pas attendre tout de l’État. Marseille doit avoir ses propres ressources, ses propres instruments, ses propres leviers et c’est pourquoi je pense que vous avez toutes les raisons de croire en votre avenir, d’être fiers, d’être ambitieux et parce que Marseille est une chance pour le pays ! Et donc nous avons tous intérêt à ce que Marseille puisse être dotée des structures indispensables pour son développement.

 

Tout à l’heure, nous étions ensemble pour l’inauguration de ce plus grand porte-conteneurs du monde qui est basé ici, à Marseille. Marseille, premier port français, troisième port pétrolier au monde ! Marseille qui deviendra un centre pour le trafic de conteneurs, qui sera reliée directement au réseau fluvial et ferroviaire ! Marseille qui a toutes les capacités industrielles avec la présence ici de la sidérurgie avec ARCELOR, de la pétrochimie sur l’étang de Berre, l’aéronautique avec EUROCOPTER, les énergies renouvelables avec ITER !

 

Il y a toutes les conditions pour la réussite ! Et je ne parle pas seulement des grandes industries mais aussi des nouvelles technologies, de l’économie de la santé ! Et nous devons faire ici de Marseille un lieu où des champions puissent représenter la France et l’Europe !

 

Je n’ignore en rien pour autant des difficultés que traversent certaines entreprises locales et je suis venu plusieurs fois à Marseille avant d’être président pour m’en souvenir.

 

Eh bien nous les accompagnerons, nous ferons en sorte de trouver des repreneurs lorsqu’ils se présentent et de faire des reconversions lorsqu’elles sont indispensables.

 

Il y a aussi ce qui sera encouragé, ces regroupements, comme vous l’avez fait sur le projet Henri FABRE où on met des entreprises d’excellence (EUROCOPTER, par exemple) avec de l’université, avec des centres de recherche. Et on est capable, à ce moment-là, de proposer une filière, un ensemble compétitif pour la France et pour l’Europe.

 

La force de Marseille, c’est aussi d’être une capitale méditerranéenne. Vous en avez parlé, Monsieur le maire. Soixante-dix mille étudiants, sept mille cinq cents chercheurs, cent trente structures de recherche.

 

Aix-Marseille, première université française ! Vous n’arrivez pas premiers dans tous les domaines ! Quelquefois, vous êtes seconds ! Mais vous avez la fierté d’avoir moins de moyens que d’autres. Et parfois, arriver second – pas dans les élections –, c’est quand même une belle performance.

 

Mais là, vous êtes premiers ! Premiers en matière universitaire ! Et donc vous êtes capables de relever les défis. Et c’est la raison pour laquelle je reviens à l’idée de métropole parce que Marseille ne peut pas rester dans ses formes actuelles parce que Marseille doit avoir une organisation adaptée aux défis qui doivent être relevés. Je sais que cette question fait débat et je sens des silences ici qui en disent long.

 

Mais tout le monde comprend que les réponses ne peuvent pas épouser les frontières des collectivités d’aujourd’hui ni même se confondre avec les structures intercommunales existantes.

 

Il existe aujourd’hui au sein de la métropole six communautés d’agglomération. C’était une étape sans doute indispensable et il s’est réalisé de grandes choses et encore aujourd’hui dans ces intercommunalités, dans ces communautés d’agglomération. Mais peut-on voir six politiques de transport, six politiques du logement, six politiques énergétiques, six réseaux d’aide aux entreprises ? Poser la question, c’est déjà avoir la réponse.

 

La métropole ne peut pas non plus mettre en commun des difficultés. Ajouter des faiblesses n’a jamais fait une force. La métropole, c’est ce qui doit permettre d’intervenir au bon niveau, sur les bonnes compétences. La métropole, ce n’est pas la fusion, ce n’est pas la disparition. La métropole, c’est ce qui permet de faire vivre dans la diversité un certain nombre de réalités que nous connaissons aujourd’hui, mais leur donner une force supplémentaire.

 

Alors ça suppose, bien sûr, de dépasser un certain nombre d’appréhensions que je comprends parce que je sais ce que ça représente d’avoir une identité clairement reconnue à travers une commune ou à travers une communauté d’agglomération. Je sais aussi les craintes par rapport à des transferts financiers. Je connais les communes comme je connais les Français. On est tous pour l’égalité mais jusqu’à un certain point. On est tous pour payer mais on préfère que ce soit les autres qui fassent le premier effort.

 

Eh bien c’est la même chose pour les territoires ! Mais est-ce qu’on peut accepter qu’il y ait de la prospérité, est-ce qu’on peut comprendre que la prospérité pourra durer s’il y a des lieux de pauvreté sur le même territoire ? Est-ce qu’on ne va pas créer des conflits, des confrontations pour demain ? Il n’y a pas de frontières entre les communes et les communautés ! Les gens circulent ! Alors faisons en sorte qu’ils aient l’esprit commun, une fierté commune.

 

Alors, Monsieur le maire, Mesdames et Messieurs les élus, je souhaite que le dialogue se poursuive, que la concertation s’engage autant qu’il est possible. Mais il arrive un moment où la décision doit être prise. Il y a un débat – je sais que vous allez y participer, un certain nombre de parlementaires ici présents –, faites en sorte de défendre votre intérêt. Mais votre intérêt – la métropole, Marseille –, c’est l’intérêt de la France !

 

Vous n’êtes pas n’importe quelle ville de France, vous êtes la deuxième grande ville de France ! Vous n’êtes pas n’importe quelle métropole, vous êtes ici, dans la Méditerranée, porteuse de tant d’espérance, de tant de projets ! Et c’est pourquoi l’État ne veut pas décider à votre place, surtout pas de Paris ! Mais l’État ne peut pas être insensible, indifférent par rapport à l’avenir de la métropole marseillaise.

 

Dans cette nouvelle géographie qui, maintenant, concerne toutes les grandes villes d’Europe, je pense qu’une des différences qui s’établiront entre les villes de premier ordre et les autres, ce sera -au-delà de l’économie qui doit avoir la première place - la grandeur des équipements, la qualité de la vie et donc la culture.

 

Et c’est pourquoi la culture ici, ce n’est pas simplement un supplément d’âme que vous voulez apporter à la population et qui ne fera pas l’apaisement des souffrances en termes sociaux ou économiques. Non, la culture, c’est un investissement, c’est une économie, c’est une attractivité ! Le musée que nous voulons ici promouvoir, là où il se situe, dans cet ensemble, mais c’est une chance formidable pour Marseille, une attractivité considérable ! Des milliers, des millions de touristes viendront ici ! D’autres décideront de venir vivre ici ! Donc, la culture, c’est un levier pour votre développement.

 

Et alors, là, vous avez réussi, avec le Musée des Civilisations d’Europe et de la Méditerranée, à donner une œuvre considérable à la France.

 

C’est un long travail qui se termine. C’est une histoire qui retrouve une jeunesse. Je vais vous la raconter en quelques mots. Tout a commencé, pour ce musée, 1884 avec l’ouverture d’une Salle de France à Paris, au Trocadéro, qui était consacrée aux traditions des régions françaises. En 1937 – la date est importante, nous sommes au moment du Front populaire –, cette salle devient le Musée des Arts et des Traditions Populaires.

 

On voulait en faire le Louvre du peuple. Et puis un déclin, sentiment que ça n’avait pas forcément la même importance. En 2005, la décision était prise de fermer le Musée des Arts et des Traditions Populaires.

 

Quatre ans plus tard, l’idée renaît sous une autre forme. En 2009, une association de préfiguration est créée dans les Bouches-du-Rhône pour transporter de Paris qui n’en voulait plus à Marseille une collection de plus d’un million d’œuvres, d’objets et de documents –voilà une belle décentralisation ! – et pour créer à Marseille non pas un musée, mais une véritable citée culturelle avec des expositions, avec des débats, avec des projections, avec des spectacles. Et c’est ce projet que nous inaugurons aujourd’hui et qui est donc devenu réalité.

 

Merci à tous ceux qui ont permis cette création : l’État – toutes majorités confondues ou successives – puisque l’État a apporté cent cinquante millions d’euros sur un investissement de près de deux cents ; bien sûr, la ville de Marseille, le département des Bouches-du-Rhône, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

 

Cet équipement – nous le voyons aujourd’hui – a changé Marseille, son urbanisme, son rapport à la mer, son image et nous voyons ici un musée qui est ouvert et qui se situe aussi dans des lieux historiques de Marseille : le fort Saint-Jean qui appartient au paysage depuis le Moyen Âge, magnifiquement restauré ; le Centre de Conservation et de Ressources à la Belle de Mai et ce bâtiment de pierre, d’eau et de vent conçu par Rudy RICCIOTTI et Roland CARTA que je veux saluer pour l’œuvre qu’ils ont réalisée.

 

Ce site – je le disais – est un symbole. C’est ici, pas loin d’ici, que les bateaux accostaient pour apporter les immigrations que j’évoquais tout à l’heure pour que le labeur humain puisse s’organiser ici. Eh bien aujourd’hui, ce sont les œuvres de l’esprit qui s’expriment. À l’histoire, nous avons permis de donner un avenir.

 

Le MUCEM, c’est un projet original qui confond les disciplines : on y trouve l’anthropologie, l’histoire de l’art, la mythologie, la sociologie, la politique. L’Antiquité voisine avec l’actualité. Les continents de toutes les époques sont ensemble rassemblés.

 

Voilà pourquoi vous avez réalisé un équipement exceptionnel. Et c’est parce qu’il est exceptionnel que vous pouvez prétendre faire de Marseille une ville également exceptionnelle. Parce que le MUCEM, c’est la Méditerranée.

 

C’est une construction, la Méditerranée, qui est une aventure politique qui n’est pas terminée. La construction de la Méditerranée, c’est l’émergence, entre les deux rives, entre cette mer mitoyenne, d’une solidarité régionale qui ira sans cesse en s’amplifiant.

 

C’est aussi un horizon de liberté que nous donnons aux peuples arabes qui cherchent la prolongation de leurs printemps non sans mal.

 

La construction de la Méditerranée, c’est aussi une perspective pour la jeunesse. En Algérie, au Maroc, on nous regarde, on veut créer ensemble une université euro-méditerranéenne et j’ai lancé l’idée d’un Erasmus pour la Méditerranée où des jeunes pourraient aller étudier des deux côtés de la Méditerranée.

 

Voilà, Mesdames et Messieurs, Monsieur le maire, ce que j’étais venu vous dire avec retard mais avec force, à l’occasion de cette inauguration.

 

Nous traversons une crise, chacun le sait. Nous nous interrogeons sur notre avenir, sur notre place, la place de la France, l’avenir de l’Europe. Mais, cette question, elle est posée aussi à l’échelle d’une ville. Qu’est-ce que va devenir Marseille ? Quel est son destin ? Est-ce qu’il y a plus d’atouts que de handicaps ?

 

Dans cette crise, il faut surtout chercher ce qui va nous élever. Eh bien l’inauguration de ce musée, c’est un acte de confiance. Confiance dans l’histoire parce que, de génération en génération, nous sommes capables de relever de nouveaux défis, de pousser des frontières et de nous dépasser nous-mêmes.

 

Confiance dans les forces de la création, de la culture et je veux ici saluer tout ce qui se fait dans cette ville.

 

Confiance aussi dans le rassemblement. Monsieur le maire, vous l’avez dit, il est des moments, il est des territoires, il est des situations où les énergies doivent s’additionner, où les intelligences doivent s’ajouter, où les compétences doivent s’agréger. C’est de cette cohésion dont votre ville, dont l’agglomération, dont la métropole, dont la région a besoin, dont la France a besoin.

 

Eh bien moi, j’ai confiance dans Marseille. Confiance dans ce qu’elle a de force pour son avenir. Confiance dans sa population, dans sa jeunesse.

 

Confiance dans ce que cette ville charrie comme à la fois espoirs et craintes. J’ai confiance dans la métropole ! Je sais qu’elle viendra à un moment ou à un autre pour donner les formes à l’avenir de Marseille.

 

Le MUCEM, ce musée, c’est un symbole. Symbole par le lieu, symbole aussi par l’espace que vous occupez ici, à Marseille.

 

C’est un symbole aussi de la beauté, de la réussite et donc de ce rayonnement de Marseille.

 

C’est le symbole de ce que Marseille peut faire dès lors qu’elle a décidé de le faire et symbole de ce que nous devons faire pour Marseille, ce que nous voulons faire pour Marseille.

 

Ma présence ici n’est pas simplement une présence liée à un événement, à un équipement, c’est le signe que l’État sera toujours derrière cette grande ville, derrière cette grande métropole qui est Marseille.

 

 

 

 

Restez connecté