Intervention de M. le président de la République devant les chefs d'entreprises en présence du Président de la Fédération de Russie, M. Vladimir POUTINE

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis de l’organisation de cette réunion et de cette rencontre. C’est-à dire d’avoir, autour des deux présidents, des chefs d’entreprises russes et français qui vont pouvoir partager un certain nombre d’expériences ; peut-être aussi pouvoir nouer des accords et des partenariats ; et enfin pouvoir nous dire franchement ce qui peut encore les retenir dans un certain nombre d’opération, soit en Russie, soit en France.

Je veux d’abord me féliciter de l’ampleur de ce qu’est notre coopération économique aujourd’hui. Parce qu’elle a considérablement progressé ces dix dernières années. La France a multiplié par cinq ses exportations vers la Russie et la Russie par quatre ses exportations vers la France. Ce qui aboutit au chiffre d’une vingtaine de milliards entre nos deux pays.

Lorsque l’on regarde de près cette situation, nous pouvons constater qu’elle a effectivement été améliorée par rapport à il y a dix ans, mais qu’elle peut encore être considérablement amplifiée. C’est notre devoir.

Il y a d’abord ce que les entreprises françaises peuvent faire en Russie et font déjà en Russie – puisqu’il y a un peu plus de mille entreprises françaises qui sont installées ici dans votre pays, cher Président, et dans des domaines très différents : le ferroviaire, l’automobile, l’énergie, l’agroalimentaire, la distribution.

Ce que je veux favoriser, c’est non seulement la présence de grandes entreprises, mais également, de petites et de moyennes entreprises françaises qui viendraient ici accéder au grand marché russe. Nous devons demander à nos entreprises ici présentes de tout faire pour qu’il puisse y avoir cet accompagnement.

Il y a des domaines où notre coopération peut aussi valoir d’exemple. Je pense au spatial, vous l’avez cité, à la santé, aux chemins de fer, à l’aéronautique et bien sûr à l’énergie. Nous devons montrer ce qui marche pour convaincre d’autres entreprises de venir ; et faire que ce qui marche aujourd’huiaille beaucoup plus vite pour que nous puissions développer nos échanges.

Les investissements français en Russie représentent à peu près 10 milliards d’euros. C’est à peu près autant ou un peu moins que ce que l’Allemagne fait. Nous avons donc une capacité réelle d’investissement en Russie.

A l’inverse, les investissements russes en France sont encore bien trop insuffisants. Nous en avons examiné les raisons. Il y a ce qui a trait aux procédures bancaires ; il y a ce qui est relatif aux visas : nous allons faciliter leur délivrance ; il y a ce qui peut être éventuellement la complexité pour l’accès aux domaines les plus stratégiques : cela sera l’objet du fonds commun que nous allons créer avec la Caisse des dépôts et le fonds russe.

Je veux insister sur l’attractivité de l’économie française. Nous devons rappeler que la France est le troisième pays d’accueil des investissements étrangers en Europe et même le premier en terme d’investissement industriel. Nous somme le deuxième marché d’Europe par sa taille, 65 millions d’habitants. Nous sommes sans doute le marché le plus facile pour y installer un certain nombre d’entreprises. Quant à Paris, elle est la troisième ville au monde – au monde je dis bien – en nombre de sièges d’entreprises.

Nous avons des conditions qui ne sont pas toutes favorables, il y a encore des améliorations à faire en terme de compétitivité. Mais nous sommes un grand pays pour attirer des investissements. Il n’y a aucune raison, dès lors que nous avons pris un certain nombre d’engagement auprès du Président POUTINE, qu’il n’y ait pas plus d’investissements russes en France.

Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait des investissements communs, c'est-à-dire que nous puissions décider, entreprises françaises et entreprises russes, d’aller aussi investir dans d’autres pays et conquérir des marchés.

Voilà l’enjeu. Je suis tout à fait heureux qu’il puisse y avoir cette rencontre, je souhaite que les entreprises puissent accéder facilement aux autorités politiques, dire un certain nombre de difficultés, de blocages…

D’ailleurs, nous en avons examiné un bon nombre avec le Président POUTINE, à la suite des rencontres avec les entrepreneurs français. Nous avons même été jusqu’aux tickets restaurants pour savoir pourquoi cela ne se développait pas en Russie.

Le président POUTINE lui-même nous a posé un certain nombre de questions, sur la manière avec laquelle les entreprises françaises pouvaient travailler ici, ou les entreprises russes pouvaient investir en France.

Profitons de ce moment, de ce temps de dialogue pour essayer, nous de vous convaincre si cela est nécessaire et vous de nous interpeller parce que c’est sans doute nécessaire. Merci.

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