Intervention au forum économique à Tbilissi

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, messieurs les chefs d’entreprise,

Je tenais à terminer mon long déplacement dans le Caucase du Sud en Géorgie pour rappeler le soutien de la France à votre pays, Monsieur le Premier ministre, à son intégrité territoriale, à son développement, à sa vocation européenne.

Je tenais aussi à venir ici en Géorgie avec des chefs d’entreprise pour bien montrer la confiance qui est la nôtre dans la croissance de votre pays.

Je veux remercier la Chambre de commerce et d’industrie franco-géorgienne, son président, le MEDEF international, pour avoir permis cette rencontre. Après avoir eu une longue discussion avec le Premier ministre en français, je veux le remercier, je commence ma visite ici en Géorgie par ce forum économique pour bien insister sur ce que nous avons à faire ensemble.

Au-delà du contexte politique que nous connaissons et qui appelle de notre part beaucoup de responsabilité et, en même temps, beaucoup de solidarité, la priorité est de favoriser le développement et de stimuler nos économies respectives. A l’évidence, la situation de la France et de la Géorgie ne sont pas les mêmes mais nous avons le même besoin : partager nos technologies, nos savoir-faire, faire que nous puissions commercer davantage, investir davantage. Je constate d’ailleurs que depuis plusieurs années, et notamment depuis deux ans, la Géorgie a pris un nouveau cours et les constructions se multiplient, les projets également et les infrastructures sont en train d’être profondément rénovées.

Les échanges commerciaux entre la France et la Géorgie ont progressé, ont progressé même très rapidement en 2013. D’ailleurs, si les exportations françaises progressaient partout dans le monde comme en Géorgie, il y a longtemps que notre balance des paiements courants serait excédentaire. Je ne peux donc qu’encourager les autres à suivre l’exemple de la relation entre nos deux pays. 56% d’augmentation de nos échanges en 2013 par rapport à 2012.

Les exportations géorgiennes vers la France ont également progressé, ce qui prouve qu’il y a une dynamique mutuelle et que nous ne sommes pas dans une relation où nous viendrions, nous Français, proposer nos technologies, nos produits et où nous n’aurions rien à tirer comme avantage des importations venant de la Géorgie.

Mais, quand je constate, au-delà des taux de progression, les chiffres en valeur absolue, nous avons encore beaucoup à faire ensemble.

La Géorgie a plusieurs avantages pour les investisseurs. Le premier, c’est un cadre stable, sûr, aussi bien sur le plan règlementaire que sur le plan fiscal. C’est ce qui est réclamé partout, pas simplement en Géorgie. Je veux rassurer le Premier ministre, c’est ce que demandent les chefs d’entreprise, avoir de la visibilité, avoir aussi de la confiance. C’est le premier avantage majeur que représente la Géorgie.

Le second avantage, c’est sa situation géographique. C’est-à-dire, comme le Premier ministre l’a expliqué, la possibilité d’être un lieu de passage, un lieu aussi de transformation et un lien entre les pays, Azerbaïdjan, Turquie et d’autres, l’Europe. Nous avons toutes les conditions ici réunies pour nous permettre d’accéder à tous les marchés et de pouvoir non seulement satisfaire les besoins de la Géorgie mais aussi accéder à un certain nombre d’autres marchés dans le Caucase du Sud, voire développer la liaison avec la Turquie.

Enfin, il y a un troisième avantage, c’est la volonté qu’a le gouvernement de moderniser l’économie géorgienne, de faire des réformes et donc de mener à bien un certain nombre de travaux d’infrastructures et de répondre aux besoins. Cela peut solliciter les entreprises françaises dans au moins quatre domaines : l’énergie, les transports, l’industrie agro-alimentaire et le tourisme. Et, dans les accords que nous allons signer, ces quatre priorités, ces quatre domaines sont traités.

Il va y avoir d’abord un accord entre l’Agence française de développement et la Géorgie pour développer les transports urbains par câble, le transport inter-urbain routier et nous avons là un vecteur de coopération et de développement très important.

Le deuxième accord qui va être signé concerne PROPARCO. C’est une autre agence, liée d’ailleurs à la précédente, qui s’appuie sur le secteur privé, notamment les PME. Elle est déjà engagée ici en Géorgie, depuis au moins deux ans, dans le financement du secteur de la santé. Elle va maintenant investir dans un projet hydro-électrique en Adjarie dans l’Ouest du pays.

Il y aura aussi un troisième accord pour la rénovation de quatre lignes de transport urbain dans plusieurs villes de Géorgie.

Enfin, il y a un projet d’assistance et de coopération dans le domaine des sports d’hiver. Je sais qu’ici il y a des entreprises notamment de la région Rhône-Alpes, région où il y a beaucoup de stations de sports d’hiver, qui vont pouvoir mettre leur expérience au service de la Géorgie et notamment à Bakuriani sur les pentes de ce qu’on appelle « le petit-Caucase ». Rien qu’avec ce nom, nous avons presque envie d’y aller mais encore faut-il que nous puissions équiper autant qu’il est possible ces stations !

Voilà ce que la France peut faire, doit faire. J’ai évoqué différents domaines, mais il y a en a d’autres et rien ne doit nous être interdit. Ce que je souhaite à travers ce forum, c’est que des idées s’échangent, des alliances se constituent, des partenariats se nouent. Que nous puissions ensuite, gouvernement géorgien et gouvernement français, appuyer par des dispositifs financiers, par également des soutiens à l’assurance-crédit, faire en sorte que ce que vous allez vous-même initier puisse être traduit dans la réalité.

Je veux enfin évoquer la question de l’accord d’association. Il est attendu, il n’est plus espéré, puisqu’il a été acté qu’il y aurait un accord d’association entre l’Europe et la Géorgie. Cet accord d’association est complet. C’est-à-dire qu’il comporte un volet politique qui suppose de partager des valeurs, des principes, d’être dans la même inspiration européenne. Il comporte aussi un volet commercial avec un accord de libre-échange. Cette association va trouver sa traduction juridique au mois de juin. Pas plus tard. Car il n’y a pas de temps à perdre.

Ensuite, cet accord d’association va permettre aux entreprises européennes de venir encore plus facilement ici en Géorgie et à la Géorgie de pouvoir accéder au grand marché européen. C’est donc un enjeu considérable et il ne faut pas brûler les étapes. Ce qui est en cause avec l’accord d’association, c’est l’implication pleine de l’Europe en Géorgie, c’est l’assurance qu’il y a une communauté de pensée et, enfin, c’est une ouverture de nos marchés avec des réformes qui vont être engagées par la Géorgie et un accompagnement qui sera apporté par l’Union européenne.

J’imagine qu’en Géorgie, il y en a toujours qui veulent brûler les étapes, cela existe partout. Il y a toujours ceux qu’on appelle les empressés et qui parfois compliquent les choses. Vous devez utiliser d’abord l’accord d’association, avant de penser à d’autres perspectives et je veux vous encourager à faire valoir dans l’accord d’association ce que vous pouvons faire ensemble.

Pour l’Europe, ce sera un atout considérable que de pouvoir avoir une présence en Géorgie. J’en ai dit les raisons, à la fois géopolitiques, j’allais dire presque stratégiques, et sur un sujet majeur qui est celui de l’énergie. La Géorgie n’est pas productrice d’énergie mais l’énergie va passer par la Géorgie, c’est un atout pour vous, mais c’est surtout une perspective que l’Europe doit se donner à elle-même si elle veut assurer la sécurité de ses approvisionnements, la diversification de ses sources d’énergie, des lieux où elle achète son gaz. Investir en Géorgie, être dans cette région est un atout considérable pour l’Europe.

Je veux que l’Europe se dote d’une véritable politique énergétique à dix ans, vingt ans, à la fois pour avoir les meilleurs prix, pour être aussi respectueuse de l’environnement. La France va accueillir l’année prochaine la conférence sur le climat. Nous avons donc aussi des engagements à prendre. Mais l’Europe doit se doter d’une politique énergétique parce qu’elle doit assurer son indépendance et elle pourra le faire en bonne intelligence avec la Géorgie.

Enfin, il y a une relation culturelle entre nos deux pays. Je l’évoquais en parlant de la francophonie, de la présence de la France depuis longtemps ici en Géorgie, de l’accueil qui a pu être fait aux élites géorgiennes pendant des décennies en France. D’où les liens qui se sont tissés, d’où cette confiance dont nous pouvons aujourd’hui tirer le meilleur parti.

L’économie est bien sûr au service d’un projet humain mais, pour que les Européens et les Géorgiens puissent travailler ensemble, pour que la France puisse être à vos côtés, nous devons avoir les meilleures relations économiques. C’est pourquoi ce Forum économique est aussi un forum politique.

Je vous remercie.

 

 

 

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