Intervention au forum économique à Erevan

Monsieur le Président de la République,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les parlementaires, qui m’accompagnez, venant de France,

Mesdames, Messieurs les chefs d’entreprise,

Arméniens, Français qui participent à ce forum, 

C’est la première fois que nous organisons une telle rencontre. Des réunions à haut niveau politique, nous en avons eu depuis plusieurs années.

Mais nous n’avions pas jusqu’à présent porté notre volonté jusqu’à mélanger les expériences, porter des partenariats, nouer des alliances, comme nous allons le faire à l’occasion de cette visite d’Etat.

Le Président Sarkissian l’a dit, donc je peux le répéter. Il y a de nombreuses entreprises françaises depuis plusieurs années qui investissent et qui prospèrent ici en Arménie. Je pense à Pernod Ricard, Crédit Agricole, Carrefour, Orange, Air France, Bureau Veritas, Amundi et j’en oublie. Mais celles que j’ai oubliées, le Président les a citées.

Et, lors de la venue à Paris du Président de la République arménienne, c’était en octobre dernier, nous avons convenu d’organiser cette réunion, ce forum, et de faire de ma visite, aujourd’hui, véritablement, un acte important pour la relation économique entre la France et l’Arménie.

Si l’on regarde les chiffres, nous pourrions nous illusionner, car la France est, en effet, le premier investisseur occidental en Arménie. Et, depuis 2007, ces investissements représentent plus de la moitié de tous les investissements de l’Union européenne en Arménie. Mais, quand on regarde les chiffres, ils sont beaucoup trop modestes, 120 millions d’euros par an.

Certes, nous sommes présents - j’ai évoqué les entreprises, je peux parler des secteurs – dans l’agroalimentaire, les télécommunications, les transports et la distribution. Mais nos échanges se limitent à 50 millions d’euros par an, seulement 50 millions d’euros par an. Et la France n’est que le 10ème fournisseur de l’Arménie, avec moins de 2% des parts de marché.

Alors, quand on parle, à juste raison, de l’amitié entre la France et l’Arménie, lorsque nous participons en France, en Arménie, à un certain nombre de manifestations qui rappellent cette amitié, lorsque nous savons qu’il y a 500 000 Français d’origine arménienne et que nous voyons les résultats sur le plan économique, nous nous disons qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire. Et c’est le chemin que vous avez décidé d’emprunter.

Je suis heureux qu’il y ait les élus, aussi, qui représentent les territoires en France et qui sont engagés dans cette même ambition.

Alors que devons-nous faire ? D’abord, mieux faire connaître le marché arménien et ses opportunités. C’est le rôle de l’ambassade de France, de la diplomatie économique, c’est également la responsabilité d’une agence française, UBIFRANCE. Et donc nous allons donner toutes les informations pour qu’il y ait une grande simplification des procédures, pour que les entreprises françaises viennent davantage qu’aujourd’hui en Arménie. 

Nous devons faire en sorte que les démarches, et cela vaut pour nos deux pays, soient les plus claires, les plus transparentes possibles pour qu’aucun projet ne soit contrarié, pour qu’aucune information ne manque et qu’il n’y ait pas de temps perdu pour passer de la décision à sa traduction économique.

Nous avons aussi un club d’affaires franco-arménien qui, finalement, a porté ce projet de forum et qui doit se renforcer rapidement.

J’ai également sollicité les représentants de la communauté arménienne en France qui m’accompagnent pour qu’ils s’impliquent, tous ces Arméniens de France, tous ces Français arméniens, dans les chantiers que nous allons proposer. Parce qu’il y a de nombreux entrepreneurs français d’origine arménienne qui doivent apporter leur expérience mais également leur savoir-faire à l’Arménie, tant les liens les unissent à cette patrie leur sont chers.

L’Arménie se développe, se développe rapidement. Nous en parlions avec le Président SARKISSIAN, avec des taux de croissance qui sont impressionnants mais avec un niveau qui reste encore limité.

Donc nous devons apporter à l’économie arménienne un certain nombre de nos produits, de nos technologies, de nos savoir-faire, et c’est le rôle des alliances que nous devons sceller entre entreprises.

J’ai demandé à l’Agence française de développement de financer un certain nombre de projets, ici en Arménie, de logements, d’infrastructures de développement agricole et notamment d’irrigation. Et il y aura un certain nombre d’accords qui seront passés dans cet esprit.

Je veux également que nous puissions tout faire pour améliorer l’attractivité de l’Arménie et je sais aussi que vous y contribuez par vos réformes économiques. Les réformes économiques, il faut en faire en France à notre rythme et nous le faisons. Et en faire en Arménie. Souvent on lie les réformes à l’Europe. Il faut faire des réformes, sans qu’il soit besoin d’avoir une perspective européenne. Il faut faire des réformes parce que cela améliore la compétitivité et donc l’attractivité. Il faut faire des réformes pour faire des économies, pour investir davantage dans les secteurs d’avenir.

Mais c’est vrai que vous avez aussi une perspective européenne. Cette perspective européenne, elle a été réaffirmée lors du Sommet du partenariat oriental de Vilnius, en novembre dernier.

J’ai veillé à ce que nous ne demandions pas à l’Arménie de faire des choix qui se révèleraient contradictoires avec ses intérêts. Nous en avons parlé avec le Président SARKISSIAN, déjà lorsqu’il était venu en France, au mois d’octobre, et dans le chemin qui nous conduisait jusqu’ici.

Nous devons concevoir une association Europe – Arménie, sans que cela vous contraignent par rapport à la perspective d’union douanière que vous avez avec la Russie. Parce que je pense que nous pouvons trouver un modèle intelligent, singulier, exceptionnel, traiter l’Arménie comme un pays qui, à la fois, est lié à son environnement, à sa région et, en même temps, veut participer avec l’Europe à un projet commun, notamment sur le plan des droits, sur le plan politique et sur le plan de l’espace démocratique.

Mais cela doit être aussi, avec l’Europe, une occasion, d’attirer des investissements. La France peut être aussi une avant-garde ; elle aime bien être une avant-garde, la France. Elle l’est, d’ailleurs, sur bien des sujets avec l’Arménie, en avant-garde.

Et bien elle doit l’être aussi sur le plan économique et c’est l’exemple que nous allons avoir avec l’implantation de Carrefour, grande entreprise française, qui va faire vivre des producteurs locaux et s’inscrire pleinement dans le système national de distribution. C’est un signal très encourageant, au point que nous allons ensemble, le Président SARKISSIAN et moi-même, visiter le magasin Carrefour et regarder les produits français et arméniens qui sont ainsi proposés.

Je veux également que cette implantation puisse en inspirer d’autres et bien au-delà de la distribution. Et c’est tout l’enjeu des investissements étrangers dans votre pays que nous devons favoriser et que vous devez, je l’ai dit, faciliter.

Faut-il aussi qu’il y ait des cadres, des techniciens qui puissent accompagner le développement de votre pays et ça c’est un enjeu très important pour la France et pour l’Arménie. Souvent on pense qu’il suffit d’installer une entreprise, même amie, ou de proposer nos produits pour que les échanges et les investissements se fassent. Non, il faut les préparer et rien de mieux que de former les cadres, les techniciens, les salariés qui vont avoir à mettre en œuvre ces nouvelles techniques ou à proposer ces produits. C’est la raison pour laquelle, je veux, à l’occasion de cette visite que l’on améliore la présence française pour la formation des cadres, en nous appuyant sur un outil qui existe qui est l’Université française en Arménie, l’UFAR.

Enfin, je souhaite qu’il puisse y avoir par les entreprises françaises des centres de formations qui puissent être créés, ici, en Arménie.

Voilà, Mesdames et Messieurs, le sens de cette visite qui est à bien des égards politique, symbolique, amical, mais qui doit également avoir, maintenant, une dimension économique.

Nous pensons que l’Arménie est devant des choix qui doivent la conduire à aller vers un développement accéléré. Elle est confrontée à un environnement qui n’est pas facile. Dans la vie, déjà être avec soi-même, cela peut être parfois compliqué mais être avec des voisins, ça l’est encore davantage.

Nous devons donc ouvrir l’Arménie. Cela sera aussi le but de cette visite, faire en sorte que nous puissions traiter les problèmes politiques et, en même temps, que cette ouverture puisse être au service de l’économie. Que les deux aillent dans le même sens, que nous ne distinguions pas les domaines et que nous puissions être utiles à l’Arménie, parce que cette visite veut d’abord être une visite d’amitié. Pour que les entreprises françaises, bien sûr, soient présentes, ici, en Arménie - elles le sont et je veux en remercier les représentants. Mais surtout pour que la France soit utile à l’Arménie.

Merci.

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