Entretien avec M. Riyad HIJAB, Coordinateur général du Haut comité de l'opposition syrienne

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Rubrique : International, développement et francophonie

Palais de l’Elysée – Lundi 12 décembre 2016

Mesdames, Messieurs,

Je tenais à recevoir aujourd’hui le Président HIJAB et sa délégation, dans le contexte dramatique que nous connaissons en Syrie, notamment à Alep.

Ce que nous savons des bombardements incessants qui s’y produisent crée une émotion aujourd’hui partagée, mais crée surtout un sentiment de révolte comme cette répétition de massacres à Alep, dont la population civile est la cible. Les hôpitaux y ont été détruits, les écoles aussi. Aujourd’hui, une bonne partie de la population est retenue en otage, avec la crainte, si elle veut fuir, d’être massacrée.

Notre premier devoir est humanitaire. Ce que nous voulons faire, - la France comme la communauté internationale qui se mobilise - c’est d’avoir des couloirs humanitaires qui puissent être ouverts, qu’ils permettent l’évacuation de la population et également l’alimentation de celle qui resterait sur Alep.

Le régime croit avoir gagné une partie, alors qu’il a simplement gagné une horreur supplémentaire, après tant d’autres commises.

Il ne peut pas y avoir de solution sans qu’il y ait un cessez-le-feu, sans qu’il y ait l’accès des organisations internationales aux populations qui sont aujourd’hui victimes et sans qu’il y ait à terme une solution politique.

Je voulais également apporter tout mon soutien à l’opposition syrienne, opposition qu’on appelle démocratique, et elle l’est ; qu’on dit modérée, mais elle n’est pas modérément démocratique. Je voulais dire à cette opposition qu’elle a le soutien de la France. Elle n’a rien à voir avec les organisations terroristes. C’est le discours du régime et de ses soutiens russes et iraniens, qui veulent faire cette confusion. L’opposition lutte aussi contre les organisations terroristes, que ce soit Daech ou Al-Nosra. Nous devons permettre à cette opposition de pouvoir jouer son rôle, sur le plan militaire et sur le plan politique.

Nous avons aussi le devoir de lutter contre l’Etat islamique, Daech, dont on voit qu’il est sur le recul, mais qu’il peut aussi porter des offensives, notamment à Palmyre, contre le régime. Nous devons faire en sorte que Raqqa puisse être conquise, reconquise. Là encore, nous devons coordonner nos efforts pour que les forces au sol puissent, appuyées par notre aviation, conquérir cette ville qui est le bastion avec Mossoul de Daech.

Je voulais, enfin, souligner ce que fait la France au plan diplomatique. C’est à l’initiative de la France qu’il y a eu une résolution au Conseil de sécurité et que nous agissons sans cesse pour qu’il puisse y avoir une reprise à tout moment des négociations. Parce qu’il faut préparer la reconstruction de la Syrie.

Aujourd’hui, elle parait lointaine, tant les images d’horreur nous arrivent et nous parviennent. Mais elle est possible. Cela était le sens de la réunion qui a eu lieu ces derniers jours autour de Jean-Marc AYRAULT, pour que nous puissions également appuyer tous les efforts, même dans l’attente d’une nouvelle administration américaine, pour qu’une solution politique puisse être dégagée et que la communauté internationale puisse condamner, autant qu’il est possible, les actions de force qui sont commises aujourd’hui. Des actions qui sont en fait des crimes de guerre et qui relèveront, le moment venu, de la justice internationale. Il faut aussi prévenir qu’il n’y aura pas d’impunité par rapport à ce qui se passe aujourd’hui en Syrie et à Alep.

Voilà le message que je voulais porter. Depuis maintenant plus de quatre ans et demi, je suis saisi, comme Président de la République, du drame syrien.

La France n’a jamais varié, elle a toujours été aux côtés des démocrates. Elle n’a jamais varié, elle a toujours lutté contre le terrorisme. Elle n’a jamais varié, elle a toujours condamné le régime et ses atrocités, y compris lorsqu’il a utilisé les armes chimiques. Elle n’a jamais varié, elle a pris ses responsabilités, aussi bien sur le plan militaire pour lutter contre Daech et les organisations terroristes que pour soutenir, autant qu’il était possible, l’opposition modérée.

Elle ne variera pas. Jusqu’au bout, elle continuera à défendre cette position. Elle fera en sorte de pouvoir être toujours à l’initiative. Sachez-le, nous ne vous abandonnerons pas.

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