Discours lors de la Soirée French Tech

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs,

Il y a quelques mois, j’étais à la Silicon Valley. Aujourd’hui, c’est la Silicon Valley – si j’ai bien compris – qui vient vers nous. Ce que nous voulions à travers la French Tech, c’est rassembler : rassembler des créateurs, des entrepreneurs, des innovateurs et des investisseurs français ; rassembler des Français qui ont des talents, qui ont fait leurs preuves ; mais aussi rassembler des entrepreneurs et des investisseurs étrangers, notamment américains.

Nous voulions ainsi faire la démonstration de nos atouts. Nous avons réfléchi à une stratégie de communication. Elle est très simple, c’est que ce soit les autres qui parlent de nous, c’est-à-dire, vous ! Alors, il s’agissait de faire en sorte – au cours de ces jours qui ont été consacrés à la French Tech – de vous convaincre de ce que vous saviez déjà : investir en France, créer en France, innover en France, c’est non seulement possible et facile, mais c’est également un facteur de création de richesses pour les uns comme pour les autres.

La France est un pays attractif, où il est possible d’entreprendre. On me dit que ce n’est pas toujours l’idée qui est communément admise dans certains lieux ou dans certains journaux. Je ne parle pas des journaux français qui font la promotion de la France très régulièrement et avec beaucoup de constance… Je veux ici saluer tous ceux qui y contribuent. Mais, je parle de quelques médias qui n’ont pas toujours la connaissance de ce que nous faisons, produisons, inventons ici.

Tout à l’heure, je recevais plusieurs investisseurs américains. La première qualité qu’ils reconnaissaient à la France, c’était celle de ses ingénieurs. C’est vrai que nous sommes fiers d’avoir un système de formation – pas simplement dans les grandes écoles et les universités, mais quelquefois dans les entreprises elles-mêmes – qui fournisse ce que nous pensons être les meilleurs sur le marché de l’intelligence. Nous ne nous plaignons pas quand ces ingénieurs peuvent partir à l’étranger, cela fait partie de ce qu’une expérience peut justifier. Ce qui nous importe, c’est qu’ils puissent, après avoir été dans la Silicon Valley ou ailleurs, revenir, investir et incorporer tout le progrès technologique qu’ils ont pu acquérir ailleurs.

Il nous a été dit aussi que nous avions des systèmes de financement qui étaient parfois trop compliqués. Nous sommes précisément dans une stratégie de simplification. Ce qui est important pour nous, c’est de faire la démonstration, avec la French Tech, que nous pouvons rassembler toutes ces initiatives – startups, investisseurs, ingénieurs designers, développeurs – et que nous pouvons même en faire un festival pour démontrer la diversité des talents.

C’est le sens de l’initiative. Je veux en remercier les ministres qui l’ont décidée pour nous faire connaitre, nous faire voir, nous faire convoiter et pour permettre à des investisseurs de prendre une part du capital de nos entreprises. Ce festival rassemblera, comme un festival de culture, plusieurs milliers de personnes. Il y aura des salons qui seront proposés, 150 produits e-innovation qui seront présentés…

Une autre information m’a été confirmée, tout à l’heure, dans l’entretien que j’ai eu : l’image et la force de Paris. Nous voulons qu’il y ait en France de grandes métropoles. Nous voulons qu’il y ait aussi des régions qui aient la taille nécessaire, la puissance susceptible d’accompagner les entrepreneurs… Nous sommes conscients que la métropole de Paris a une taille, une dimension, une image exceptionnelle dans le monde. Nous devons tout faire, avec les élus de Paris et l’ensemble des ministères, pour renforcer encore l’attractivité de la capitale.

C’est vrai que nous sommes la première destination touristique au monde et que nous avons vocation à accueillir davantage de visiteurs. Mais Paris doit être aussi une place où les investissements se font, où les technologies se présentent, où les innovations sont facilitées et où nous offrons une qualité de vie exceptionnelle qui passe par la culture, par un système d’éducation, par la sécurité, par un mode de vie... La French Tech, c’est aussi la démonstration qu’il n’y a pas que Paris, mais qu’il y a aussi Paris.

Dans les arguments que nous présentons, le premier c’est la qualité de nos ingénieurs, la performance de nos entreprises et aussi le dynamisme de nos innovateurs. Mais il y a aussi des chiffres qui sont incontestables. La France est le deuxième pays le plus attractif d’Europe pour les investissements créateurs d’emplois. La France se situe, depuis 2007, au deuxième rang européen en matière de capital investissement. Les implantations de centres de recherche en France ont augmenté de 50% l’année dernière grâce, il est vrai, à un mécanisme qui s’appelle le « crédit impôt recherche ». Nous l’avons non seulement conservé, sanctuarisé, préservé mais également étendu. Ce dispositif fait que l’investissement le plus rentable au monde, en matière de recherche, est en France. C’est pourquoi nous avons beaucoup d’investissements étrangers qui ne viennent que pour installer des laboratoires ; ces laboratoires vont pouvoir ensuite créer de la richesse en France et partout dans le monde.

Nous sommes fiers d’un certain nombre de nos startups. Il y a ici des entrepreneurs qui, il y a quelques années, n’étaient que dans de petits ateliers. Ils sont devenus aujourd’hui les plus grands en France et en Europe. Nous en sommes heureux. C’est pour eux et avec eux que nous avons construit une stratégie de soutien à l’entrepreneuriat. Elle passe par des réformes fiscales que nous avons engagées, très tôt, après une prise de conscience facilitée par certaines mobilisations… Mais le principal, c’est de prendre les bonnes décisions, au bon moment, c’est-à-dire au début. La fiscalité des investisseurs a été améliorée, notamment pour tout ce qui tient au système des plus-values.

Nous allons également – je m’y étais engagé aux Etats Unis – améliorer la fiscalité des actions gratuites et des bons de souscription des parts de création d’entreprises. Nous avons, sur le statut de la jeune entreprise innovante, réduit encore les cotisations sociales. Et nous avons aussi annoncé, c’était dans cette salle le 14 janvier, le pacte de responsabilité. Nous venons de le présenter devant le Conseil des ministres. Les mesures vont maintenant être adoptées par le Parlement. Cela permettra la réduction de trente milliards d’euros de charges sociales et un allègement d’impôts de dix milliards d’euros sur les trois prochaines années.

Nous avons fait aussi en sorte que le financement soit facilité. Nous avons créé une Banque publique d’investissement, dont on a pu mesurer qu’elle pouvait intervenir dans le domaine des nouvelles technologies, sans craindre de s’associer avec des fonds d’investissements étrangers. Nous avons mené à bien des fonds communs avec la Chine, avec les pays du Golf. Nous nous apprêtons à le faire pour des fonds américains communs avec les fonds de la BPI. Nous avons introduit le système du « crowdfunding », du financement participatif. Une ordonnance a été publiée dans cet esprit.

Nous avons créé – cela c’est une spécialité française – des dispositifs fiscaux pour encourager l’investissement dans les petites et moyennes entreprises. Je tiens à rappeler que la rentabilité, sur le marché financier, des petites et moyennes entreprises françaises cotées est supérieur à la rentabilité des grands groupes du CAC 40. Ce qui revient à dire que vous avez tout intérêt à investir dans les PME – les entreprises du CAC 40 pouvant trouver des financements par ailleurs. Nous avons ici des dirigeants de grandes entreprises que je veux saluer. Elles ont elles-mêmes parfaitement compris l’intérêt qui pouvait être le leur d’investir dans les PME à travers les « corporate venture ».

Nous avons aussi souhaité accueillir plus facilement les entrepreneurs et les entreprises étrangères. De la même manière que nous avions simplifié, à l’initiative du ministre des Affaires étrangères, le système des visas pour les personnes, nous avons également voulu simplifier les visas pour les entreprises avec le « startup visa ». On peut s’installer librement et on peut accueillir ici tous les talents.

Nous soutenons l’innovation. Nous avons lancé, il y a quelques mois, un grand concours pour l’innovation, un concours mondial. Nous avons déjà retenu soixante projets – qui ont tous une vocation générale – dans trois domaines : la santé, les nouvelles technologies et la transition énergétique. Nous avons fait une deuxième vague de sélection, parce que nous aimons beaucoup les concours en France ! Il y a aujourd’hui des projets qui viennent de Chine, des Etats Unis, d’Israël… Ces concours vont se poursuivre, tout au long des prochains mois, parce que nous voulons les doter selon leur taille avec des montants qui pourront être très significatifs. Le seul critère est que l’innovation puisse ensuite être portée sur le sol français.

Voilà, Mesdames et Messieurs le message que vous m’aviez demandé de communiquer très largement : investissez en France ! C’est le choix que vous avez fait. C’est le bon. Merci !

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