Discours lors de la remise du prix de l'audace

Madame la Ministre,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la Fondation,

Mesdames et Messieurs qui représentez, ici, l’Education nationale mais aussi l’action culturelle,

Mesdames, Messieurs les enfants qui venez recevoir vos prix ou prétendre à d’autres, car la vie n’est jamais terminée, ce concours est ouvert et l’année prochaine, vous serez, sans doute, aussi là pour être associés à cette manifestation.

Je remets ce prix depuis que je suis Président de la République de l’audace culturelle et artistique. Non pas simplement parce que j’en ai pris l’engagement auprès de son initiateur mais parce que je pense que c’est un beau prix.

D’abord, parce qu’il porte un beau nom, « l’audace ». L’audace, c’est ce qui permet à chacune et à chacun de se dépasser, d’aller plus loin que ses propres limites, de faire des choses dont on ne se sentait pas nécessairement capable, de se sortir de ce que l’on pense être la fatalité ou les contraintes du quotidien. Et grâce au jury qui a pu regarder tous les projets qui ont été présentés, plus de 80, j’ai à l’esprit tout ce qui a été fait dans beaucoup d’académies pour susciter ces initiatives, pour faire comprendre à des jeunes de tous âges qu’ils avaient du talent, plein de talent. Et parfois même qu’ils ne soupçonnaient pas. Leurs parents les ignoraient et l’école est faite pour, non seulement transmettre un savoir, une connaissance mais aussi des valeurs, des principes, une éducation pour la vie. Mais, elle est également faite pour des découvertes, et la première découverte, c’est soi-même. A travers ces projets, vous avez été capables de travailler avec d’autres car tous ces projets sont collectifs et en même temps les uns et les autres, vous avez été, vous-mêmes, pleinement engagés. C’est pour cela que c’est un beau prix.

La culture, l’art, doivent être pleinement présents dans l’éducation des enfants. C’est la volonté des ministres, du ministre Benoît HAMON comme de la ministre Aurélie FILIPPETTI. Diffusez-la dès le plus jeune âge, pour permettre à tous les jeunes de France, dans toutes leurs diversités - et ici vous êtes l’image de cette diversité, diversité régionale, diversité sociale, diversité des origines- pour permettre à tous les jeunes de France, à un moment, de rencontrer une pratique culturelle ou l’exercice d’un art. Donc je veux, ici, saluer ce que fait l’école et dire que les enseignants ont un rôle essentiel.

Ce prix permet d’associer des enseignants, des élèves, des artistes, et je veux, là aussi, saluer cet investissement. Beaucoup d’artistes ont pu participer à des créations, faire partager leur travail. Je pense qu’il y avait aussi des intermittents et nous sommes soucieux de trouver, non pas simplement une garantie mais aussi du travail, parce que ce que demande les artistes c’est d’abord de pouvoir travailler et de vivre de leur travail. Et puis, je salue quelques-uns parmi l’assistance, les collectivités locales, je sais qu’il y a, ici, plusieurs représentants des villes qui sont très fières ou des départements, des régions, des régions d’aujourd’hui, des régions de demain qui sont fiers d’appuyer financièrement mais aussi politiquement ces projets et dire que cela fait partie de l’identité de chacune des régions.

Vous avez évoqué les régions de métropole comme les régions d’outre-mer parce que c’était la volonté, aussi, du ministère de l’Education comme du ministère de la Culture d’associer toutes les directions. Ce sont des directions pour l’action culturelle et des recteurs pour l’Education nationale.

Je veux aussi saluer le jury, c’est très difficile d’être jury. D’ailleurs la France est un jury, il faut savoir bien choisir, c’est très difficile quand il y a 80 projets, tous de qualité, d’en retenir 15, c’est déjà une première sélection très délicate, il ne faut pas dire que les autres projets n’ont pas de valeur car la sélection s’effectue par rapport à certains critères. Peut-être qu’ils peuvent se dire que s’il y avait un autre jury, ils auraient été pris… mais il y avait, je crois cette volonté de mettre en avant un certain nombre de projets puis ensuite d’en trouver trois.

Et je veux féliciter ceux qui ont pu être retenus. D’abord le projet « kid birds » de l’école Benezet de Toulouse avec des chorégraphies de Cunningham, je pense que c’était une participation exceptionnelle qui vous a été offerte. Vous avez aussi donné une belle leçon. Pour beaucoup de ces enfants qui venaient d’arriver en France, leur premier devoir était d’apprendre le français, et d’être pleinement des élèves dans la République. Mais ils avaient aussi cette volonté de pouvoir échanger sur ce qu’est leur culture, de la faire partager pour ensuite en faire un projet commun, c’est ce qui a été fait, avec quelle réussite !

Je veux également saluer le lycée professionnel agricole du Neubourg, il se trouve que je connais le Neubourg donc cela m’a fait plaisir. Là nous sommes dans ce que l’on appelle la ruralité et il y a eu un très beau sujet d’investissement des élèves sur le vêtement de travail. Comment faire pour que le vêtement de travail soit regardé comme une œuvre artistique, je pense que là aussi il y a eu une très belle démarche.

Puis enfin, entre « ciel et terre », voilà, un beau projet entre « ciel et terre », même si à un moment il faut choisir. Mais je pense que l’on peut faire les deux mais successivement. Vous avez fait le choix de donner cette illustration à travers des défilés de mode. Là aussi, la mode c’est une pratique culturelle, c’est ce qui peut fonder le talent français, en tout cas c’est notre ambition.

Mesdames et Messieurs, je reviendrai pour la remise du prix l’année prochaine donc préparez-vous ! J’essaie de renouveler mon approche mais je veux terminer sur l’engagement qui a été rappelé. L’engagement, le mien, d’abord de donner la priorité à la jeunesse, c’est ce qui aujourd’hui doit nous donner confiance. Cette jeunesse, elle attend, non pas qu’on lui fasse une place particulière, elle attend que l’on lui donne toutes les conditions pour qu’elle réussisse. Elle attend aussi qu’on lui fasse confiance, qu’on lui dise qu’elle n’est pas un fardeau dans une société comme celle d’aujourd’hui mais un atout pour la France. La France qui a toujours du mal à se regarder mais qui, quand elle regarde l’avenir, peut prendre confiance en elle. Elle est le pays qui a la plus grande vitalité démographique. Nous avons une jeunesse qui se renouvelle et qui permet justement à chaque génération de porter des projets. Donc, c’est ce message que je viens une nouvelle fois confirmer et la place de l’art et de la culture comme éléments de cohésion, éléments de fierté, comme éléments de réussite et aussi comme facteur de rassemblement de notre pays. Nous avons fait des commémorations ces derniers jours et c’était à la fois pour nous souvenir, pour partager une mémoire mais c’était en même pour montrer ce dont la France était capable.

La France est capable de grandes choses. Elle l’a montré dans son histoire mais toujours de grandes choses aujourd’hui dans son économie, dans sa capacité industrielle, dans sa recherche et dans sa culture. Nous avons la chance d’avoir une présidente de jury qui fait de la musique classique dans tous les quartiers, qui elle-même a son parcours, ses origines et qui montre que tout est possible. C’est ce que vous avez, vous aussi, démontré, l’audace c’est rendre le possible souhaitable, et le souhaitable possible.

Merci.

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