Avril 2014

Discours du Président lors de la réception des médaillés Olympiques et Paralympiques

Mesdames, Messieurs

C'est avec une grande appréhension que j'affronte ce moment. Rencontrer autant de médaillés à la fois, c'est une épreuve mais en même temps, c'est une fierté pour le Président de la République, pour le gouvernement, pour la Nation toute entière de savoir que des hommes, des femmes ont donné le meilleur d'eux-mêmes et ont été capables de remporter des victoires, des médailles. Soyez-en tous remerciés : c'est l'objet même de cette cérémonie.

Je me suis préparé pour ce rendez-vous. D'abord, je suis allé à l'INSEP et je remercie encore Pierre DURAND de m'y avoir reçu. Ensuite, j'ai rencontré des responsables des fédérations, je remercie le CNOSF et Denis MASSEGLIA de m'avoir entraîné et formé. Et ensuite, je suis allé à Londres d'abord pour les Jeux olympiques, puis ensuite pour les Jeux paralympiques. Je n'ai pas pu assister à tous les exploits et à toutes les compétitions, mais, enfin, j'ai eu la chance, et je vous en remercie, d'assister chaque fois que je suis venu à des médailles d'or qui ont été décernées à plusieurs d'entre vous. Je vous renouvelle donc toutes mes félicitations pour tout ce qui a été fait, tout ce travail qui a été le vôtre, toute cette préparation, tout cet effort, toute cette inquiétude qui a été la vôtre avant la compétition, pour aussi votre exploit puisque vous avez gagné une ou plusieurs médailles et pour les déclarations que vous avez faites après la compétition en maîtrisant à chaque fois votre émotion autant que c'était possible, en vous adressant bien sûr à vos familles qui éprouvaient là une grande fierté mais à tous les Français qui s'étaient levés à chaque fois que vous aviez gagné une médaille parce que ce que vous avez fait, vous l'avez fait pour vous-même, vous l'avez fait pour votre pays, vous l'avez fait aussi pour des valeurs qui vont bien au-delà du seul exploit, des valeurs d'engagement, d'exemplarité, de travail, de discipline, de solidarité. Vous avez eu du panache et vous avez en même temps réalisé votre rêve.

C'est ce que nous voudrions donner à la Nation toute entière, cet esprit qui est le sien d'ailleurs, de travail, de discipline, de solidarité pour avoir tout le courage nécessaire pour, ensuite, accéder au rêve, au rêve français, celui d'améliorer à chaque génération le sort qui est le nôtre.

Alors, votre vie a considérablement changé depuis que vous avez gagné cette médaille ou ces médailles, le regard des autres a évolué. Ce n'était pas la même chose d'être regardé comme un grand sportif et d'être vu comme un médaillé. L'attente aussi qui est portée sur vous a changé, la pression est revenue et déjà, on vous parle d'autres compétitions, d'autres jeux à venir comme si ce que vous aviez gagné était déjà remis en cause. Alors savourez, ces moments de victoire durent peu et il faut déjà préparer les autres échéances, trouver des sources de motivation, être prêt là encore à donner l'exemple puisque d'autres compétitions vous attendent et que rien n'est jamais achevé sauf pour ceux qui ont décidé et celles qui ont décidé d'arrêter la compétition, il y en a, et je veux leur dire là toute notre gratitude. Ils ne vont pas s'éloigner de nous ni de vous ; ils vont rester dans le mouvement sportif. Certains ici ont déjà montré l'exemple mais ils sont de la famille, ils resteront dans le cercle de plus en plus large de tous ces médaillés qui préparent le succès des générations futures.

J'ai également une pensée pour les non médaillés qui ne sont pas là forcément aujourd'hui et qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes, qui ont fait en sorte de porter nos couleurs, de monter sur le podium et parfois, n'y sont pas parvenus pour quelques dixièmes de secondes ou pour une circonstance. C'est à eux aussi que nous devons nous adresser pour leur dire de ne pas se décourager, pour leur dire que nous sommes aussi fiers d'eux surtout que, pour certains, ce sera les derniers JO après avoir tant donné pendant tant d'années mais je reviens vers vous.

Vous, votre force, c'est d'avoir donné envie aux autres, c'est un beau message que de pouvoir non pas simplement transmettre une expérience mais transmettre une envie, un désir, une volonté. Il y a tellement de jeunes qui en vous regardant se sont dits qu'ils allaient faire comme vous, c'est dire là où ils ont mis la barre -- je ne dis pas cela pour notre champion de la perche ! -- mais c'est vrai qu'il y a toujours une admiration, une exemplarité, l'idée que l'on peut se faire de sa vie, tous et toutes ne parviendront pas à ce que vous êtes aujourd'hui. Beaucoup ne seront jamais champions mais laissez-leur le droit de rêver de l'être et donc ils vont s'inscrire grâce à vous auprès des fédérations. Ils vont aller vers des clubs en disant « je veux faire comme le champion ou la championne que j'ai vu à la télévision » et s'ils sont frappés par un handicap encore davantage, ils vont y aller en se disant : ce qu'ils ont fait, je peux le faire.

Alors, il faudra les accompagner. Je fais confiance aux fédérations, aux présidents de fédérations parce que ce sont eux qui vont avoir à gérer tout ce flux d'ambitions, d'énergie, de vitalité qui va se presser dans les disciplines qui sont les vôtres. Ils sont en plus en phase électorale ; donc ils ont à la fois à faire l'accueil de tous ceux qui vont venir et en même temps à faire entendre qu'ils ont bien géré leur fédération. Je ne me mêlerai pas de cette élection là ! Il faut rester dans son domaine mais je dois leur dire toute ma reconnaissance à ces présidents de fédérations parce que ce sont effectivement eux qui permettent la bonne marche du mouvement sportif. Je veux aussi dire toute ma reconnaissance aux cadres techniques, aux entraîneurs, aux équipes médicales. Je les ai rencontrés aussi à Londres. Aucune victoire n'est individuelle. Quel que soit son talent, quel que soit son mérite, quel que soit son effort, chaque fois qu'il y a une médaille ou une victoire, il y a toujours une participation d'autres à cette réussite. Vous devez votre victoire bien sûr -- ou votre médaille -- bien sûr à vous-même mais vous la devez aussi à tous ceux qui vous ont accompagnés, préparés, formés, encouragés, motivés, soignés, à ceux et à celles auprès desquels vous vous êtes confiés parce qu'il y a des moments où c'est plus difficile, parce qu'il y a des hauts, il y a des bas, il y a des doutes et donc merci, chapeau à ces entraîneurs, à ces cadres techniques, à ceux que l'on ne voit pas toujours sur les écrans et à cette équipe médicale, ces équipes médicales qui font des miracles tout en faisant en sorte que ce soit dans le respect de la loi. Voilà, je ne veux pas être plus long parce que je veux que vous participiez pleinement à cette belle occasion de rencontre.

Un mot sur Londres. C'est vrai qu'il y a quelques années, nous avions déposé une candidature pour Paris. Nous avons été battus par Londres, nous pourrions être rancuniers, il ne faut pas l'être ! Londres a été une très belle réussite, une très belle organisation avec une participation exceptionnelle du public pour tous les Jeux ; Jeux olympiques, Jeux paralympiques. Quand je suis allé (c'était il y a quelques jours) aux Jeux paralympiques, le stade était plein, l'ambiance festive, et en plus, nous avons gagné ! Et je dois aussi reconnaître le mérite des 70 000 bénévoles qui se sont engagés dans ces Jeux pour vous faciliter la tâche mais surtout permettre au public d'y être pleinement investi. Alors essayons d'en tirer les leçons après les compliments aux britanniques qui ne le rendent pas toujours mais qui, là, méritent vraiment notre reconnaissance. Donc essayons d'en tirer les leçons et faisons en sorte que si un jour, nous avons à présenter un dossier pour l'organisation de Jeux olympiques et paralympiques, nous soyons capables de gagner aussi cette compétition. Moi, je fais confiance au mouvement sportif pour savoir ce qu'il a à faire mais avant de parler des Jeux de 2024, il y a Rio qui arrive. Je vous ai dit, c'est un éternel recommencement. Vous êtes médaillés, on vous parle de la prochaine compétition ! Vous êtes élu, on vous parle de la prochaine élection ! Donc il faut s'entraîner, se préparer, se mettre en capacité d'être toujours compétitif. Alors, je vous souhaite bonne chance dans votre vie, vie changée, vie récompensée, vie à construire encore parce que vous êtes jeunes. Je sais que vous avez les championnats à préparer, les championnats d'Europe, les championnats du monde, des tournois et je ne sais quelle compétition. Portez votre médaille mais enfin, vous ne pouvez pas la mettre partout, tout le temps, même si j'en ai connu qui ne s'en séparaient pas, qui dormaient avec ! Je ne sais pas s'ils continuent de le faire, je les interrogerai mais c'est vrai que vous devez avoir dans votre esprit cette médaille toujours, elle vous suivra toute votre vie. Et toute votre vie, vous vous direz : voilà, j'ai vécu un grand moment, j'ai été à des Jeux olympiques, à des Jeux paralympiques et j'ai gagné une médaille. Et cette médaille, elle a éclairé toute ma vie parce que maintenant, vous êtes dépositaire de cette médaille, de cet esprit de conquête et ce que je peux vous demander au nom de la République française, c'est de redonner au pays ce que vous, vous avez pu conquérir.

Merci !

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