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Discours du Président de la République française à l'occasion de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv

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Rubrique : Egalité et droits de l'Homme, Patrimoine

English version below

 

Monsieur le Premier ministre d’Israël, cher Bibi, merci pour ces mots.

Mesdames et messieurs les membres du gouvernement,

Monsieur le président du CRIF,

Monsieur le président des fils et fils des déportés juifs de France,

Monsieur le président de l’Union des déportés d’Auschwitz,

Monsieur le président de la Fondation de la mémoire de la Shoah,

Monsieur le président du Comité français pour Yad VASHEM,

Messieurs les Grands rabbins,

Madame la maire de Paris,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Messieurs les préfets,

Mesdames et messieurs les représentants du corps diplomatique,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames, messieurs,

Si je suis ici parmi vous en ce jour sombre et solennel, c’est en effet pour que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques CHIRAC, à qui je veux tout particulièrement rendre hommage aujourd’hui, maintenu par Dominique DE VILLEPIN en 2005, Nicolas SARKOZY et François FILLON en 2007, poursuivi enfin par François HOLLANDE en 2012.

Récemment encore, ce que nous croyons établi par les autorités de la République sans distinction partisane, avéré par tous les historiens, confirmé par la conscience nationale s’est trouvé contesté par des responsables politiques français prêts à faire reculer la vérité. C’est faire beaucoup d’honneur à ces faussaires que de leur répondre, mais se taire serait pire, ce serait être complice.

Alors oui, je le redis ici, c’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et, donc, pour presque tous, la mort des 13.152 personnes de confession juive arrachés les 16 et 17 juillet 1942 à leurs domiciles, dont plus de 8.000 furent menés au Vel d’Hiv avant d’être déportés à Auschwitz. Parmi elles, 4.115 enfants de 2 à 16 ans, dont aujourd’hui nous honorons plus particulièrement la mémoire et pour lesquels, je souhaiterais que nous fassions silence.

(L’assistance se lève et observe une minute de silence)

Merci.

Je récuse les accommodements et les subtilités de ceux qui prétendent aujourd’hui que Vichy n’était pas la France, car Vichy ce n’était certes pas tous les Français, vous l’avez rappelé, mais c’était le gouvernement et l’administration de la France.

Les 16 et 17 juillet 1942 furent l’œuvre de la police française, obéissant aux ordres du gouvernement de Pierre LAVAL, du commissaire général aux questions juives, Louis DARQUIER DE PELLEPOIX et du préfet René BOUSQUET.

Pas un seul allemand n’y prêta la main.

Je récuse aussi ceux qui font acte de relativisme en expliquant qu’exonérer la France de la rafle du Vel d’Hiv serait une bonne chose. Et que ce serait ainsi s’inscrire dans les pas du général DE GAULLE, de François MITTERRAND qui, sur ce sujet, restèrent mutiques. Mais il est des vérités dont l’état de la société, les traumatismes encore vifs des uns, le déni des autres a pu brider l’expression.

Les déchirures vives qui traversaient la société française ont pu faire primer l’apaisement et la réconciliation. Nos sociétés ainsi s’offrent de ces répits pendants lesquels le travail de la mémoire reste souterrain, pendant lesquels les peuples reprennent leurs forces et doivent se réconcilier peu à peu pour reconstruire, avant de trouver les mots de vérité qui les guériront vraiment. Avant aussi de retrouver le courage collectif d’affronter les fautes et les crimes.

C’est pourquoi nous n’avons pas à juger ici le parti choisi par ces deux chefs de l’Etat, tous deux acteurs de la Seconde Guerre mondiale et de ses complexités. Mais rappelons-nous aussi que c’est François MITTERRAND qui institua cette Journée du souvenir ; et rappelons-nous surtout durant toutes ces années le combat souterrain de tant et tant pour que rien ne soit oublié.

Et puis le temps fait son œuvre.

Les témoins et les survivants parlent, les archives s’ouvrent, les historiens travaillent. La société mûrit ses drames et ses deuils. Alors la vérité se fait jour, et elle est implacable, irrévocable. Elle s’impose à tous. La cacher ou l’amoindrir insulte notre mémoire collective.

La France, en reconnaissant ses fautes, a ouvert la voie à leur réparation. C’est sa grandeur. C’est le signe d’une nation vivante qui sait regarder son passé en face. C’est là le courage d’un peuple qui ose son examen de conscience et tend la main aux victimes et à leurs enfants. Tendre la main, retisser les liens, ce n’est pas s’humilier par je ne sais quelle repentance, c’est se grandir, c’est être fort.

Je sais tous ceux qui diront que des journées comme aujourd’hui ou des propos comme ceux que je viens de prononcer, c’est encore rappeler les humiliations de notre pays, que c’est une repentance indigne : ça n’est rien de tout cela. C’est l’indispensable travail de mémoire et d’histoire, c’est la responsabilité qui est la nôtre, celle de réconcilier notre peuple jusqu’au bout, jusque dans ses pages d’ombre pour que chacun y retrouve enfin sa place.

Savoir où nous avons failli, qui a failli, c’est aussi regarder avec plus de fierté ceux qui ont dit non, ceux qui ont tendu la main à leurs frères en humilité et en humanité.

Alors oui, aujourd’hui, nous songeons aussi à ceux qui, en 1942 étaient déjà engagés dans la Résistance intérieure ou extérieure et payaient de leur vie leur combat clandestin.

Ils furent cette moisson de héros qui sauva la France et son honneur. Nous songeons aussi à tous ces Français qui offrirent aux Juifs pourchassés un refuge hospitalier, une cachette sûre et permirent de trois quarts des juifs de France de ne pas connaître le sort tragique des raflés du 16 juillet. Nous songeons à tous ces Justes avec fierté, cette fierté qui est devenue depuis le ferment de notre fierté nationale.

Mais à côté de ces héros, il y avait bien Vichy, il y avait bien l'Etat français. Car la France de l'Etat français ne se substitua pas en une nuit à la France de la IIIème République. Ministres, fonctionnaires, agents, responsables économiques, cadres, professeurs, la IIIème République fournit à l'Etat du maréchal PETAIN la plus grande partie de son personnel. Chacun alors entama son chemin vers l’obéissance active ou passive, ou vers la Résistance.

Le fait est là : Vichy put compter sur les ressources vives du pays pour mener sa politique de collaboration. Cette pensée que Vichy fut une parenthèse en 1940 ouverte et refermée en 19045 réconforte la haute idée que certains voudraient se faire de la France.

Il est si commode de voir Vichy une monstruosité née de rien et retournée à rien ; de croire que ces agents sortis de nulle part reçurent à la libération le juste châtiment qui les élimina de la communauté nationale.

C’est commode, c'est commode, oui - mais c’est faux.

Et on ne bâtit aucune fierté sur un mensonge.

Et je vais vous dire pourquoi il importe de ne pas nourrir cette idée. Je vais vous dire pourquoi il faut toujours que nous ayons à l’esprit que l’Etat français de PETAIN et LAVAL ne fut pas une aberration imprévisible née de circonstances exceptionnelles.

C'est parce que Vichy dans sa doctrine fut le moment où purent enfin se donner libre cours ces vices qui, déjà, entachaient la IIIème République : le racisme et l’antisémitisme.

Je voudrais en ce jour que ces deux mots que l'on galvaude parfois résonnent de tout leur métal. Je voudrais qu'on entende bien le poids d'abomination et de malheurs qu’il porte, car ces enfants dont nous avons vu il y a quelques instants le prénom, le nom, l’âge inscrits sur le mur du square des enfants du Vel d'Hiv ne furent victimes de rien d'autre que du racisme et de l'antisémitisme.

Racisme parce que leurs parents étaient étrangers quand eux-mêmes étaient pour la plupart des Français.

Antisémitisme parce qu'ils furent raflés en tant que juifs.

Le supplice de ces enfants dont Serge KLARSFELD – que je veux ici à nouveau solennellement remercier – a patiemment retrouvé les visages réunis en un livre qu'on ne lit qu'avec des larmes et une indicible révolte, ces enfants cher Serge, ce ne sont pas simplement aujourd'hui les vôtres, ce sont les nôtres.

Le supplice de ces enfants depuis l'arrachement à leur foyer, depuis leur arrivée dans cette immense étuve du Vel d'Hiv où pendant plusieurs jours, ils n'eurent rien en partage que la détresse, sans nourriture, sans eau jusqu'à ce que le capitaine des pompiers PIERRET – plus tard reconnu Juste parmi les nations – exige qu'on leur en donne ;

Depuis le moment où ils furent déportés dans les camps de transit éperdus d'angoisse, depuis ce jour et ce moment de douleur pure où ils furent séparés de leurs parents, parce que Pierre LAVAL avait voulu qu’on capture des familles entières mais qu’elles ne voyagent pas ensemble ;

Jusqu’à ce qu'ils soient chargés dans des wagons plombés pour un voyage d'apocalypse qui les mènerait dès leur arrivée dans les cris, les appels sans réponse, les coups, les hurlements, la solitude la plus sèche, la plus noire à une mort d'une violence obscène, avant que leurs corps sans vie, leurs corps d'enfants ne soient humiliés par le four et la cendre ;

Ce supplice, leur supplice, qui défie l'entendement, qui défie les mots a commencé ici, le 16 juillet 1942 au matin, parce qu'en France dans la conscience de citoyen français, de dirigeants politiques français, de fonctionnaires français, de journalistes français, l'antisémitisme et le racisme avaient fait leur chemin insidieusement, lentement ; avait rendu l’infâme tolérable jusqu’à en faire une évidence, jusqu’à en faire une politique d’Etat : la politique collaborationniste.

C’est cela, tout cela qui fit que cette atrocité absolue pût advenir.

Seulement ni le racisme ni l’antisémitisme n’étaient nés avec le régime de Vichy, ils étaient là, vivaces, présents sous la IIIème République. L’affaire DREYFUS en avait montré la virulence. Les années Trente lui rendirent un élan nouveau par l’émergence d’intellectuels, de partis, de journaux qui en avaient fait doctrine.

C’est la France de Je suis partout, de Bagatelles pour un massacre, c’est la France où Louis DARQUIER DE PELLEPOIX, déjà lui, peut sans être inquiété une seconde proclamer en 1937 : « Nous devons résoudre de toute urgence le problème juif, soit par l’expulsion, soit par le massacre ». C’est la France où l’antisémitisme métastasait dans l’élite et dans la société, préparant insidieusement les esprits au pire.

Parce que oui, mes amis, la barbarie n’avance pas à visage découvert. Elle ne porte pas l’uniforme. Et lorsque les bottes nazies frappent le pavé de Paris, il est déjà trop tard.

La barbarie se forge d’abord dans les esprits. Ce sont les idées et les mots qui, progressivement font sauter les digues de nos consciences, font reculer la civilisation, qui nous habituent à écouter, à accepter des paroles que nous ne devrions même pas entendre.

HITLER, ce n’est pas d’abord le IIIème Reich. Ce n’est pas 1933. HITLER c’est d’abord et déjà Mein Kampf. Rien de tout cela n’est né avec Vichy et ce fut la faiblesse de la France de permettre que ce cancer prospère. Mais rien de tout cela non plus n’est mort avec Vichy.

Je sais bien que tous, nous nous faisons forts de lutter contre tout ce qui pourrait conduire aux mêmes situations. Mais il nous faut ouvrir les yeux, regarder la réalité en face. En France aujourd’hui, cette corruption des esprits, cet affaiblissement moral et intellectuel que sont le racisme et l’antisémitisme sont encore présents et bien présents. Ils prennent des formes nouvelles, changent de visage, choisissent des mots plus sournois.

Il suffit pourtant de s’y arrêter un instant pour percer à jour, derrière les nouvelles apparences, le vieux racisme, l’antisémitisme le plus recuit.

Le racisme ordinaire pullule dans le vocabulaire, dans les caricatures. Il ferme le marché du travail à des jeunes gens que stigmatisent un nom ou un prénom. Les conflits du monde s’invitent dans certains territoires de notre République, créant des divisions qui chassent les enfants juifs de certaines écoles ou enferment sur leur communauté des familles issues de l’immigration.

Et puis un jour, parce qu’on s’est tu, parce qu’on n’a pas voulu voir, le passage à l’acte intervient. Alors ce qui était des mots, ce qui n’était chez les uns que de la haine formulée différemment et chez les autres une forme de lâcheté ou une complaisance à ne pas vouloir voir, alors cela devient des vies fauchées et des gestes qui tuent.

Ilan HALIMI, Jonathan SANDLER et ses deux fils Arieh et Gabriel, Myriam MONSONEGO, Yohan COHEN, Philippe BRAHAM, François-Michel SAADA, Yoav HATTAB l’ont payé de leur vie. Brahim BOUARRAM aussi. Le père HAMEL aussi. Et malgré les dénégations du meurtrier, la justice doit faire désormais toute la clarté sur la mort de Sarah HALIMI.

Chaque synagogue, chaque mosquée, chaque église, chaque temple, chaque cimetière profané ou vandalisé doit nous alerter.

Théorie du complot planétaire, fantasmes sur la finance mondiale, iconographie insidieuse, angoisse identitaire mobilisant les clichés les plus toxiques, tout cela se diffuse à grande vitesse et atteint des esprits crédules ou perméables.

Le racisme et l’antisémitisme disposent pour réaliser leur travail de sape de moyens inédits de propagande. Les réseaux sociaux en sont les grands pourvoyeurs et nous n’avons pas encore pris la mesure de leur influence à cet égard. Nos magistrats et nos forces de l’ordre doivent y être mieux formés.

Alors oui, oui, nous luttons, nous luttons grâce à ce travail de mémoire indispensable que vous réalisez pour retrouver la trace vibrante des martyrs, leur nom, leur prénom, leur âge, leur adresse, tout ce qui rattache par un fil ténu, le plus ténu possible, de ces existences brisées à notre réalité vient nous rappeler que la barbarie est ici, au coin de la rue.

Ce que les KLARSFELD ont accompli en ce sens depuis des décennies est essentiel et mérite notre profonde gratitude.

Nous luttons, nous luttons en ne permettant pas que les propos abjects qui avilissent les esprits restent impunis.

Nous luttons pour que les propos des bourreaux ne l’emportent pas. En 1978, L’Express retrouva Louis DARQUIER DE PELLEPOIX, toujours le même, exilé en Espagne. Celui-ci comme possédé encore par le démon antisémite n’affichait aucun regret de son action zélée pour la déportation. Il assura même qu’à Auschwitz, on n’avait « gazé que des poux ». Alors il trouva face à lui, à un moment où on se taisait encore beaucoup, s’élevant du quasi-silence qu’elle avait observé jusque-là sur ce sujet, la voix intransigeante et souveraine de Simone VEIL. Cette même année, Serge KLARSFELD publiait le Mémorial de la déportation des juifs de France.

De telles voies sont sans prix lorsque la bête immonde émerge de l’ombre. Celle de Simone VEIL vient de se taire avec ses indignations et ses combats fondamentaux. Au moment de s’effacer, elle savait que sa voix continuerait de porter à travers notamment son fils Pierre-François qui, depuis deux ans, préside le Comité français pour Yad Vashem.

Mais on se trompe à dire cela, ces voix ne s’éteignent pas. Elles ne s’éteignent jamais parce que nous avons décidé qu’elles ne s’éteindront pas ; et nous avons décidé une bonne fois pour toute que ces voix, leurs voix que certains n’avaient pas voulu entendre pendant tant et tant de décennies recouvriraient à jamais les propos abjects comme les silences coupables. Leurs voix ne s’éteindront jamais.

Et ces voix, ce furent aussi celle de Samuel PISAR qui nous a quittés en 2015, d’Elie WIESEL, de Jean-Raphaël HIRSCH disparus tout deux en 2016. Et j’ai en ce jour une pensée aussi pour Henri MALBERG qui échappa de peu à la rafle et qui nous a quittés voici trois jours.

Dans le monde tel qu’il va où les guerres de religion renaissent, où les conflits ethniques ressurgissent, où l’intolérance et le communautarisme se donnent la main, tout doit être fait pour que l’humanité ne consente pas à s’avilir.

Combien alors nous serons précieux, les exemples de ces déportés qui dans les camps, plongés dans la misère radicale, enveloppés dans l’ombre de la mort se haussèrent au-dessus de l’instinct de survie où on voulait les réduire pour soigner, nourrir, vêtir leurs compagnons d’infortune ; et parfois même pour peindre et dessiner comme Léon DELARBRE ou Boris TASLITZKY pour tenir un journal, comme Etty HILLESUM, pour composer des quatuors ou des opéras, comme Germaine TILLION et pour donner avec pour seule documentation de leur mémoire des conférences sur Proust, Michel-Ange, les sciences naturelles.

Certains disaient que c’était un simulacre pour se tenir encore en vie, mais ça n’était rien de cela. C’était avoir compris que ce qui leur était nié n’était pas simplement la vie peu à peu, à petit feu, c’était leur humanité, c’était notre humanité. Et que jour après jour, quoi qu’amaigris, épuisés, défendre notre civilisation, notre histoire, nos peintres, une langue ou une philosophie, c’était refuser de céder le moindre centimètre de cette civilisation, parce que ce qui était en cause, ça n’était pas survivre, c’était vivre pleinement, totalement, c’était défendre là, dans chacun de ces endroits cette humanité dont chacune et chacun de ces hommes étaient à ce moment-là les véritables dépositaires. Et cela, nous ne l’oublierons jamais.

Et nous n’avons qu’un devoir aujourd’hui, être dignes de ce que ces êtres firent au plus noir de l’horreur, dignes de cette humanité intègre qu’ils témoignèrent alors que tout était fait précisément pour tuer leur humanité. Nous devons chaque jour, chaque minute être dignes, comme le sont les survivants de la Shoah dont l’exemple nous apporte tant. Parce que notre République, c’est justement ce projet d’une humanité constamment réinventée, en quête du meilleur d’elle-même par la solidarité, par la culture, par l’éducation.

Chasser les ombres du racisme et l’antisémitisme, c’est ne jamais céder sur cela, c’est ne jamais se satisfaire d’une République gestionnaire, c’est ne jamais faire croire qu’accepter certains propos ce serait bon pour l’unité du pays, ce serait accepter de ne pas rouvrir des plaies. Ne cédez aucun pouce de cette humanité, ne cédez rien parce qu’à chaque fois c’est notre humanité à tous qui est remise en cause.

Car chaque nation court le risque de devenir somnambule et d’accepter l’inacceptable par habitude, par lassitude.

C’est ne jamais admettre que les contraintes économiques puissent conduire au renoncement d’où naissent les pires dérives. C’est ne jamais céder sur l’école, c’est ne jamais céder sur la transmission, c’est ne jamais céder sur la culture, c’est ne jamais céder sur le combat contre l’obscurantisme et l’ignorance. Nous devons sans relâche soutenir sur le terrain ceux qui se mobilisent.

C’est ne jamais céder non plus sur ce qui nous unit, tous ces projets à hauteur d’humanité que nous offre notre temps : faire vivre la démocratie, secourir les indigents, saisir cette ambition planétaire qu’est la lutte contre le réchauffement, accueillir du mieux possible les réfugiés que la guerre jette sur les routes… parce que toutes ces causes, toutes nous grandissent.

Cette lutte c'est aussi celle que nous menons et que nous continuerons à mener partout ensemble, Monsieur le Premier ministre, contre le terrorisme obscur et le pire des fanatismes, contre tous ceux qui voudraient nous faire oublier ce que je viens de rappeler.

Alors oui, nous ne cèderons rien aux messages de haine, nous ne cèderons rien à l'antisionisme car il est la forme réinventée de l'antisémitisme. Et nous ne cèderons rien à toutes celles et ceux qui, sur tous les continents, cherchent à nous faire renoncer à la liberté, cherchent à recréer les divisions, cherchent à nous faire renoncer à cette humanité, notre démocratie, notre République.

Ne perdons pas de vue mes amis la vocation même de notre pays, celle qui unit tous ces citoyens qui donne à chacun une place, une dignité, une signification. Car c'est ce que nous pouvons opposer de mieux au puissant dissolvant que sont la haine raciste et antisémite. C’est de l'absence d'espoir, du sentiment d'inutilité et de déclassement que naissent les peurs et les haines qui nous opposent les uns aux autres. Ce sont toutes ces haines qui se fondent sur ce que l'on est, sur d'où l'on vient, sur ce que l'on croit, que nous devons combattre.

Ne nous laissons pas non plus convaincre par les prophètes de malheur qui passent leur temps à nous dire que l'horizon est sombre, que l'espoir est vain, que la France n'en a plus pour longtemps, que peut-être elle a déjà disparu, qu'elle s'habitue à ces violences et ces divisions et qui désignent des boucs émissaires. Car ils sont aussi dans ces mots, dans ces idées les ferments du désespoir et de la discorde. La République se tient debout parce qu'elle sait protéger tous ses enfants, la République se tient debout parce qu’elle sait regarder tout son passé, la République se tient debout parce qu’elle ne renonce et ne renoncera à rien de ce qu'elle est et de toutes ces valeurs. La République se tient debout parce que nous préférerons toujours ce « rêve qui veille » dont parlait ELUARD.

Les enfants du Vel d'Hiv auraient aimé aller à l'école de la République, obtenir un diplôme, un métier, fonder une famille, lire, aller au spectacle. Ils auraient aimé apprendre et voyager. Et leurs parents auraient voulu les voir grandir, vieillir ensemble. Tous auraient voulu aimer et être aimés. Nous leur avons redonné un nom, un prénom, des âges et des adresses.

A ces enfants, je veux dire que la France ne les oublie pas, je veux dire qu'elle les aime, je veux dire qu'elle fera tout pour que leur supplice nous exhorte sans cesse à ne céder ni à la haine, ni à la rancœur, ni au désespoir.

Nous ferons, les enfants, une France où vous auriez aimé vivre,

Nous ferons, les enfants, une France où vous vivrez toujours.

Vive la République, vive la France.

 

* * *

ENGLISH VERSION

Prime Minister of Israel, dear Bibi, thank you for what you have said.

Members of the Government,

President of the Representative Council of Jewish Institutions in France,

President of the association of the Sons and Daughters of Jewish Deportees from France,

President of the Union of Auschwitz Deportees,

President of the Foundation for Holocaust Remembrance,

President of the French Committee of Yad Vashem,

Chief Rabbis,

Mayor of Paris,

Members of Parliament,

Prefects,

Representatives of the diplomatic corps,

Elected representatives,

Ladies and gentlemen,

I am here with you today on this dark and solemn occasion to perpetuate the guiding thread initiated in 1995 by Jacques Chirac, to whom I would like to pay particular tribute today, and maintained by Dominique de Villepin in 2005, Nicolas Sarkozy and François Fillon in 2007 and, lastly, continued by François Hollande in 2012.

Just recently, what we considered to be established by the authorities of the French Republic across party lines, proven by all historians and confirmed by the national conscience, was contested by French political leaders prepared to trample on the truth. Responding to these counterfeiters is to do them too much honour, but to leave them unanswered would be worse, making us accomplices.

So yes, I will say this here: it is France that organized the round-up, subsequent deportation and, consequently, for almost all of them, the death of the 13,152 French Jews dragged from their homes on 16 and 17 July 1942. More than 8,000 were taken to the Vel d’Hiv before being deported to Auschwitz. Among them were 4,115 children aged between 2 and 16 years, whose memory we are today honouring most particularly and for whom I would like us to observe a minute’s silence.

(All stand and observe a minute’s silence)

Thank you.

I condemn all the tricks and subtleties of those who claim today that Vichy was not France, as Vichy, of course, did not represent all French people, as you have recalled, but it was France’s government and administration.

The crimes of 16 and 17 July 1942 were the work of the French police, obeying the orders of the Government of Pierre Laval, the General Commissioner for Jewish Affairs, Louis Darquier de Pellepoix, and of Prefect René Bousquet.

Not a single German took part.

I also condemn those who practice relativism, explaining that exonerating France from responsibility for the Vel d’Hiv round-up would be a good thing. And that would mean following in the footsteps of General de Gaulle and François Mitterrand who never said a word about this subject. But there are truths that can be bridled by the state of society with trauma still raw for some, while others remained in denial.

The stark tears in French society meant that appeasement and reconciliation prevailed over the truth. Our societies thus allow themselves respite during which the work of remembrance remains underground, during which people recover their strength and reconcile little by little to rebuild, before finding the words of truth that will genuinely heal them. And before finding the collective courage to face mistakes and crimes.

That is why we are not here to judge the decision made by these two Heads of State, both of whom were actors of the Second World War and its complexities. But we also need to remember that it is François Mitterrand who established this day of remembrance, and that during all these years the underground combat of so many people went on, to ensure that nothing was forgotten.

And then time did its work.

Witnesses and survivors spoke, archives opened, historians worked. Society ripens tragedies and grief. And then the truth emerges; it is implacable, irrevocable. No-one can escape it. Hiding or belittling it is an insult to our collective memory.

By acknowledging its faults, France has opened the way to repairing them. That is to its honour. That is the sign of a strong nation that can face its past. That is the courage of a people not afraid to examine its conscience and reach out to the victims and their children. Reaching out and reforming ties does not mean humiliating ourselves through some sort of repentance. It is standing tall and being strong.

I know that there are those who will say that days like today, and words like those that I just pronounced are a reminder of the humiliations of our country, and that it is an indecent repentance. None of that is true. This is an essential act of remembrance and history, it is our responsibility, our responsibility to completely reconcile our people, even in the darkest pages of our history, so that everyone can at last find their place.

Knowing where we failed, who failed, also means remembering with greater pride those who said ‘no’, and those who reached out to their fellow people in humility and humanity.

So yes, today, we are also thinking of those who were already, in 1942, engaged in France’s internal and external resistance, and who paid for their clandestine combat with their lives.

They were a great harvest of heroes that saved France and its honour. We are also remembering all those French people who offered persecuted Jews a welcoming refuge and a safe hiding place, enabling three quarters of France’s Jews not to suffer the terrible end of those seized on 16 July. We are remembering all those Righteous with pride, that pride that has since become part of our national pride as a whole.

But in parallel to all these heroes, there was Vichy, the French State. For the France represented by the French State did not replace the France of the Third Republic overnight. Ministers, officials, civil servants, economic leaders, managers and professors of the Third Republic provided the majority of Field Marshal Pétain’s personnel. Then everyone set out on their path towards active or passive obedience, or to Resistance.

That the Vichy Government could count on the country’s forces to conduct its policy of collaboration is a fact. The idea that Vichy was a mere parenthesis, opened in 1940 and closed in 1945 supports the high idea that some have of France.

It is easy to view Vichy as a monstrosity that grew out of nothing and returned to nothingness, to believe that these people came out of nowhere and received just punishment at the liberation that eliminated them from the national community.

It is easy, so easy... but it is wrong.

And no pride can be built on a lie.

I am going to tell you why it is important not to feed this idea, why we must always remember that the French State of Pétain and Laval was not just an unpredictable aberration born of exceptional circumstances.

Because Vichy and its doctrine unleashed the vices that were already a stain on the Third Republic: racism and anti-Semitism.

Today, I want these two words, that are sometimes bandied around to resonate with all their force. I want us to hear loud and clear the abomination and misery that they bear, for these children whose names and ages we just saw written on the wall of the Memorial Garden of the Vel d’Hiv Children were victims of nothing other than racism and anti-Semitism.

Racism because their parents were foreign when they, themselves, were mostly French.

Anti-Semitism because they were rounded up as Jews.

The suffering of these children whose faces Serge Klarsfeld – whom I would like to once again thank most solemnly – has patiently brought together in a book that cannot be read without tears and unspeakable disgust, is the suffering not only of your children, my dear Serge, but of our children.

The suffering of these children, from when they were dragged from their families, from their arrival in this immense boiler that was the Vel d’Hiv where, for several days, they had nothing to share but distress, without food and without water until the fire brigade Captain Pierret – later nominated Righteous Among the Nations – insisted that it was provided;

From the moment when they were deported to transit camps, distraught, from that day and that moment of total pain when they were separated from their parents, because Pierre Laval wanted whole families to be captured together, but not to travel together;

Until they were loaded into sealed waggons for an apocalyptic journey, bringing them upon their arrival to cries, unanswered calls, blows, screams, the driest, darkest solitude and a death of obscene violence, before their lifeless bodies – children’s bodies – were humiliated in oven and ashes;

This suffering – their suffering – beggars belief and cannot be put into words. It began here, in the morning on 16 July 1942, because in France, in the consciences of French citizens, French political leaders, French officials and French journalists, anti-Semitism and racism had insidiously, slowly sown their seed, making the disgraceful tolerable and even evident, making it a State policy: the policy of collaboration.

That, all that, is what made such an absolute atrocity possible.

Yet neither racism nor anti-Semitism were born with the Vichy regime. They were there, alive and present under the Third Republic. The Dreyfus affair showed their virulence. The 1930s gave them new momentum through the emergence of intellectuals, parties and newspapers that made them their doctrine.

It is the France of the weekly Je suis partout and the book Bagatelles pour un massacre, the France where Louis Darquier de Pellepoix – him already – could proclaim with impunity in 1937: “We need to resolve the Jewish problem urgently, either by expulsion or by massacre”. It is the France where anti-Semitism metastasized in the elite and in society, insidiously preparing minds for the worst.

Because yes, my friends, barbarism does not advance in the open. It does not wear a uniform. And when the Nazi boots marched on Paris streets, it was already too late.

Barbarism forms first and foremost in people’s minds. Ideas and words gradually break down barriers in our consciences, break down civilization, and accustom us to listening to and accepting words that we should not even hear.

Hitler was not primarily the Third Reich. He was not 1933. First and foremost, Hitler was Mein Kampf. Vichy was not the starting point for anything and it was France’s weakness that let the cancer spread. But Vichy was not the end of anything either.

I know that we all make a point of fighting anything that could lead to the same situation. But we must open our eyes and look reality in the face. In today’s France, the corruption of minds and moral and intellectual weakness that racism and anti-Semitism represent are still present, and notably so. They take new shapes, new faces and choose more surreptitious wording.

You only need to stop for a moment, however, to see, behind the new façade, the racism of old, the entrenched vein of anti-Semitism.

Ordinary racism abounds with words and caricatures. It closes the doors to jobs for young people stigmatised for their name or surname. Global conflicts can be found within the borders of our Republic, creating divides which hound young Jews from certain schools or force immigrant families to withdraw into their own communities.

And then one day, because we kept quiet, because we did not wish to see, words become actions. It is then that words – which for some were just hate articulated differently, and for others were a form of cowardice or unwillingness to open their eyes – are transformed into lives cut short and actions that kill.

Ilan Halimi, Jonathan Sandler and his two sons Arieh and Gabriel, Myriam Monsonego, Yohan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada, Yoav Hattab paid with their lives. As did Brahim Bouarram. And Father Hamel. And despite her murderer’s denials, justice must now uphold the whole truth on the true reason for Sarah Halimi’s death.

Every desecrated or vandalised synagogue, mosque, church, temple, cemetery must be a warning to us.

Worldwide conspiracy theories, delusions about global finance, insidious iconography, identity crises bringing out the most toxic of clichés are all spreading at great speed and are reaching gullible or porous minds.

Racism and anti-Semitism have unprecedented means of propaganda at their disposal to carry out their insidious work. Social networks are the great purveyors or such propaganda and we are yet to understand the scope of their influence. Our magistrates and law enforcement agencies must be better trained in this matter.

So yes, we are indeed fighting, fighting thanks to your indispensable work to uncover the bright trace of the martyrs, their names, surnames, ages, addresses, everything that provides a link, no matter how tenuous, between these shattered lives and our reality, reminding us that barbarity happens here, on the street corner.

What the Klarsfelds have achieved towards this over decades is crucial and deserves our deep-held gratitude.

We are fighting, we are fighting by refusing to allow abject remarks which debase people’s minds to go unpunished.

We are fighting to ensure that the perpetrators do not win. In 1978, L’Express found Louis Darquier de Pellepoix, the same as ever, exiled in Spain. As if still possessed by an anti-Semitic demon, he showed now regret for his zealous work in favour of deportation. He even maintained that lice were the only things gassed at Auschwitz. He was, however, confronted, at a time when silence was largely upheld, by the intransient and unsurpassed voice of Simone Veil, breaking the near silence that she had observed on the topic until that moment. That same year, Serge Klarsfeld published his “Memorial to the Jews Deported from France”.

Such actions are invaluable at a time when the vile monster is coming out of the shadows. Simone Veil’s work, her outcries and fundamental fights, have now come to an end. As she closed her eyes one last time, she knew that her voice would continue to be heard through her son, Pierre-François, who, for the last two years, has chaired the French Committee of Yad Vashem.

But we are wrong in saying this, their voices will never die. They will never die because we have decided to keep them alive, and we have decided once and for all that these voices, voices which some did not wish to hear for so many decades, will never cover up the baseless comments nor the guilty silence. Their voices will never die.

These voices also belonged to Samual Pisar, who left us in 2015, and Elie Wiesel and Jean-Raphaël Hirsch, who both passed away in 2016. Today, my thoughts also turn to Heni Malberg who narrowly escaped the raid and who passed away only three days ago.

In our world where religious wars are reappearing, where ethnic conflicts are being rekindles, where intolerance and sectarianism are joining forces, we must do all we can to ensure humankind does not accept to fall so low.

How valuable, then, are the examples set by those deported who, in the camps, plunged into abject misery, haunted by the shadow of death, lifted themselves beyond the survival instincts their captors wished to reduce them to, to treat, nourish and clothe their unfortunate companions and sometimes even paint and draw like Léon Delarbre or Boris Taslitzky, to keep a diary like Etty Hillesum, to compose quartets or operas like Germaine Tillion and with them the only documentation of their memory of conferences on Proust, Michelangelo and natural sciences.

Some say that it was all invented to keep themselves alive, but this was not the case. They had understood that they had been denied was not simply life, fading little by little to a slow death, but their humanity, our humanity. And that every day, despite their emaciated, exhausted state, they defended our civilisation, our history, our artists, a language or philosophy, and in so doing they refused to give an inch to this civilisation, because what was at stake was not survival, it was a full, complete life, it was the defence in each of these places of the humanity that every one of those individuals in that moment truly embodied. This shall never be forgotten.

We, today, have only one task: be worthy of what these people did in the time of deepest darkness, worthy of this inner humanity that they showed when everything was done precisely to kill their humanity. Every day, every minute, we must be worthy, like the Holocaust survivors whose example gives us so much. Because our Republic is indeed this project of a humanity which is constantly being reinvented, searching for the best of itself through inclusion, through culture, through education.

Chasing away the shadows of racism and anti-Semitism requires us to be unfaltering, to never settle for a Republic that is content to merely oversee proceedings, to never have other believe that accepting certain statements would be good for the unity of the country, we would be tantamount to letting the wounds heal over. Never give an inch to this humanity, give nothing because every time it calls the humanity of each individual into question.

Because every nation runs the risk of sleepwalking and accepting the unacceptable by habit, by apathy.

We must never allow economic constraints to let us give up on the places which give rise to the worst abuses. We must never compromise on education, we must never compromise on transmission, we must never compromise on culture, we must never compromise on the fight against obscurantism and ignorance. We must tirelessly support those who work on the ground.

We must never compromise on what unites us, all the projects which live up to the humanity that our time offers us: bringing democracy to life, helping the destitute, seizing the global ambition to fight climate change, provide the best possible welcome for refugees forced to flee from war... because all these causes, all of them make us better people.

This battle is also that that we are fighting, and that we will continue to fight everywhere, together, Prime Minister, against dark terrorism and the worst forms of fanaticism, against all those who want us to forget what I just recalled.

So yes, we will cede no ground to messages of hate and we will cede no ground to anti-Zionism, for it is a mere reinvention of anti-Semitism. And we will cede no ground to all those who, on all continents, seek to make us give up freedom, seek to recreate division, seek to make us abandon our humanity, our democracy and our Republic.

My friends, we must not lose sight of the very vocation of our country, uniting all citizens and giving everyone their place, their dignity and their meaning. For that is the best means we have to oppose the powerful dissolving force of racist and anti-Semitic hate. It is from the absence of hope and the feeling of purposelessness and neglect that are born the fears and hatreds that arise between us. We must combat all these hatreds based on who we are, where we come from and what we believe.

And we must not allow ourselves to be convinced by the prophets of woe who spend their time telling us that the horizon is dark, that hope is vain, and that France is running out of time – and has perhaps already disappeared, that it has become accustomed to this violence and division, and who pick scapegoats. For they are also, in these words and ideas, the sources of despair and discord. The Republic stands strong because it is capable or protecting all its children, the Republic stands strong because it can look its whole past in the face, and the Republic stands strong because it does not give up – and will never give up – anything of what makes it what it is or any of its values. The Republic stands strong because we will always prefer the “vigilant dream” of the poet Éluard.

The children of the Vel d’Hiv would have loved to go to the school of the Republic, to obtain certificates, find a trade, found a family, and to read and go to shows. They would have loved to learn and travel. And their parents would have loved to see them grow up, and grow old together. They would all have wanted to love and be loved. We have given them back names, ages and addresses.

I want to say to these children that France has not forgotten them. I want to say that France loves them. I want to say that France will do everything possible so that their suffering is a constant counsel not to give in to hatred, bitterness or despair.

My children, we will build a France where you would have wanted to live.

My children, we will build a France where you will always live.

Long live the Republic, long live France.

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