Discours du président de la République pour la remise des insignes d'officier de la Légion d'Honneur à Willy DEMEYER

Liège – Lundi 4 août 2014


Sire,

Madame,

Monsieur le Premier ministre,

Messieurs, Mesdames, qui êtes ici pour l’évocation de la Résistance à Liège, et qui a valu à la « Cité ardente » d’être décorée de la Légion d’honneur.

Il me revient donc, presque cent ans après, de remettre également une distinction à la ville, en tout cas à son Bourgmestre. Car il en est en Belgique comme en France : une ville est identifiée à son Bourgmestre ou à son Maire. C’est pourquoi, même si je suis Président, j’ai un lien tout particulier avec une ville de France. J’en aurai un maintenant avec la ville de Liège.

J’ai salué la « Cité ardente » pour son rôle historique. Mais je voudrais remercier Willy DEMEYER pour les cérémonies qu’il a organisées, avec d’autres aujourd’hui, ici. Willy DEMEYER vous êtes né dans la « Cité ardente ». Vous avez chéri et aimé votre ville au point de lui donner l’essentiel de votre vie publique. Vous avez été d’abord membre du conseil communal, en 1988 ; puis vous êtes devenu Bourgmestre de Liège en l’an 2000.

Quel privilège de pouvoir devenir Bourgmestre en l’an 2000 ! On se souvient toujours du Bourgmestre de l’an 2000!

Vous avez toujours reçu le témoignage de la confiance de vos citoyens pour rester dans cette fonction jusqu’à aujourd’hui. Vous avez fait de votre ville, une agglomération moderne et dynamique. Je sais combien le projet de tramway vous tient à cœur. J’ai appris qu’il y avait des initiatives, je sais d’où elles viennent, pour donner le nom de « Paris » à une station du futur tram... La symétrie serait alors parfaite puisque, vous l’avez rappelé, la ville de Paris avait changé le nom d’une station de métro pour lui donner le nom de « Liège ». Je sais d’ailleurs que vous avez fait avec les autorités de la province des travaux pour que cette station de métro puisse être embellie et mise au couleur de la ville de Liège. Je salue une fois encore les représentants de la ville de Paris qui sont ici avec nous.

Je vais vous adresser un compliment – mais je ne suis pas sûr que tous l’approuvent. Vous êtes certainement le Maire le plus francophone de la ville la plus francophone de la Belgique. Voilà, je me suis fâché avec beaucoup, mais j’ai pris mon risque, je suis à Liège ! Autant vous dire que vous êtes un ami de la France.

Je sais que Liège organise, en collaboration avec l’association « les amitiés françaises », une commémoration en l’honneur des soldats français morts pendant le Première Guerre mondiale. Je sais que le 14 juillet est jour de fête, ici à Liège, puisqu’il y a des concerts, des feux d’artifices et les fameuses  « agapes de Marianne »... Je me demande si je n’y reviendrai pas ! C’est une preuve supplémentaire de l’attachement de votre cité à la France, à la République française, à ce qu’elle représente, à ses valeurs de liberté, de solidarité, de progrès.

Il y a une façon d’être francophone. La francophonie n’est pas le monopole de la France. La francophonie, c’est une langue offerte en partage au monde entier. C’est un honneur qui est fait à la France chaque fois que sa langue est parlée. Je sais ici qu’elle est bien parlée, qu’elle est parlée librement et qu’elle est parlée comme une langue qui est ouverte à tous, qui n’est fermée à personne, une langue qui n’a pas vocation à l’exclusivité. Car nous sommes tous attachés à la diversité, à la pluralité culturelle et linguistique. C’est la raison pour laquelle la francophonie reste, pour nous tous ici rassemblés, une grande cause qui nous permet de porter nos valeurs et nos espérances dans le monde entier.

Chaque fois qu’un pays vient vers nous pour accéder à l’Organisation de la francophonie, même si peu de locuteurs parlent français dans ce pays, j’y vois comme une forme de compréhension de ce que nous portons. C’est-à-dire non pas simplement une langue, mais le partage d’un certain nombre de principes, parfois bafoués dans le monde lorsque des femmes sont enlevées comme au Nigéria, lorsque des hommes et des femmes sont martyrisés comme nous le voyons en ce moment en Irak, en Syrie. Quand nous voyons des peuples qui cherchent leur liberté, le plus souvent, ils s’expriment en français. C’est en français qu’ils cherchent les mots pour inspirer leur combat pour la dignité.

Alors, merci de faire accueil, ici dans cette ville, à la francophonie. D’ailleurs mes compatriotes français vivent ici en nombre pour de bonnes raisons : parce qu’ils y sont heureux, parce qu’ils y sont bien accueillis et parce qu’ils y travaillent. Ils travaillent dans des entreprises françaises ou belges, et notamment les plus belles en matière de haute technologie. Il y a des coopérations remarquables entre nos universités, nos centres de recherche. C’est pourquoi la relation entre la ville de Liège et la France est si particulière, si complice, si connivente.

Voilà Mesdames et Messieurs ce que je voulais dire pour exprimer à Willy DEMEYER mes encouragements à poursuivre dans sa tâche et ma reconnaissance pour ce qu’il a fait dans cette cité pour rapprocher nos deux pays. C’est un grand honneur qu’il ait accepté, lui aussi, la Légion d’honneur.

Il y a 95 ans, la France décernait la Légion d’honneur à la ville de Liège, votre ville, Willy DEMEYER. Aujourd’hui, c’est vous qui êtes distingué et, à travers vous, tous les Liégeois, parce que nous voulons célébrer à travers cette manifestation, une amitié aussi ardente que le nom que porte votre Cité. Merci.

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