Discours du président de la République lors du forum économique de Bakou

Monsieur le Président,

Madame,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les chefs d’entreprise d’Azerbaïdjan et de France qui êtes rassemblés pour ce Forum,

Il est en effet exceptionnel, comme l’a dit le Président ALIYEV. C’est la première fois que nous organisons dans un lieu, il est vrai lui-même exceptionnel, cette rencontre entre des chefs d’entreprise qui veulent développer leurs relations, amplifier leur coopération, multiplier leurs investissements.

Je suis venu, M. le Président, pour évoquer de grandes questions politiques, pour parler des sujets les plus urgents, mais aussi pour donner une nouvelle direction à nos partenariats. En effet, ce dont ont besoin les pays comme l’Azerbaïdjan et la France, c’est d’une vision à long terme, et d’une stratégie pour permettre de lui donner une consistance et une traduction.

C’est ce que vous faites pour l’Azerbaïdjan et l’on voit sa transformation : c’est considérable ce que vous avez réussi à engager comme investissements pour le secteur de l’énergie, mais aussi pour les secteurs des transports, du bâtiment, des infrastructures, pour les biens de consommation … C’est, je crois, une référence pour la région et même pour le monde. Vous avez été capables de faire fructifier vos ressources et d’utiliser au mieux le pétrole et le gaz pour servir un projet de développement. En France, nous avons aussi cette vision-là.

Que voulons-nous faire de notre pays sur les dix ans qui viennent ? De quels atouts nouveaux disposons-nous ? Quelles industries devons-nous aider pour qu’elles deviennent les industries de demain et que la France soit leader ? Nous avons développé 34 plans industriels en France. Nous entendons les mener à bien et parfois en coopération avec des pays amis. Et puis il nous faut aussi engager des partenariats de long terme avec des pays qui sont émergents comme l’Azerbaïdjan et c’est ce que nous avons fait aujourd’hui.

Vous avez évoqué les échanges qui existent aujourd’hui entre la France et l’Azerbaïdjan. Je devrais m’en réjouir. Nous avons des exportations qui ne cessent de progresser. Notre part de marché a doublé rien que pour l’année dernière. Elle représente 4 % du marché azerbaïdjanais et nous sommes le 7ème fournisseur de votre pays. Je devrais donc considérer que le but est atteint. Ce serait en fait une faute car nous devons aller beaucoup plus loin.

D’abord, parce que nous pouvons exporter davantage et nous pouvons aussi importer de l’Azerbaïdjan davantage que des hydrocarbures. Ce que nous devons faire ensemble à l’occasion de ce forum, c’est identifier – avec les chefs d’entreprise et les responsables ministériels de nos deux pays – ce que peuvent être les secteurs sur lesquels nous devons être plus présents nous, Français, et vous, encore plus actifs, pour assurer un développement harmonieux.

Le premier secteur, c’est l’énergie. L’Azerbaïdjan a un rôle stratégique sur le plan économique mais aussi sur le plan politique. C’est toute la question de l’approvisionnement de l’Europe et de sa sécurité énergétique qui est ainsi posée. C’est pourquoi j’ai invité les entreprises françaises de ce secteur, déjà présentes depuis des années, à aller encore plus loin avec vous. Je pense notamment au nouveau champ d’Absheron où TOTAL et GDF SUEZ sont parties prenantes. Je sais que ces deux grandes entreprises sont prêtes à aller loin dans l’investissement, à condition bien sûr d’assurer la rentabilité.

Vous voulez aussi diversifier votre bouquet énergétique. Vous avez cette chance de pouvoir avoir du pétrole et du gaz pour 100 ans ou pour 150 ans ... Vous ne savez pas encore si ce sera 150 ou 100 ! Nous, nous n’avons pas de ressources énergétiques en propre. Alors, nous devons diversifier. Vous devez aussi diversifier, parce qu’il faut toujours anticiper. Nous sommes à la disposition de l’Azerbaïdjan pour vous aider, avec nos technologies, à assurer votre développement énergétique dans le domaine du nucléaire civil et des énergies renouvelables.

Ensuite, il y a le secteur du spatial. Vous avez fait grand plaisir à Ariane Espace quand vous avez évoqué le lancement réussi de l’année dernière et d’autres lancements qui pourraient se faire. Nous avons conclu des accords très importants en matière spatiale. Je veux croire que c’est le début d’une grande aventure que nous pourrons partager, car c’est tout le secteur de la télécommunication qui s’en verra là transformé. Nous avons là aussi de grandes entreprises : Thales, Airbus Défense et Espace… Je sais que ces entreprises travaillent déjà avec vous.

Troisième domaine, c’est celui de la ville durable. Bakou a connu une rénovation considérable, un changement profond. Nous étions dans le quartier français hier. Je le voyais sortir de terre sous mes yeux, il poussait en même temps que nous parlions. Comme le lycée ! J’étais tout à l’heure dans la partie de la ville où se trouvent le port et les industries qui y sont installées depuis des années … Vous y aviez mis le lieu où s’est produit l’Eurovision et où il y a maintenant des évènements culturels considérables. C’est devenu une zone touristique. Vous avez démontré qu’en quelques années, une ville pouvait être non seulement portée par son développement économique mais également par un projet urbain. Nous avons donc toutes les capacités avec vous pour vous accompagner pour le réseau de transport.

Je crois que nous sommes en train aussi d’aboutir pour régler la question des déchets – de grandes entreprises françaises comme la CNIM sont ici présentes ; appuyer vos travaux en matière d’assainissement d’eau – là encore, il y a des entreprises qui sont à votre disposition ; et, également, vous accompagner dans le numérique. En réalité, il faut inventer la ville de demain, voire d’après-demain, où toutes ces technologies conjuguent ensemble leurs objectifs pour fabriquer un autre mode de vie. Il y a Bakou mais il y a aussi d’autres villes que vous souhaitez voir se développer dans les prochaines années. Nous avons à votre disposition toutes les capacités pour vous permettre de satisfaire vos besoins.

Autre domaine, l’agriculture et l’agroalimentaire. Ici, il y a une tradition agricole, il y a de grandes qualités de production. Vous avez évoqué la viticulture mais il y a aussi l’élevage et la production laitière. Nous pouvons – à travers la présence d’entreprises mais aussi de territoires français qui viennent apporter leur spécialité et leur singularité, notamment en matière d’élevage – vous donner un partage de compétence et de savoir-faire.

Enfin, il y a le tourisme. Je sais que c’est votre objectif : faire de l’Azerbaïdjan une grande nation touristique pouvant accueillir des visiteurs. Vous avez en tout cas – j’ai pu le constater pendant les deux jours où j’étais là – un temps radieux. Vous avez des installations. Vous avez cette ambition. Nous devons vous apporter nos savoir-faire. Je sais qu’ici beaucoup d’entreprises sont intéressées par les demandes qui pourront leur être adressées.

Je pourrais citer d’autres domaines. Il y a également les évènements sportifs et culturels. La France pense que la culture n’est pas simplement des valeurs que nous posons, des libertés que nous offrons, des bonheurs que nous pouvons procurer à de nombreux publics … Ce sont aussi des vecteurs de développement. Vous avez vous fait ce choix, vous avez d’ailleurs investi y compris pour faire que Le Louvre puisse accueillir un département des arts de l’Islam et je veux vous en remercier. Je sais que votre épouse fait beaucoup pour le rapprochement entre les arts de nos deux pays.

Il y a également le sport. Vous avez des évènements sportifs qui vont bientôt avoir lieu. Nous sommes prêts à vous accompagner, parce que cela peut apporter de nombreux emplois et également convaincre des industries de venir s’installer ici. Nous faisons d’ailleurs aussi un appel aux investissements azerbaïdjanais pour créer des emplois dans notre propre pays ou participer à des activités. C’est déjà vrai pour le sport, cela peut être vrai pour la culture et pour des investissements industriels ou immobiliers. Je sais que nous devons faciliter les investissements dans nos deux pays.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, une visite peut en entraîner d’autres. La mienne vient consacrer des efforts qui ont été engagés notamment par les chefs d’entreprise de nos deux pays, par nos deux gouvernements. Je sais l’attention qu’a portée le Président ALIYEV à la réussite de ce rendez-vous. Cette visite va pouvoir se traduire par un certain nombre de partenariats, de contrats, d’accords qui vont être passés entre les entreprises de nos deux pays.

Mais je souhaite qu’elle puisse aussi maintenant être une opportunité pour que les échanges soient plus nombreux, les visites encore plus intenses et que nous puissions définir ce partenariat de long terme. Ce qui vient de se produire est une première étape. Ensemble, les autorités de nos deux pays pourront faire cette stratégie, ce développement commun entre la France et l’Azerbaïdjan pour les dix prochaines années.

Merci, Monsieur le Président, de faire confiance à la France.

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