Avril 2014

Discours du président de la République lors de la présentation du dispositif de protection du territoire de Guyane

Mon Général, officiers, soldats, je veux vous témoigner toute notre reconnaissance pour les actions que vous menez pour assurer la sécurité ici, en Guyane et au-delà.

Les trois missions qui m’ont été présentées correspondent à des objectifs que nous avons fixés. D’abord la première mission qui est de protéger le centre spatial, et notamment lorsqu’il y a des tirs qui sont préparés et ensuite lancés, de la manière la plus efficace pour dissuader. Et je veux ici vous en remercier puisque nous n’avons eu aucun incident grâce à ce dispositif.

Ensuite la deuxième mission, c’est la lutte contre l’orpaillage clandestin. Je me suis exprimé dès mon arrivée là-dessus puisque je reviens du Brésil, et qu’il a eu enfin la ratification de l’accord qui avait été pourtant signé il y a déjà plusieurs années, en 2008, et qui va maintenant être traduit dans la loi brésilienne, pour qu’il puisse y avoir des actions de part et d’autre. L’idée étant de pouvoir agir 150 km en profondeur des deux côtés de la frontière. Je sais combien cette tâche est rude, difficile, et encore au début du mois de décembre 2 légionnaires ont été très gravement brûlés. Je sais qu’ils sont soignés dans l’hôpital militaire que je connais, qui permettra (je l’espère) d’apaiser autant qu’il sera possible leur souffrance et de les remettre en état, mais je sais que pour l’un d’entre eux, l’état est particulièrement préoccupant.

Et enfin, il y a la troisième mission qui est celle que vous m’avez présentée par rapport à la police des pêches. Et là c’est un enjeu de sécurité mais aussi de développement économique. La pêche c’est un secteur sur lequel – à juste raison – la Guyane peut parier pour son propre développement et pour son avenir. Il est donc très important que vous puissiez non seulement dissuader mais empêcher, voire même parvenir à détruire les embarcations de ceux qui se livrent à ces activités.

Donc je voudrais saluer vraiment toute la présence militaire ici, en Guyane, tout le sens du dévouement qui est le vôtre, soldats, sous-officiers et officiers pour parvenir à l’accomplissement de vos missions.

Je souhaitais, dès mes premiers pas ici en Guyane, venir vers vous, je n’ai pas eu loin à aller, de l’aéroport jusqu’à ici, mais pour constater l’efficacité de votre travail et vous dire que vous avez tout notre soutien.

Et à un moment où nos forces sont elles-mêmes engagées, nous étions il y a quelques jours – je n’ose pas dire quelques nuits – à Bangui, nous avons eu la douleur de perdre 2 de nos soldats, comme je le dis souvent, très jeunes, 22 ans et 23 ans, qui s’étaient mis au service de cette mission qui consiste à redonner aux Centrafricains la sécurité à laquelle ils ont droit, rétablir l’ordre, à séparer les protagonistes, à éviter des affrontements religieux. Les chiffres sont effrayants, il semble qu’il y aurait eu au moins 600 morts.

Et si l’armée française n’était pas là, à côté des forces africaines, ce serait un carnage tous les jours. Et lorsque ça peut arriver, notamment à l’occasion d’un vote lors de la loi de programmation militaire, certains s’interrogent sur le rôle de nos armées, eh bien ! L’important est de leur donner cette information. Et si ma présence ici peut contribuer à ce que chacun connaisse bien ce que font nos armées ici, en Guyane, rien que pour cela cette visite aura été utile et je veux vous exprimer toute ma gratitude.

Merci.

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