Avril 2014

Discours du Président de la République à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre à l'occasion de la Journée mondiale du SIDA

 

PRÉSIDENCE
DE LA
RÉPUBLIQUE
______
Service de presse
Journée mondiale du sida 
Hôpital du Kremlin-Bicêtre - 30 novembre 2012
Discours du président de la République
Je salue ici la ministre des Affaires sociales et la ministre de la Recherche, 
Je salue les autorités de la Santé publique qui sont autour de nous,
Je salue Madame la directrice générale de l’ AP-HP, les médecins, les personnels soignant et administratif de cet hôpital, 
Je suis venu ici au Kremlin Bicêtre, à la veille de la journée internationale de lutte contre le sida, pour inaugurer ce bâtiment et découvrir cette plaque. Mais je suis venu aussi pour montrer la détermination et la volonté de la France de lutter, encore et toujours, contre ce fléau. 
Je saisis cette occasion puisque ce lieu porte un nom, le vôtre Françoise Barré-Sinoussi, pour vous dire toute notre admiration à l’égard d’une grande scientifique, d’une grande chercheuse de l’INSERM à l’Institut Pasteur et d’une grande dame qui a donné le meilleur d’elle-même pour que nous puissions être encore plus efficaces dans les soins apportés et dans la lutte quotidienne contre le sida. 
De la solitude du savant aux multiples facettes du militantisme associatif qui est le vôtre, vous avez toujours été guidée par l’idée simple que la recherche médicale c’est la médecine, c'est-à-dire une activité qui n’est pas tournée vers elle-même mais qui est au service de la prévention et de la guérison. Cela a été une découverte exceptionnelle, celle que vous avez contribué à faire apparaître avec le Professeur Montagnier lorsque vous avez identifié le virus du sida. Ce fut une grande fierté pour vous, couronnée par le Prix Nobel, mais ce fut aussi pour la France une grande reconnaissance, pour l’Institut Pasteur une nouvelle consécration et pour la recherche française un encouragement. La ministre de la Recherche est là et je confirme ici que la France continuera à être exemplaire en matière de recherche et en particulier de recherche médicale. 
En faisant cette découverte et en poursuivant vos travaux, vous avez permis un immense progrès à toute l’humanité. Mais un progrès scientifique n’est rien, s’il ne se traduit pas dans des actes de soins et de prévention, s’il n’est pas poursuivi par le travail des hommes et des femmes qui sont rassemblés autour de vous aujourd’hui. Ce bâtiment porte votre nom. Vous êtes donc un monument dans tous les sens du terme ! Beaucoup de responsables politiques voudraient avoir cet honneur de faire des inaugurations portant leur nom ! Mais c’est vous et vous seule qui en avez aujourd’hui le privilège. 
Trente ans après la découverte, où en sommes-nous ? C’est le sens de ma présence ici parmi vous : faire le point de la situation avec Jean-François Delfraissy qui est le Directeur de l’ANRS et qui est aussi, ici, un Professeur et un chef de service exemplaire. 
Des avancées considérables ont été obtenues. Le sida est devenu pour ceux qui ont accès aux soins, ce qui malheureusement n’est pas le cas de tous, une maladie que l’on appelle chronique.
J’ai rencontré des patients qui sont certes infectés par le virus, mais qui n’en n’ont pas les conséquences, grâce à vous et aux soins qu’ils reçoivent. Là encore, c’est exceptionnel quand on songe à ce qu’était jadis la situation de ces malades ! Certains sont concernés depuis plus de vingt ans et vivent aujourd’hui normalement. Ils viennent vous voir, tous les trois ou quatre mois, à l’hôpital de jour. Vous leur modifiez parfois leur protocole et ils continuent à vivre. 
La première conséquence c’est que, dans un hôpital comme le vôtre, la prise en charge des patients s’inscrit maintenant dans le long terme. Elle a des dimensions sociales psychologiques, professionnelles qui vont bien au-delà de l’aspect exclusivement clinique. Là aussi, vous m’en avez fait la démonstration. J’ai vu des malades qui étaient dans une situation de fragilité et de vulnérabilité. Et vous leur apportez bien plus que des soins : un accueil, un accompagnement, une rééducation… Avec cette terrible question qui concerne un certain nombre d’entre eux : que vont-ils faire après ? Ou pourront-ils être accueillis ? 
La vocation d’un hôpital n’est pas de garder des malades toute leur vie. Nous devons donc aussi imaginer des structures qui puissent accueillir ces malades que vous recevez ici et qui – une fois qu’ils ont reçu ce qu’ils attendaient de vous – pourront vivre dans un établissement particulier ou dans un logement qui leur sera dédié.
La situation s’est donc considérablement améliorée depuis que vous avez engagé le combat, notamment vous Françoise et beaucoup d’autres ici, au début des années 80. Mais elle exige encore vigilance et action pour au moins trois raisons et c’est l’engagement que je porte ici devant vous au nom de l’Etat. 
La première raison c’est que l’accès aux soins est réparti de façon tragiquement inégale dans le monde et quelquefois aussi dans notre propre pays. L’enjeu majeur que je fixe à notre politique de développement, c’est de répondre à ce besoin d’égalité qui est le nôtre – nous sommes la France – ce besoin d’égalité dans l’accès aux soins. 
La seconde raison qui exige notre mobilisation, c’est que malheureusement la prévention et le dépistage ont perdu du terrain. Dans les rencontres que j’ai eues avec un certain nombre de professionnels dans cet hôpital, j’en ai eu la vérification. Il y a des populations qui ne sont pas suivies suffisamment par exemple parce qu’elles ne sont pas en situation régulière ou parce qu’elles viennent de loin. Nous devons donc, nous les pouvoirs publics, nous tourner vers ces populations afin de leur permettre d’accéder au dépistage et donc de réduire la transmission.
7000 personnes sont encore contaminées, chaque année, en France. Nous devons donc continuer à faire diminuer ce chiffre. Des dizaines de milliers de personnes sont porteuses du virus sans le savoir. On me donnait des chiffres : les statisticiens sont même capables de connaître ce que les gens ne savent pas ! Il y aurait 150 000 porteurs dont à peu près 30 000 qui ne le savent pas. Nous, nous le savons. Nous devons donc poursuivre et intensifier – et je remercie les associations qui s’y dévouent – les campagnes d’information et les campagnes de dépistage. Nous devons convaincre – et c’est aussi l’objet de ma présence ici, grâce à l’écho qui peut être donné à mon propos à la veille de cette journée internationale – que le fléau qu’est le sida n’a pas disparu et qu’il est une menace dont il faut se prémunir par tous les moyens.
La dernière raison qui justifie que nous soyons mobilisés, c’est que la recherche n’a pas encore atteint les deux buts qui lui sont fixés. Elle s’en approche mais ils ne sont pas encore accomplis.  
Le premier but, c’est de guérir les malades du sida grâce aux médicaments ou à tout autre procédé dont l’efficacité sera à évaluer. Guérir, c’est la mission qui est donnée à la recherche, c’est délivrer ces femmes et ces hommes de leur maladie. Nous ne sommes pas encore prêts de l’objectif. 
Le second but que nous devons atteindre, c’est d’aboutir à la prévention du sida grâce au vaccin. Il permettra au monde de sortir de ces longues décennies de pandémie, et à la jeunesse de tous les continents – et pas seulement à la jeunesse ! – de découvrir la vie avec insouciance et liberté – ce qui a pu être perdu ces dernières années.
Il faut rappeler qu’il y a en France, trop de malades et trop de risques. Nous devons donc guérir et prévenir. Il y a dans le monde 34 millions de personnes qui sont aujourd’hui malades du sida.
Je veux terminer par une note de confiance, une note d’espoir puisqu’il y a eu tellement d’avancées, tellement de recherches qui se poursuivent, tellement de soins qui sont prodigués, tellement de préventions qui sont organisées et que nous devons continuer. 
Je veux vous dire que vous pouvez tous être fiers de vous, vous Madame, vous Monsieur le Directeur, vous tous les personnels de cet hôpital, et au-delà de cet hôpital, toutes celles et tous ceux qui se dévouent pour soigner et prévenir cette maladie. Fierté parce que nous avons avancé, fierté parce que vous avez conquis de nouveaux espaces de confiance et de connaissance.
Je veux aussi dire que rien n’aurait été possible sans l’implication de toutes les équipes et avec la volonté de rassembler toutes les disciplines dans la lutte contre le sida.
Je veux dire enfin – cela m’a été rappelé et c’est vrai d’ailleurs dans tout domaine – que quels que soient les progrès, rien n’est jamais acquis. Il faut continuer le combat jusqu’à l’éradication de la maladie. 
Puisque je suis dans un hôpital et qu’il y a bien des questions que vous auriez eu envie de poser – sur les moyens, les personnels, les horaires, les contraintes – et que je n’aurais pas pu vous répondre sur tout, je veux vous dire tout simplement : merci pour ce que vous faites, merci pour ce que vous donnez au service public hospitalier. L’Etat sera là pour vous donner les moyens de votre mission. Merci à tous.

Je salue ici la ministre des Affaires sociales et la ministre de la Recherche, 

Je salue les autorités de la Santé publique qui sont autour de nous,

Je salue Madame la directrice générale de l’ AP-HP, les médecins, les personnels soignant et administratif de cet hôpital, 

Je suis venu ici au Kremlin Bicêtre, à la veille de la journée internationale de lutte contre le sida, pour inaugurer ce bâtiment et découvrir cette plaque. Mais je suis venu aussi pour montrer la détermination et la volonté de la France de lutter, encore et toujours, contre ce fléau. 

Je saisis cette occasion puisque ce lieu porte un nom, le vôtre Françoise Barré-Sinoussi, pour vous dire toute notre admiration à l’égard d’une grande scientifique, d’une grande chercheuse de l’INSERM à l’Institut Pasteur et d’une grande dame qui a donné le meilleur d’elle-même pour que nous puissions être encore plus efficaces dans les soins apportés et dans la lutte quotidienne contre le sida. 

De la solitude du savant aux multiples facettes du militantisme associatif qui est le vôtre, vous avez toujours été guidée par l’idée simple que la recherche médicale c’est la médecine, c'est-à-dire une activité qui n’est pas tournée vers elle-même mais qui est au service de la prévention et de la guérison. Cela a été une découverte exceptionnelle, celle que vous avez contribué à faire apparaître avec le Professeur Montagnier lorsque vous avez identifié le virus du sida. Ce fut une grande fierté pour vous, couronnée par le Prix Nobel, mais ce fut aussi pour la France une grande reconnaissance, pour l’Institut Pasteur une nouvelle consécration et pour la recherche française un encouragement. La ministre de la Recherche est là et je confirme ici que la France continuera à être exemplaire en matière de recherche et en particulier de recherche médicale. 

En faisant cette découverte et en poursuivant vos travaux, vous avez permis un immense progrès à toute l’humanité. Mais un progrès scientifique n’est rien, s’il ne se traduit pas dans des actes de soins et de prévention, s’il n’est pas poursuivi par le travail des hommes et des femmes qui sont rassemblés autour de vous aujourd’hui. Ce bâtiment porte votre nom. Vous êtes donc un monument dans tous les sens du terme ! Beaucoup de responsables politiques voudraient avoir cet honneur de faire des inaugurations portant leur nom ! Mais c’est vous et vous seule qui en avez aujourd’hui le privilège. 

Trente ans après la découverte, où en sommes-nous ? C’est le sens de ma présence ici parmi vous : faire le point de la situation avec Jean-François Delfraissy qui est le Directeur de l’ANRS et qui est aussi, ici, un Professeur et un chef de service exemplaire. 

Des avancées considérables ont été obtenues. Le sida est devenu pour ceux qui ont accès aux soins, ce qui malheureusement n’est pas le cas de tous, une maladie que l’on appelle chronique.

J’ai rencontré des patients qui sont certes infectés par le virus, mais qui n’en n’ont pas les conséquences, grâce à vous et aux soins qu’ils reçoivent. Là encore, c’est exceptionnel quand on songe à ce qu’était jadis la situation de ces malades ! Certains sont concernés depuis plus de vingt ans et vivent aujourd’hui normalement. Ils viennent vous voir, tous les trois ou quatre mois, à l’hôpital de jour. Vous leur modifiez parfois leur protocole et ils continuent à vivre. 

La première conséquence c’est que, dans un hôpital comme le vôtre, la prise en charge des patients s’inscrit maintenant dans le long terme. Elle a des dimensions sociales psychologiques, professionnelles qui vont bien au-delà de l’aspect exclusivement clinique. Là aussi, vous m’en avez fait la démonstration. J’ai vu des malades qui étaient dans une situation de fragilité et de vulnérabilité. Et vous leur apportez bien plus que des soins : un accueil, un accompagnement, une rééducation… Avec cette terrible question qui concerne un certain nombre d’entre eux : que vont-ils faire après ? Ou pourront-ils être accueillis ? 

La vocation d’un hôpital n’est pas de garder des malades toute leur vie. Nous devons donc aussi imaginer des structures qui puissent accueillir ces malades que vous recevez ici et qui – une fois qu’ils ont reçu ce qu’ils attendaient de vous – pourront vivre dans un établissement particulier ou dans un logement qui leur sera dédié.

La situation s’est donc considérablement améliorée depuis que vous avez engagé le combat, notamment vous Françoise et beaucoup d’autres ici, au début des années 80. Mais elle exige encore vigilance et action pour au moins trois raisons et c’est l’engagement que je porte ici devant vous au nom de l’Etat. 

La première raison c’est que l’accès aux soins est réparti de façon tragiquement inégale dans le monde et quelquefois aussi dans notre propre pays. L’enjeu majeur que je fixe à notre politique de développement, c’est de répondre à ce besoin d’égalité qui est le nôtre – nous sommes la France – ce besoin d’égalité dans l’accès aux soins. 

La seconde raison qui exige notre mobilisation, c’est que malheureusement la prévention et le dépistage ont perdu du terrain. Dans les rencontres que j’ai eues avec un certain nombre de professionnels dans cet hôpital, j’en ai eu la vérification. Il y a des populations qui ne sont pas suivies suffisamment par exemple parce qu’elles ne sont pas en situation régulière ou parce qu’elles viennent de loin. Nous devons donc, nous les pouvoirs publics, nous tourner vers ces populations afin de leur permettre d’accéder au dépistage et donc de réduire la transmission.

7000 personnes sont encore contaminées, chaque année, en France. Nous devons donc continuer à faire diminuer ce chiffre. Des dizaines de milliers de personnes sont porteuses du virus sans le savoir. On me donnait des chiffres : les statisticiens sont même capables de connaître ce que les gens ne savent pas ! Il y aurait 150 000 porteurs dont à peu près 30 000 qui ne le savent pas. Nous, nous le savons. Nous devons donc poursuivre et intensifier – et je remercie les associations qui s’y dévouent – les campagnes d’information et les campagnes de dépistage. Nous devons convaincre – et c’est aussi l’objet de ma présence ici, grâce à l’écho qui peut être donné à mon propos à la veille de cette journée internationale – que le fléau qu’est le sida n’a pas disparu et qu’il est une menace dont il faut se prémunir par tous les moyens.

La dernière raison qui justifie que nous soyons mobilisés, c’est que la recherche n’a pas encore atteint les deux buts qui lui sont fixés. Elle s’en approche mais ils ne sont pas encore accomplis.  

Le premier but, c’est de guérir les malades du sida grâce aux médicaments ou à tout autre procédé dont l’efficacité sera à évaluer. Guérir, c’est la mission qui est donnée à la recherche, c’est délivrer ces femmes et ces hommes de leur maladie. Nous ne sommes pas encore prêts de l’objectif. 

Le second but que nous devons atteindre, c’est d’aboutir à la prévention du sida grâce au vaccin. Il permettra au monde de sortir de ces longues décennies de pandémie, et à la jeunesse de tous les continents – et pas seulement à la jeunesse ! – de découvrir la vie avec insouciance et liberté – ce qui a pu être perdu ces dernières années.

Il faut rappeler qu’il y a en France, trop de malades et trop de risques. Nous devons donc guérir et prévenir. Il y a dans le monde 34 millions de personnes qui sont aujourd’hui malades du sida.

Je veux terminer par une note de confiance, une note d’espoir puisqu’il y a eu tellement d’avancées, tellement de recherches qui se poursuivent, tellement de soins qui sont prodigués, tellement de préventions qui sont organisées et que nous devons continuer. 

Je veux vous dire que vous pouvez tous être fiers de vous, vous Madame, vous Monsieur le Directeur, vous tous les personnels de cet hôpital, et au-delà de cet hôpital, toutes celles et tous ceux qui se dévouent pour soigner et prévenir cette maladie. Fierté parce que nous avons avancé, fierté parce que vous avez conquis de nouveaux espaces de confiance et de connaissance.

Je veux aussi dire que rien n’aurait été possible sans l’implication de toutes les équipes et avec la volonté de rassembler toutes les disciplines dans la lutte contre le sida.

Je veux dire enfin – cela m’a été rappelé et c’est vrai d’ailleurs dans tout domaine – que quels que soient les progrès, rien n’est jamais acquis. Il faut continuer le combat jusqu’à l’éradication de la maladie. 

Puisque je suis dans un hôpital et qu’il y a bien des questions que vous auriez eu envie de poser – sur les moyens, les personnels, les horaires, les contraintes – et que je n’aurais pas pu vous répondre sur tout, je veux vous dire tout simplement : merci pour ce que vous faites, merci pour ce que vous donnez au service public hospitalier. L’Etat sera là pour vous donner les moyens de votre mission. Merci à tous.

 

 

 

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