Discours du président de la République à Fort Myer

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Monsieur l’Ambassadeur,

Mesdames, Messieurs,

Chers vétérans,

C’est un grand honneur qui m’est fait de pouvoir ici, dans ce lieu, remettre la plus haute distinction de la République française à des valeureux soldats qui se sont dévoués, qui se sont battus pour que nous soyons libres aujourd’hui.

Je tenais à remettre les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur, qui est, comme chacun sait la plus haute distinction de la République française, à l’occasion de ma visite d’Etat ici aux Etats-Unis.

Cette cérémonie, c’est un symbole qui n’échappera à personne, et l’occasion de parler de nouveau de l’amitié entre la France et les Etats-Unis, mais aussi de notre reconnaissance. Reconnaissance du courage, du dévouement qu’ont eu ces soldats de venir au mois de juin 1944 dans une terre qui leur était sans doute inconnue, sur des plages où ils n’étaient jamais venus, et qui était le lieu de combats.

70 ans après le Débarquement, nous commémorons donc l’immense sacrifice que vous, Messieurs, les vétérans, et vos frères d’armes de l’époque, avez consenti pour la libération de notre pays.

Je rappelle que 60 000 soldats américains sont tombés sur notre sol, la France, pour vaincre la barbarie nazie, pour secourir notre pays la France et, au-delà de la France, toute l’Europe. C’est ce souvenir qui nous rassemblera le 6 juin prochain sur les plages de Normandie. Le Président Obama m’a confirmé ce matin qu’il serait avec nous, comme de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement des nations à l’époque belligérantes et aujourd’hui réunies dans une manifestation de paix et de réconciliation.

Je voulais assurer à ces vétérans, au-delà de la récompense bien tardive qui leur est attribuée aujourd’hui, que la flamme du souvenir, que le peuple français entretient de génération en génération, ne s’éteindra pas et que les jeunes qui sont ici rassemblés, je les en remercie, ont la mission maintenant de l’entretenir. Ce sont pour l’essentiel des élèves du lycée Rochambeau, je salue ici leurs professeurs, leurs parents et je vais leur confier une tâche, une responsabilité. Je vais leur demander de garder tout au long de leur vie la mémoire de cet évènement, c’est-à-dire le visage de ces hommes, de ces vétérans américains, pour qu’ils se souviennent tout au long de leur existence que c’est grâce à ces hommes-là qu’ils pourront eux-mêmes vivre libres et, j’espère, le plus heureux possible.

Je leur fixe une autre tâche, qui est de défendre partout, dans toutes les circonstances, dans toutes les occasions, les valeurs pour lesquelles ces hommes, ceux qui sont vivants aujourd’hui, ceux qui hélas ne sont plus là, se sont battus. Ces valeurs s’appellent la liberté, la dignité, l’égalité. Et je demande à tous ces jeunes de ne rien laisser passer et de faire en sorte que la haine puisse être combattue, la violence repoussée et le racisme exorcisé.

Voilà, amis du Lycée de Rochambeau, ce que vous avez à votre tour à faire pour la liberté puisque vous êtes lycéens d’un lycée qui porte ce beau nom de Rochambeau.

Je vais me tourner maintenant vers nos vétérans. Dès lors qu’ils vont recevoir une distinction de la République française, ils sont déjà, si je puis dire à nous !

John CHEBAN, Arthur ORDEL, Henry PONTON, Robert SALES, George SHENKLE, Charles TOMS, vous êtes des héros, nos héros, des héros américains, mais des héros reconnus aujourd’hui par la République française.

 

Soldats américains de 1944, en servant votre patrie, vous avez libéré la nôtre. Soldats américains de 1944, soixante-dix ans après, nous vous rendons hommage, et nous vous exprimons la gratitude du peuple français.

 

Vétérans de 2014, vous êtes aujourd’hui reconnus par la République française. Vous êtes nos frères, nos amis. Vous êtes aussi nos sauveurs et nous voulions aujourd’hui vous le dire.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je veux que vous puissiez, au-delà de ces cérémonies, applaudir les vétérans.

Restez connecté