Discours du président de la République à Bamako

LE PRESIDENT - Monsieur le Président du Mali, cher Ibrahim Boubacar KEÏTA. Merci de m’avoir invité ici, à Bamako pour cette cérémonie historique avec de nombreux chefs d’Etat africains.

Amis de Bamako, amis Maliens, c’est une grande joie pour le président de la République française d’être de nouveau parmi vous. Je me souviens de l’accueil que vous m’aviez fait le 2 février dernier ici, dans la capitale. Nous étions au tout début de notre combat commun, aujourd’hui nous sommes à son aboutissement car c’est une victoire, une grande victoire pour le Mali que nous fêtons aujourd’hui ensemble !

La victoire a commencé quand Konna a été libéré, quand Diabaly a été libéré, quand Gao a été libéré, quand Tombouctou a été libéré, quand Kidal enfin a été libéré, quand Tessalit, Aguelhok ont été libérés !

Aujourd’hui, c’est tout le Mali qui a été libéré et qui est souverain sur l’ensemble de son territoire !

Mon cher Ibrahim Boubacar KEÏTA, je le dis devant le nouveau président élu, la France est fière d’avoir contribué à cette victoire.

La France a répondu à l’appel de Dioncounda TRAORE que je veux saluer car s’il ne nous avait pas demandé secours, s’il n’y avait pas eu une autorité légitime pour appeler la France au nom des Nations Unies avec les Africains, aujourd’hui ce seraient les terroristes qui seraient là, ici, à Bamako !

La France a agi avec les Nations Unies, elle a agi avec les armées africaines, elle a agi avec les Européens, elle a agi, surtout, en fraternité avec les armées maliennes.

Chers amis, cher Président, nous avons gagné cette guerre, nous avons chassé les terroristes, nous avons sécurisé le Nord et enfin, et ce n’était pas le plus facile, nous avons – vous avez – réussi à organiser des élections de façon incontestable et le vainqueur est aujourd’hui Président du Mali.

La France, mon pays, a payé son tribut pour la libération du Mali. Je pense à cet instant au sept soldats français qui sont morts. Je pense aux blessés meurtris dans leur chair, je pense à leurs familles. Je sais que vous ne les oubliez pas et qu’il y a un nom qui symbolise le sacrifice, celui de Damien BOITEUX, le premier qui est tombé ici pour la souveraineté du Mali. Des enfants maliens portent son nom. Je les remercie pour ce beau geste.

Je pense aussi aux courageux soldats maliens, aux valeureux militaires africains et à nos amis tchadiens qui sont tombés aussi !

Tout cela a été possible grâce à l’Union des Africains, l’Union Africaine, son président de l’époque, et la CEDEAO et son Président d’aujourd’hui.

Amis Maliens, c’est notre unité et notre solidarité qui ont permis d’infliger de lourdes pertes aux djihadistes et de rétablir l’intégrité du territoire malien. Mais nous devons rester vigilants et, ici, je suis venu vous dire que la France restera aux côtés du Mali tant qu’il sera menacé !

Nous conserverons ici, les effectifs nécessaires mais surtout autour du Mali pour aider les forces africaines à juguler toute menace parce que c’est aux Africains, et d’abord et surtout aux Africains, d’assurer leur propre sécurité.

Aujourd’hui, le Mali a pris son destin en main. Il a choisi son Président, un bon, un grand Président. Je le connais depuis longtemps. Il l’a fait nettement, massivement et cette élection ouvre la voie de la reconstruction, de la transition.

Là aussi, je vous l’assure, la France sera là pour vous accompagner pour le développement, pour l’Etat, la démocratie, pour la réconciliation. La France le fera avec les moyens de son budget mais elle le fera aussi avec les collectivités locales françaises qui sont en coopération depuis longtemps avec leurs homologues maliens.

La France le fera avec ses entreprises qui sont mobilisées pour la reconstruction.

La France le fera avec les organisations non gouvernementales pour aider la population.

La France le fera avec l’UNESCO pour réhabiliter le patrimoine de Tombouctou, reconstruire les mausolées, réparer les parchemins.

La France le fera avec l’Europe en mobilisant plusieurs milliards d’euros pour la relance durable du Mali.

Aujourd’hui, amis maliens, amis africains, le combat que nous engageons est pour gagner la paix, assurer la sécurité alimentaire, venir en soutien aux victimes des inondations, permettre l’accès de tous à la santé, à l’éducation, accueillir les réfugiés et les déplacés pour qu’ils puissent vivre dans leur pays.

Amis de Bamako, la France en répondant à l’appel du Mali, est venue secourir un pays ami, le vôtre, et je sais les relations fortes qui nous unissent. Je salue ici les Maliens qui vivent et travaillent en France.

Je salue les Français qui vivent et travaillent au Mali. Mais la France est venue aussi honorer une dette qui avait été contractée lors des deux conflits mondiaux du XXe siècle. Parce que la France n’avait pas oublié que des soldats maliens, que des soldats africains avaient payé le prix de leur sang pour libérer la France !

Monsieur le Président, cher Ibrahim Boubacar KEÏTA, je sais que votre grand-père a donné sa vie pour la France et que votre père a lui-même connu la guerre. Je pense aux nombreuses familles maliennes dont l’histoire est liée à la France. C’était notre devoir, à notre tour, de venir en soutien du Mali !

Le Mali et la France, cher Ibrahim Boubacar, sont unis l’un à l’autre. Nous avons donné avec les Africains, avec les Européens la plus belle leçon de solidarité entre les peuples pour la sécurité du Mali, du Sahel mais aussi de l’Europe, quand il s’agit de lutter contre le terrorisme.

Nous avons, et je le dis dans ce moment particulier, adressé aussi un exemple au monde : lorsque le droit est bafoué, quand des femmes et des enfants sont massacrés, c’est à ce moment-là que la communauté internationale doit se lever et assurer la solidarité pour le droit et pour la reconnaissance des peuples.

Voilà la leçon du Mali et voilà le message de Bamako.

Vive le Mali et vive la France !

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