Discours devant la communauté française à Tbilissi

« Monsieur le directeur, merci de nous prêter votre très belle école pour cette réception des Français qui vivent ici en Géorgie.

Je termine donc mon voyage, je suis parti il y a déjà plusieurs jours. Ce déplacement m’a conduit en Azerbaïdjan, où il y a un développement économique dans lequel la France veut prendre sa part. Puis en Arménie, où nous avons des liens historiques et puis, maintenant, en Géorgie avec cette volonté de la France d’apporter un soutien et aussi une confiance, une confiance dans l’économie de cette région difficile. Une confiance aussi en notre culture, notre langue, notre système éducatif que nous proposons à tous ceux qui veulent un moment participer. Et apporter également des éléments de stabilité.

Je fais ce déplacement dans un contexte que chacun connaît. En Ukraine, il y a une incertitude. Toute notre attention est portée sur les élections du 25 mai, parce que ce doit être le rendez-vous essentiel pour que le peuple ukrainien puisse décider de son avenir. Nous devons tout faire pour que ces élections, que ce scrutin se tienne comme il est prévu dans des conditions de transparence et de régularité.

Nous avons encore des craintes, parce qu’il y a ce qui se passe à l’Est de l’Ukraine, au Sud, et nous devons donc tout faire pour que le dialogue puisse s’engager, pour que la sécurité soit apportée de manière à ce que le vote ait toute sa portée.

Je sais ce que la situation ukrainienne crée de doutes, parfois d’appréhensions dans d’autres pays, et notamment ici. C’est pourquoi il était très important que j’y vienne à la fois pour rappeler la position de la France, qui est celle de l’intégrité territoriale et de son respect, mais également le rendez-vous de l’accord d’association qui maintenant est pris et qui verra sa consécration avec la signature au mois de juin. Ce ne sera pas l’entrée de la Géorgie dans l’Union européenne - ce n’est pas aujourd’hui d’actualité - mais le lien qui sera établi entre la Géorgie et l’Union européenne permettra ainsi un libre échange, un accès aux marchés de se faire.

Tout à l’heure, avec les ministres qui sont ici, avec les parlementaires que je salue, nous étions au Forum économique qui rassemblait entreprises géorgiennes, entreprises françaises et bien sûr le Premier ministre de Géorgie.

Je pense que, et vous en êtes ici les preuves - je parle aux adultes, je m’adresserai ensuite aux élèves - la plupart d’entre vous êtes ici parce que vos entreprises vous ont mandatés pour faire autant qu’il est possible avancer le développement de la Géorgie et le développement de nos propres activités en Géorgie.

Je veux aussi saluer les personnels qui relèvent de l’Etat, les fonctionnaires, les fonctionnaires de l’ambassade, Monsieur l’Ambassadeur est avec nous, les fonctionnaires du consulat, tous ceux qui participent au service économique et puis, bien sûr, les personnels éducatifs et les personnels administratifs, qu’ils soient français ou qu’ils soient géorgiens. Leur présence est très importante.

Je suis ici dans une école qui est un peu particulière par son financement. C’est une école qui accueille des enfants français mais aussi des Géorgiens et même des enfants d’autres nationalités, parce que c’est la vocation d’un établissement comme celui-là que d’être ouvert et de permettre non seulement la scolarisation des enfants des familles qui sont installées ici mais aussi de permettre l’accueil de Géorgiens, ou d’enfants d’autres nationalités qui pourront faire leurs études en France s’ils le veulent ou qui pourront parler français.

Le Premier ministre géorgien parle français, c’est très impressionnant, je l’avais rencontré lors du sommet de Vilnius. Le Premier ministre a fait ses études en France, comme certains autres ministres dans le gouvernement. Nous avons une ministre française qui a connu son homologue à l’ENA, nul n’est parfait, mais au moins l’ENA sert à rapprocher des nationalités et donner ainsi des expériences.

Je tiens aussi beaucoup à ce qu’il puisse y avoir des relations autour de la francophonie grâce aux jumelages qui peuvent se faire. Je salue les Parlementaires qui sont ici et qui contribuent également par des groupes d’amitiés à entretenir les relations entre la Géorgie et la France.

Voilà ce que j’étais venu vous dire. C’est aussi un message d’encouragement parce qu’il va y avoir beaucoup d’investissements qui vont se faire ici en Géorgie, on le sent, dans beaucoup de domaines, énergétique, industriel, des infrastructures, touristique. C’est une demande qui m’a été d’ailleurs adressée lors du forum.

Nous avons besoin de compatriotes qui viennent apporter la technologie, le savoir-faire, l’expérience, beaucoup d’entre vous ont fait ce choix. Je voulais vous exprimer notre gratitude, parce que, s’il y a un développement ici, ce sera bénéfique, non seulement pour la Géorgie, mais pour l’ensemble de la région, ce sera aussi très précieux pour la France pour gagner des marchés au-delà même de la Géorgie.

 

Je vous ai parlé de l’Azerbaïdjan, j’ai aussi fait un voyage en Turquie au début de cette année. Nous avons également des ambitions pour l’ensemble de cette grande région et vous y contribuez.

Je voulais aussi vous donner des nouvelles de France, ces nouvelles datent de dimanche.

Nous menons une politique qui vise à améliorer encore la compétitivité, parce que nous en avons besoin. Je constatais la progression des exportations françaises en Géorgie, près de 50%. Ce n’est pas partout pareil, nous avons un déficit commercial depuis dix ans, et nous ne pouvons pas le supporter. Non pas simplement pour des raisons de fierté, mais parce que dans la zone euro, on ne le rappelle pas suffisamment, il y a un excédent global du commerce extérieur, alors qu’en France nous avons un déficit. Cela veut dire que d’autres vendent davantage que nous dans la zone euro, mais vendent davantage hors de la zone euro, d’où l’effort que nous faisons sur la compétitivité.

Nous faisons aussi en sorte qu’il puisse y avoir des réformes, ce n’est jamais facile. Enfin, quand je vois ce qui est demandé à des pays comme celui dans lequel vous vivez, c’est considérable. Quand je vois les efforts que l’on a demandés dans la zone euro à des pays qui ont été obligés de mener des politiques d’austérité extrêmement lourdes de conséquences, douloureuses, nous avons évité cela. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de constance à avoir dans les politiques que nous menons. Mais nous pouvons le faire sans qu’il n’y ait de baisse de pouvoir d’achat, sans qu’il n’y ait même de réduction dans les dépenses publiques, même si nous faisons des économies.

Et, si nous voulons éviter que les impôts soient sollicités, nous devons faire des économies par ailleurs, sans remettre en cause les services publics essentiels, comme l’éducation nationale. Il y a toujours une inquiétude, je peux la comprendre, je peux la partager, mais pour l’éducation, nous avons veillé à ce que tous les crédits, tous les emplois qui avaient été prévus puissent être assurés, malgré ce que nous pouvons demander aux autres administrations.

Voilà le rôle de la France : être présente partout où c’est nécessaire, apporter la sécurité, la stabilité, être capable d’avoir une politique culturelle autour de nos créations, autour de notre langue, être vigilante par rapport à ce qui peut être mené face à l’instabilité de certaines régions, donc, être à la hauteur du message que nous portons.

Mais la France n’est la France que si elle est représentée, non seulement par ses autorités, par ses administrations, mais par nos ressortissants eux-mêmes. Alors, vous serez amenés à être consultés, le 25 mai, vous aussi, puisqu’il y a, à la fois, les élections pour le renouvellement du Parlement européen, et il y a également un scrutin qui est ouvert pour les conseillers des Français de l’étranger. Je ne peux que vous inciter à participer à ces scrutins pour vous faire correctement représenter. C’est important, il y a maintenant des députés des Français de l’étranger, des Sénateurs des Français de l’étranger, qui vous permettront de faire entendre votre voix.

Pour l’instant, je voulais prononcer auprès de vous des messages d’encouragement, de gratitude, et dire aux jeunes qui sont là, dans leur école, que nous devons tout faire pour qu’ils soient bien et qu’ils y réussissent. Ceux qui sont Français pour qu’ils soient les meilleurs, parce que, souvent, c’est dans les établissements à l’étranger que nous avons les taux de réussite au baccalauréat les plus élevés. Je connais le problème néanmoins des frais d’inscription et nous essayons de les compenser par des systèmes de bourses.

Restez connecté