Discours à l’occasion du « Paris-French Tech Ticket »

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Rubrique : Economie, finances et industrie

Mercredi 2 mars 2016

Mesdames Messieurs ;

Bienvenue, vous êtes là pour une grande opération que nous avons voulu lancer ici en 2013, à l'occasion de ces Assises de l'entreprenariat où nous nous sommes dit avec Emmanuel MACRON : est-ce que nous pourrions faire venir des talents du monde entier pour qu'ils viennent investir, innover, créer en France ?

Ce programme est simple, c'était d'attirer les talents et de lancer une forme d'appel d'offres à toutes les candidatures qui voudraient bien se présenter dès lors qu’il y avait un contenu, une idée, déjà un investissement ou en tout cas la possibilité d'un développement.

Ce programme c'était un titre de séjour et on voit que le sujet n'est pas complètement sans intérêt, pas encore une carte d'identité ou un passeport, même si cela peut être aussi un second temps, car finalement quel plus beau cadeau peut nous faire un talent, au-delà de son investissement ici, que de vouloir être aussi Français ?

C'était une bourse modeste de 12 500 euros pour 6 mois et un accompagnement dans un incubateur parisien grâce à la mairie de Paris que je veux ici remercier.

Alors nous avons sélectionné 50 lauréats ; nous aurions pu en prendre davantage mais comme il a été précisé il fallait qu'il y ait une sélection. En France on aime bien la sélection, on aime bien les concours et on est même capable de décourager des bonnes volontés en fixant des critères plus élevés qu'il ne serait utile. Mais c'était sans doute une bonne raison. C'était créer une forme d'exemple qui pourrait être donné à d'autres, c'était ouvrir une première porte pour qu'il puisse y avoir d'autres maisons qui s'ouvrent partout en France.

Ce programme bénéficie à 50 jeunes entrepreneurs ici présents et qui nous ont présenté déjà certaines de leurs innovations. Alors mon premier mot c'est pour vous exprimer ma gratitude : merci d'avoir fait confiance à la France.

Ce pays, la France, vous accueille et vous accueille pour ce que vous allez lui donner de meilleur et que j'ai déjà aperçu ; par exemple une start-up de robotique qui va bouleverser le fonctionnement des fauteuils roulants et qui va dans quelques mois, quelques années changer la vie de beaucoup de nos concitoyens ici et peut-être partout dans le monde ; une construction de maison avec une impression 3D qui peut échanger non seulement les façons de fabriquer des appartements ou des maisons, mais aussi trouver des solutions pour les réfugiés dans des conditions très rapides ; il y a également une start-up qui m'a été présentée de traitement des eaux qui va révolutionner le monde industriel et peut-être même le monde de l'assainissement.

Il y a tant d'autres projets que vous portez qui sont à la fois utiles à la France, là où vous allez vous installer, mais vont être aussi - cela a été dit - porteurs d'une ambition mondiale.

Vous venez de beaucoup de pays, du Canada, des Etats-Unis, d'Inde, du Japon, de Chine, du Liban, de Tunisie, du Brésil, du Royaume-Uni, - oui même du Royaume-Uni - et certains projets sont développés par des équipes internationales. Par exemple il y a une jeune Chinoise et un jeune Japonais qui travaillent ensemble sur un projet de marketing digital ; il y a deux Italiens et un Libanais qui développent une application numérique pour accompagner les jeunes étudiants dans leur parcours universitaire. A travers tous ces projets, tous ce qu’ils signifient, c'est aussi un message que nous voulons porter ensemble. Nous voulons que la France soit une terre d'innovation et une terre d'accueil.

D'accueil parce que c'est notre tradition, parce qu'en France on a toujours voulu que celles et ceux qui veulent créer, entreprendre, innover puissent être ici dans un pays de culture et de création.

Et puis on veut être une terre d'innovation, là où on invente le monde de demain. Enfin, nous voulons que la jeunesse, la jeunesse du monde mais aussi la jeunesse de France puisse trouver toute sa place.

Alors il a fallu vaincre des obstacles, ils ont été évoqués au cours de cette table ronde. Lorsque je suis arrivé aux responsabilités en 2012 les étudiants étrangers ne pouvaient pas exercer une activité sur le territoire au terme de leur parcours. Nous nous privions de ces talents-là, alors même qu’ils sont une chance. Donc nous avons permis aux étudiants étrangers de pouvoir rester en France et d’y travailler.

Ensuite il y a toujours des gens qui pensent qu’il faut protéger les talents d'ici en empêchant les talents d'ailleurs de venir, en fermant, en repliant nos possibilités, alors que nous, nous pensons que c'est les talents qui viennent de l'extérieur qui enrichissent les talents d'ici. Nous pensons même que lorsqu’un certain nombre de nos jeunes vont vers d'autres pays c'est aussi une chance pour la France. Cela ne veut pas dire qu’on ne veuille pas les faire revenir à partir d'un certain moment et c'est pourquoi il a été lancé une opération « reviens Léon » non pas pour dire revenez tous, mais faites en sorte à un moment de votre vie de penser qu’en France aussi vous pouvez donner le meilleur de vous-même, c'est-à-dire votre talent.

La France depuis 2012 a fait le choix d'une stratégie fondée sur l'innovation. Jamais autant de start-up n'ont vu le jour dans notre pays. 1500 sont créées chaque année rien qu'à Paris, la ville qui a le plus d'incubateurs de start-up en Europe. L'année dernière, le chiffre d'affaires des start-up françaises a augmenté de 50% ; jamais autant de capitaux n'ont été investis dans l'innovation en France que l'année dernière.

12 start-up françaises ont procédé à des levées de fonds de plus de 25 millions d'euros en 2015 et 4 de plus de 100 millions d'euros. Cela ne veut pas dire que cela doit être un exemple, on peut lever aussi beaucoup moins et faire un développement rapide, mais nous sommes capables aussi d'apporter ici des capitaux.

Jamais aussi les start-up françaises ne se sont mondialisées aussi rapidement parce que nous sommes dans un changement d'échelle et certaines start-up françaises ont acquis une renommée mondiale en quelques années. Je ne peux pas les citer toutes, mais notamment BLABLACAR, DEEZER, mais il y en a eu beaucoup d'autres, CRITEO, WITHINGS, PARROT, ont été capables de se trouver une dimension internationale.

120 start-up ont accompagné le ministre Emmanuel MACRON à Las Vegas. Nous étions les plus nombreux. Cela dit, être les plus nombreux ne veut pas dire être les meilleurs, mais nous étions les plus nombreux et les meilleurs.

Nous avons voulu aussi diffuser l'innovation. Bien sûr que Paris est la ville capitale et la ville est elle aussi dans une compétition mondiale. Mais nous avons voulu qu'il y ait 13 Métropoles French Tech, une labellisation a donc été prévue. En France, labellisation, cela veut dire des critères, des sélections, des concours et donc nous avons mis un certain nombre de villes au défi : Est-ce que vous êtes capables d'offrir ce qu'on appelle un écosystème pour que les entreprises, les start-up puissent se développer ? Nous avons pu en retenir 13. Donc nous avons fait 13 bienheureux et beaucoup d’ingrats. Il n’est même pas sûr que les bienheureux ne soient pas aussi ingrats. Cela peut arriver dans toute composition d'équipe. Donc vous avez là une capacité à travers 13 métropoles de pouvoir développer l'innovation.

Nous avons aussi voulu mettre en place des financements, la Banque publique d'investissement qui a mis - et je l’en remercie - un fonds de 200 millions d'euros et des bourses destinées à financer l'amorçage des start-up, sans distinction de nationalité. La French Tech c'est aussi une mobilisation pour faire connaître nos start-up à l'international avec 15 millions d'euros pour leur promotion.

Cette initiative, French Tech, ce n'est pas l'Etat qui l'encadre, ce sont véritablement l'ensemble des acteurs de l'innovation qui la portent. Pour favoriser le développement des entreprises innovantes, c'est vrai que nous avons des outils fiscaux particulièrement dynamiques et je remercie nos amis qui connaissent ces outils fiscaux et qui les ont soulignés parce qu'ils sont, sans doute, les plus puissants en Europe et peut-être dans le monde, le crédit d'impôt recherche notamment. Comme il a été justement précisé, nous avons voulu étendre ce crédit impôt recherche vers l'innovation, toutes les formes d'innovation, pas simplement les innovations technologiques, mais aussi le design et tout ce qui contribue à la créativité.

Nous avons aussi fait en sorte, à travers plusieurs lois de finances, de donner des exonérations fiscales et sociales pour les jeunes entreprises innovantes. Il y a près de 3000 entreprises concernées, et dans la loi qu’Emmanuel MACRON a pu faire voter, nous avons développé l'actionnariat salarié, les bons de souscription. Pourquoi ? Parce que nous savions, cela nous avait été dit par les innovateurs et les entreprises qui étaient dans le numérique, qu’il était très important d'associer les collaborateurs pour qu'ils puissent être partie prenante de la création de valeur même si, au départ, ils n'étaient pas forcément rémunérés à leurs prix.

Alors, la France va continuer à accueillir des talents étrangers. Dès le mois de novembre 2016, la France délivrera les premiers « passeports Talent ». Il aura fallu une loi pour y parvenir parce qu'en France il faut des lois pour arriver à changer. Nous pourrions préférer qu'il n'y ait pas forcément cette lourdeur mais c'est nécessaire, notamment sur la question des migrations qui exige un certain nombre de contrôles et cela est légitime. Nous voulions qu'il puisse y avoir un « passeport Talent » et ce nouveau titre de séjour sera valable 4 ans pour, qu’il puisse y avoir du temps pour l'innovation, pour le développement et pour la création.

Nous allons aussi développer la French Tech Ticket puisque elle sera étendue géographiquement aux 13 métropoles dont j'ai parlé et sera élargie numériquement. 200 créateurs de start-up pourront venir rejoindre les 50 premiers pour que tous ceux qui n'ont pas pu être retenus dans cette première phase puissent l’être dans la deuxième phase.

L'appel à candidatures s'ouvrira le mois prochain et dès janvier 2017 ces talents venant du monde entier pourront être accueillis.

Nous voulons aussi faire revenir nos meilleurs expatriés, ce qui suppose un certain nombre  de procédures fiscales que nous allons également faciliter et je remercie tous ceux qui contribuent à donner cette information. Il ne s’agit pas simplement de lancer des appels patriotiques, cela n'a aucun sens, il s'agit tout simplement de dire : « venez, ou revenez lorsque vous en déciderez pour mettre votre talent dans une start-up ou une entreprise qui vous fera le meilleur accueil ». Nous avons reçu beaucoup de candidatures et j'y reviendrai dans le lancement d'une autre opération.

Je souhaite aussi que l'on puisse accueillir des cadres dirigeants étrangers, pas simplement des créateurs mais aussi des cadres dirigeants, ce qui supposera un visa spécifique, là encore au plan administratif et sans doute un certain nombre de dispositions fiscales.

Nous voulons aussi que les talents qui existent en France puissent avoir leur chance. Aujourd'hui, c'est une opération tournée vers le monde, mais ce que je veux aussi dire à cette occasion c’est que l'innovation est également possible ici, en France, sur tous les territoires, dans tous les quartiers. Nous voulons qu’il puisse y avoir une création d'entreprise qui soit facilitée, c’est la raison pour laquelle nous avons créé une agence « France Entrepreneurs » qui sera dotée de 100 millions d'euros et qui permettra notamment à ceux qui sont dans les territoires fragiles, à ceux qui sont dans les quartiers de nos villes et qui n'ont pas forcément accès à toutes les informations, à tous les réseaux et à tous les financements de pouvoir, eux aussi, de faire valoir leurs talents. C'est souvent dans les quartiers qu’on appelle « prioritaires », c'est-à-dire populaires, qu'il y a le plus de créativité, qu'il y a le plus de développements d'entreprises mais aussi le plus de défaillances. Nous voulons que les talents français qui quelquefois viennent de loin et ont des parcours d'immigration, puissent également être reconnus et accompagnés.

Enfin, nous allons lancer ce qu'on appelle le 3e programme des investissements d'avenir. Nous en avons parlé ce matin au Conseil des ministres, ce programme des investissements d'avenir financera des bourses French Tech qui seront consacrées aux talents étrangers, à vous, à d’autres et aux talents des jeunes issus des quartiers populaires.

Le gouvernement veut aussi qu'il y ait un fonds national d'amorçage parce que l'on connaît la difficulté. Une fois que l'on a créé, une fois que l'on a imaginé, une fois que l'on a pensé, une fois que l'on a mis une idée à l'œuvre, il faut la développer, la financer, il faut lever des fonds. C’est toute l'importance que l'on veut donner à l'amorçage, qui sera doté de 500 millions d'euros.

Enfin, je veux signaler deux vitrines technologiques qui vont être tout-à-fait considérables. La première c'est fin juin 2016. C'est tout près, c’est en même temps que l’Euro 2016, pour ceux qui ont des références. PUBLICIS avec le journal LES ECHOS organisera un grand salon mondial du numérique qui réunira 5000 start-up françaises et étrangères à Paris. Cela sera un évènement mondial.

Et début 2017, retenez la date, la Halle Freyssinet ouvrira ses portes. Ce seront 30 000 mètres carrés pour que se développe à Paris ce qui n'existe nulle part ailleurs. 30000 mètres carrés pour rassembler des talents. Tous ne pourront pas être accueillis, il faudra d'autres mètres carrés, mais c'est sans doute ici que la recherche technologique mais aussi le design, le marketing, la vente, l'enseignement, tout ce qui pourra faire l'excellence française et internationale pourra être montré.

Je suis aussi très attaché à ce que l'on puisse avoir une grande école du numérique et faire en sorte que beaucoup de jeunes talents puissent être accompagnés pour se lancer dans l'aventure.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que j'étais venu simplement vous dire. Bienvenue aux talents étrangers, talents tout court. Bienvenue en France, terre de progrès, terre de liberté, terre d'innovation, parfois terre meurtrie, quand elle est frappée parce qu'elle est une terre exceptionnelle, un pays qui porte la liberté parce que c'est son identité et un pays qui n'a peur de rien et qui, au contraire, veut toujours que l'on puisse venir l'enrichir.

Quand on regarde ce qu’a été l'histoire de la culture française, l’histoire de la technologie française, même l'histoire de l'industrie française, elle s’est toujours abreuvée de ce que le monde pouvait lui apporter. Il en est ainsi pour la mode. La mode française et même la gastronomie française, l'art de vivre français n'a de sens que s'il est irrigué par le monde. La France, je le dis souvent, est un pays monde. C'est-à-dire que le monde est chez lui en France et la France est partout dans le monde. C'est pourquoi vous avez eu raison de choisir la France et la France de vous accueillir. Merci.

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