Discours à l'occasion du nouvel an lunaire

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les présidents qui représentez nos assemblées,

Mesdames, Messieurs les parlementaires,

Mesdames, Messieurs les ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs de la communauté asiatique de France,

 

C’est la deuxième fois que nous nous retrouvons pour le Nouvel An chinois. Déjà l’année dernière, nous étions rassemblés. Je me rappelais de l’émotion qui avait été la mienne quand j’avais été associé, c’était en 2011, à ces événements qui font partie maintenant de notre tradition à Paris et dans bien d’autres villes.

 

Comme Président de la République, je me sens encore plus concerné. Je veux ici remercier toutes les associations qui contribuent à faire de ce Nouvel An chinois un événement dans la vie de notre pays.

 

C’est exact que des foules très nombreuses se pressent – pas simplement parce qu’il y a des campagnes électorales… Mais cela peut aussi conduire à encore plus de participation et comme, en France, il y a des campagnes électorales chaque année, le Nouvel An chinois connaît une affluence sans cesse plus importante !

 

Plus sérieusement, il y a de plus en plus chez nos concitoyens, qu’ils soient d’origine chinoise, asiatique ou pas, la volonté de participer à ces moments-là parce que ce sont des fêtes, ce sont des moments de partage, ce sont des instants où les cultures peuvent s’exposer et s’échanger.

 

Je veux donc ici vous témoigner, une fois encore, au nom de la République française, notre reconnaissance pour tout ce que vous faites pour l’animation de nos villes et pour la représentation de la communauté qui est ici rassemblée.

 

La France est riche de sa diversité et, en même temps, elle est attentive à son unité car nous devons tout faire pour que nous ayons une communauté nationale qui puisse avoir conscience de son destin.

 

Nous pouvons avoir, les uns et les autres, des parcours, des origines différentes, mais nous sommes Français et nous considérons que nous avons une histoire et surtout un avenir à partager.

 

Vous êtes vous-mêmes venus en France, il y a quelques années. D’autres sont nés ici. Ce qui a fait votre présence dans notre pays, c’est parfois l’Histoire, ses fracas, ses désordres, ses tragédies. Ce qui a conduit vos parents ou vos grands-parents à venir en France, c'est l’idée qu’ils se faisaient de la liberté, de la République, de ces droits de l’Homme que nous avions proclamés et qu’ils pouvaient ici, mieux qu’ailleurs, partager.

 

D’autres sont venus pour le travail, pour les études et ensuite ont fondé une famille dont vous êtes ici parfois les enfants. C’est bien qu’il puisse y avoir cette reconnaissance de l’apport de chacun et des communautés qui ont pu constituer la France telle qu’elle est aujourd’hui.

 

Je veux saluer votre participation à la vie économique, puisqu’il y a ici beaucoup qui ont fondé ou qui ont initié une entreprise, d’autres qui sont salariés d’entreprises françaises, petites ou grandes. Je veux également reconnaître votre participation à la vie civique et l’animation à laquelle vous participez pour nos villes, Paris étant bien sûr la capitale et ayant une communauté asiatique particulièrement importante.

 

L’an dernier, c’était l’année du serpent. On m’avait prévenu que c’était une année propice à des relations apaisées. Je ne sais pas si nous y sommes toujours parvenus au plan national mais au plan international, ce fut le cas notamment avec l’Asie puisque je me suis rendu dans trois grands pays en 2013 : la Chine, l’Inde et la Japon.

 

Nous avons pu ouvrir dans chacun de ces pays des partenariats exigeants et des perspectives, je le crois, favorables.

 

Cette année, c’est celle du cheval. Cela tombe bien, c’est également le signe qui m’est réservé par mon année de naissance et par le mois d’août qui marque mon anniversaire. Nous n’en sommes pas là. Le cheval est un symbole, le symbole de l’énergie. Ce sont pour moi l’énergie, l’audace, le courage des qualités essentielles que vous représentez. Essentielles aussi dans le moment que nous traversons parce que nous devons donner une bonne allure à ce que nous faisons et nous ne devons pas nous arrêter en chemin devant la première difficulté, le premier obstacle.

 

C’est donc un cheval bondissant que nous avons célébré. D’ailleurs, il m’a été remis tout à l’heure une œuvre d’art, un tableau qui représente un cheval et qui est à la fois la marque de la puissance, du mouvement et, en même temps, de la capacité à entraîner les autres. Je suis donc sûr que le cheval nous annonce une bonne année, notamment pour 2014.

 

Je vous le disais, je suis aussi conscient que nous avons besoin d’audace. Celle dont vous faites preuve dans vos activités quotidiennes. Bien sûr, il y faut de la réflexion. Toujours se méfier de l’agitation et de la précipitation. Mais nous avons besoin d’imagination, ne jamais reproduire ce qui a été fait, penser que chaque époque, chaque période doit nous mettre à contribution pour inventer des solutions nouvelles. C’est ce que nous allons faire.

 

Je voulais aussi vous remercier pour vous associer à tous nos efforts pour avoir les meilleures relations possibles avec les pays d’Asie.

 

Je vais recevoir dans quelques semaines, quelques jours même, le Président chinois, Xi Jinping, pour une grande visite d’Etat. Pourquoi cette visite sera exceptionnelle ? Parce qu’elle marque le 50ème anniversaire de la relation qui a été établie, de la reconnaissance par la France de la République populaire de Chine. C’est le Général de GAULLE qui avait eu cette audace à cette époque, premier pays occidental à reconnaître la République de Chine. Ce geste historique nous permet depuis 50 ans d’avoir des relations excellentes avec la Chine qui est un grand pays, avec une grande culture, une grande civilisation et aussi une grande économie.

 

J’ai donc tenu à ce que notre commémoration pour le 50ème anniversaire soit à la hauteur de ce qu’avait été cet acte de reconnaissance.

 

Nous avons déjà commencé de la faire puisqu’il y a eu il y a quelques jours la nuit de la Chine au Grand Palais, en présence du Premier ministre et de nombreux ministres. Il y a aussi eu à Pékin une cérémonie où la garde républicaine a fait un concert. Claude BARTOLONE, le Président de l’Assemblée nationale était présent à cet évènement. Nous avons 300 manifestations qui sont prévues pour cette célébration du 50ème anniversaire de la reconnaissance de la République populaire de Chine par la France. 300 manifestations, j’allais dire la moitié en Chine, la moitié en France. Nous verrons bien si nous pouvons déborder et faire une espèce d’émulation pour savoir quel est le pays qui a été le plus fervent pour cet anniversaire.

 

J’ai aussi voulu que, avec la Chine, nous établissions des relations économiques plus intenses et que nous ouvrions encore davantage nos marchés. Ce matin-même, je recevais ici des chefs d’entreprise de tous les pays du monde pour qu’ils puissent être informés de ce que nous faisons pour accueillir les investissements. A Pékin, j’ai lancé ce message à tous ceux qui pouvaient être intéressés par une localisation en France : « Venez, venez nombreux ». Je leur ai même dit qu’il y avait ici des Français d’origine chinoise, asiatique qui étaient leurs meilleurs relais pour permettre cet investissement. J’ai également dit combien les entreprises françaises étaient prêtes à aller encore davantage qu’aujourd’hui sur le marché chinois.

 

Nous avons pris un engagement, et je l’ai de nouveau confirmé ce matin, c’est d’accueillir davantage de touristes chinois ou asiatiques et de faire en sorte que les entrepreneurs, les chercheurs, les étudiants puissent avoir plus de facilités pour venir en France.

 

Combien de fois ai-je entendu, et ce n’était pas toujours avec plaisir, j’en prends pour témoin le ministre de l’Intérieur, des investisseurs, des entrepreneurs, des chercheurs, des étudiants de pays d’Asie nous dire qu’ils auraient bien voulu venir mais c’était tellement compliqué, tellement long pour obtenir un visa qu’ils avaient renoncé.

 

Combien de touristes qui veulent venir visiter pas simplement notre capitale, l’ensemble de la France, peuvent être découragés.

 

Nous allons donc tout faire pour faciliter la délivrance des visas et toutes les procédures pour permettre qu’il y ait des échanges multiples entre l’Asie et la France.

 

Un mot encore sur la communauté chinoise parce qu’elle est en France la première d’Europe. C’est dire si nos liens sont étroits.

 

Mais je veux aussi parler de tous les pays d’Asie et que vous représentez d’une certaine façon ici. Avec l’Inde, nous avons un partenariat stratégique établi depuis longtemps, notamment en matière d’énergie. J’ai également souhaité l’élargir à d’autres domaines, notamment technologiques. Nous avons beaucoup de jeunes Indiens qui viennent étudier en France, beaucoup d’informaticiens, partout dans le monde, que nous devons aussi attirer dans notre pays.

 

J’ai également été au Japon, nous avons établi avec les autorités japonaises et le Premier ministre une feuille de route pour nos relations bilatérales. J’accueillerai également le Premier ministre ABE dans le prochains mois, comme j’ai accueilli il y a quelques mois la Présidente, Mme PARK, de Corée du Sud. J’ai également eu le plaisir de recevoir le Président du Laos et c’était la première fois qu’un Président de la République démocratique populaire Lao venait en France depuis l’indépendance.

 

Avec la République socialiste du Vietnam, nous avons eu une saison particulièrement brillante sur le plan culturel. Je suis très attaché à la relation avec le Vietnam, notamment sa participation à l’espace francophone. Nous sommes liés par l’histoire, par les épreuves mais également par une communauté humaine particulièrement active.

 

Je suis très engagé dans la relation entre l’Europe et l’Asie. Je considère que nous avons là un partenariat à établir et je participerai autant qu’il me sera possible à tous les sommets qui auront lieu entre l’Europe et l’Asie, notamment à la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de ce que l’on appelle l’ASEM qui est une grande réunion pour permettre d’échanger sur nos intérêts communs.

 

La France, vous le savez, a besoin de l’Asie, de sa culture, de sa civilisation, de ses hommes et de ses femmes qui apportent un renouvellement au monde. Nous avons besoin de l’Asie aussi pour sa puissance économique. L’Asie représente aujourd’hui la moitié de la croissance mondiale. C’est considérable. La France a également besoin d’une Asie ouverte aux échanges, consciente aussi des risques environnementaux.

 

Je sais que grâce aux opinions publiques, l’affirmation d’une règle pour notamment limiter les gaz à effet de serre est maintenant partagée et que nous aurons la responsabilité d’accueillir la conférence sur le climat l’année prochaine en France à Paris et que les pays d’Asie, maintenant, seront des partenaires pour que nous puissions conclure un accord exigeant parce que l’Asie, et vous en êtes également les témoins, a besoin de la France, de ce qu’elle représente sur le plan des valeurs, des principes, de l’équilibre du monde.

 

L’Asie a besoin de la France pour ce qu’elle peut faire pour la paix. La France est toujours au service des intérêts qui sont ceux de l’Asie pour avoir un équilibre, un monde plus partagé, des ressources qui peuvent également être réparties différemment.

 

La France est également consciente qu’elle peut attirer des talents de tout le monde et en particulier de l’Asie.

 

Alors, Mesdames et Messieurs, je vous renouvèle tous mes souhaits pour cette nouvelle année. Je vous nomme, comme je l’ai fait l’année dernière, et le ministre des Affaires étrangères n’est pas là, je peux donc avoir cette liberté, ambassadeurs pour porter nos intérêts dans l’ensemble de l’Asie. Vous voyez le mandat qui vous est confié.

 

On m’a dit que le cheval annonçait des succès fulgurants. Certains m’ont même précisé immédiats. C’est le vœu que je formule. L’année du cheval, c’est l’année de la réussite de la France. Merci à vous.

 

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