Avril 2014

Discours à l'occasion du Forum économique franco-saoudien

Monsieur le Président des Chambres de commerce,

Monsieur le Président du Conseil d’affaires franco-saoudien,

Madame, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les chefs d’entreprise saoudiens et français, qui avez participé à cette grande rencontre.

 

Je veux avant tout vous remercier pour l’accueil qui m’a été réservé, ainsi qu’à la délégation qui me suit dans ce voyage, à la fois par le Roi, mais aussi par les autorités saoudiennes et enfin par vous. C’est le signe que l’amitié entre nos deux pays, qui est historique, est capable aussi de franchir de nouvelles étapes.

 

Vous l’avez souligné, Monsieur le Président, j’attache une grande importance à la relation entre la France et l’Arabie Saoudite. D’abord pour des raisons politiques, parce que nous partageons les mêmes analyses, nous avons les mêmes objectifs dans la région : la sécurité, la stabilité, la paix, et nous y travaillons ensemble, le roi Abdallah et moi-même.

 

J’attache une grande importance aussi à l’Arabie Saoudite pour ce qu’elle représente dans la région. Un grand peuple, avec une histoire, mais aussi une population dynamique, une jeunesse importante et donc de grands projets d’investissement.

 

Vous avez également, l’Arabie Saoudite, un grand rôle dans la régulation de l’économie mondiale. D’abord parce que vous fournissez du pétrole et que vous veillez à ce que son prix corresponde aux intérêts et des consommateurs et des producteurs, notamment dans cette période de reprise économique où rien ne doit altérer la confiance dans l’avenir. La question du prix de l’énergie est forcément une question éminemment politique et économique.

 

Vous êtes aussi membre du G20, c’est-à-dire du lieu où se détermine, année après année, les objectifs de l’économie mondiale. Vous êtes le seul pays arabe présent dans ce G20. Il y a donc toutes les raisons pour que la France et l’Arabie Saoudite travaillent ensemble.

 

Vous avez évoqué l’histoire, il faut toujours la convoquer pour comprendre d’où nous venons et où nous devons aller. C’était en 1967 que le Roi Fayçal rendait visite au Général de GAULLE et établissait déjà le cadre de la relation politique. Et de Roi en Roi, de Président en Président, nos deux pays ont mené à bien une coopération. Dans les domaines politiques, je l’évoquais, dans les domaines de la défense, de la sécurité, de l’énergie. Nous pouvons constater que nos échanges n’ont cessé de progresser.

 

Aujourd’hui, ils représentent 8 Mds d’euros, c’est beaucoup, ce n’est pas assez. C’est beaucoup parce qu’en 10 ans, cela a doublé. C’est beaucoup parce que dans l’année 2013, de nombreux contrats ont été signés et en même temps, je considère que nous pouvons faire encore davantage. D’où le rôle du Forum d’affaires franco-saoudien que j’ai reçu, lors de sa première réunion à Paris et beaucoup d’entre vous étaient présents à l’Elysée et qui de nouveau s’est réuni aujourd’hui.

 

Je pense que nous pouvons amplifier et nos échanges et nos investissements. D’abord parce que l’Arabie Saoudite a un grand programme d’infrastructures qui répond aux besoins de la population saoudienne et de son économie.

 

Ce programme d’investissements, correspond aux domaines d’excellence des entreprises françaises. C’est une heureuse coïncidence : ce que vous souhaitez, nous pouvons vous le fournir. Cette offre et cette demande doivent se rencontrer.

 

Je veux citer ces domaines d’excellence : l’énergie, les transports, l’environnement, l’agroalimentaire. Et déjà, dans tous ces domaines, je peux noter des réussites. TOTAL a construit la plus grande raffinerie du monde, avec ARAMCO. SANOFI a ouvert une usine pour la production d’insuline, ici, en Arabie Saoudite. VEOLIA assure la gestion de l’eau à Riyad, construira une usine de dessalement de l’eau de mer à Jubail. Je pourrais évoquer toutes les entreprises qui sont présentes, ici, en Arabie Saoudite, DANONE, CARREFOUR, GDF, THALES et bien d’autres, qui d’ailleurs, maintenant sont intégrées dans la vie quotidienne des Saoudiens.

 

En 2013, nous avons remporté ensemble de grands succès, parce que quand un contrat est signé, c’est dans l’intérêt des deux parties. Encore aujourd’hui, des rencontres ont permis d’aboutir à des résultats. Des contrats ont été signés par ADLER, ITRON, ASSYSTEM, BONNA, MOVIKEN, EDF, VEOLIA, AREVA. Des entreprises françaises de toute taille, des très grandes qui se situent à l’échelle du monde et puis d’autres, des petites et des moyennes.

 

Je veux, ici, saluer justement cette présence. Parce qu’une de nos volontés – nous en parlions avec le ministre de l’Economie – c’est de faire venir les petites et moyennes entreprises françaises, ici, en Arabie Saoudite.

 

Vous devez faire en sorte que le marché soit largement ouvert, et c’est votre intention. Nous, nous devons, avec les grandes entreprises, accompagner ces entreprises de taille intermédiaire à venir sur le marché saoudien, offrir la qualité de leurs produits et de leur savoir-faire.

 

Nous devons donc élargir le nombre des entreprises françaises présentes en Arabie Saoudite et également élargir les secteurs sur lesquels nous pouvons coopérer. Nous avons signé un accord très important avec les ministres concernés, saoudiens et français, dans le domaine de la santé – cela a été d’ailleurs un atelier de votre forum.

 

Nous pouvons mettre en commun et nos instituts de recherche et nos universités et nos entreprises, pour permettre de mieux soigner, de mieux traiter un certain nombre de maladies. Mais aussi de mieux répondre à l’offre que vous voulez créer ici, en Arabie Saoudite, en termes d’hôpitaux, d’établissements sanitaires et de professions de santé qui ne demandent qu’à être formés.

 

C’est le premier secteur sur lequel nous pouvons aller encore plus loin. Il y a aussi le secteur agroalimentaire qui a connu une progression de 25% rien que cette année 2013. A l’instant, je rendais hommage au groupe MUNAJEM qui a investi dans la société DOUX - je salue ici son premier responsable que j’ai distingué de la Légion d’honneur. Parce que nous avons de grandes entreprises agroalimentaires en France qui doivent exporter leurs produits, c’est le cas ici, avec la demande saoudienne.

 

Mais le geste qui a été fait, c’est de participer au capital de cette entreprise DOUX, et de lui permettre de connaître une nouvelle étape dans son développement. C’est un investissement, à mes yeux, exemplaire. Avec le Roi Abdallah, nous avons convenu que l’agroalimentaire devait être une priorité, parce que le Roi veut assurer la sécurité alimentaire de son pays.

 

Nous devons utiliser toutes les ressources, y compris celles de la mer à travers l’aquaculture, le traitement des algues et il y a des domaines très importants d’expansion de nos deux pays. Nous avons donc signé un accord de coopération agricole.

 

Enfin le dernier secteur qui peut ouvrir de nouvelles perspectives, c’est l’énergie. Vous êtes un grand pays pétrolier, mais vous réfléchissez à l’avenir à long terme, à très long terme. C’est-à-dire que vous souhaitez développer d’autres sources d’énergie que le pétrole et le gaz. C’est en ce sens que toutes les énergies renouvelables peuvent être un domaine d’excellence, et nous pouvons, ici, fournir l’expérience des entreprises françaises. Il y a aussi l’énergie nucléaire, sur laquelle le Roi entend engager son pays. Nous sommes prêts, là aussi, à accompagner ce processus.

 

Nous avons été capables de le faire avec de grands pays comme la Chine, où la France est engagée depuis 30 ans dans cette coopération. Nous pouvons aussi le faire, si l’Arabie Saoudite fait ce choix, avec le Royaume.

 

Voilà Mesdames et Messieurs, les grands domaines sur lesquels nous pouvons agir.

 

Je veux insister sur la coopération financière et les investissements que les Saoudiens peuvent faire en France. J’ai entendu votre appel pour que ces investissements soient plus nombreux et je vous en remercie. Mais également votre recommandation – je me demande même si des chefs d’entreprises français ne vous l’ont pas soufflée – d’assurer une stabilité fiscale, une stabilité des normes, une simplification.

 

C’est bien la volonté qui est la mienne de faire en sorte que les règles fiscales soient connues et ne bougent pas, et notamment pour tout ce qui peut être source d’attractivité pour les investissements. Ici, j’en prends l’engagement, comme je l’ai fait en France, et je le renouvellerai prochainement : la stabilité fiscale doit être la règle. La simplification doit être le comportement quotidien de l’administration française et l’attractivité doit être la priorité.

 

Chaque fois qu’un investissement vient en France pour créer à la richesse, c’est favorable à l’emploi, c’est favorable au développement des technologies, c’est favorable aux échanges.

 

C’est la raison pour laquelle avec le Roi, et c’est historique car c’est la première fois que cela se produit dans les relations entre nos deux pays, nous avons signé un accord de coopération économique et financier.

 

Cet accord permettra de développer des investissements en France notamment, dans le domaine des infrastructures et des transports.

 

Cet accord permettra également de soutenir le développement de projets innovants utiles à nos deux pays puisqu’ils permettront d’avoir la meilleure technologie et pour la France et pour l’Arabie Saoudite. Cet accord permettra à la France de financer ses exportations car nous avons besoin de rééquilibrer notre balance commerciale.

 

C’est la confiance qui unit nos deux pays. Confiance de la France à l’égard du développement de l’Arabie Saoudite, de sa volonté de préparer l’avenir. Confiance des autorités et des chefs d’entreprise saoudiens pour développer les échanges avec la France, dans les domaines que j’ai rappelés et également pour investir en France.

 

Le Roi et moi-même avons fixé la feuille de route et je vous appelle les uns et les autres à avoir le même élan, la même détermination, la même volonté de développer les relations entre nos deux pays.

 

Je vous remercie M. le Président d’avoir rappelé un proverbe français : « vouloir, c’est pouvoir ». Nous le voulons donc nous le pouvons. Mais nous allons surtout le faire, le faire ensemble.

 

Ici, à voir la réunion qui s’est produite ce matin entre les chefs d’entreprise de France et les chefs s d’entreprise d’Arabie Saoudite, j’ai confiance.

 

Merci.

 

 

 

 

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