Discours à l’occasion de la conférence ministérielle de l’Union pour la Méditerranée

Mesdames les ministres,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

C’est un honneur que de vous accueillir ici en cet Hôtel Marigny, qui est traditionnellement réservé aux hôtes étrangers. C’est donc particulièrement bien choisi que de nous retrouver ici en ce moment, à l’occasion de la troisième Conférence ministérielle de l’Union pour la Méditerranée.

Je rappelle que les deux précédentes à Istanbul, en 2006, à Marrakech en 2008, avaient été des étapes importantes vers de nouveaux progrès pour les femmes.

C’est précisément le thème également de votre rencontre.

A Marrakech, vous aviez adopté un plan d’action qui constitue une référence. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec cette même ambition, cette même préoccupation, la place des femmes, dans un contexte particulier.

Chacun le connait. D’abord les Printemps arabes ont été l’occasion pour les femmes d’exprimer bon nombre de leurs aspirations. Je veux saluer toutes celles qui se sont engagées dans ces mouvements et qui sont encore militantes dans les associations. Vous avez voulu leur rendre hommage, vous avez eu raison. Nous continuerons, chacune et chacun à notre place, d’appuyer leur combat.

Les Printemps arabes ont été une promesse. Promesse de liberté, promesse de dignité, promesse d’émancipation et notamment pour les femmes de la Méditerranée. Je veux que cette promesse ne soit pas oubliée.

Le contexte, c’est également ce qui se produit en Syrie. Je pense à cette guerre qui est maintenant depuis deux ans le théâtre syrien et qui a pris une couleur tragique encore avec le massacre chimique. Je tiens de nouveau à exprimer au peuple syrien toute notre solidarité et la mobilisation de la France.

En Syrie, les femmes sont aussi les premières victimes de ce qui s’y produit. Les violences font partie de la stratégie de la terreur aussi bien du régime que des groupes djihadistes ; et de nombreuses femmes se trouvent déplacées ou réfugiées.

Je rappelle que le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté – c’était en l’an 2000 – une résolution qui souligne le rôle des femmes dans le règlement des conflits et surtout qui exige leur protection. Nous devons en faire application.

C’est dans ce contexte que nous nous retrouvons.

Je veux également revenir sur les ambitions de l’Union pour la Méditerranée. Je sais qu’elle a pu à un moment susciter des espérances et donc, forcément, des déceptions. Ce que je veux faire avec vous, c’est porter des projets utiles, concrets pour la population.

Je tiens ici à remercier le Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée, M. Fathallah SIJILMASSI, pour l’excellent travail qu’il réalise afin de parvenir à cet objectif.

Pour avancer, il faut une méthode, c’est ce que nous appelons « la Méditerranée des projets ». C’est l’engagement de la France d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des peuples riverains de la Méditerranée : mieux prendre en compte les besoins dans les domaines de la formation, de l’éducation, du développement économique et social, promouvoir des initiatives pour les femmes, pour la jeunesse et d’une manière générale pour les forces vives et leur représentation, notamment les associations.

Nous avons retenu avec les ministres qui sont ici, une douzaine de projets et certains seront pleinement soutenus, c’est-à-dire financièrement, par la France. Je retiens notamment la promotion de l’entreprenariat féminin et tout ce qui peut être fait et engagé pour l’insertion des femmes dans l’emploi.

Pour avancer, il faut aussi des priorités. Notre priorité c’est l’ouverture de l’espace public, c’est-à-dire des lieux de représentation aux femmes. Cette question d’ailleurs se pose des deux côtés de la Méditerranée. Nous avons des préoccupations qui sont celles de permettre aux femmes d’occuper tout l’espace public sans crainte, sans peur, sans subir de violence. Nous devons regarder lucidement l’ampleur des violences qui sont faites aux femmes des deux côtés de la Méditerranée. Là encore, la France a décidé de soutenir – c’est l’ambition de la ministre des Droits des Femmes – les campagnes de prévention, de sensibilisation, qui permettront de protéger les femmes mais aussi d’assurer leur dignité.

La Méditerranée, ce sont des projets. Les gouvernements, les Etats les portent mais également les sociétés. Je salue à l’occasion de votre Conférence, la création d’un « réseau de jeunes femmes d’avenir » qui permettra chaque année à une centaine de femmes, là encore des deux rives de la Méditerranée, de se retrouver et de créer des liens permanents. Ce sont ces réseaux-là qui permettront de renforcer la solidarité entre nos sociétés.

Nous ne pouvons pas concevoir la Méditerranée simplement comme une affaire d’infrastructures – c’est nécessaire ou d’espace commerciaux. C’est aussi la culture que nous devons porter, des valeurs que nous devons affirmer et notamment celles de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Je salue donc toutes celles et tous ceux qui, ici rassemblés, ont rendu ce moment possible, qui continuent de prendre des engagements au nom de l’Union pour la Méditerranée et de défendre partout le droit des femmes. C’est la raison pour laquelle je souhaitais, que nous puissions nous retrouver ce soir ici à Paris, à l’Elysée, avec la volonté de mettre la France, qui a toujours de grandes ambitions, en avant-garde des projets que vous porterez.

Merci.

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