Discours à l'occasion de la "Conférence de Paris pour l’emploi des jeunes"

LE PRESIDENT : « Mesdames, Messieurs, un sommet pour l’emploi des jeunes s’est tenu cet après-midi, ici à l’Elysée. Il traduit une mobilisation qui est à la hauteur des enjeux : celle de tous les chefs de Gouvernement – qui étaient représentés ici – et aussi des institutions européennes – le Conseil, la Commission, le Parlement européen, la Banque européenne d’investissement – et des partenaires sociaux.

 

L’enjeu, c’est l’avenir d’une génération, celle qui est touchée par le chômage depuis des années et que la crise a encore placée dans une situation de doute, voire même de désespérance. Il y a six millions de chômeurs en Europe. C’est trop, c’est beaucoup trop.

 

Après l’initiative qu’avait prise Angela MERKEL, au mois de juillet à Berlin, nous avons donc décidé d’avoir ce sommet pour préparer, autant qu’il sera possible, la mise en œuvre des programmes que nous avons déterminés, au plan européen, et que nous voulons traduire, au plan national, le plus tôt possible.

 

L’objet de ce sommet, c’est à la fois de faire l’évaluation des dispositifs, Etat par Etat, pays par pays, qui marchent pour qu’ils puissent être transposés ; et c’est de mobiliser, autant qu’il sera possible, tous les financements en direction de l’emploi des jeunes.

 

Nous avons défini un calendrier et un objectif avec trois priorités.

 

Le calendrier, c’est les deux prochaines années. L’objectif, c’est de pouvoir mettre en place la « garantie jeunesse ». La « garantie jeunesse », c’est ce qui permettra à chaque jeune de pouvoir disposer d’un emploi ou d’une formation ou d’un accompagnement, c’est-à-dire d’une solution. Nous voulons arriver à cet objectif à travers trois priorités :

 

La première, c’est la formation, l’apprentissage. Formation aux métiers d’avenir, utilisation de toutes les formes de l’alternance pour mobiliser, là encore, tous les dispositifs pour qualifier les jeunes.

 

La deuxième priorité, c’est l’insertion dans l’emploi notamment pour les jeunes qui sont les plus en difficultés, les plus éloignés du marché du travail. Ce qui suppose là-encore, la mobilisation de tous les instruments permettant d’aller chercher ceux qui sont oubliés, ceux qui sont exclus pour les ramener vers l’emploi.

 

La troisième priorité, c’est la création d’activités et la création d’entreprises. Cela touche tous les jeunes, ceux qui sont dans un certain nombre de nos quartiers et qui sont souvent les plus dynamiques, ceux qui ont des diplômes et qui peuvent avoir la volonté de créer une entreprise, à condition que nous leur apportions simplification et financement.

 

Nous avons donc un calendrier, des priorités, nous avons aussi des instruments financiers. Ces instruments financiers se trouvent, en partie déjà, dans le budget européen et pourront encore être amplifiés dans ce que l’on appelle « le cadre financier pluriannuel », c’est-à-dire les prochains budgets européens.

 

Il y a 6 milliards qui ont été dégagés, qui s’ajoutent aux 3 milliards qui existent déjà du Fonds social européen et qui s’ajoutent aussi aux interventions de la Banque européenne d’investissement.

 

Tout l’enjeu, c’est d’aller vite. Une décision a été prise au cours de ce sommet. C’est que tous les pays qui auront adressé à la Commission européenne leur programme pour la mise en place de la garantie jeunesse, tous ces pays pourront, dès le 1er janvier, avoir la mise à disposition des financements correspondants.

 

Je termine, s’il y a trois mots qu’il faut retenir de notre sommet, c’est : rapidité, parce qu’il y a urgence ; c’est solidarité, parce que nous ne pouvons pas abandonner une génération ; et enfin, c’est qualité, parce que nous devons proposer des emplois et des formations qui correspondent à de véritables perspectives pour les jeunes.

 

Pour réussir, nous avons besoin de cette mobilisation, nous avons besoin de croissance. C’est ce que nous avons à faire, au plan européen et au plan national : soutenir l’activité, créer de la richesse, améliorer notre compétitivité. C’était aussi cela le sommet pour l’emploi des jeunes.

 

Je vais donc donner la parole à Angela, puisque elle avait organisé le précédent sommet et elle avait insisté, notamment, sur la mobilisation des services publics pour l’emploi.

 

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