Décoration de M. Jean-Yves LE GALL

Une autre cérémonie va commencer. Je vais remettre dans quelques instants, une distinction parmi les plus glorieuses, c’est-à-dire la Légion d’Honneur au grade d’officier à Jean-Yves LE GALL.

Je voulais le faire ici et lui voulait la recevoir là. Cela tombait bien. Nous n’avons pas organisé néanmoins le voyage pour cette cérémonie, mais elle permet de lui donner aussi un prolongement et un sens.

Vous avez servi, Jean-Yves LE GALL, l’industrie spatiale toute votre vie. Peut-être qu’enfant vous y rêviez. Nous sommes à peu près de la même génération et, à l’époque, il n’y avait qu’une chaîne de télévision, elle était en noir et blanc. Voyez, je reviens à des périodes très anciennes que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. Nous regardions les départs des fusées, à l’époque américaine. Et nous rêvions à ce que pouvait représenter l’espace. Sûrement, vous avez été impressionné par ces images et vous avez voulu vous investir dans cette industrie.

Vous y avez fait les études qui vous permettaient d’y accéder. Vous avez été aussi chercheur en astronomie au CNRS, puis ensuite vous êtes rentré au ministère de l’Industrie pour suivre aussi l’activité spatiale. Du ministère de l’Industrie, vous êtes passé à l’Industrie, c’est un passage qui était sans doute nécessaire.

Vous êtes entré dans plusieurs entreprises et puis vous avez dirigé Arianespace en 2001. Ce n’est que très récemment que vous avez été nommé président du Centre National d’Etudes Spatial. Vous l’avez d’ailleurs confié tout à l’heure, vous êtes l’un des artisans des 57 succès d’affilée des lancements d’Ariane 5.

Vous avez donc construit un leader mondial avec Arianespace.

Vous êtes un scientifique, parce que sinon comment réussir. Mais, me dit-on, vous êtes aussi superstitieux. Ce qui prouve que la rationalité parfois peut être altérée par ce que l’on pense être le sort, le destin. Il m’a été rapporté, je ne sais si c’est vrai, qu’avant tout lancement d’une fusée, vous vous isolez et vous mettez un casque où la musique des Rolling Stones vous permet de patienter. Je ne savais pas que les Rolling Stones pouvaient avoir aussi cette influence. Je veux donc les remercier, s’ils ont permis d’avoir le succès que l’on sait.

Il nous faut faire très attention, parce que vous êtes associé à ce succès. Vous ne devez pas connaître le moindre échec, même s’il peut toujours y en avoir. L’échec peut parfois permette les succès futurs, en ce sens, qu’il n’y a pas de fatalité ni pour la science, ni pour les hommes et les femmes. C’est ce qui à travers un échec nous permet de comprendre pourquoi il a eu lieu, que nous avons pu connaître autant de succès.

Alors, au-delà de vous, à travers cette distinction, ce sont tous les personnels qui ont accompagné cette aventure à Arianespace, au CNES qui se sentent, si je puis dire, élevés avec vous, puisqu’à travers cet honneur, on a l’impression d’être plus haut.

C’est tout l’enjeu de ce que vous avez fait : aller le plus haut possible, le plus loin possible et le plus sûrement possible. C’est pourquoi je tenais à ce que chacun comprenne bien qu’une grande aventure humaine, même si elle doit être conduite par des dirigeants ne peut réussir que si l’ensemble d’une équipe est associée. Aujourd’hui, c’est l’industrie spatiale qui se trouve honorée à travers la distinction qui va vous être remise Jean-Yves LE GALL.

M. Jean-Yves LE GALL, au nom de la République française, nous vous faisons Officier de la Légion d’Honneur.

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