Déclaration lors de la rencontre avec des jeunes Français et Japonais

Monsieur le Directeur,

Mesdames, Messieurs,

C’est avec un grand plaisir que je vous retrouve, ici, dans cet Institut français avec les ministres qui sont très attentifs à son avenir, notamment le ministre des Affaires étrangères, la ministre de la Culture puisqu’il y a un projet qui nous a été présenté et qui devrait donner lieu à un investissement important pour rénover, élargir même, cet Institut qui connaît un succès considérable. C'est, je parle sous le contrôle de Laurent FABIUS, l’établissement qui, Monsieur l’Ambassadeur me le disait, accueille le plus de visiteurs. J’en comprends maintenant les raisons, il y a un restaurant gastronomique, ce qui n’est pas forcément présent dans tous les établissements culturels mais, ici, la gastronomie, c’est la culture.

Je salue tous les jeunes qui sont venus à notre invitation, jeunes Japonais, jeunes Français qui travaillent ensemble. Certains au lycée, d’autres pour leurs études supérieures, d’autres encore pour la recherche. Et d’ailleurs, l’ambition qui est la nôtre, et cela a été un des points d’accord avec le Premier ministre ABE, c’est de multiplier les échanges universitaires, scientifiques, culturels et de doubler le nombre d’étudiants japonais accueillis en France et français accueillis au Japon.

Nous pensons en effet que c’est par cette meilleure connaissance de ceux qui vont être le Japon de demain ou la France de demain que nous pourrons encore approfondir notre partenariat. Cela a été, j’en fais presque le bilan devant vous, une visite exceptionnelle, celle que nous avons effectuée ici. D’abord parce que c’était une visite d’Etat, nous avons été reçus, Valérie et moi, par l’Empereur et l’Impératrice. Ce sont des moments très forts. Mais aussi parce que nous avons signé un accord tout à fait remarquable entre le Gouvernement français et le Gouvernement japonais pour porter dans tous les domaines notre relation au plus haut niveau. Domaine politique, domaine économique, nous étions avec des chefs d’entreprise qui ont noué des alliances pour conquérir de nouveaux marchés, domaine également scientifique et culturel. Je pense que cette visite d’Etat marquera une étape dans l’histoire de la relation entre la France et le Japon. Mais je voulais surtout vous rencontrer pour que vous me disiez vos attentes, vos inquiétudes, il y en a, vos espoirs. Nous sommes dans une période où nous nous interrogeons tous sur ce que va être l’avenir. Je le disais devant un parterre de responsables économiques, nous avons eu longtemps de l’avance dans le monde sur le plan culturel, sur le plan économique puis ensuite, il y eu l’émergence d’un certain nombre de nations et de puissances. Nous nous posons cette question : est-ce que nous avons encore une place ? Laquelle ? Est-ce que nous pourrons encore faire prévaloir nos valeurs, nos principes, nos idéaux ? Et c’est la jeunesse qui est la plus angoissée et, en même temps, c’est elle qui va être la plus mobilisée pour que notre destin puisse être ce que nous en déciderons nous-mêmes.

Il m’a été dit qu’il y aurait des interpellations, des questionnements sur la culture, sur l’économie, sur l’université, sur les échanges. Je ne vais pas anticiper. Je vous ai dit que l’on allait faciliter un certain nombre de mobilités et je le dis partout. Nous avons avec le ministre des Affaires étrangères et le ministre de l’Intérieur, simplifié les visas. Nous faisons donc en sorte que toutes celles et tous ceux qui veulent venir en France pour apprendre, connaître, puissent le faire sans contrainte.

Nous avons aussi une grande ambition touristique. Nous voulons que beaucoup plus de Japonaises et de Japonais connaissent la France et inversement. Que nous puissions, et je suis le premier concerné, découvrir, au-delà des réceptions officielles, la beauté de votre pays.

Nous avons aussi sur le plan universitaire facilité les choses. Il y a eu un grand débat en France, à l’occasion d’un projet de loi qu’a présenté la ministre, pour savoir si il pouvait y avoir des enseignements en langue anglaise pour celles et ceux qui venaient étudier en France et notamment du Japon. Nous sommes très attachés à la francophonie. Je ne parle d’ailleurs qu’en français. Vous l’aurez relevé. Mais, en même temps, nous avons une conception ouverte de la francophonie, et non pas frileuse. Ce n’est pas parce que quelqu’un s’exprime en anglais devant nous que, immédiatement, nous prenons des figures d’effroi. Cachez cet anglais que je ne saurais voir. Si nous voulons attirer des étudiants, les faire parler français, puisque c’est cela l’objectif pour qu’ils puissent connaître notre culture, pour qu’ils puissent partager un certain nombre de nos recherches, nous avons tout intérêt à ce que, au départ, je dis bien au départ, on leur parle anglais. Puis après, au bout de quelques heures, puisque cela suffit, on leur parle français. Voilà l’appel que je voulais lancer. Venez étudier, vous y serez les bienvenus. Venez faire des recherches, nous avons des domaines d’excellence scientifique. Venez vous cultiver. Mais nous aussi, parce que ce qui unit la France et le Japon, c’est la culture. J’étais encore dans une tour, la plus haute tour du Japon. Il doit y avoir concurrence pourtant dans ce domaine : la Tour Mori. Et c’est vrai que nous avons eu le droit à une exposition extraordinaire sur l’amour. Je vois votre silence. Et avec des œuvres françaises et japonaises. Nous étions encore hier dans un autre musée et nous avons, le Japon et la France, une conception de la culture qui est un lien entre les nations, entre les individus, entre les générations et une forme d’exaltation, de dépassement. Nous ne séparons pas d’ailleurs la culture et l’économie. Là est tout l’enjeu des industries culturelles et, en même temps, nous savons que la culture n’est pas une marchandise comme les autres. Ce que nous appelons l’exception culturelle. Et pour qu’il y ait de la culture, il faut aussi des lieux et j’y reviens, puisque l’Ambassadeur me ferait autrement le reproche. Je lance donc un deuxième appel après vous avoir dit de venir étudier en France. Il faut aussi que nous puissions rénover, autant qu’il est possible, ce lieu.

Le ministre des Affaires étrangères a dégagé les crédits et il a d’autant plus de mérite que nous n’en avons plus. Il en a quand même trouvé. C’était bien que la France montre un investissement particulier pour cet Institut et pour le Japon. Mais je pense que tous ceux qui pourront contribuer, entreprises et particuliers, pas les jeunes qui sont exemptés de toute contribution, mais que ce lieu puisse mobiliser des financements importants parce que je crois qu’il le mérite et que les jeunes qui sont devant nous l’attendent aussi. Merci à tous.

 

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