Avril 2014

Déclaration introductive du Président de la République lors de la rencontre avec des représentants de la jeunesse française et allemande

Merci d’abord Angela de nous accueillir ici dans cet amphithéâtre improvisé, heureusement que c’est à Berlin car à l’Elysée, ça n’aurait pas été possible. Nous n’avons pas des lieux qui permettent ce type de réunion. Enfin nous allons essayer de les aménager.

Je voulais à mon tour vous remercier d’avoir fait le choix de l’amitié franco-allemande parce que c’est un choix, on ne naît pas amis, on le devient. Et donc il y a 50 ans, Angela a dit c’était tout récemment, 50 ans c’est très jeune, surtout quand on a 58 ans. Donc il y a 50 ans, deux hommes qui pouvaient apparaitre âgés eux, l’un avait 72 ans, l’autre 87 ans, avaient fait le choix de regarder l’avenir et de tourner les pages douloureuses du passé. Et ils avaient pris comme première priorité pour ce traité de l’Elysée, la jeunesse et c’est ce qui est resté au-delà de tout, c’est-à-dire cette volonté de permettre à la génération qui est la vôtre aujourd'hui et à toutes les générations qui vous ont précédé, d’avoir confiance dans l’avenir.

Et aujourd’hui encore, nous devons adresser le même message, oui notre responsabilité, l’Allemagne, la France, c’est de donner à la jeunesse de nos deux pays et à la jeunesse européenne, confiance, espérance dans l’avenir.

Il y a 50 ans, ce n’était pas si évident d’avoir confiance, il y avait, Angela l’a rappelé, une Allemagne et une France qui avaient souffert de la guerre, une Allemagne qui était divisée et pourtant, le message était un message de confiance dans notre avenir. 50 ans après, nous sommes touchés par une crise dure, profonde, nous avons failli avoir même une monnaie qui a connu des épreuves et qui aurait pu être mise en cause et nous sommes donc en face de nos responsabilités. Les dirigeants, mais également votre génération.

Qu’est-ce que nous voulons faire ensemble la France et l’Allemagne ? Est-ce que nous sommes porteurs encore de la même volonté ? Ma réponse est oui. Nous devons, la France et l’Allemagne, continuer à bâtir une amitié exceptionnelle et emmener l’Europe vers son destin qui est celui d’une unité plus profonde encore. Et est-ce que nous pouvons entre Européens, porter un message qui est celui d’un continent qui doit être encore une référence ? Et c’est la raison pour laquelle nous avons des responsabilités particulières vous et nous, parce que les Européens regardent l’amitié franco-allemande avec une attitude paradoxale. Quand nous nous entendons trop bien ils craignent que ce soit à leurs dépends et quand nous ne nous entendons pas assez bien, ils voient que c’est à leurs dépends.

Donc nous avons l’obligation et surtout la volonté de bien nous entendre, d’abord les dirigeants et les peuples, parce que nous avons une responsabilité particulière en Europe qui est de faire en sorte que nous retrouvions confiance en nous dans le progrès et dans le modèle que nous représentons dans le monde. Merci.

Restez connecté