Avril 2014

Déclaration du président de la République devant le 126ème régiment d’infanterie à Tulle

Madame le Préfet,

Merci de nous accueillir, une fois encore, dans cet hôtel de la Préfecture.

Mon colonel,

Je vous exprime une nouvelle fois ma reconnaissance pour l’intervention de votre régiment dans l’opération dite SERVAL. Je salue ici les officiers et les sous-officiers qui ont mené, pendant 5 mois, une intervention décisive. Je le dis devant les parlementaires qui ont autorisé la poursuite de cette intervention.

Elle a été faite pour que les terroristes soient repoussés. Ils l’ont été dans les premiers jours et je me souviens de notre première rencontre ici : c’était dans le moment décisif, où il fallait envoyer des troupes pour aller au-delà de l’arrêt des terroristes, c’est-à-dire être capables de reconquérir les villes du Nord du Mali et de poursuivre, après, aussi loin que nécessaire.

C’est ce que vous avez fait. Arrivés très tôt, vous avez réussi à rejoindre le Mali après un parcours qui n’a pas été simple puisqu’il vous a emmenés, y compris, au Sénégal. Puis, vous avez remonté de Bamako jusqu’à Gao et vous avez contribué à sécuriser Gao. Gao, une ville où il y avait – il y a peut-être encore – des terroristes qui ont porté des actions contre nos propres troupes et contre les armées maliennes et africaines. Vous avez réussi à stabiliser cette partie-là du territoire malien et je voulais, ici, vous en remercier tout particulièrement.

Pour une partie d’entre vous, vous êtes allés dans l’Adrar, c’est-à-dire dans la zone la plus délicate de l’opération. Là où on savait que les terroristes avaient caché, non seulement du matériel, mais également un certain nombre de leurs moyens de résistance ou d’intervention.Vous avez mené ces opérations dans une chaleur suffocante – 40 à 45 degrés – et c’est là que les combats les plus intenses ont été livrés. Là encore, je voulais vous féliciter. Si le Mali peut maintenant retrouver l’intégrité de son territoire, c’est parce que vous avez été jusqu’au bout de la mission qui vous avait été confiée.

Vous revenez ici, à Brive, où le maire vous accueille. Tous ne sont pas encore de retour mais enfin l’essentiel est acquis. Il y a eu quelques blessés, je le sais, mais il n’y a eu aucune perte. C’était pour vous et pour nous l’essentiel. J’ai à ce moment une pensée pour les six soldats qui sont morts et aussi pour les blessés et les familles.

Nous avons donc réussi grâce à vous. L’opération va se terminer 5 mois après – 5 mois de séparation pour vous et vos familles. Vous allez laisser la place – parce que nous en avons décidé – à une opération de maintien de la paix. Il y aura encore des troupes françaises dans le contingent de l’ONU et il y aura également des troupes françaises autour du Mali et au Mali pour accompagner le processus. Ce n’est plus vous qui en aurez la mission, même s’il est possible que, dans quelques mois, vous soyez appelés. D’autres feront donc en sorte de terminer l’opération.

C’est quoi terminer l’opération ? C’est permettre – c’est fait – que le Mali retrouve la sécurité sur son territoire et que des élections soient organisées à la date prévue. Il y a en ce moment des pourparlers pour que ceux qui sont encore en armes puissent laisser la place à l’administration civile malienne, voire à l’armée malienne, pour que les élections se tiennent sans aucun risque de perturbation partout sur le territoire. L’opération ne sera vraiment terminée qu’une fois ces élections accomplies et que le Mali pourra faire sa transition politique.

Vous savez, ce qui m’a le plus ému quand je suis moi-même allé au Mali, c’est l’accueil qui a été réservé à la France par la population. J’imagine que vous l’avez ressenti : le soutien constant qui vous a été prodigué, la joie de ces hommes et de ces femmes que vous avez libérés. Lorsque l’on porte l’uniforme français avec le drapeau français, voir tout au long du parcours – pas dans l’Adrar ! – des enfants et la population agiter des drapeaux français… Je pense qu’il n’y a rien de plus émouvant et de plus gratifiant que de vivre ces scènes-là.

Voilà la raison pour laquelle, revenant en Corrèze 5 mois après, je souhaitais avec le colonel vous dire toute ma gratitude, la reconnaissance de la Nation pour l’action que vous avez conduite.

Il y aura le 14 juillet un défilé militaire. Une partie, je le sais, du régiment sera appelé à descendre les Champs-Elysées. J’ai invité également pour ce défilé du 14 juillet des représentants des différentes armées de la MISMA, c’est-à-dire les forces africaines qui étaient avec vous, ainsi que des représentants de l’armée malienne. C’est à travers ce défilé, la preuve de la solidarité entre la France, l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et l’Afrique en général. Ce sera un moment fort où la population parisienne mais aussi beaucoup de nos concitoyens qui voudront assister à ce défilé – je ne parle pas de ceux qui le regarderont à la télévision – auront à cœur de vous encourager, de vous applaudir, comme je le fais aujourd’hui.

Nous sommes dans des contraintes budgétaires que vous connaissez bien et qui valent pour toutes les administrations, y compris pour la Défense nationale. Mais j’ai veillé à ce que, dans la loi de programmation militaire, nous puissions maintenir les crédits. Ce n’est pas si simple à expliquer à nos concitoyens qui sont appelés à faire des sacrifices. Mais vous assurez la défense et la sécurité de notre territoire et aussi l’action de la France.

Si la France est un grand pays, reconnu comme tel, influent sur la scène internationale, c’est parce qu’elle dispose d’une défense nationale équipée, encadrée, formée. Vous en êtes ici la démonstration à travers ce contingent limité mais néanmoins reconnu pour ses qualités.

Je voulais, au-delà de vous, saluer toutes les forces françaises qui se sont déployées au Mali au nom de la France. Merci.

 

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