Avril 2014

Déclaration du président de la République à l’occasion du retour des otages du Cameroun

LE PRESIDENT - C’est avec beaucoup d’émotion que je reçois la famille MOULIN-FOURNIER, à la fois celle qui a été capturée, prise en otage et celle qui l’attendait. Aujourd’hui famille réunie, famille heureuse mais c’est aussi la famille de la France qui est à la fois soulagée, émue et en même temps admirative de ce que cette famille a pu éprouver. Celle qui a été retenue pendant 2 mois dans des conditions très difficiles, qui a fait face, qui a attendu patiemment ; et puis la famille qui était ici, en France, inquiète comme nous tous et qui a rassemblé son énergie pour que l’issue heureuse soit trouvée.

Les autorités françaises ont fait leur devoir dans la discrétion et, une fois encore, je veux remercier aussi bien le Cameroun que le Nigeria, qui ont multiplié les contacts et permis cette libération. J’ai une pensée particulière pour le président BIYA qui, dans ces derniers jours, a eu un rôle important. Je n’en dirai pas plus sur les conditions, aujourd’hui c’est en ce petit matin la joie qui nous saisit. Et donc je veux leur dire « bienvenue ici, chez vous, en France », même si je sais que le président… il n’a pourtant rien demandé le président de GDF SUEZ, que l’intention de Tanguy et de sa famille – pas de toute la famille – est de rentrer à Yaoundé et de reprendre la vie telle qu’elle était. La vie, c’est ce qu’il y a de plus fort, de plus beau et aujourd’hui c’est la vie qui a gagné.

 

M.TANGUY MOULIN-FOURNIER - Merci monsieur le président. Je voulais juste vous dire l’immense émotion et l’immense bonheur qu’on a à être de nouveau de retour libres, et de profiter de la liberté après ces 60 jours qui ont été très difficiles. Mais voilà, c’est fini, donc on en est sorti. Je voulais remercier à nouveau les autorités françaises, monsieur le président de la République, monsieur le ministre des Affaires étrangères pour toute l’implication qu’ils ont mise, remercier également les autorités camerounaises, monsieur l’ambassadeur… et on était hier avec son Excellence le président de la République Paul BIYA, et je sais qu’ils ont mis également tout leur poids dans l’affaire.

Il y a eu beaucoup de monde qui ont fait beaucoup de choses et on en est extrêmement reconnaissant. Pendant 60 jours, on a été en black-out total, donc ce n’est qu’hier que j’ai appris la chaîne de solidarité qui avait eu lieu en France, et je pense que c’est… ce que je disais à monsieur le président de la République, c’est très beau de savoir que la France peut se réunir comme ça, qu’il y a eu ce moment d’émotion. Donc je suis très heureux. Voilà, on est de retour en France, c’est un grand moment, après on retournera également au Cameroun qui est un très beau pays où on se plaît beaucoup. Et voilà, je voulais simplement remercier pour tout ce qui s’est passé, on s’en est sorti.

 

MERE DE MME MOULIN-FOURNIER - Eh bien nous, nous voulons faire l’écho de ce que vient de dire Tanguy et de ce que vient de dire monsieur le président, parce que nous remercions tous ceux du Quai d’Orsay qui ont travaillé avec nous et en toute confiance. On les a suivis, on a suivi leurs instructions et finalement, ça a marché comme on voulait. Et puis aussi, je voudrais vraiment aujourd’hui dire… parce que derrière moi, une foule d’amis, une foule de familles qui étaient là, qui ont prié, il y a eu une chaîne de prières et d’appels à l’esprit saint justement pour que tous ceux qui ont travaillé soient éclairés. Et on peut dire « merci mon Dieu », voilà, c’est ce que je voulais ajouter.

 

MERE DE M. TANGUY MOULIN-FOURNIER - Moi, je ne peux rien ajouter de plus qu’à ce qu’Agnès vient de dire, encore un très très grand merci à la cellule de crise vraiment, qui a été d’une humanité et d’un professionnalisme extraordinaire. Et puis merci à tous nos amis, merci à tous ceux qui nous ont envoyé des mails, des téléphones, qui nous ont soutenus, merci aux chaînes de prière et jeudi soir, je pense qu’on a eu un petit signe que quelque chose allait se passer, voilà. Merci beaucoup.

 

LE PRESIDENT - Une nouvelle fois, je salue le courage de tous ceux qui ont été retenus dans des conditions difficiles, je le disais. Je trouve que leur lucidité, après 2 mois dans cette situation et avec ce régime, est admirable. Mais j’ai une pensée particulière pour les enfants, parce que pour eux c’est comme si de rien n’était, ils sont là, toujours là, encore là, je crois qu’ils ont été des appuis solides. Et s’ils ont pu trouver leur liberté, les enfants y ont été pour beaucoup. Donc qu’ils s’en souviennent, en tout cas nous, on s’en souviendra. Merci.

 

 

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