Avril 2014

Déclaration du Président de la République à l’issue de son entretien avec Barack Obama, Président des Etats-Unis d’Amérique

Je voulais que mon premier déplacement hors d'Europe soit aux Etats-Unis d'Amérique pour rencontrer le président Obama. La rencontre de Camp David, le sommet de Chicago fournissaient une occasion exceptionnelle, et je remercie Barack Obama de l'avoir saisie et de nous avoir permis d'avoir une longue conversation ce matin.

 

C'est la première fois que nous nous rencontrons, ce n'est pas la dernière, il y en aura beaucoup d'autres, et le plus longtemps possible, mais c'était très important que je puisse réaffirmer ici l'importance que joue la relation entre la France et les Etats-Unis. L'histoire d'abord, des événements importants qui nous ont liés, mais aussi des différents parfois qui sont apparus qui ont été chaque fois surmontés. Parce que nous sommes dans un monde qui fait qu'entre la France et les Etats-Unis il y a des causes que nous partageons. Celles des libertés, de la démocratie, donc nous avons par notre histoire, par notre culture et par les épreuves que nous avons traversées, des liens qui font que quand la France et les Etats-Unis se mettent d'accord, le monde peut avancer.

J'ai évoqué avec le président Obama les grands sujets. D'abord, l'économie. La croissance doit être une priorité en même temps que nous mettons en ordre nos comptes publics, à travers des pactes budgétaires. Et sur cette dimension de croissance, le président Obama a pu marquer une convergence même si c'est à l'Europe d'organiser elle-même ses propositions en matière de croissance. J'ai aussi insisté sur la situation de la zone euro, et ce qui peut encore une fois être notre préoccupation par rapport à la Grèce. Et nous avons la même conviction que la Grèce doit rester dans la zone euro, et que tous les efforts doivent être faits, par les uns et par les autres, pour y parvenir. Les Grecs vont être consultés encore au mois de juin, et j'ai souhaité envoyer ce signal au peuple grec, de dire que sa place est dans la zone euro, que des efforts doivent être faits, et que la solidarité doit être là. Nos économies sont interdépendantes. Ce qui se passe en Europe a des conséquences sur les Etats-Unis, et ce qui s'est passé aux Etats-Unis a eu des conséquences sur l'Europe. Donc nous sommes liés les uns les autres. Et plus nous sommes cohérents dans nos actions, plus nous pouvons être d'autant plus efficaces.

Sur un autre sujet, l'Afghanistan, j'ai rappelé au président Obama l'engagement que j'avais pris devant le peuple français. Le retrait des troupes combattantes d'ici la fin de l'année 2012. J'ai également précisé qu'il y aurait toujours un soutien à l'Afghanistan, d'une autre nature, d'une autre forme, mais qui se situerait en bonne intelligence avec nos alliés et dans le processus qui est aujourd'hui en cours, dans ce qu'on appelle l'ISAF. C'est-à-dire que nous pouvons respecter notre engagement tout en appuyant différemment l'Afghanistan. Mais j'ai considéré que la date de la fin 2012 était pour nos troupes combattantes le point visé. Nous en reparlerons au sommet de Chicago, mais je pense que nous pourrons trouver les modalités permettant à la fois à nos alliés de poursuivre leur mission, et à la France de respecter la parole que j'ai donnée au peuple français.

Sur les autres sujets, l'Iran, nous avons trouvé une nouvelle fois des points de convergence pour que la négociation puisse s'engager, mais avec la fermeté indispensable pour qu'il n'y ait à aucun moment l'accès de l'Iran à la technologie nucléaire à des fins militaires.

Et sur les autres sujets, la Syrie, les pays du printemps arabe concernés par le partenariat de Deauville, nous avons rappelé la force des engagements, et je les poursuivrai.

Mais ce qui était très important aujourd'hui d'affirmer, c'est la responsabilité qui est la nôtre. La Etats-Unis d'Amérique, la France, sont des nations qui pèsent sur le destin du monde et nous devons agir en amitié, en cohésion, et aussi en partenariat. La France est un pays soucieux de son indépendance, mais qui en même temps sait quelle est son alliance, quelle est son amitié et quel est son lien avec les Etats-Unis d'Amérique et c'est en étant à la fois indépendants et en même temps liés dans ce partenariat que la France et les Etats-Unis pourront être les plus efficaces par rapport aux défis qui nous sont posés.

Je voudrais remercier le président Obama pour sa grande connaissance de ma vie, avant que je ne devienne un homme politique. Je veux ne rien dire qui puisse laisser penser que les cheeseburgers pourraient avoir quelque défaut que ce soit. Quant au véhicule qui était jusqu'à récemment le mien, j'espère ne pas avoir à l'utiliser avant longtemps.

(Washington, 18 mai 2012)

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