Déclaration des Prix Nobel lors de leur rencontre avec le président

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Rubrique : COP 21, Développement durable et énergie, Education, enseignement supérieur et recherche

Elysée – Lundi 7 décembre 2015

Serge HAROCHE : Nous avons remis au Président de la République une déclaration qui a été signée par 72 lauréats du Prix Nobel concernant les risques que fait courir à l’Humanité le réchauffement climatique.

La Conférence qui se tient actuellement à Paris sur le réchauffement climatique doit prendre des mesures décisives concernant la réduction de l’émission des gaz à effet de serre et cela passe aussi par une diminution de l’utilisation des combustibles fossiles.

Je crois qu’il est essentiel de comprendre que les Prix Nobel, les lauréats du Prix Nobel qui ont signé cette déclaration ont été récompensés dans toutes les disciplines, qu’il s’agisse de la physique, de la chimie, de la biologie ou de la médecine. Ils ont pris cette position, non pas en tant que spécialistes du climat, mais en tant que chercheurs qui connaissent la valeur de la démarche scientifique, sa rigueur et qui font toute confiance à leurs collègues climatologues, qui travaillent au sein du GIEC, donc le Groupement intergouvernemental des experts sur l’évolution du climat. Donc, c’est vraiment une décision prise par l’ensemble des scientifiques.

La déclaration a été signée à Mainau, il y a six mois, au cours d’une réunion qui rassemblait à la fois des Prix Nobel et des jeunes chercheurs venant du monde entier. Il a semblé important à ce moment-là de prendre position sur une situation qui concerne l’avenir et en particulier les jeunes. Il nous a semblé important de réactiver cette déclaration aujourd’hui.

Nous avons insisté auprès du Président de la République sur l'urgence qu'il y a à prendre des mesures aujourd'hui. Etre inactif ou reporter à demain des décisions importantes peut faire courir des risques très importants aux générations futures, va accélérer les inégalités entre les pays riches et les pays pauvres et va également provoquer des crises, peut-être même des crises géopolitiques aux conséquences catastrophiques.

Nous sommes persuadés également que la recherche scientifique, que les avancées de la science vont largement aider à résoudre ces problèmes. Mais pour que ces avancées soient productives et efficaces, il faut que les gouvernements prennent la mesure de la situation et engagent les moyens nécessaires pour y faire face.

Donc, voilà ce que ce qui résume un petit peu ce qu'on a dit au Président et les échanges qu'on a pu avoir avec lui.

Journaliste : Qu’est-ce que vous pensez de l’avancée des négociations… ?

Serge HAROCHE : Je ne fais pas partie des négociations. Mais nous avons deux collègues ici qui y sont associés. Monsieur Jean JOUZEL.

Jean JOUZEL : Bonjour. Moi-même, je suis dans la délégation française. J’ai été longtemps vice-président du groupe scientifique du GIEC. Je pense que la première semaine a été assez positive. Parce que je crois qu'on est dans les temps, il y avait l’objectif de déposer un premier document, qui a commencé à être discuté ce matin. Donc, je pense que c’est assez positif.

Mais j’ai pu apprécier, le Président de la République et Laurent FABIUS qui ont, lundi matin, très bien défini les critères de succès de la conférence, c'est-à-dire la signature d'un accord. Que les contributions soient vraiment confirmées, qu'il y ait une clause de révision. Je crois que le Président a ajouté, que l'on commence à discuter d'un prix du carbone. La dernière, c'est effectivement sur la capacité des pays riches à fournir 100 milliards de dollars, comme ils l’ont promis, aux pays en voie de développement, pour lutter contre le réchauffement climatique et s’y adapter. Donc, cela reste ces quatre objectifs, l’accord n’est pas encore là, il y a toujours beaucoup de discussions. Mais je crois qu’à la fin de la première semaine, j’ai vécu quinze Conférences climat, on est vraiment dans les temps par rapport à d’autres conférences. Mais c’est vrai que les objectifs restent à travailler et à obtenir. Ce n’est pas gagné encore complètement.

Journaliste : Si vous remettez ce texte aujourd’hui, j’imagine que…

Jean JOUZEL : Je vais laisser peut-être Serge répondre…

Serge HAROCHE : On le remet aujourd’hui parce qu’aujourd’hui, c’est d’actualité. Mais l’urgence ne date pas d’aujourd’hui. Nous savons que le problème est urgent depuis plusieurs années. Simplement, nous arrivons maintenant à un point critique où les décisions doivent être prises.

Nous avons pensé donc qu’il était, pour des raisons morales et symboliques, important de manifester le souci de la communauté scientifique, à travers les Prix Nobel. Il est clair que si on avait étendu cette pétition, cette déclaration à d’autres scientifiques, dans d’autres domaines où il n’y a pas de Prix Nobel, des domaines plus larges, on aurait eu des milliers de signatures. Donc, c’est vraiment une préoccupation profonde de toute la communauté scientifique.

Sachant qu’il y a des solutions, mais que pour les mettre en œuvre, il faut une volonté politique et une reconnaissance par l’ensemble des gouvernements du monde et donc de la population et des sociétés que nous sommes face à un problème urgent, qu’il faut absolument résoudre pour les générations futures.

Claude COHEN-TENNOUDJI : Nous l’avons fait maintenant aujourd’hui parce que c’est la COP 21. Il nous a semblé particulièrement opportun de faire connaitre cette Déclaration de Mainau, signée par 72 Prix Nobel, au moment de la COP 21, pour montrer que les scientifiques sont extrêmement concernés par ces problèmes et veulent contribuer à leurs solutions.

Nous avons beaucoup insisté aussi auprès du Président sur l’importance de la recherche, de la recherche fondamentale en particulier, pour trouver des solutions, des solutions à long terme.

Hans Joachim SCHELLNHUBER :

So, je peux commenter en anglais ça va ?

So, I’m a member of the German delegation and I’m advising Chancellor Angela Merkel. I would like to say two things. One is that the French organization and leadership of the conference has really helped to move forward the whole thing so we have a very slim text now: that is a major achievement. I was in Copenhagen when the conference failed in the end. We had 300 pages of text then. At the same time now it’s 20 pages or so. And also the organization is really fantastic. I really have to say this because the French government has taken a big responsibility in holding the conference here. It’s a great challenge. But everything has been done so far so I’d like to congratulate here the French government.

On the climate science, we have to say that we are very very late in our fight against climate change. This conference 21. In my country with 21, you become mature, and you can sign a treaty actually.  So maybe it will be signed now. But we can only avoid dangerous climate change if we decarbonize our economy by 2050 more or less. There are many ways: nuclear energy in France and renewable energy in Germany. But we have to be aware it is a big transformation of our economy. Nothing short of a big transformation will save the planet.

Fichier PDF (290 Ko):  Declaration de Mainau 2015 sur le changement climatique

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