Déclaration des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE pour le vingtième anniversaire de l’accord de cessez-le-feu

(traduit de l’anglais)

France, Etats-Unis, Russie

Le 12 mai 2014

En ce vingtième anniversaire de l’accord de cessez-le-feu de 1994, les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE invitent les peuples de la région à réfléchir à l’héritage des deux dernières décennies.

Cet accord a mis fin à une guerre ouverte et aux violences tragiques des années précédentes et a posé les bases de négociations qui offraient aux parties une voie vers la paix. Grâce à la trêve qui en a résulté, une nouvelle génération d’Arméniens et d’Azerbaïdjanais a grandi sans connaître les horreurs de la guerre. Les parties devraient faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les générations futures d’une telle épreuve.

L’accord de cessez-le-feu n’a toutefois pas résolu le conflit sous-jacent ; il a laissé occupés les territoires qui entourent le Haut-Karabagh et n’a pas permis d’aller de l’avant sur le statut du Haut-Karabagh. L’absence de règlement final a eu pour effets le maintien du déplacement de centaines de milliers de personnes, la menace constante d’une escalade de la violence le long de la frontière internationale et de la Ligne de contact et, chez certains, l’idée erronée que le statu quo peut être maintenu indéfiniment.

Les parties se sont montrées peu disposées à tirer parti des possibilités présentées par les pays qui exercent la coprésidence ou à prendre les décisions politiques nécessaires pour progresser dans ce processus de paix.

Nous avons une position commune sur ce conflit et nous demeurons fermement attachés à aider les parties à parvenir dès que possible à un règlement pacifique sur la base des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et de l’Acte final de Helsinki, en particulier ceux qui se rapportent au non-recours à la force, à l’intégrité territoriale, à l’égalité de droits et à l’autodétermination des peuples. Un règlement devra inclure les éléments énoncés par les Présidents des pays exerçant la coprésidence dans leurs déclarations de 2009 à 2013, qui comprennent la restitution des territoires qui entourent le Haut-Karabagh, un statut temporaire pour le Haut-Karabagh garantissant sa sécurité et son autonomie, un corridor reliant l’Arménie au Haut-Karabagh, un statut définitif du Haut-Karabagh qui devra être défini dans l’avenir au moyen de l’expression juridiquement contraignante de la volonté des populations, le droit au retour de toutes les personnes déplacées et de tous les réfugiés et des garanties internationales de sécurité, dont une opération de maintien de la paix. En novembre, nous avons observé une reprise prometteuse du dialogue au plus haut niveau. Nous appelons les parties à engager des négociations constructives et de bonne foi débouchant sur un accord de paix basé sur ces éléments en vue d’aboutir à un règlement durable du conflit.

Un tel règlement ne sera pas possible sans reposer sur la confiance et la compréhension entre les peuples arménien et azerbaïdjanais. Nous appelons les parties à s’attacher à des programmes de rapprochement actif entre les peuples et à des mesures de confiance en matière de sécurité afin de conforter le processus de paix.

Les Arméniens et les Azerbaïdjanais méritent de vivre en paix et en sécurité, et nous sommes prêts à les y aider. Les parties doivent prendre les mesures nécessaires en vue de la paix. Lorsqu’elles le feront, ce sera avec le soutien total de l’OSCE et de la communauté internationale.

Restez connecté