Déclaration de M. le président de la République à l'Hôtel de Ville de La Rochelle

Monsieur le maire,

Mesdames et Messieurs les élus,

Je tenais à venir à la Rochelle, aujourd’hui, d’abord comme chef de l’Etat pour vous dire la solidarité de la Nation à l’égard de la Ville de la Rochelle. Ici, c’est un bâtiment classé depuis le XIXème siècle, bâtiment lui-même du XVème et XVIème siècle. Le voir endommagé avec, un moment, la crainte de l’imaginer détruit nous a tous frappés. Les Français ont eu conscience que ce n’était pas simplement l’Hôtel de Ville de la Rochelle qui pouvait se trouver ainsi menacé mais un édifice de notre patrimoine national.

Je veux saluer les services de l’Etat, vous l’avez fait Monsieur le maire, parce que l’administration a été présente à vos côtés. Il y a eu, bien sûr, le service d’incendie et de secours qui est partagé d’ailleurs entre le département et l’Etat. Il y a eu, bien sûr, tout ce que vous avez-vous-même pu apporter avec vos services techniques qui ont été admirables. Mais il y a eu, aussi, la directrice régionale de l’action culturelle, l’architecte en chef des monuments historiques, l’architecte des bâtiments de France.

Souvent la population se demande : à quoi cela sert d’avoir un service comme celui-là, est-ce que ce n’est pas superflu sur le territoire ? Quand on voit ce que peut apporter immédiatement de telles compétences, on se dit que c’est important d’avoir un Etat qui peut tenir debout comme cet Hôtel de Ville a réussi à tenir debout.

Je veux aussi, comme président de la République, saluer les artisans, les ouvriers, les métiers d’art, ceux qui ont posé cet échafaudage qui a permis, en réalité, de sauver l’ensemble de l’édifice. Il n’était pas posé pour cela, ils ne l’avaient pas imaginé dans cette intention. Mais, en réalité, grâce à eux et grâce à ce travail, grâce à cet ouvrage, l’Hôtel de Ville est sauvé.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne pourra pas être réparé sans qu’il y ait l’intervention d’un certain nombre de collectivités. Il n’est pas temps aujourd’hui de faire un plan de financement. Mais si je suis là aujourd’hui, c’est aussi pour vous dire que l’Etat sera à vos côtés pour la réhabilitation et la rénovation de cet édifice, une fois que les assureurs auront pris l’essentiel de leur part.

Si je suis venu aussi à la Rochelle, vous l’avez dit Monsieur le maire, cher Maxime BONO, c’est quand même… J’y ai tellement de souvenirs qui se rattachent non pas à ce bâtiment seulement, mais aux personnes qui l’ont occupé ! Je le rappelais, j’étais venu lors du décès de Michel CREPEAU. Il avait été exposé dans la salle même qui a été endommagée. Ensuite, vous m’avez accueilli tant de fois, presque chaque année, pour un évènement que je ne rappellerai pas ici et qui se situe généralement à la fin de l’été et qui, effectivement, nous a toujours donné de bons souvenirs.

J’ai donc aussi voulu vous témoigner, en ce moment-là, mon amitié – mon amitié à l’égard de tous les Rochelais qui ont toujours accueilli, pas simplement à l’occasion de cet évènement, tous les nombreux Français qui viennent pour leur vacance et tant d’étrangers.

Je sais que tous les Rochelais se sont longuement interrogés, pendant tous ces derniers jours, pour savoir ce qui resterait de leur Hôtel de ville. Qu’ils sachent bien, maintenant, qu’il est sauvé. Je sais qu’ils viennent nombreux – ils sont là, pas loin – pour savoir ce qui va se passer. Je voulais aussi, avec vous, avec les élus, les rassurer.

Voilà le sens de ma présence, pour vous dire aussi, dans ce malheur, une satisfaction qu’il n’y ait eu aucune victime. Dans ce malheur, il y a aussi cette satisfaction d’avoir évité une tragédie. Mais s’il n’y a pas eu tragédie humaine, il y a aujourd’hui une blessure qui ne demande maintenant qu’à être réparée. Il faudra du temps, de la patience. Mais à la Rochelle, vous êtes capables de l’usure du temps, vous l’avez montré depuis des siècles, vous êtes capables de patience, et vous êtes même capables de rassemblement. Merci.

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