Déclaration conjointe lors de l’European round table

LA CHANCELIERE : « Mesdames et Messieurs, je vous souhaite la bienvenue, à vous et à M. le président de la République, François HOLLANDE, au président de la Commission, M. BARROSO et au président de la Table ronde européenne, M. JOHANSSON.

C’est une réunion toute particulière qui nous réunit aujourd’hui. J’aimerais vous saluer tous, vous souhaiter chaleureusement la bienvenue à Berlin. Dans nos fonctions politiques, nous nous occupons de maintenir la stabilité de l’euro. Cela a été au cœur de notre activité depuis quelques années. Nous continuerons à le faire. On l’a vu, cela a été encore notre activité sur Chypre. Nous voulons œuvrer pour la stabilité de l’euro.

Mais ce n’est pas le sujet du jour. Aujourd’hui, nous nous tournons vers l’avenir. Nous disons qu’il nous faut une Europe de croissance, appuyée sur des finances solides, une Europe qui insuffle de l’espoir à ses concitoyens, qui crée des emplois. Et surtout une Europe compétitive car c’est la clef du succès !

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de réunir les politiques et les représentants des industriels européens, pour voir, ensemble, comment nous pouvons renforcer la compétitivité européenne et son économie. Nous sommes confrontés à la concurrence internationale – les chefs d’entreprise nous le rediront. Nous voulons que cette concurrence internationale repose sur des règles équitables pour tous, fondées sur une économie solide. Nous voulons créer de l’emploi et exporter. L’économie allemande est une économie qui dépend beaucoup des exportations, non seulement les grands groupes mais également les PME et les ETI.

Pour améliorer cette croissance et cette compétitivité, nous allons échanger, aujourd’hui, sur la façon de faire des progrès dans le domaine de la politique énergétique, dans le domaine de la technologie de la communication et de l’information, en matière de recherche, de protection du climat, d’efficacité énergétique… Autant de sujets sur lesquels nous allons échanger nos points de vue. Je me réjouis beaucoup à l’idée de ce dialogue fort bien préparé.

Encore une fois, vous êtes les bienvenus. Je vais donner d’emblée la parole au président de la République française ».

LE PRESIDENT : « Mesdames et Messieurs, c’est une bonne initiative qui a été prise de rassembler les deux représentants des principales économies européennes, le président de la Commission et des chefs d’entreprise européens. Parce que nous avons, comme l’a dit la Chancelière, fait déjà beaucoup, pour ne pas dire l’essentiel, pour assurer la stabilité de la zone euro. C’était la condition.

Mais la priorité, c’est de retrouver le plus haut niveau de croissance. Pour y parvenir, nous devons tout faire pour que la compétitivité de l’économie européenne soit la plus haute possible. Nous y parviendrons, d’abord, en créant le cadre réglementaire et législatif – à l’échelle de l’Europe – dans nos pays respectifs ; mais en ayant une ambition d’innovation, de recherche et de créer le meilleur environnement pour la compétitivité des entreprises.

C’est le sens de ce que nous allons discuter ce soir. A la fois pour préparer les mutations – la transition énergétique, les énergies renouvelables ; prendre de l’avance pour les nouvelles technologies ; faire en sorte que nous puissions développer l’innovation à un niveau encore plus élevé qu’aujourd’hui ; et, enfin, discuter des questions de formation professionnelle, de qualification de la main d’œuvre, de souplesse pour l’adaptation à la conjoncture sur le marché du travail. Pour que nous puissions être une économie – l’économie européenne est déjà la principale du monde – qui puisse encore gagner des parts dans la mondialisation.

Pour cela, nous avons bien besoin de coopérer davantage et d’avoir des leaders européens qui puissent être, demain, des leaders mondiaux comme certains le sont déjà. C’est donc le sens de cette réunion qui sera suivie par d’autres, puisqu’à Paris j’accueillerai, à mon tour, des chefs d’entreprise, la Chancelière, le président de la Commission.

D’ailleurs, à l’ordre du jour du Conseil européen, nous avons inscrit un certain nombre de rendez-vous sur l’industrie, sur l’énergie, sur la défense… Parce que l’Europe n’est pas simplement un marché, n’est pas simplement une monnaie – qu’il nous faut d’ailleurs conforter, consolider. C’est aussi une perspective de croissance que nous devons organiser, du mieux possible. C’est la responsabilité qui nous incombe ce soir ».

LE PRESIDENT BARROSO : « Bonsoir, Mesdames et Messieurs. Permettez-moi d’abord de remercier la Chancelière pour cette excellente initiative de nous réunir ce soir avec la « Table ronde européenne des industriels » et de nous convier – le Président HOLLANDE et moi-même – à participer à cet échange.

Nous allons discuter avec le Président JOHANSSON et ses collègues de la compétitivité de l’Europe, de l’espoir que l’on peut donner aux jeunes, de la manière d’accélérer la croissance, de créer des emplois que les citoyens européens sont en droit d’attendre. Le cadre politique européen doit être à la hauteur dans le domaine de la politique énergétique, de la compétitivité, de l’éducation et de l’emploi.

Je suis persuadé, cela étant, que l’Europe peut faire davantage. Elle a la capacité intellectuelle d’aller de l’avant. Nous avons un niveau d’éducation dont nous sommes fiers à juste titre. Mais, en même temps, nous devons reconnaitre, en toute modestie, que nombre de choses peuvent être améliorées et que nous pouvons aller plus loin pour atteindre nos objectifs. Bien entendu, c’est un long chemin.

Grace aux décisions que nous avons prises, depuis plus d’un an, la confiance revient. Nombre de pays ont pu redresser leur balance des comptes courants. Mais on voit bien que la croissance reste lente, que le chômage reste à des niveaux record. Les récents évènements à Chypre prouvent que la crise persiste.

Nous devons élargir nos mesures. Nous avons déjà agi dans le domaine budgétaire et pris des mesures pour répondre aux difficultés sociales. Mais nous devons rester concentrés et je pense que les mesures déjà prises, tout ce qui a été fait en matière de stabilisation des marchés financiers, ce que l’on a fait en matière d’éducation, d’emploi et d’infrastructure, seront autant d’efforts qui porteront leur fruit.

Mais nous pouvons et nous devons également renforcer la compétitivité. La croissance viendra d’une compétitivité accrue et non pas d’une augmentation des dettes. Le passé nous a appris que les méthodes artificielles ne portent pas de fruit. Il est essentiel, donc d’avoir, une plus grande compétitivité pour créer des emplois, renforcer la croissance, défendre le modèle social européen, et défendre notre position dans le monde.

Je suis persuadé que notre réunion de ce soir sera une contribution importante dans ce sens ».

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