Allocutions à l’occasion de la cérémonie d’accueil à la Maison Blanche

BARACK OBAMA, PRESIDENT DES ÉTATS-UNIS D’AMERIQUE :

Bonjour à tous. Bonjour. Voilà, c’est la limite de mon français ! Il y a peu d’endroits au monde qui réchauffent le cœur autant que Paris au printemps. Ce matin, nous allons faire de notre mieux avec Washington en hiver.

La France est le plus ancien allié des États-Unis et, au cours des dernières années, nous avons renforcé notre alliance. Aujourd’hui, au nom du peuple américain, de Michelle et en mon nom propre, nous avons le grand honneur d’accueillir mon ami, le Président HOLLANDE, et sa délégation pour la première visite d’État aux États-Unis, par un Président français, depuis près de vingt ans.

Hier à Monticello, nous avons mené une réflexion sur les valeurs que nous partageons, les idéaux qui sont au cœur de notre alliance. Aujourd’hui, sur un fond de rouge, blanc, bleu et de bleu, blanc, rouge, nous réitérons notre attachement envers la vie, la liberté et la quête du bonheur et envers la liberté, l’égalité et la fraternité.

Nous avons, non seulement, proclamé nos idéaux mais nos concitoyens ont donné de leur sang pour les préserver, depuis un champ à Yorktown aux plages de Normandie et jusqu’aux montagnes d’Afghanistan. Et aujourd’hui, nous sommes honorés d’être rejoints par deux hommes extraordinaires qui étaient présents, lors de ces journées historiques, il y a soixante-dix ans. Je voudrais les inviter à se lever. De fiers vétérans du Jour J !

Il ne s’agit pas d’une exagération que de dire que nous sommes ici chacun grâce à l’autre. Nous devons notre liberté à chacun grâce à l’autre. Bien sûr, nous, Américains, nous devons remercier nos amis français pour tant d’autres choses : cette ville qui est notre capitale, dont les plans ont été dessinés par L’ENFANT ; notre statue de la Liberté, un don de la France ; et une chose pour laquelle beaucoup d’Américains sont particulièrement reconnaissants, La Nouvelle-Orléans et son quartier français.

Monsieur le Président, à l’instar des générations qui nous ont précédés, une tâche nous attend. Elle consiste non seulement à préserver notre alliance immuable, mais aussi à la renover pour notre époque contemporaine. Aucun pays à lui tout seul n’est en mesure de relever les défis du monde d’aujourd’hui ou de saisir ses opportunités. Davantage de pays doivent s’impliquer et assumer les responsabilités du leadership et c’est cela que font les États-Unis et la France ensemble.

À nos amis français, je propose que nous fassions encore davantage ensemble pour la sécurité de nos citoyens, pour la prospérité à laquelle ils aspirent et pour la dignité des peuples, partout dans le monde, qui désirent ce que nous avons déclaré il y a deux siècles, à savoir ces droits inaliénables, ces droits sacrés de l’Homme.

Monsieur le Président HOLLANDE, chers membres de la délégation française, nous sommes honorés de pouvoir vous accueillir ici, vous qui êtes parmi nos plus grands alliés et nos amis les plus proches. Bienvenue aux États-Unis, bienvenue mes amis.

 

FRANÇOIS HOLLANDE, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Nous sommes ici accueillis, ma délégation et moi-même, avec une grande hospitalité de la part du Président américain et des autorités. J’y suis particulièrement sensible.

Comme vous l’avez dit, une longue histoire nous rassemble. Elle ne nous a jamais séparés. Depuis Yorktown jusqu’aux plages de Normandie, chacun de nos deux pays sait ce qu’il doit à l’autre, c’est-à-dire sa liberté.

Hier, nous étions à Monticello, la résidence de Thomas JEFFERSON, ce grand homme d’État américain qui fut aussi ambassadeur en France et qui demeure l’un des plus beaux symboles du lien qui nous unit.

Cet après-midi au cimetière d’Arlington, je remettrai la Légion d’honneur, la plus haute distinction française, au soldat inconnu américain et je décorerai les vétérans de la Seconde Guerre mondiale que je salue, ici, avec respect.

Je veux montrer que la France n’oubliera jamais ces soldats anonymes qui sont partis d’ici, de leurs foyers aux États-Unis, pour venir libérer la France et toute l’Europe. Nous leur rendrons hommage au cours des célébrations prévues dans les prochains mois en France pour le 70e anniversaire du Débarquement. Je souhaite, Barack, que vous soyez là ce jour-là, le 6 juin 2014, soixante-dix ans après le Débarquement.

Nos deux pays portent des valeurs universelles, celles qui ont inspiré Eleanor ROOSEVELT et René CASSIN pour écrire ensemble la Déclaration universelle des droits de l’Homme. La France et les États-Unis sont unis, aujourd’hui encore, pour faire prévaloir ces valeurs. Nous sommes ensemble pour combattre le terrorisme, ensemble pour répondre à la menace de la prolifération des armes nucléaires ou chimiques, ensemble pour résoudre les crises au Proche-Orient, ensemble pour trouver une solution en Syrie, ensemble pour le développement de l’Afrique, ensemble, toujours ensemble, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Notre volonté aujourd’hui, le Président OBAMA et moi-même, va au-delà de l’amitié entre la France et les États-Unis. Notre volonté, c’est de bâtir encore, toujours, un monde meilleur, comme l’avaient rêvé JEFFERSON et LA FAYETTE, comme les révolutionnaires américains et les révolutionnaires français, à la fin du XVIIIe siècle, l’avaient imaginé. Nous portons une même promesse. Nous avons le même rêve, celui de faire avancer nos peuples, mais aussi de créer un monde plus juste, plus sûr, plus humain. C’est ce qui fait que l’amitié entre nos deux pays n’est pas une amitié comme les autres, elle est une amitié au service de l’humanité.

Monsieur le Président, cher Barack, je suis très fier d’être à vos côtés pour cette visite d’État. Vous êtes une grande figure, ici aux États-Unis, et partout dans le monde parce que vous représentez ce que toujours nous regardons dans les États-Unis, c’est-à-dire que tout est toujours possible pour ceux qui veulent se battre pour les droits, les valeurs, la liberté comme l’égalité.

Vive les États-Unis, vive la France, vive l’amitié entre la France et les États-Unis ! Thank you !

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