Déclaration conjointe du Président de la République, Emmanuel Macron, et de Frank-Walter Steinmeier, Président de la République fédérale d’Allemagne

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Rubrique : Europe

Bonjour Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d'accueillir aujourd'hui à Paris le Président Fédéral Frank-Walter STEINMEIER. Cher Frank-Walter, bienvenue à Paris et merci de passer la journée avec nous en France.

Votre présence aujourd’hui à Paris en cette veille du 11 novembre est un nouveau témoignage des liens d'amitié sans équivalent qui unissent nos deux pays. Nous nous connaissons depuis longtemps, dans des conditions successives et je peux dire qu’une amitié réelle s'est forgée entre nous, faite de convictions profondes communes ; et ce sont aussi un peu de ces convictions, au-delà des relations institutionnelles et diplomatiques, que nous partageons aujourd'hui.

Celles que nos deux pays ont une histoire, un présent et un avenir qui les obligent. Celles que l'action conjointe que nous menons et qui chaque jour cimente un peu plus le lien entre l'Allemagne et la France se fait à travers d'innombrables initiatives qui visent à rapprocher nos citoyens, à faire dialoguer nos cultures, à encourager les échanges entre nos jeunes, à apprendre la langue de l'autre, à faire que nos entreprises soient chaque jour davantage liées.

C’est un point auquel nous sommes l'un et l'autre attachés, parce que l'un et l'autre nous sommes attachés à l'amitié franco-allemande, et attachés à l'Europe. Cette amitié nous oblige aussi, elle est un pacte sans cesse renouvelé, et tourné vers l'avenir, un engagement commun pour une Europe plus efficace, plus protectrice, plus démocratique. Un engagement dans lequel le président STEINMEIER a toujours pris toute sa part.

Nous venons à l'instant de nous entretenir sur la refondation du projet européen, sur l'ensemble aussi des opportunités comme des menaces qui pèsent sur ce projet en ses frontières comme par-delà ses frontières. Je crois que nous partageons l'un et l'autre le sentiment profond que cette refondation est nécessaire et urgente ; et que l'année qui s'ouvre est absolument déterminante à cet égard. Nous aurons l'occasion tout au long de cette journée de poursuivre ces échanges non seulement sur le renforcement des liens entre nos deux pays, sur les coopérations encore plus étroites sur le plan économique, sécuritaire, de défense, que nous pouvons encore consolider, mais aussi sur les initiatives franco-allemandes pour relancer l'Europe.

Face au scepticisme, au rejet de l'Europe souvent, nous ne devons pas être timides mais au contraire proposer et agir pour changer en profondeur celle-ci. C'est la responsabilité de la France de proposer, de donner sa vision de l'Europe- et c’est ce que j'ai fait au lendemain des élections fédérales en Allemagne - et c'est notre responsabilité commune - une fois que le gouvernement de coalition sera établi - d’œuvrer en cela et c'est le travail que je compte conduire avec la chancelière MERKEL, et je sais combien vous êtes attachés à cette ambition commune. A ce titre, les partenaires de la coalition qui est en train de se former ont tous affirmé pendant la campagne électorale le rôle moteur du couple franco-allemand pour porter un nouveau projet européen ; et je souhaite que nous puissions dans les prochains mois préciser chacune de ces composantes autour de ce triptyque de la souveraineté, de l'unité et de la démocratie.

Enfin dans quelques minutes nous nous rendrons avec le président STEINMEIER en Alsace pour l'inauguration du premier Historial franco-allemand sur le site du Hartmannswillerkopf. Et je veux d'ores et déjà souligner le rôle déterminant joué par le président STEINMEIER dans l'engagement de l'Allemagne dans les cérémonies du centenaire de la Première Guerre mondiale. Le remercier pour ce témoignage d'amitié qui sait dépasser nos histoires tragiques. Nous nous exprimerons l'un et l'autre tout à l'heure. Mais pour moi ce déplacement conjoint et ce geste ça n'est pas revenir sur un passé douloureux pour nos deux pays, c'est exercer ensemble le devoir de mémoire est le devoir d'histoire qui seul permet de ne pas bégayer celle-ci, et qui seul permet en construisant une lecture commune de notre histoire ensemble d'être plus déterminés encore à agir ensemble pour le présent et pour l'avenir.

Longtemps dans cette région, la France a entretenu une mémoire nationale. Celle-ci nous a conduits à répéter les erreurs et a entretenu les tensions. Ce que nous faisons aujourd'hui, et votre présence en cette veille de 11 novembre le démontre parfaitement, c'est de construire une histoire en commun, parce qu’elle est le socle d'un avenir en commun. Parce que nous avons beaucoup à faire ensemble et que c'est la seule voie pour que nos deux pays réussissent. Donc merci monsieur le Président, cher Frank d’être là aujourd’hui.

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