Avril 2014

Déclaration conjointe à la presse à Brasilia, propos du président de la République

 Madame la Présidente,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs qui composez nos délégations respectives,

 

Une fois encore, je me tourne vers vous pour vous remercier pour l’accueil que vous nous réservez. Je n’oublie pas que l’un de mes premiers déplacements comme président de la République fut à Rio pour la conférence Rio+20. C’est là que je vous ai invité à venir à Paris, et vous êtes venue en décembre dernier. Aujourd’hui, à mon tour, je suis en visite d’Etat ici au Brésil, pour rappeler que nous avons, entre nos deux pays, un partenariat stratégique depuis 2006. Il nous revient de lui donner toute sa place et toute sa force.

 

Que signifie un partenariat stratégique entre deux pays amis comme le Brésil et la France ?

 

D’abord, de rechercher toutes les convergences politiques possibles entre nos deux grands pays. Nous avons les mêmes principes pour nous situer dans la vie internationale. Nous sommes attachés à l’indépendance, à la souveraineté, mais également au multilatéralisme, au respect des grandes institutions internationales. Nous avons également en partage la belle idée de la solidarité. Nous faisons en sorte de traduire ces principes dans les positions que nous avons à prendre concernant les grands sujets du monde.

 

D’abord la paix : nous avons avec nos ministres respectifs, évoqué la question de la Syrie où nous avons obtenu la destruction des armes chimiques mais pas encore la paix. Nous avons parlé de l’Iran où nous avons obtenu un premier accord mais pas encore celui qui, définitivement, scellera l’abandon par l’Iran de la prétention à détenir une arme nucléaire, alors même que nous lui reconnaissons le droit de pouvoir accéder à l’énergie nucléaire civile.

 

Nous avons parlé des enjeux climatiques puisque la France a cette chance, cette grande chance, d’accueillir la Conférence sur le climat. Puisqu’il était prévu qu’elle ne puisse pas aboutir, c’est donc la France qui en a hérité. C’est pourquoi elle devra être un succès. Je sais que nous pourrons compter sur le Brésil, à la fois pour son expérience et pour sa position sur ce sujet pour obtenir un accord.

 

J’ai également rappelé le soutien de la France à l’initiative qui a été prise par Dilma ROUSSEFF sur la gouvernance numérique, la protection des données personnelles. Nous soutenons cette démarche parce qu’elle est essentielle pour la souveraineté de nos nations et pour les libertés individuelles. Nous serons bien sûr partie prenante de la réunion qui se tiendra au printemps prochain.

 

Nous avons également parlé de la cyberdéfense, d’autant plus nécessaire qu’il y a eu la révélation d’un certain nombre d’informations qui appelle de notre part une réaction, non seulement la plus ferme sur le plan verbal, mais également la plus sûre sur le plan de la protection de nos droits.

 

Tel est le premier axe de notre partenariat stratégique, le souci de chercher entre nous la convergence politique.

 

Le second axe, c’est d’amplifier nos relations économiques et commerciales. Malgré la crise qui a pu toucher l’Europe et aussi le Brésil, nos échanges commerciaux, entre nos deux pays, n’ont cessé de progresser et ont même doublé en dix ans. La France a, ici au Brésil, 600 entreprises permettant 500 000 emplois. Nous avons un point commun, le Brésil et la France, c’est de porter au plus haut niveau la technologie de nos deux pays. C’est ainsi que nous concevons notre partenariat.

 

Nous avons défini des secteurs de coopération, notamment l’énergie, l’agroalimentaire, les transports, la santé, ce qu’on appelle la ville durable et aussi le tourisme. Dans ces secteurs-là, notamment, nous ferons en sorte de nouer des partenariats, des alliances pour être les plus forts ensemble au point de vue technologique. Le cadre a été trouvé avec ce forum économique franco-brésilien qui s’est déjà réuni ce matin à Brasilia. Nous allons continuer à Sao Paolo et il sera le lieu où nous pourrons avoir nos échanges pour qu’ils puissent se traduire dans l’économie réelle.

 

D’ores et déjà, et vous avez assisté à un certain nombre d’accords qui ont été signés, je veux souligner la participation de TOTAL au consortium d’exploitation du champ de Libra qui va être un domaine de très grand développement pour le Brésil.

 

Second résultat de notre rencontre, le renforcement de la coopération nucléaire avec la signature d’un contrat entre Electronucléaire et Areva pour la construction de la centrale Angra 3. C’est un point majeur.

 

Le Brésil produit de l’électricité à partir de multiples sources. Le nucléaire, Madame la Présidente me l’a confirmé, ne représente que 2,5% de la production d’électricité pour le Brésil.

 

Je rappelle qu’en France, c’est 70%. Nous n’allons pas faire la moyenne parce que cela pourrait donner de mauvaises indications mais nous sommes prêts à apporter toute notre expérience et notre sûreté pour que le Brésil puisse monter sa part de production d’électricité venant du nucléaire.

 

Troisième illustration, les satellites. J’ai remarqué qu’il y avait même eu un meeting pour saluer les signatures qui viennent d’avoir lieu pour les satellites géostationnaires. Nous avons là effectivement une coopération exemplaire.

 

Enfin, le supercalculateur qui fera que le Brésil rentrera dans le top 10 des pays qui peuvent disposer de cette puissance de calcul.

 

Nous sommes très heureux que Bull ait pu mettre à disposition cette capacité qui va permettre des centres de recherche.

 

Je pourrais citer bien d’autres exemples mais on voit bien que nous avons de grandes ambitions, le Brésil et la France, pour doubler encore nos échanges commerciaux dans les prochaines années.

 

Le troisième axe de notre partenariat stratégique, c’est la coopération universitaire et éducative. Des résultats très importants ont été relevés à l’occasion de cette visite.

 

En 2011, il y avait eu un accord entre la France et le Brésil dans le cadre du programme qui a été lancé par Dilma ROUSSEFF « sciences sans frontières », nous nous étions engagés à avoir, sur cinq ans, 10 000 étudiants accueillis en France. Ils sont déjà près de 6 000. Nous allons donc dépasser l’objectif des 10 000. Nous voulons aller plus loin parce que la France est déjà le troisième pays d’accueil des boursiers brésiliens.

 

Nous aussi, nous avons lancé une initiative : « Français sans frontières ». J’insiste bien sur Français pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur mes prétentions. « Français sans frontières » où il s’agit tout simplement de diffuser largement la langue française à distance ou sur place. Encore ce matin, j’inaugurais à Brasilia le futur lycée François MITTERRAND qui est un exemple de ce que nous pouvons faire. Nous allons accueillir de nouveaux boursiers de niveau master, également des boursiers pour les centres de formation professionnelle. Je remercie les entreprises françaises qui se sont engagées justement sur ces actions.

 

Nous avons signé un accord « Visa, vacances, travail » pour favoriser les échanges. Je trouve que l’expression « vacances, travail » donne envie de travailler et permettra donc aux jeunes des deux pays d’aller et venir beaucoup plus facilement.

 

Le Brésil a aussi accepté de permettre l’attribution de visas de deux ans pour ce que l’on appelle les volontaires internationaux en entreprise.

 

Enfin, toujours dans ce domaine de la coopération universitaire – je salue les présidents d’université qui sont là – il y a la reconnaissance des diplômes qui est un point majeur si l’on veut justement coopérer comme nous voulons le faire.

 

Je remercie la Présidente et aussi le Parlement brésilien puisqu’un accord a été trouvé, ou plus exactement la ratification d’un accord sur l’orpaillage illégal, et cela nous concerne directement puisque la France et le Brésil ont la plus longue frontière commune, 700 km, avec la Guyane. Nous pourrons lutter beaucoup plus efficacement contre ces trafics, contre l’insécurité grâce à cette ratification.

 

De la même manière, nous avons un pont sur l’Oyapock, maintenant les infrastructures ont été préparées et il y aura bientôt une inauguration. On peut déjà imaginer la circulation qu’elle suscitera entre nos deux pays.

 

Enfin, nous nous sommes engagés, en tout cas je l’ai fait au nom de la France, pour que les discussions entre le Mercosur et l’Union européenne puissent se développer rapidement, dès lors que tous les obstacles sont levés et que nous puissions préparer ensemble la Conférence sur le climat.

 

Je termine sur le seul sujet qui, parfois, intéresse nos concitoyens, la Coupe du monde. Je n’ai pris aucun engagement sur la victoire prochaine du Brésil. Je tiens à le dire très clairement mais je ne fais pas de pronostics ni de promesses. J’ai le souvenir d’un certain nombre de finales, en tout cas d’une. Je sais que ce sera une très belle Coupe du monde et j’en félicite d’ores et déjà le Brésil parce que nous sommes très heureux, nous, d’être au Brésil. Quand je dis « nous », c’est l’équipe de France. Merci.

 

Restez connecté