Déclaration avec Mme AUNG SAN SUU KYI, prix Nobel de la Paix, présidente de la Ligue nationale pour la démocratie, présidente de la commission parlementaire pour l’Etat de droit, la paix et la tranquillité

LE PRESIDENT - Mesdames, Messieurs, c’est toujours un honneur que d’accueillir Madame AUNG SAN SUU KYi. Elle était déjà là il y a dix-huit mois - c’était au mois de juin 2012, c’était l’une de ses premières sorties hors de la Birmanie - et aujourd’hui, elle est avec nous pour exprimer ce même désir de liberté, de démocratie pour son pays.

La France est très attachée à ce que le processus qui a été engagé pour la démocratie en Birmanie, puisse atteindre son objectif, c’est-à-dire des élections libres en novembre 2015, et les révisions de la Constitution qui permettront au Birmans de pouvoir exprimer souverainement leur choix.

Nous savons les difficultés qui existent aujourd’hui, les obstacles, et la France est aux côtés du peuple birman pour que les réformes qui ont été promises puissent être traduites dans les meilleurs délais.

Nous avons levé les sanctions européennes au cours de ces dernières années, nous avons fait en sorte que la Birmanie puisse être intégrée dans les processus économiques et commerciaux, nous agissons avec nos partenaires européens, mais nous sommes très attentifs et nous sommes même préoccupés chaque fois qu’il y a une barrière, un obstacle qui est mis sur la route de la démocratie.

C’est la raison pour laquelle je voulais donner tout mon appui à Madame AUNG SAN SUU KYI pour le combat qui est le sien, qui n’est pas d’ailleurs que le sien, qui est celui de l’ensemble du peuple birman pour accéder à une pleine démocratie.

 

MME AUNG SAN SUU KYI – J’aimerais tout d’abord exprimer le plaisir d’être en France, au printemps, et d’entendre parler en français, mais je suis là principalement pour parler de la situation en Birmanie avec le Président français. Il y a un grand nombre de sujets d’une grande importance pour nos pays à ce stade et j’aimerais que tous nos amis, nos alliés soient conscients de cela.

Il faut une conscience de ce qui se passe et une compréhension des problèmes auxquels nous faisons face. Une compréhension qui dépasse le niveau superficiel, puisque les problèmes qui existent aujourd’hui ne vont pas disparaitre, ni rapidement, ni instantanément, à moins que l’on ne les gère correctement.

Comme vous êtes nombreux à le savoir, la question des amendements à la constitution, les tensions ethniques et communautaires et la position des armées dans la politique birmane sont des questions d’une extrême importance pour nous, pas seulement maintenant, mais aussi à l’avenir.

C’est pour cela que nous espérons, que j’espère moi, que tous nos alliés, la France, les Etats membres de l’Union européenne, ainsi que les autres Etats du monde, ainsi que les individus et les organisations, j’espère, vont ensemble regarder la situation en Birmanie avec discernement et compréhension, pour nous permettre d’avancer dans un processus. Un processus qui nous permettra d’avoir des valeurs démocratiques et des droits démocratiques pour l’ensemble de notre peuple.

Je compte sur nos amis pour leur soutien aujourd’hui, car nous sommes au moment, peut-être le plus difficile et sensible du processus de démocratisation. D’une certaine manière, c’est encore plus difficile que la période où nous avons dû vivre sous une répression militaire et sous un gouvernement militaire, puisqu’aujourd’hui, les choses ne sont pas aussi claires et il est plus facile d’avoir de mauvaises impressions.

Il est très important que nous nous joignions, que nous travaillions ensemble pour nous assurer que le pays avance dans le bon sens.

Merci.

 

LE PRESIDENT – Je saisis cette occasion pour dire toute l’admiration du peuple français à l’égard de Mme AUNG SAN SUU KYI et notre joie de l’accueillir encore aujourd’hui. Elle sait qu’elle peut compter sur l’appui de la France en toutes occasions.

Merci.

 

Restez connecté