Déclaration au siège de DCNS

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Rubrique : Défense, Economie, finances et industrie, International, développement et francophonie

Messieurs les Ministres ;

Monsieur le Président GUILLOU de DCNS, je prononce encore en français ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des entreprises partenaires de DCNS et de l’Etat ;

Mesdames, Messieurs qui ici êtes au siège de cette très belle entreprise,

Je tenais à être là aujourd’hui parce que ce n’est pas un jour comme les autres. Hier j’ai reçu vers 10h45, je veux être précis, un coup de téléphone.

J’en reçois beaucoup dans la journée mais ils n’ont pas tous la même valeur. Cet appel venait du Premier ministre australien. Il m’a annoncé que DCNS et donc la France étaient choisis pour être le partenaire de l’Australie dans le cadre d’une négociation exclusive.

Il m’a dit combien la concurrence avait été d’un niveau particulièrement élevé et que les entreprises qui s’étaient présentées depuis déjà de longs mois avaient été particulièrement attentives à présenter la meilleure offre possible.

Vous savez qu’il y avait notamment le consortium japonais, allemand, de grandes entreprises qui sont des concurrents particulièrement redoutables et en même temps remarquables, et il m’a dit que c’était vous, DCNS, la France, qui avez été choisis.

J’en ai éprouvé une très grande fierté ; fierté parce que c’était la France ; fierté parce que c’était aussi un sous-marin, en l’occurrence 12, que nous avions fabriqués déjà, pas sous cette forme, en tout cas pas avec cette propulsion, et qui aujourd’hui sont au service de la défense nationale.

J’en ai été fier parce que c’est une technologie particulièrement brillante que vous avez été capable de mettre en œuvre ; j’en ai été fier parce que c’était tout le savoir-faire français, la main d’œuvre française, la capacité d’invention, de recherche qui était ainsi reconnue, saluée, sélectionnée. J’en ai été fier parce que - comme vous l’avez très bien dit monsieur le président – c’est toute une équipe qui s’était mobilisée. Une équipe pour d’abord être capable de porter ce projet, de montrer qu’il était différent des autres et en tout point pouvant satisfaire l’attente de nos amis australiens.

Une équipe qui également, au-delà de la conception, au-delà de ce que sera demain la fabrication, était capable de faire autant de démarches commerciales qu’il était nécessaire pour convaincre ; une équipe qui a associé l’opérateur de DCNS jusqu’au chef de l’Etat en passant par les ministres et bien sûr toute l’équipe de direction.

J’en ai été fier parce que dans le contexte que nous connaissons où nous devons à chaque fois nous poser cette même question, est-ce que nous pouvons être les meilleurs ? Est-ce que nous sommes les meilleurs dans beaucoup de domaines ? Nous pouvons démontrer que nous sommes les meilleurs. Nous ne le disons pas simplement par prétention, même si ça peut arriver quelquefois dans notre pays qui est toujours entre l’hésitation d’être dans un orgueil qui peut parfois être regardé comme obséquieux, ou dans une modestie qui à mon avis n’est pas du tout conforme à notre talent. Nous devons donc simplement être capables de montrer par la technologie, par le savoir-faire, par le travail, par l’invention, l’innovation mais aussi tout ce que la culture peut porter, ce qui est finalement la force de notre pays, que nous pouvons être les meilleurs. Vous êtes les meilleurs dans ce domaine.

Il y a encore beaucoup à faire comme l’a dit le président GUILLOU et le ministre de la Défense ne dirait pas autre chose, nous ne sommes qu’au début du processus, processus qui va durer 50 ans. Il faut s’y préparer, 50 ans ! Un mandat de 50 ans qui vient de vous êtes confié, car c’est cette alliance, ce partenariat que m’a proposé le Premier ministre australien, au-delà donc des majorités politiques en Australie, des majorités politiques en France, c’est une alliance qui va durer 50 ans. Nous devons donc bien commencer si nous voulons que ça se termine bien.

Alors pour bien commencer il faut être capable de répondre à toutes les exigences que notre partenaire australien va forcément nous dicter au meilleur sens du terme, puisqu’il nous a choisis. Je sais que vous allez être là aussi les meilleurs. Parce qu’il va falloir, aussi bien sur les prix, sur le contrôle de l’évolution du futur chantier, que sur, bien sûr, les souverainetés qu’il faut respecter, car l’Australie est un pays souverain. S’il nous a choisis c’est aussi parce qu’il savait que nous étions également un pays souverain, un pays indépendant, capable de déterminer lui-même ses choix ; et donc comme l’Australie est un pays souverain, l’Australie veut aussi pouvoir partager la technologie et fabriquer aussi sur place avec nous les sous-marins qui vont être ceux qui vont être les équipements de toute son armée.

Tous les sous-marins australiens seront des sous-marins DCNS. Alors, c’est vrai que vous aviez une longue tradition. Le sous-marin, je veux être clair, n’a pas été introduit par RICHELIEU, puis par COLBERT, mais toutes les capacités étaient déjà là, vous avez rappelé l’histoire de cette entreprise, toutes les capacités étaient là.

Puis, quand il a fallu construire des sous-marins, l’Etat, le ministère de la Défense, s’est tourné vers ce qu’on appelait les Arsenaux, je crois qu’ici, il y a des représentants des Arsenaux. Moi-même, c’était les Arsenaux de l’Armée de Terre, c’était l’histoire industrielle de la France, les Arsenaux. Donc, quand il s’est agi de fabriquer des sous-marins, l’Etat s’est retourné vers ces Arsenaux, devenus ensuite DCNS pour la Marine.

C’est là que vous avez été capables, vos plus anciens ont été capables de fabriquer des sous-marins qui nous ont assuré notre indépendance. Sous-marins qui assurent notre dissuasion nucléaire, sous-marins qui assurent notre présence dans toutes les mers, sous-marins qui assurent également la crédibilité de notre défense.

Vous n’avez pas fabriqué que des sous-marins. Vous avez, par exemple, fabriqué les BPC Mistral, bien connus maintenant de par le monde, j’en remercie une fois encore le ministre de la Défense, parce qu’il y a contribué, si je puis dire, à les recycler. Ils sont toujours les mêmes, toujours efficaces. C’est vrai que ce sont de très beaux bateaux. Vous fabriquez des frégates également. Voilà pourquoi cette entreprise DCNS avait toutes les capacités, puisqu’elle a, au cours de notre histoire, mis en œuvre sa technologie pour fabriquer des navires, des sous-marins, des bâtiments.

Je voulais, une fois encore, évoquer les raisons qui ont fait que nous avons été choisis. Il a fallu, vous, les salariés, puisque plusieurs ici sont d’une certaine façon les représentants de tous les salariés, que vous fassiez un effort de compétitivité. Je n’oublie pas qu’en 2014, DCNS était en difficulté et qu’il y avait une perte qui avait été constatée. Il a été alors demandé aux salariés de discuter, de négocier et de faire en sorte qu’il puisse y avoir une compétitivité qui puisse encore être améliorée. Ce n’était pas facile. Mais ça a été aussi la condition pour retrouver les bénéfices dès 2015 et investir dans l’appareil productif. C’est ce résultat-là qui permet ensuite de décrocher un marché, un contrat, on dit le contrat du siècle, non, un contrat d’un demi-siècle, ce qui n’est déjà pas mal !

J’étais avec Jean-Marc AYRAULT, il y a trois semaines, à l’Elysée, nous recevions les salariés de Saint-Nazaire. Là aussi, ce chantier était en très grande difficulté, en 2012-2013. Un accord avait été trouvé avec les salariés pour améliorer aussi la compétitivité. Ce chantier est aujourd’hui doté d’un carnet de commandes jusqu’en 2022-2025. Alors, ce n’est pas un demi-siècle, mais pour beaucoup de ces techniciens, de ces opérateurs, de ces ouvriers, de ces ingénieurs, c’est aussi une très belle satisfaction.

Je pourrais aussi parler d’autres entreprises, qui, grâce à l’effort de leurs salariés, PEUGEOT, RENAULT, ont été capables d’assurer justement leur avenir.

Je veux donc d’abord remercier les salariés de DCNS pour cet effort qu’ils ont accompli, qui est aujourd’hui une satisfaction.

Il y a également la direction, les ingénieurs et puis toute cette équipe autour de vous, Monsieur le Président, qui ont été capables de réussir cette performance.

Enfin, c’est vrai, il y a tout ce que constitue notre appareil de défense, mais également notre appareil diplomatique. Pour les questions de sécurité intérieure, le ministre de l’Intérieur y a veillé, mais il est aussi là pour représenter la ville de Cherbourg parce que c’est là qu’une partie de la commande, si nous l’exécutons bien, sera réussie et réalisée.

L’appareil de défense et je vois ici tous ceux qui sont à la tête de notre ministère, s’est pleinement mobilisé, vous les avez tous cités, aussi bien l’Etat-major que bien sûr la Marine, que la DGA, tous les ingénieurs, c’est ce qui fait aussi la force de l’équipe de France.

On nous dit vous avez remporté beaucoup de contrats militaires. C’est vrai. Même ceux qui étaient bloqués depuis des années. Ça a été un symbole avec le Rafale, mais il y a tellement d’autres dossiers qui ont été ainsi traités. J’en remercie le ministre de la Défense tout personnellement. Car, il n’a pas ménagé sa peine. Il est tout le temps en voyage. Mais c’est pour la bonne cause. A chaque fois, il se déplace, il faut se déplacer et c’est aussi le sens de ce que la diplomatie française fait à travers bien sûr son ministre, mais également ses ambassadeurs partout dans le monde. Parce qu’il faut être là, parce que rien ne se fait naturellement, rien ne s’obtient simplement par la force de notre technologie, il faut aller aussi la démontrer.

Je veux saluer aussi toutes les entreprises qui, avec DCNS, sont d’une certaine façon également saluées, vous les avez évoquées, THALES, SAFRAN et beaucoup d’autres, beaucoup de PME.

Alors, ça va faire beaucoup d’emplois, c’est vrai, d’abord des emplois préservés, il faut d’abord penser à ceux qui travaillent et qui s’interrogent toujours, se posent la question : est-ce que demain, il y aura encore une activité, est-ce qu’il y aura encore un site ? Puis, aussi à ceux qui vont être recrutés grâce à ces opérations, pendant toute une longue période. Il y en aura à Cherbourg, il y en aura sans doute à Lorient, il y en aura à Nantes, la vie est quand même bien faite et un gouvernement bien constitué ! Vous me dites qu’il y a aussi Ruelle, donc la ministre de l’Ecologie est rassurée ! Mais finalement, c’est la France, vous êtes la France. C’était donc assez légitime que le Gouvernement de la France vous représente d’une certaine manière.

Puis, il y a aussi ce que ces territoires vont pouvoir offrir grâce à ce développement aux PME, beaucoup de PME qui vont avoir ainsi une activité garnie, supplémentaire et à chaque fois qui va créer une technologie chaque année meilleure.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire. J’ai eu cette formule « la France va mieux », ça ne va pas mieux pour tout le monde, à l’évidence, il y en a beaucoup dans notre pays qui souffrent, qui se posent des questions même par rapport à leur avenir. J’imagine qu’au moment même où on annonce un succès de cette importance, d’autres peuvent être dans l’inquiétude sur leur propre emploi ou sur leur propre industrie.

Il faut avoir confiance en nous-mêmes. J’évoquais votre propre situation, il y a à peine deux ans, trois ans, les doutes qui pouvaient exister dans beaucoup d’entreprises. Puis, il y a cette capacité qui est la nôtre, d’aller de l’avant, d’avoir confiance en nous, de porter de l’espoir. Aujourd’hui, vous avez peut-être une responsabilité encore plus grande, c’est de donner de l’espoir à ceux qui attendent un avenir meilleur. Puisque, pour vous, l’avenir est éclairé, à condition bien sûr que l’on franchisse encore les étapes. Vous allez avoir ce contrat très important, des milliards d’euros, vous avez la confiance d’un grand pays comme l’Australie, vous devez donner de l’espoir à d’autres et montrer que c’est possible.

Alors, ce soir – le hasard des calendriers – je reçois à l’Elysée le Gouverneur général de l’Australie, c’était un voyage qui était prévu de longue date et qui n’a rien à voir – enfin, je ne sais pas, peut-être – avec l’annonce par le Premier ministre du contrat. Je vais lui dire combien nous lui sommes reconnaissants, au Gouverneur, qui représente donc l’exécutif de l’Australie, en l’occurrence la Reine. Je vais lui demander de transmettre au Premier ministre notre reconnaissance, parce que c’est l’Australie qui nous a choisis.

L’Australie, nous lui devons beaucoup. Puisqu’il y a un siècle, ce sont des Australiens qui sont venus pour nous défendre, venus de très loin pour donner parfois leur vie pour que nous puissions être libres. Aujourd’hui, cent ans après, c’est encore l’Australie qui fait en sorte de nous faire confiance et de nous donner finalement cette coopération, ce partenariat pour cinquante ans.

Alors, aujourd’hui, je dis merci DCNS pour ce succès, merci à l’industrie de défense pour cette qualité technologique, merci à l’équipe de France d’avoir réussi à nous donner ce très beau contrat et merci à l’Australie de nous avoir donné sa confiance. Merci.

 

 

 

 

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