Avril 2014

Déclaration à l'issue de la rencontre avec les représentants de Wallis-et-Futuna

Palais de l’Elysée, lundi 25 novembre 2013

 

Monsieur le Président, je salue l’ensemble de votre délégation, le Préfet, les parlementaires, l’ensemble des responsables coutumiers et je tenais à vous recevoir personnellement.

Je sais que vous avez eu de longues séances de travail, d’abord avec votre ministre de rattachement, Victorin LUREL, mais aussi avec mes propres collaborateurs.

Je ne doute pas que le sujet de la santé sur lequel vous êtes revenu, sera l’un de ceux que j’aurai à traiter personnellement.

Je voulais surtout vous saluer amicalement, parce que vous êtes des représentants d’un archipel qui peut paraître lointain, mais qui nous est proche sur le plan des sentiments.

La France, grâce à vous, est au cœur du Pacifique, au milieu d’un immense domaine maritime qui sera demain un grand atout pour vous et pour notre pays.

Je suis aussi sensible au fait que vous vous déplacez avec cette diversité, pour cette réunion et vous y êtes fidèle, puisque chaque année, vous y venez pour passer deux jours, pour évoquer l’ensemble des questions de l’Archipel, même si dans la période, hors de ces réunions, vos élus travaillent.

Wallis-et-Futuna, et vous l’avez rappelé Monsieur le Président, au sein des Outre-Mer français, a une place particulière.

Parce que c’est vous qui avez choisi votre adhésion à la France. C’est un acte que vous avez accompli, que les plus anciens ont souhaité et vous avez évoqué une date, une date très importante, 1961, c’est-à-dire le moment où, quand des territoires se détachaient de la France, le vôtre montrait sa participation et sa volonté.

Le Général de GAULLE lui-même avait fait bon droit à votre demande et fait en sorte que vous puissiez être pleinement reçu dans la République.

Wallis-et-Futuna, c’est aussi un territoire qui n’a jamais été envahi, n’a jamais été colonisé, et est toujours resté ce que sa coutume entendait porter, c’est-à-dire un ensemble de traditions, mais en même temps ouvert à la modernité.

Depuis 1961, Wallis-et-Futuna est resté fidèle à sa parole, dans son attachement renouvelé à la France et la France elle-même, a été fidèle à son engagement de solidarité à l’égard de votre territoire.

Vos institutions sont également particulières, puisqu’elles s’appuient sur un triptyque avec le chef du territoire, le Préfet, le Conseil du territoire et l’Assemblée territoriale. Et la coutume qui est représentée par les plus grandes chefferies qui y trouvent toute leur place dans un dispositif, il est vrai, très original, dont beaucoup de nos concitoyens n’ont même pas idée, mais qui fait justement la richesse de votre participation à la République.

Wallis-et-Futuna, je le rappelais est au cœur de l’Océanie, là où on ne parle pas toujours Français. Et donc vous, vous êtes cet archipel où la francophonie est promue.

J’ai souhaité depuis mon accession à la présidence de la République, avoir les meilleurs rapports possibles avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, parce que j’ai conscience que le Continent océanien est un atout considérable pour vous et pour la France.

Vous l’avez d’ailleurs parfaitement démontré, puisque vous avez organisé des mini-jeux du Pacifique avec une vingtaine de pays, qui y ont participé, ce qui est beaucoup et cela a aussi été une consécration.

Vous avez pu faire valoir la grande richesse de votre patrimoine, culturel, vos chants, vos danses et ce que vous apportez de particulier, d’exceptionnel.

Vous avez aussi à cœur de préserver notre patrimoine naturel : Le lagon de Wallis, l’Ile d’Alofi, et l’Océanie entend pleinement respecter la nature.

Nous-mêmes, nous avons donc notre responsabilité.

La nature peut être injuste et vous en avez eu hélas, une nouvelle fois la preuve, puisqu’il y a un an, un cyclone terrible a laissé de nombreux dégâts.

La France s’est mobilisée pour des montants importants, au nom de la solidarité nationale. Mais vous-même, vous avez montré l’exemple. Et Victorin LUREL, qui a lui eut la chance de faire une visite, a pu se rendre compte, à ce moment si dramatique, que la population elle-même s’était engagée, s’était prise en main pour qu’il y ait un travail considérable, bâti par les villageois, encadré par les autorités coutumières que je salue une nouvelle fois.

Les communautés wallisiennes et futuniennes essaiment partout en Nouvelle-Calédonie, où vous avez une présence, en Polynésie, et de plus en plus aussi dans l’hexagone.

Nous en avons des illustrations patriotiques d’abord, et je veux saluer tous ceux qui se sont engagés dans l’Armée française et je le constate, participent à des opérations exceptionnelles, risquées, dangereuses. Je pense notamment au Mali, mais pas simplement au Mali.

Des Wallisiens, j’en vois aussi dans les équipes de Rugby, et là aussi, vous faites la démonstration de vos talents.

Si je voulais résumer les choses, vous êtes un archipel où les traditions sont grandes, où les coutumes existent, où vous avez été capables de préserver votre patrimoine, votre histoire, votre diversité et en même temps où la République est représentée.

Vous êtes un atout pour la France, et je souhaite que la France soit aussi un atout pour l’Archipel.

J’aurai grand plaisir à répondre à votre invitation et, sans donner de date particulière, mais il se trouve qu’en 2014, il y aura des évènements internationaux qui auront lieu en Australie.

Donc je serais en Océanie, à ce moment-là, et si mon emploi du temps le permet, il le permettra, je m’arrêterai dans l’Archipel. Je serai heureux, à ce moment-là, d’être reçu par vous, comme je vous reçois aujourd’hui, au nom de l’amitié entre la France et ce territoire qui appartient à la France et dont la France est fière.

Merci.

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