Allocution lors du déjeuner d'Etat à l’Itamaraty

Madame la Présidente,

Monsieur le Vice-Président,

Messieurs les Présidents des Assemblées,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les parlementaires,

Mesdames, Messieurs les membres de la délégation qui m’accompagne,

Chers amis brésiliens,

 

Je tiens à remercier, une fois encore, la Présidente Dilma ROUSSEFF pour l’accueil exceptionnel qu’elle nous a réservé pour cette visite d’Etat. Elle était elle-même à Paris il y a un an et nous avions fait en sorte de lui témoigner, non seulement notre hospitalité, mais aussi notre amitié.

 

Comme elle l’a rappelé, les liens entre la France et le Brésil ne peuvent être comparés à aucun autre. Il y a l’histoire, il y a la culture, il y a les valeurs que nous partageons.

 

Mais, venant au Brésil, je prends la mesure de ce que représente ce grand pays, avec l’immensité de son territoire, avec sa vision du monde qui va bien au-delà de l’Amérique, avec aussi sa confiance dans le progrès.

 

Le progrès, voilà une valeur que nous partageons ensemble. Vous l’avez même inscrite, cette valeur, dans votre devise nationale qui vous a été prêtée par un illustre français, Auguste COMTE, Ordre et Progrès. Il nous revient de mettre de l’ordre dans le monde et d’assurer le progrès aux populations dont nous avons la responsabilité.

 

Vous incarnez, Madame la Présidente, les ambitions légitimes de votre pays. Le Brésil est maintenant une puissance qui compte dans le monde. Vous avez aussi engagé, après le Président LULA, une politique économique qui a connu des résultats appréciables et une politique sociale qui a permis une redistribution et a sorti de la pauvreté plus de 40 millions de brésiliens.

 

Je sais aussi combien le Brésil tient à sa souveraineté, à son indépendance. Pourtant le Brésil participe à toutes les missions qui lui sont confiées pour la paix, comme en témoigne votre présence en Haïti, en RDC, au Liban. Parce que le Brésil assume, comme la France, pleinement ses responsabilités internationales.

 

Vous avez également été capable de porter des Brésiliens à la tête des grandes institutions internationales. Vous avez montré que vous pouvez accueillir de grands évènements, la Coupe du monde de football - nous essaierons de rester le plus longtemps possible au Brésil - mais également les Jeux olympiques en 2016. Il est rare qu’un pays puisse accueillir deux grands évènements mondiaux en si peu de temps.

 

Madame la Présidente, lors de votre visite, nous avions rappelé l’importance de notre partenariat stratégique. Depuis un an, il s’est encore renforcé. Chaque année il y a 2 milliards d’euros d’investissements français ici au Brésil. Je veux saluer toutes les entreprises qui ont fait le choix de s’implanter au Brésil. Vous citiez Casino, premier employeur au Brésil. Je veux signaler qu’il y a 500 000 Brésiliens qui travaillent dans les entreprises françaises.

 

Vous avez-vous-même, Madame la Présidente, lancé un grand programme d’investissements pour améliorer les infrastructures, pour vous rendre moins dépendants des sources d’énergie de l’extérieur, pour améliorer la qualité de la vie de vos concitoyens. Dans tous ces domaines, la France est prête à vous accompagner : dans l’énergie, dans le domaine des satellites, dans le transport, dans la ville durable. Partout où vous pouvez poursuivre des aventures technologiques, la France fait le pari de pouvoir vous accompagner. C’est l’esprit que nous avons développé ensemble au forum économique ce matin et nous allons nous retrouver à Sao Paulo tout à l’heure en attendant de venir à Rio plus tard.

 

Je veux ici apaiser les amis de Rio qui attendent le Président français, peut-être d’ailleurs pour la Coupe du monde, on ne sait jamais.

 

Je veux également dire combien la France s’est engagée dans le programme « Sciences sans frontières ». Nous sommes très fiers, très heureux d’avoir pu accueillir 6 000 étudiants brésiliens. Nous voulons faire encore davantage : atteindre les 10 000 et même au-delà.

 

Vous avez également souligné combien il était important que l’on puisse accorder plus de bourses, faire en sorte que les entreprises françaises puissent accueillir des Brésiliens dans des stages en France et au Brésil pour ensuite avoir un emploi.

 

Enfin, je vous suis très reconnaissant, ainsi qu’aux Assemblées brésiliennes, pour l’accord que nous avons pu trouver pour lutter contre l’orpaillage clandestin qui concerne un département français, la Guyane, et qui, bien sûr, implique nos deux pays.

 

Nous avons 700 km de frontières communes, nous devons en assurer la sécurité. Nous avons également un pont à inaugurer, nous le ferons. Il est le symbole de la relation entre nos deux pays.

 

Je veux terminer aussi pour rappeler que la France est favorable à une refonte de la gouvernance du monde, et notamment travaille à cette évolution des Nations Unies. Je considère que le Brésil doit occuper toute sa place dans le concert des Nations, et notamment au Conseil de sécurité.

 

Enfin, je participe pleinement à l’initiative qui est la vôtre d’avoir voulu que les États puissent s’organiser pour protéger les libertés individuelles face à ce qui est maintenant la révolution de l’internet et le big data. Nous avons convenu que nous préparions ensemble avec nos ministres respectifs la Conférence sur le climat qui est si essentielle pour l’avenir de nos continents.

 

Madame la Présidente, ma visite d’État aujourd’hui est l’occasion de renforcer encore, s’il en était besoin, les liens de confiance, d’estime et d’amitié que nous nous portons, au-delà des dirigeants qui se sont succédé dans l’histoire de nos deux pays, la France et le Brésil sont liés par l’histoire et surtout par l’avenir que nous portons ensemble. C’est à cette relation exceptionnelle que je veux à mon tour porter mon verre de l’amitié.

 

 

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