Allocution lors de la cérémonie de remise de la Légion d'Honneur à Monsieur Rai Souza Vieira De Oliveira

A cette réception, il y a un bonus. Non pas parce que nous sommes en retard, mais parce que nous sommes à la veille d’une grande compétition, la coupe du monde de football. Nous avons tout fait pour que ce soit le Brésil et que nous soyons au Brésil. Des liens existent entre les Brésiliens et les Français grâce au football.

 

Je vais décorer ici un des plus grands footballeurs brésiliens. Je crois que vous l’avez reconnu, il s’appelle Raimundo Souza de Oliveira. Il est venu avec sa maman, car il avait peur qu’il lui arrive quelque chose. Il s’appelle « Rai ». Enfin, c’est comme cela qu’on le connaît en France. Il a séduit le public parisien, public très difficile. Son élégance, son talent et sa gentillesse ont fait que, partout où il est allé avec le maillot du Paris Saint-Germain, sur tous les stades de France, il a été à chaque fois acclamé.

 

Rai n’est pas simplement un grand footballeur, il est aussi un homme engagé, engagé pour la plus belle cause qui soit, l’éducation, et notamment l’éducation des plus fragiles et des plus pauvres. Rai est de São Paulo, il a été éduqué par ses parents, par sa maman, et les valeurs qui lui ont été transmises sont celles du respect, de la curiosité à l’égard des cultures et de l’espoir que l’on peut donner aux autres pour qu’ils puissent réussir leur vie.

 

Sa carrière, vous la connaissez mieux que moi, je crois qu’il a commencé à São Paulo. Il a hésité entre le basket et le football. Il aurait pu réussir dans les deux sports, mais il avait un frère qui s’appelait Sòcrates, qui était une grande personnalité, pour laquelle nous avons beaucoup d’estime, qui hélas est disparu aujourd’hui. Il a choisi le football et il a bien fait.

 

Il a gagné le championnat du Brésil, puis il est allé au Paris Saint-Germain où il a gagné le championnat de France, la coupe de France, la coupe des coupes. A l’époque, il existait la coupe des coupes, cela n’existe plus maintenant, mais parce que Rai l’avait emporté, ils ont arrêté la compétition.

 

Puis en 1998, il a quitté le Paris Saint-Germain pour revenir ici au Brésil. Je m’en souviens parce qu’il a fait un tour d’honneur au Parc des Princes. Il a pleuré, parce que le public l’avait acclamé ce soir-là et lui avait dit au revoir.

 

Revenant au Brésil, il revient à São Paulo, il gagne le championnat de l’Etat de São Paulo contre les Corinthians. Lula s’en souvient encore et surtout, il a été dans la SELEÇĀO, il a gagné la coupe du monde en 1994. Il nous l’a ensuite laissée en 1998. On verra ce qui va se passer l’été prochain.

 

Il a fondé une association qui est devenue une fondation, qui permet d’enseigner à tous les écoliers qui peuvent avoir des difficultés. Pas simplement les savoirs fondamentaux, mais le sport, la culture, le théâtre, le spectacle. Des milliers d’écoliers ont pu être ainsi accompagnés, parfois sauvés. Il le fait avec un autre footballeur qui a porté le maillot du Paris Saint-Germain, Leonardo, qui est revenu d’ailleurs, parce qu’il a eu quelques petits problèmes à Paris, mais ce n’est pas lui que l’on distingue aujourd’hui, donc, on a une pensée pour lui.

 

Je voudrais exprimer, là encore, notre reconnaissance pour tout ce qu’a fait RAI pour le football, pour le sport, pour l’école, pour l’éducation et pour le savoir. Il y a deux ambassadeurs de France au Brésil, il y a l’officiel, qui est ici présent et que je salue, et puis, il y a Rai qui est le deuxième ambassadeur de France au Brésil.

 

Monsieur Rai, au nom de la République française, je vous nomme Chevalier de la Légion d’Honneur.

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