Avril 2014

Allocution lors de l'accueil du père Georges Vandenbeusch à l'aéroport de Villacoublay

Mesdames, Messieurs, nous nous souviendrons longtemps de ce 1er janvier 2014, et notamment le Père Georges, puisque c'est un jour heureux que de retrouver notre compatriote qui a été retenu trop longtemps mais qui, aujourd'hui, est libre.

Je veux remercier le Président BIYA, Président du Cameroun, pour toutes les interventions qu'il a pu faire et qui ont permis ce dénouement.

Je veux aussi saluer le courage, la lucidité, l’abnégation du Père Georges qui vous le dira lui-même a tenu à être fidèle à ses convictions, à sa religion et en même temps capable d'endurer une détention.

Je veux également souligner combien il a été toujours ouvert pour écouter, comprendre et en même temps tout faire pour favoriser sa propre libération.

Je veux, également, dire combien sa famille a été précieuse dans tous ces moments pour comprendre ce qui devait être fait par les autorités françaises et je tiens à souligner le rôle de Laurent FABIUS, la patience dont il fallait faire preuve et, en même temps, le soutien moral qui a été apporté, même s'il a été discret.

Je voudrais aussi souligner le rôle de tous les paroissiens, mais aussi de l'évêché qui a parfaitement compris combien il était important d'apporter un soutien et faire preuve de patience et de compréhension.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, nous retrouvons le Père Georges qui est plein de foi et en même temps plein d'énergie. Je ne sais pas comment il a fait pour en garder autant, pour continuer ce qu'est sa mission. Je voulais lui dire, au nom de tous les Français, à la fois notre joie de le retrouver et notre admiration. Merci.

PERE Georges VANDENBEUSCH – Merci Monsieur le Président, je suis tout à cette même joie, avec beaucoup, beaucoup de mercis. Depuis ma libération, je découvre les noms de tous ceux qui ont cherché à me joindre, de toutes les communautés qui ont prié pour moi, de tous les gens qui ont pensé à moi.

Ces jours m'ont paru terriblement longs et en même temps, par rapport à d'autres otages qui sont restés très longtemps et ceux qui le sont encore, cela me permet de mesurer ce qu'ils vivent ou ce qu'ils ont vécu.

J'ai une pensée pour ceux qui sont encore otages. Je me rends compte de ce que certains ont vécu. J'ai eu des très beaux témoignages d'ailleurs, un petit message de Francis COLLOMP et de Tanguy MOULIN-FOURNIER, c'était assez sympathique et touchant. Je suis tout à la joie de cette libération.

En remerciant encore beaucoup le Président du Cameroun, M. Paul BIYA, qui s'est personnellement fortement impliqué et puis en remerciant notre Président, je me suis rendu compte que l'on a quand même un pays qui a plein de services qui travaillent très très bien, qui ont été aux petits soins depuis ma libération. Parfois on râle, on ronchonne un peu, mais c'est une grande joie, une satisfaction.

Voilà, je suis tout à ces mercis de ces messages que je reçois.

MONSEIGNEUR DAUCOURT – Mesdames, Messieurs, oui bien sûr, c'est une grande joie pour nous tous, mais en la savourant en ce moment, je voudrais tellement qu'elle atteigne encore les six familles qui attendent le retour de l'un de leurs proches, de l'un de leurs membres, qui sont encore otages. C'est à ces familles-là que je pense en particulier. Tout de suite, je voudrais leur souhaiter cette grande joie, qu'elles puissent en bénéficier au cours de cette année.

Et puis, je voudrais exprimer moi aussi ma reconnaissance à M. le Président de la République, à M. le ministre des Affaires étrangères et à M. le Président de la République du Cameroun, aux autorités nigériennes pour l'efficacité de leurs démarches pour la libération de Georges.

C'est avec beaucoup de discrétion qu’il nous a encouragés, nous a conseillés, avec les membres de leurs différents services.

Je voudrais aussi vous exprimer notre reconnaissance, la reconnaissance des Catholiques des Hauts-de-Seine, à vous Mesdames et Messieurs les journalistes, pour la manière dont vous nous avez aussi aidé à vivre ces moments difficiles.

Voilà, maintenant nous les avons traversés ces heures difficiles, nous sommes dans cette grande joie. C'est Georges qui nous revient, mais c'est un prêtre, c'est un homme de paix, c'est un homme de réconciliation et c'est pour cela qu'il était parti au Cameroun. Sa mission est brutalement interrompue, mais son cœur est toujours donné au Christ et aux Hommes. Pas seulement pour les Chrétiens ou les Catholiques, mais pour tous. Et comme il faisait déjà cela, comme il le vivait déjà dans sa paroisse du Nord-Cameroun, aussi bien avec les Camerounais chrétiens que dans ses relations avec les Musulmans ou dans ses relations avec les réfugiés du Nigeria justement.

Je profite de cette occasion pour vous redire merci et vous souhaiter à tous et à toutes une très belle année. Merci.

LE PRESIDENT – Je suis très sensible aux propos qui viennent d'être tenus par rapport aux services qui se dévouent pour permettre aux familles de nos otages d'être accompagnées dans ces moments difficiles.

Nous avons encore six otages qui sont retenus : deux au Sahel et quatre en Syrie. 

Nous faisons tout, je dis bien tout, pour les faire libérer. Nous avons besoin de la compréhension des familles, du soutien de la population et en même temps de l’intermédiation de chefs d'Etat qui peut nous être précieuse. Cela a été le cas pour ceux qui ont été libérés ces derniers mois.

Mais tant que nous n'aurons pas retrouvé tous nos compatriotes, nous continuerons à mener discrètement ce combat pour avoir la certitude qu'aucun Français n'est détenu, parce qu'il est Français.

Nous avons, aussi, à alerter la population qui peut être dans ces zones, où il y a du danger.

Je l'ai dit au Père Georges, comme je l'ai dit aux autorités religieuses, il est vrai qu'elles ont des missions à accomplir dans des territoires qui sont extrêmement périlleux. Il ne nous appartient pas de nous immiscer dans le rôle qui doit être celui de la hiérarchie des religions. Mais, en même temps, il y a vraiment à prendre en compte ces dangers. Cela vaut pour les prêtres ou pour tous ceux qui ont une mission à accomplir. Cela vaut aussi pour des ressortissants qui peuvent à un moment se déplacer.

Tant que nous n'aurons pas libéré tous nos otages, nous devons être extrêmement rigoureux, pour que nous ne puissions pas laisser ces ravisseurs en prendre d'autres.

Nous devons donc faire passer, et je compte sur vous, tous les messages utiles.

Voilà, c'est un jour heureux, cela a été rappelé. C'est le premier jour de l'année. Mais je souhaite que nous ayons encore six jours, six nuits, où nous pourrons accompagner nos compatriotes libérés et qu'il n'y en ait plus jamais d'autres qui soient pris. Merci.

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