Avril 2014

Allocution du président de la République lors de la rencontre avec des étudiants francophones à l’Université de Ljubljana

« Monsieur le président de la République française, Monsieur le recteur m’a chargé de vous saluer au nom de l’Université, au nom de ses étudiants et de ses enseignants. Ici nous sommes entourés par la belle jeunesse franco-slovène. Je vous parle au nom de l’université et plus précisément au nom de la faculté des lettres qui est le membre fondateur de cette université et où le français a été enseigné dès le début. Les étudiants qui connaissent et qui suivent vos efforts et vos réussites dans le domaine universitaire en France ont préparé quelques questions, nous en avons choisi trois. Si vous permettez ils vont vous les adresser. Merci »

ETUDIANT : « Le Gouvernement français donne-t-il des bourses aux étudiants étrangers qui veulent poursuivre leurs études en France ? »

LE PRESIDENT : « Je voudrais remercier Monsieur le recteur pour l’accueil qu’il nous fait, pour avoir sélectionné des jeunes slovènes et français qui étudient ensemble et qui donnent une belle image de ce que nous pouvons faire entre nos deux pays. Je salue ici le Président slovène.

Je suis également sensible au fait que nous avons pour les langues le même attachement. Vous avez rappelé, Monsieur le recteur, que c’était Napoléon qui avait permis que la langue slovène puisse être parlée, enseignée et diffusée. Aujourd’hui c’est vous qui nous permettez de nous exprimer en français et je vous en remercie tout particulièrement.

Je vais répondre à la question. Oui, il y a des bourses qui sont prévues et qui permettent à des jeunes de venir dans un certain nombre d’universités. Nous voulons même amplifier le nombre de boursiers. Il y a également un programme européen que vous connaissez, ERASMUS, certains d’ailleurs en ont le bénéfice aujourd’hui, mais que nous avons décidé d’élargir à des filières qui jusqu’à présent ne pouvaient pas accéder à ce dispositif, notamment les apprentis, les licences professionnelles, etc.

Je demande au ministre des Affaires étrangères, ici présent, de faire en sorte que nous puissions vous accueillir en plus grand nombre dans nos universités à la condition bien sûr que vous puissiez revenir en Slovénie. Parce que le Président me ferait le reproche de vouloir garder tous les talents slovènes pour les garder à notre bénéfice. Mais nous sommes aussi heureux de vous voir accueillir des étudiants français même pour quelques semaines et vous avez choisi ceux qui viennent d’écoles de commerce, j’imagine qu’ils vont pénétrer le marché slovène au bénéfice des entreprises françaises. »

ETUDIANT/E : « Monsieur le Président, pourriez-vous me dire quelle est la situation concernant la recherche de l’emploi pour les jeunes diplômés en France et dans les autres pays de l’Union ? Pensez-vous que la situation s’améliore ? »

LE PRESIDENT : « La situation n’est pas bonne mais elle va s’améliorer. C’est ce que je dis en France, c’est ce que je dis ici à Ljubljana. Elle n’est pas bonne, pour les jeunes qui sont sans qualification elle est même tout à fait désastreuse et elle n’est pas facile pour les jeunes qui ont des diplômes. Car il y a aujourd’hui un temps assez long qui s’écoule entre le moment où les jeunes ont le diplôme et le moment où ils trouvent leur premier emploi. Et il peut y avoir même un temps plus long entre le premier emploi et le premier contrat à durée indéterminée. Donc qu’est-ce que nous avons décidé de faire à l’échelle de l’Europe, c’est un programme pour l’emploi des jeunes. Nous avons dégagé huit milliards d’euros, cela peut paraître beaucoup à l’échelle d’un pays mais c’est très peu à l’échelle du continent européen, de l’Union européenne, mais enfin c’est un premier pas, pour qu’il y ait des programmes qui puissent favoriser l’embauche des jeunes, chaque pays pouvant adapter son dispositif pour y parvenir. En France, nous avons un jeune sur cinq qui est au chômage, j’entends un jeune sur cinq qui est sur le marché du travail et qui ne trouve pas d’emploi, ce qui est trop, et donc nous avons développé des programmes pour ceux qui sont sans qualification et même pour les jeunes diplômés. Par exemple pour les jeunes diplômés, nous avons mis en place un contrat de génération permettant à une entreprise qui a un salarié expérimenté de pouvoir embaucher un jeune de façon à ce qu’il y ait ce transfert de savoir-faire du senior, comme l’on dit, au jeune. Pour nous c’est une priorité. Et il y a aussi cette volonté des pays qui connaissent plus de croissance que d’autres, d’accueillir des jeunes venant d’autres pays plus en difficulté. Mais, moi ce que je souhaite, c’est que les jeunes dans un pays puissent trouver un emploi dans leur propre pays, mais c’est une ambition européenne de lutte contre le chômage des jeunes et notamment contre le chômage des jeunes diplômés. Parce que c’est encore plus frustrant quand on a fait des études, quand on atteint un certain niveau de ne pas trouver d’emploi. »

ETUDIANT/E : « D’après vous quels avantages possèdent les personnes qui maitrisent la langue française ? »

LE PRESIDENT : « Un très grand avantage. Un avantage même unique, il ne faut pas le répéter parce que certains parlent d’autres langues que le français, je ne sais pourquoi, mais nous sommes très attachés à la francophonie. Non pas pour la France, mais pour la langue française, ce qui n’est pas la même chose. La langue française elle appartient à celles et ceux qui la parlent. Et nous n’en avons pas du tout le monopole, nous ne voulons pas en avoir le monopole. Aujourd’hui il y a à peu près 300 millions de personnes dans le monde qui parlent le français. Et selon nos prévisions, nous pensons que d’ici 20 ou 30 ans, il y a aura près de 800 millions, peut être un milliard de personnes, vous vous rendez compte, qui vont parler le français. En Afrique, en Amérique latine, en Asie et nous devons donc dire à tous ces jeunes qui ont une autre langue que le français, le slovène par exemple, qu’ils ont eu parfaitement raison d’apprendre le français parce qu’ils vont avoir un avantage par rapport à ceux qui ne parlent que l’anglais. Parce que parler l’anglais c’est une banalité, tout le monde parle mal l’anglais, alors que vous vous parlez bien le français. Je voulais vous en féliciter et vous dire que vous avez fait le meilleur investissement. Merci. »

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