Allocution du président de la République "42ème Olympiades des métiers"

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Je tenais à vous accueillir personnellement en présence du ministre du Travail, parce que vous êtes des champions. Vous avez reçu des médailles, vous avez participé à une compétition de très haut niveau – les Olympiades des métiers – et vous êtes une équipe et pas n’importe quelle équipe, vous êtes « l’Equipe de France ».

Vous représentez quarante-cinq filles et garçons de moins de vingt-trois ans. Vous avez concouru dans chacune de vos disciplines et avez obtenu des résultats extrêmement brillants qui justifient que vous soyez reçus, ici, je l’ai dit, comme des champions.

D’ailleurs, la notion d’Olympiade est particulièrement bien choisie, puisque vous vous êtes préparés avec même un stage, m’a-t-on dit, de préparation mentale et physique à l’INSEP, et c’est pourquoi Thierry REY, conseiller au sport, est ici présent, puisque lui, avait gagné une médaille d’Or de Judo et il sait ce qu’est une compétition à ce niveau.

Comme je l’ai constaté, votre Président l’a bien relevé, vous représentez une diversité de métiers, de filières. On en trouve dans le BTP, beaucoup, mais aussi dans l’industrie, dans l’automobile, dans la maintenance, dans les services, les nouvelles technologies et l’alimentation. Bref, tout ce qui fait la renommée de la France sur le plan industriel ou sur le plan de son image de marque à l’étranger.

Vous avez atteint cette finale mondiale, les Olympiades, après une sélection qui vous a permis de faire valoir vos talents à l’échelle régionale puis à l’échelle nationale - c’était à Clermont-Ferrand - et puis enfin au niveau international.

Je sais ce qu’a été la concurrence. Elle est toujours rude. On croit être seul mais on n’est jamais seul. C’est parce qu’il y a une concurrence, que l’on est souvent au meilleur niveau.

Vous avez donc ramené huit médailles, deux en or - je félicite donc les récipiendaires, ceux qui ont été distingués - cinq en argent, une en bronze et seize médaillons d’excellence.

Ce qui veut dire que sur les quarante-cinq filles et garçons qui ont été présentés, un sur deux a eu une récompense. Je veux vous en félicitez personnellement.

Je sais que le ministre du Travail et de l’Emploi, Michel SAPIN, vous avait encouragés, vous avait poussés et vous avez fait le reste avec votre encadrement, avec tous ces bénévoles que je veux aussi saluer comme l’a fait votre Président.

Pour l’essentiel, vous êtes des jeunes, qui êtes en formation d’alternance. Soit en apprentissage, soit dans un lycée professionnel, soit dans un contrat de professionnalisation.

En vous recevant ici, en confirmant l’excellence de la distinction qui vous a été remise, c’est toute une filière de formation, que je veux également identifier, comme pouvant offrir à chacun des jeunes qui la suit, un avenir.

Nous sommes convaincus que l’apprentissage, que la professionnalisation, que l’alternance sont de belles filières pour les jeunes.

Nous avons tout intérêt, au niveau gouvernemental comme au niveau des métiers, à valoriser auprès des jeunes, mais aussi auprès des familles, l’intérêt de ces secteurs professionnels et de ces filières de formation.

Parce qu’une chose est certaine : au-delà de la médaille que vous avez reçue, vous trouverez un emploi et un métier et vous allez en faire votre vie. Vous allez avoir cette fierté d’avoir été ainsi distingués, d’avoir été capables d’être le plus compétitif possible.

Grâce à ce que vous avez reçu en termes de formation, vous allez avoir un destin professionnel, quand tant de jeunes sont dans l’incertitude, dans l’inquiétude par rapport à leur avenir.

A travers cette manifestation, c’est aussi un appel que nous pouvons lancer pour que l’Education nationale et les centres d’apprentissage puissent recevoir autant de jeunes que nous en avons le besoin dans nos industries, dans nos services.

Nous avons besoin de ces jeunes, nous avons besoin de vous. Car il y a trop de métiers encore où malgré le niveau du chômage, nous ne trouvons pas les jeunes pour pouvoir les occuper.

C’est pourquoi nous avons demandé qu’il y ait une mobilisation exceptionnelle ces prochains mois, pour que, sur ces emplois qui ne sont pas pourvus, nous puissions mobiliser tout l’appareil de formation, initiale, professionnelle, pour avoir autant de demandeurs d’emploi, notamment des jeunes, qui puissent être affectés vers ces emplois et vers ces métiers.

Plus largement, nous voulons donner plus de place encore à la professionnalisation et à l’apprentissage - 500 000 apprentis - mais également dans les lycées professionnels avec une volonté d’augmenter le nombre d’élèves qui suivent ces formations. Nous avons un enjeu : d’abord vous permettre de réussir votre vie, vous, jeunes de France, qui allez accomplir les premiers pas de votre vie professionnelle.

Mais nous avons un autre enjeu, qui est d’élever le niveau de qualification de notre pays, pour qu’il soit le plus à même de relever les défis de ce que l’on appelle la compétition, la mondialisation. Parce que tout est mondialisé. Même ce que l’on croit être des emplois qui ne sont pas délocalisables, en fait, il y a toujours une concurrence qui peut surgir. On la voit même arriver sur certains emplois, par exemple dans le bâtiment ou des emplois de service.

Nous devons être au meilleur niveau et c’est pourquoi je veux que tous les jeunes de France puissent être préparés, accompagnés, comme vous, pour être dans ces Olympiades.

Nous avons aussi un autre défi à relever : il y a 100 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans aucune qualification. Ces jeunes ont été mal orientés, mal préparés et ils peuvent concevoir une véritable frustration, parce que rien n’est pire que d’avoir suivi un cursus scolaire et de n’avoir aucun diplôme à la fin.

Vous, vous avez non seulement un diplôme mais également cette médaille, que vous allez, toute la vie durant, montrer à vos parents puis à vos propres enfants, qui la découvriront et qui vous poseront des questions. Vous pourrez dire : « nous, nous avons pu grâce à une bonne information à un moment, à une bonne orientation, à une bonne préparation, à un bon accompagnement, être choisis pour être ensuite dans les métiers que nous avons voulu. »

Voilà pourquoi ce que je voulais marquer à travers cette réception, c’est à la fois une fierté que nous éprouvons d’avoir une Equipe de France ainsi récompensée mais également une mobilisation pour l’emploi, l’emploi des jeunes et pour montrer que des métiers sont aujourd’hui possibles pour ces jeunes.

Des métiers que l’on croyait être d’hier, comme la chaudronnerie, qui en fait, est un métier du XXIème siècle parce qu’il y a de plus en plus de besoins pour des chaudronniers. Il y a aussi l’automobile, qui évolue aussi mais tous les métiers pour lesquels vous avez été distingués. C’est une tradition. C’est la noblesse d’une technique mais c’est également une formation qui peut vous conduire à des métiers d’avenir.

Voilà, vous êtes la France de demain avec la fidélité par rapport aux traditions, aux formations d’hier qui sont aussi complétement tournées vers le XXIème siècle.

Bravo, bravo à vous. Félicitations aux organisateurs, aux encadrants, aux bénévoles mais aussi aux formateurs, sans lesquels rien ne serait possible. Nous allons, nous, nous battre pour l’Olympiade pour faire en sorte que nous puissions avoir le plus d’emplois possible car cela, c’est notre responsabilité.

La compétition que nous avons engagée, c’est la compétition pour l’emploi. Il n’y a pas de médaille pour cela, il n’y a que des résultats. Merci.

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