Allocution à la base aérienne de Niamey au Niger

Mon général,

Messieurs les officiers, Sous-officiers, Militaires du rang,

Mesdames, Messieurs,

 

Je voulais à l’occasion de ma visite, ici, au Niger vous rencontrer pour vous parler avec des mots simples, qui sont d’abord ceux de la gratitude pour la tâche que vous exercez ici. 

Pour vous dire aussi que le Niger est un pays que vous commencez à connaitre. Un pays parmi les plus pauvres du monde, un pays qui fait des efforts pour assurer son développement mais un pays qui est menacé pour sa sécurité, menacé à ses frontières, avec ce qui se produit au sud de la Lybie avec des groupes terroristes qui s’y sont réfugiés, menacé toujours par ce qui peut se produire au Mali. Même si le Niger a été un pays qui avec la France, dans le cadre de l’opération Serval pour ce qui nous concerne, dans le cadre de la MINUSMA  pour ce qui concerne les pays africains, a pris sa part pour assurer l’intégrité du Mali. 

Le Niger est également menacé au sud par Boko HARAM, même si pour l’instant il n’y a pas eu véritablement d’actions qui ont été menées du Nigéria, mais on sait que ce groupe terroriste est présent, présent au Nigéria, peut-être présent au Tchad, présent au Cameroun et donc peut-être aussi au Niger. C’est la raison pour laquelle, lorsque j’ai réuni à Paris un sommet sur la question de Boko HARAM après l’enlèvement des jeunes filles, j’ai voulu que le Niger puisse y être associé et que nous puissions coordonner nos efforts pour agir. 

Alors, je suis venu ici au Niger, à Niamey pour réaffirmer le soutien de la France au Président ISSOUFOU, soutien de la France à son développement et nous avons signé un certain nombre de conventions, parce que ce qui concerne la population, c’est le développement. Mais soutien de la France aussi pour la sécurité, la sécurité du Niger, la sécurité de l’Afrique de l’Ouest et la sécurité de la France, parce que ce n’est pas détachable. Ce qui peut se produire au Niger peut atteindre notre propre sécurité, nos propres intérêts, notre propre population. Chacun a en mémoire ce qui s’est produit ici au Niger avec l’enlèvement d’un certain nombre de nos compatriotes, quatre, que nous avons réussi à faire libérer, d’ailleurs grâce à une médiation du Président ISSOUFOU. Chacun se souvient aussi d’enlèvements qui se sont finis tragiquement. 

Alors, lorsque vous êtes ici, assurant la sécurité du Niger, vous assurez aussi la sécurité de la France. Vous faites une belle et grande mission puisque vous contribuez à accompagner le Niger dans la tâche qui est la sienne de surveiller ses frontières et d’assurer partout la protection de son propre territoire. Vous coopérez avec les armées nigériennes dans des domaines techniques, je pense notamment à l’aménagement aéroportuaire de la base de Niamey. Et si vous êtes là, c’est parce que nous sommes maintenant rentrés dans une nouvelle opération que le ministre de la Défense m’a présentée et que j’ai acceptée : l’opération Barkhane. 

Je suis allé en Côte d’Ivoire hier, je suis au Niger aujourd’hui, je serai demain au Tchad et c’est en définitive pour présenter à nos partenaires ce que nous voulons faire dans cette partie-là de l’Afrique. L’opération Barkhane, c’est pas une opération comme Sangaris. 

L’opération Barkhane, c’est une organisation pour accompagner les Africains et leur permettre d’assurer eux-mêmes leur propre sécurité. L’opération Barkhane va donc nous obliger à redéployer nos forces en Afrique de l’Ouest. Et demain, au Tchad, je confirmerai que les structures de commandement seront maintenant à Ndjamena. 

Et vous, dans ce dispositif, vous jouez un rôle très particulier avec le détachement air. Vous permettez d’appuyer les Africains là où ils sont en difficulté, notamment l’appui aérien, le renseignement et la capacité d’action ciblée. Donc, le détachement air de Niamey avec ses drones, et je vais avoir maintenant une connaissance très précise du drone et aussi des éléments qui permettent d’interpréter les renseignements, c’est vous qui en assurez la qualité, la fiabilité, et c’est essentiel. Le détachement air de Niamey avec ses drones, son pôle logistique, sa capacité d’accueil temporaire d’avions de chasses, d’avions ravitailleurs, d’avions de patrouille maritime de l’aéronautique navale, joue un rôle clé dans l’opération Barkhane. 

C’est la raison pour laquelle je voulais m’adresser à vous. D’abord pour saluer ceux qui vont bientôt rentrer, je sais qu’il y en a quelques-uns, et qui vont après plus de trois mois de mission pouvoir retrouver les leurs. Merci pour ce que vous avez fait au cours de ce trimestre. 

Pour saluer aussi ceux et celles qui viennent d’arriver et qui vont maintenant poursuivre la mission. Saluer celles et ceux qui ont pu déjà venir dans le cadre de l’opération Serval ou qui ont pu servir dans l’opération Sangaris, parce que je sais ce que ça a pu représenter. J’ai en cet instant une pensée particulière pour le caporal-chef Thomas GUILLEBAULT qui a été tué ici-même le 26 décembre 2013 dans l’exercice de sa mission pour notre pays. J’ai une pensée aussi pour vos camarades qui ont été blessés il y a quelques jours au Mali et pour celui qui a été tué lors d’une attaque-suicide. Je n’oublie pas non plus ceux qui ont été blessés au Niger par l’explosion d’une mine, c’était le 12 juin 2013. 

Voilà pourquoi aussi la France peut être solidaire de son armée. Voilà pourquoi la France doit faire les efforts nécessaires pour son armée. Voilà pourquoi la France, malgré toutes les contraintes que vous connaissez sur le plan budgétaire, a décidé de sanctuariser, de préserver les crédits militaires. 

Voilà pourquoi j’ai décidé que la loi de programmation militaire sur laquelle le ministre a des yeux vigilants sera respectée. Ce n’est pas pour simplement satisfaire des demandes des Etats-majors ou des pressions qui pourraient être faites par les uns ou par les autres, non. C’est parce que ces crédits là nous permettent d’être à la hauteur du rôle de la France, de ce qui est attendu de nous, ici, au Niger, dans l’Afrique de l’Ouest et dans bien d’autres terrains, dans bien d’autres théâtres d’opérations. Tout à l’heure j’évoquais l’opération Sangaris en Centrafrique, opération difficile. Le ministre était il y a peu en Centrafrique. Nous allons réussir, mais là il ne s’agit pas de lutter contre le terrorisme, il s’agit de se séparer des populations et d’éviter qu’il puisse y avoir des massacres. 

L’armée doit être préparée à ces missions là, et vous l’êtes remarquablement. 

Je voulais saluer votre courage, saluer votre haut-niveau technique. J’interrogeais un certain nombre d’éléments autour de cette table pour savoir ce qu’ils ou ce qu’elles faisaient. Et chaque fois c’est une compétence particulière. L’armée ce n’est pas simplement le combat, même si parfois c’est le combat. L’armée c’est une somme de compétences, de qualités, de formations qui font que nous pouvons être notamment des appuis pour d’autres, ici en Afrique, mais nous pouvons être capables de répondre à tous les défis qui nous sont posés. Merci donc pour ce que vous faites, merci de m’accueillir à votre table et je vous dis, pour vos missions, que vous avez tous le soutien de la France et l’admiration des Français. 

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