Allocution à l'occasion du dîner d'État au Japon

Sire,

Madame,

Je vous remercie pour la chaleur de votre accueil et les paroles de bienvenue que vous venez de prononcer. En me recevant ainsi ce soir, c’est le peuple français tout entier que vous honorez. Je vous exprime à mon tour le respect et l’amitié de la France.

J’effectue à votre invitation ma première visite d’Etat dans votre pays. Elle n’a qu’un seul but : confirmer la volonté de la France de renforcer encore davantage nos liens avec le Japon.

Nos relations sont en effet exceptionnelles. C’est Claude LEVI-STRAUSS, un grand intellectuel français, qui les décrivait ainsi : « Séparés par des espaces immenses, situés sur leurs franges, la France et le Japon paraissent se tourner le dos. Pourtant, les deux pays partagent le même destin ».

Notre attachement à la démocratie nous unit. C’est le message que j’ai adressé aux représentants du peuple japonais devant la Diète, le plus ancien Parlement d’Asie. Nos deux pays portent également dans le monde le même respect des droits de l’Homme et de la liberté des peuples.

Nos deux pays servent la paix. La France est à vos côtés. Je l’ai rappelé devant la Diète et devant le Premier ministre pour que le Japon obtienne la place qui lui revient au Conseil de sécurité des Nations unies.

La France et le Japon partagent aussi des cultures. Les échanges artistiques et intellectuels ont précédé l’établissement de nos relations diplomatiques, il y a 155 ans.

Dès le XVIIIème siècle, des artisans français se sont inspirés des objets japonais. L’extrême raffinement de vos créations a émerveillé nos plus grands artistes. C’est en France que naquit ce que l’on a appelé le « Japonisme » qui a tant marqué l’art européen dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Il a été le déclencheur d’une révolution : la révolution impressionniste.

La maison et le jardin de Claude Monnet à Giverny, qu’a visités le Prince Hitachi en 2007, rendent un vibrant hommage à votre esthétique.

L’admiration des Français pour la culture japonaise ne s’est plus jamais démentie. Notre intérêt pour le Japon touche aujourd’hui un très large public conquis par la littérature, le cinéma, le spectacle vivant, l’architecture, la gastronomie et même les arts martiaux.

La célébration l’an prochain du 90ème anniversaire de l’établissement des relations culturelles franco-japonaises avec la création, en 1924, de la Maison franco-japonaise fondée par Paul Claudel et Eiichi Shibusawa, sera l’occasion d’affirmer à nouveau notre attachement à l’exception culturelle.

Au fil de leur histoire, nos deux pays ont développé des partenariats particulièrement fructueux. C’est pourquoi, à l’occasion de cette visite d’Etat, j’entends amplifier notre coopération dans tous les domaines, politique, économique, culturel, technologique, scientifique et éducatif.

Sire,

Face à la « tragédie » de Fukushima il y a à peine deux ans, vous vous êtes particulièrement impliqué pour réconforter les sinistrés. En France, un mouvement de solidarité spontané a vu le jour. C’est bien le signe de notre amitié et c’est aussi le symbole de la capacité de votre pays de surmonter une épreuve avec unité, dignité et courage.

C’est grâce à ces vertus que le Japon a réussi une reconstruction exemplaire dans les zones sinistrées. La France est prête à vous accompagner sur ce chemin.

Sire,

J’ai été très sensible à votre implication personnelle dans le développement de nos relations, comme le montrent votre dernière visite, en France, en 1994. Vous avez rappelé la visite que vous avez effectuée, comme Prince héritier, en 1953. Ce serait donc une grande joie de vous accueillir, en France, avec votre famille lorsque vous en aurez la liberté et prendrez cette décision.

Dans cette attente, je vais maintenant, Sire, porter un toast en l’honneur de sa Majesté l’Empereur du Japon, de Sa Majesté l’Impératrice. Je souhaite prospérité et bonheur au peuple japonais.

Restez connecté