Déplacement international :

Déplacement au Liban

16 Avril 2016

Lieu : Beyrouth, Liban

Rubrique : International, développement et francophonie

Type de contenu : Album photosLes photos

La première journée

Type de contenu : VidéoLa vidéo de la déclaration conjointe au Parlement

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte de la déclaration

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Beyrouth – Samedi 16 avril 2016

Monsieur le président,

Je voudrais d’abord vous remercier pour l’accueil que vous me réservez ici, dans le Parlement libanais, avec vos collègues qui se sont associés à cette rencontre. Je tenais à être ici, à Beyrouth, dans ce contexte particulièrement lourd, celui que vous vivez ici, au Liban.

C’est la deuxième fois que je viens depuis que je suis Président de la République ici, au Liban. La première, c’était en novembre 2012 et c’était déjà après un drame qui s’était produit avec l’assassinat du chef du service de renseignement des forces de sécurité intérieure, Wissam AL-HASSAN.

Aujourd’hui je viens et nous sommes avec vous à vos côtés, parce que le Liban vit. Autour de lui, il y a des crises, des guerres et le Liban veut vivre dans l’unité, veut vivre dans la sécurité.

En plus que d’avoir des guerres à ses portes, d’avoir la menace terroriste, le Liban a accueilli et accueille encore des réfugiés en grand nombre, plus de 1.500.000. Et nous devons donc au Liban solidarité, assistance. Nous le faisons, nous, la France, avec un esprit qui est celui du respect et de l’amitié, parce que les liens qui unissent la France et le Liban sont historiques, sont culturels, sont linguistiques, sont économiques aussi mais sont surtout humains.

Il y a tant de Libanais qui ont un lien avec la France. Alors mon message est très simple : la France est aux côtés du Liban. La France fera en sorte que la sécurité du Liban puisse être encore renforcée, avec une coopération militaire. La France est aux côtés du Liban, parce que nous devons vous donner, avec la communauté internationale, les moyens de faire face à la situation des réfugiés. Et la France y prendra sa part.

La France est aux côtés du Liban aussi sur le plan économique, parce que le Liban est un atout pour la région, et parce que le Liban doit avoir une vitalité économique, avec un système financier et bancaire qui puisse être aussi garanti.

Enfin, vous l’avez dit, monsieur le président, je voudrais revenir au Liban le plus rapidement possible, pour rencontrer le Président de la République libanaise. Mais je n’ai pas la réponse ! C’est vous qui l’avez. C’est vous, les parlementaires libanais. C’est un moment aussi crucial que vous traversez, car vous devez régler cette crise, et donner au Liban un Président de la République. Parce que ce sera un signe, ce sera aussi un symbole de ce que vous êtes capables de faire malgré toute la diversité et malgré la gravité des problèmes de la région.

Donc je vous fais confiance, et je sais que vous y parviendrez.

Merci.

Type de contenu : VidéoLa vidéo de la déclaration conjointe au Grand Sérail

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte de la déclaration

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Beyrouth – Samedi 16 avril 2016

Mesdames, Messieurs,

Monsieur le Premier ministre,

Je voudrais d'abord vous exprimer tout le respect que j'ai pour vous, pour votre personne, pour votre fonction, parce que vous exercez votre mission dans un contexte exceptionnel, d'abord par rapport à ce qui se passe autour du Liban, la guerre en Syrie et ce qui se passe aussi et se produit en Irak. Nous savons le courage qui a été  le vôtre pour faire face aussi à des défis internes, celui de la sécurité, celui de l'accueil des réfugiés, celui de la gestion courante de votre pays et parce qu’il n'y a pas de Président de la République qui ait été élu depuis deux ans, il a fallu qu'il y ait des femmes et des hommes qui puissent assurer le travail pour le Liban. Et Monsieur le Premier Ministre, vous avez été en première ligne.

Aujourd'hui comme hier, la France est aux côtés du Liban, par les liens de l'histoire, sûrement, par une proximité géographique, assurément, aussi par les liens qui se sont tissés, génération après génération, entre Français et Libanais. Et puis il y a la culture et la langue. La langue qui permet à la culture de se diffuser et la culture qui permet de découvrir toutes les langues. Et nous avons fait en sorte, Français et Libanais, depuis des décennies et malgré toutes les épreuves que votre pays a pu traverser - et il y en a eu - d'être toujours ensemble ; et vous-même, les Libanais, chaque fois que la France a été agressée, attaquée, mise en cause, vous avez été là.

Par une forme de coïncidence qui n'en est pas une, la veille-même des attentats du 13 novembre qui ont ensanglanté Paris, il s'était produit un attentat ici au Liban, comme s’il y avait une forme de solidarité entre nous dans le malheur et comme si aussi nous étions capables ensemble de trouver les réponses. Ce qui était visé à travers ces actes de guerre, au Liban comme en France, c'était ce que nous représentons : la liberté, le pluralisme, la diversité, la volonté de vivre ensemble.

Alors aujourd'hui je viens non pas pour rencontrer le Président de la République mais pour souhaiter que le plus rapidement possible, il y en ait un au Liban ; puisque la première fois que j'étais venu comme Président de la République française, j'avais été reçu par le Président SLEIMAN. J'aurais pu attendre qu'il y ait un nouveau Président. J'espère que ma visite même va accélérer ce processus mais je ne veux jurer de rien, c'est vous qui avez les réponses. La France fait confiance aux Libanais et au Parlement pour choisir son Président, le Président de la République. Mais je pense que c'est l'intérêt du Liban, c'est l'intérêt de la région, c'est l'intérêt de la communauté internationale qu'il y ait le plus rapidement possible un Président de la République au Liban.

Le temps que l'on utilise parfois pour régler des problèmes insolubles, selon une bonne formule qui avait été inventée par un certain nombre de responsables de la République française il y a bien longtemps, le temps ne peut pas régler à la place des hommes et des femmes. C'est à nous de prendre nos responsabilités et de ne pas jouer avec finalement ce qu'il y a de plus limité dans la vie, le temps ; pas davantage faut-il confier son destin à des puissances extérieures parce qu’elles influencent sans doute, mais elles ne contribuent pas à décider pour les peuples. C'est la raison pour laquelle je suis très attaché, comme l’ont été d'ailleurs tous mes prédécesseurs, à l'unité, à l'intégrité, à la souveraineté du Liban. Il y a une forme de continuité française, d'amitié qui se perpétue.

Aujourd'hui, quelle est la responsabilité de la France à l'égard du Liban ? D'abord mobiliser la communauté internationale. Le Liban accueille plus d'un million et demi de réfugiés. Le Liban voit son économie affectée par ce qui se produit à côté d'elle, une guerre. Le Liban également a besoin d'être conforté et il a tous les atouts pour réussir son développement, avec un système financier particulièrement efficace. La France mobilisera la communauté internationale et le 27 mai, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc AYRAULT viendra au Liban. Il réunira aussi le groupe international de soutien au Liban pour que nous puissions fédérer toutes les bonnes volontés, toutes les initiatives, tous les dons pour le Liban.

Ensuite, la France est attachée à la sécurité du Liban parce que d'une certaine façon, et je le répète pour d'autres régions du monde et surtout pour celle-là, la sécurité du Liban, la paix au Moyen-Orient, c'est la sécurité de la France et c'est la paix dans le monde. Alors nous ferons en sorte – et c'est le sens de la présence ici de Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la Défense - d'apporter une aide immédiate pour renforcer les capacités militaires du Liban,  notamment pour lutter contre le terrorisme mais aussi pour faire face à toute menace. Dès les prochains jours, Jean-Yves LE DRIAN avec son homologue définira les moyens matériels qui pourront être mis très rapidement à la disposition du Liban pour assurer sa sécurité.

Enfin, il y a la question de la solidarité à l'égard du Liban face à la question des réfugiés. Le Liban a fait face avec beaucoup de courage à l'afflux de réfugiés venant de Syrie et a consenti un effort exceptionnel pour l'accueil et avec aussi des conditions matérielles qui font honneur à votre pays. Alors là encore, j'ai décidé que la France devait être à vos côtés. L'aide française aux réfugiés qui sont au Liban sera portée à 50 millions d'euros dès cette année, 100 millions d'euros sur les trois prochaines années. Nous ferons aussi en sorte d'engager notre programme de réinstallation des réfugiés à partir du Liban avec le concours du HCR, Haut Commissariat aux réfugiés, de manière à ce que nous puissions être conformes aux engagements que j'ai pris au nom de la France, en Europe, pour la répartition des réfugiés. Je serai d'ailleurs en Jordanie aussi pour assurer ce même programme de réinstallation.

Enfin il y a la culture. Nous voulions aussi que cette visite puisse marquer ce qui nous est commun, ce qui nous permet de rayonner partout dans le monde. Le Liban rayonne par lui-même mais aussi par tous les Libanais qui sont dans le monde et qui parlent français et qui portent la culture française. Vous parliez de la mission laïque avec tous ces établissements, toutes ces missions qui partout dans le monde font que le français puisse être enseigné, et la culture française et la culture, devrais-je dire, de langue française, ce qui n'est pas la même chose, puisse être partagée. Et là encore je me félicite du Salon du livre qui va se tenir au mois de novembre ici à Beyrouth ; un des plus grands salons de la francophonie au monde. Nous avons plein de projets pour le cinéma, pour les arts plastiques parce qu’au Liban, comme souvent les peuples qui ont été en très grande difficulté, qui sont menacés même par rapport à leur propre existence, par rapport à leur propre vie, il y a une forme de vitalité, d'énergie, de création qui justifient là aussi que la France soit à vos côtés parce que vous êtes nos amis et parce que nous voulons être plus que jamais les vôtres.

Merci.

Type de contenu : VidéoLa vidéo de la déclaration pour la communauté française

Type de contenu : VidéoLa vidéo du toast lors du dîner

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte du toast à la résidence des pins

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Messieurs les Présidents,

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames, messieurs les Ministres,

Mesdames, messieurs les Parlementaires,

Chers Amis,

Je suis heureux de vous recevoir ici, à la Résidence des Pins si connue pour les évènements historiques qui s'y sont produits. Je vous remercie d'être venus à notre invitation, tous, sans distinction, avec la même volonté de saluer l'amitié entre le Liban et la France.

Il y a en effet entre nous des liens solides qui remontent à loin et qui, de génération en génération, se transmettent comme pour bien montrer que les épreuves ne peuvent en aucune façon altérer la relation entre nos deux pays.

Vous savez l'attention que la France porte au Liban. Elle se tient à ses côtés dans toutes les circonstances parce que la France est consciente de ce que le Liban représente et aussi parce que le Liban est un pays plus grand que lui-même si j'en juge aussi par le nombre de Libanais qui vivent hors du Liban. Aussi, chaque fois que votre pays est menacé, le monde doit se sentir concerné et la France, mobilisée. Quand elle s'engage pour le Liban, la France le fait sans arrière-pensées, sans calcul dans le seul souci, le seul objectif de lui être utile.

J'avais effectué ma première visite officielle au Liban le 4 novembre 2012. Je venais d'être élu Président de la République et le Président SLEIMANE m'avait accueilli. C'était mon premier déplacement au Moyen-Orient comme chef de l'Etat et je tenais à commencer par le Liban.

Je reviens aujourd'hui dans un contexte qui s'est encore alourdi puisque votre région traverse une période particulièrement sombre, pleine de souffrances, de tragédies avec le terrorisme, avec les violences contre les civils, avec des déplacements massifs de population et avec des crimes contre l'humanité. Le Liban en est directement affecté. Il l’est dans sa sécurité, dans son fonctionnement institutionnel, dans sa vitalité économique comme dans sa cohésion sociale - je pense notamment au fardeau que représente le poids des réfugiés. La solidarité dont vous avez fait preuve une fois encore, peut être soulignée par la communauté internationale.

Vous avez montré depuis plusieurs années, face à tous ces périls une belle capacité de résistance et une grande leçon de vie. Le Liban, c'est vrai, tire sa force de l'apaisement de ces dernières années après les déchirements qui avaient endeuillé tant de familles libanaises. Mais la résistance ne suffit pas. La capacité de résilience non plus. Quand la crise se prolonge, que les difficultés s'accumulent, il y a des défis sans cesse plus élevés à relever.

Le premier de ces défis est institutionnel. Je pense au blocage actuel qui prive le Liban, depuis près de deux ans, d’un Président de la République. Le plus grand danger serait de se résigner à la vacance à la tête de l’Etat et de s'en remettre ou au temps qui, finalement, n'est jamais la solution ; ou bien à l'extérieur, qui peut parfois être la pire des solutions. Je souhaite donc que les partis libanais parviennent à un compromis qui permette d’élire un Président de la République, de former un gouvernement et de procéder rapidement à des élections législatives pour que chacun puisse être justement représenté.

La France n'a qu'un seul candidat, qu'un seul agenda, qu'une seule ambition : c'est le Liban. Nous n’avons comme volonté que d’aider le Liban et en aucune manière d'interférer dans la vie du peuple libanais et de ses représentants.

Mais nous voulons faire davantage car quand un ami est en difficulté, notre premier devoir c'est de lui permettre de garder sa vitalité économique - je salue ici de nombreux chefs d'entreprise qui, en France comme au Liban, contribuent à l'animation de nos échanges. Nous avons voulu à travers l'Agence Française de Développement permettre au Liban d'accéder à des financements mais pour que notre concours puisse être effectif, il doit être approuvé par le gouvernement libanais - c'est le cas - et ratifié par le Parlement - ce qui suppose encore un effort. Et je sais là aussi pouvoir compter sur l'esprit de responsabilité de chacun pour que les accords que nous pouvons passer puissent le plus souvent être traduits dans la réalité.

Le second défi est sécuritaire. Le Liban a la guerre à ses portes et il a payé lui-même un lourd tribut au terrorisme. Beyrouth a été frappée la veille même des attentats de Paris. Vous, c'était le 12, nous c'était le 13. Beaucoup de Libanais ont alors craint pour la France au moment même où ils étaient frappés et où ils pouvaient s'inquiéter d'abord d’eux-mêmes. Je remercie l'ensemble du peuple libanais pour la solidarité qu’il a manifestée après les attentats de Paris. Le fait que ce pays, qui a souffert autant, ait eu cette attitude, ce geste de solidarité nous a beaucoup touchés.

Je sais aussi que le Liban doit se défendre et j'ai une pensée particulière pour l'armée libanaise dont les soldats assument courageusement leur mission de protection du Liban. La France, je le réaffirme ici comme je l’ai fait auprès des autorités libanaises, poursuivra sa coopération et fournira très vite de nouveaux équipements dès lors qu'ils sont demandés par le Liban.

La stabilité de votre pays dépend aussi du règlement de la crise syrienne. Les négociations s’ouvrent. Une trêve a été proclamée. Elle est pour l'essentiel respectée même s’il y a des manquements. La solution, nous la connaissons. C'est une fois encore, l'union des Syriens contre l'extrémisme mais aussi la volonté de ne pas accepter ce qui a été fait et qui est intolérable. Le moyen d'y parvenir, c'est de négocier dans le cadre fixé par le Conseil de sécurité pour engager la transition politique. Nous y travaillons et la France fera ce qu'elle doit faire pour que, avec ses partenaires, avec ses amis, parfois même avec un certain nombre de pays qui sont essentiels pour la conclusion de cet accord, nous puissions arriver à ce résultat.

Enfin, il y a la question des réfugiés. Le Liban, je l’ai dit, fait plus qu'il ne devrait en accueillant sur son sol plus d'un million et demi de réfugiés, l'équivalent du tiers de sa population. Une telle proportion n'existe nulle part ailleurs et je veux ici le souligner. Alors là encore, la France a décidé de soutenir le Liban. J'ai dégagé avec le gouvernement de Manuel VALLS, cent millions d'euros supplémentaires, pour que vous puissiez assurer les conséquences de la crise syrienne. Cinquante millions d'euros seront débloqués dès cette année. Mais là encore, il ne s'agit pas simplement d’émettre des financements pour être finalement en paix avec notre conscience. J'ai pris des engagements au niveau européen, je les rappelle ici, et je ferai en sorte qu’il puisse y avoir des réinstallations de réfugiés qui sont aujourd'hui au Liban, vers la France. En plus de ce que nous avons fait, deux mille réfugiés seront lors des deux prochaines années, réinstallés en France. Mais il faut aussi faire clairement apparaître notre objectif : que les réfugiés puissent revenir chez eux dès que les conditions de sécurité le permettront car il est clair que la solution ne peut pas être l'implantation au Liban.

Messieurs les Présidents, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les membres du gouvernement, du Parlement, je voulais aussi souligner ce qu'est la relation entre la France et le Liban au-delà des épreuves, au-delà des défis, au-delà des exigences que nous avons portés. C'est une relation qui s’enrichit par la culture et nous avons cette chance d'avoir une présence artistique et intellectuelle exceptionnelle de Libanais en France dans la mode, dans la musique, dans la littérature, dans le théâtre. Je pourrais en citer de nombreux Amin MAALOUF, Salah STETIE, Wajdi MOUAWAD que nous venons de nommer dans un de nos plus grands théâtres, mais aussi Etel ADNAN, la grande poétesse et peintre à qui l'Institut du Monde Arabe va consacrer une exposition en octobre - Jack LANG est là. Je pourrais aussi citer Ali CHAHROUR, grand chorégraphe, dont deux spectacles seront présentés au prochain Festival d'Avignon. Je dis ça parce que beaucoup de Libanais vont venir ou à Paris ou en Avignon pour porter leur fierté auprès de ces artistes.

Mais je veux également souligner ce qu’est le grand Salon du livre francophone à Beyrouth qui se tiendra en novembre prochain. C'est un des plus importants au monde et là encore, je pense que c'est une fierté commune que nous pouvons partager.

Enfin, je l’ai dit, il y a de grandes entreprises, il y a des acteurs économiques qui contribuent également à nouer entre la France et le Liban des liens très importants. Voilà pourquoi, au-delà des élans du cœur, au-delà de l'histoire, au-delà de l'amitié que nous pouvons nous porter les uns les autres, la France ressent une responsabilité particulière vis-à-vis des Libanais. Je vous l'affirme ici, la France sera toujours à vos côtés parce qu'elle sait que dans l'épreuve mais également dans la joie et la culture d'une langue partagée, vous, les Libanais, vous êtes toujours avec la France.

Merci.

 

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte de la déclaration à la communauté française

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Beyrouth – Samedi 16 avril 2016

Mesdames, Messieurs,

Mes chers compatriotes,

Je suis donc ici à Beyrouth. C'est la deuxième visite que je fais depuis que je suis élu Président de la République. La première, c'était en novembre 2012, la situation était déjà délicate : un assassinat venait de se produire, celui d’un haut responsable des renseignements et j'avais été reçu par le président SLEIMAN.

Je reviens aujourd'hui dans un contexte lourd que vous connaissez –la sécurité qui est toujours menacée, la guerre à vos portes, le terrorisme, les difficultés économiques - et donc je voulais montrer, comme vous le faites d'ailleurs à travers votre présence ici, la solidarité de la France à l'égard du Liban.

La solidarité, le mot est faible : l'amitié de la France à l'égard du Liban. Je suis venu avec le ministre de la Défense, Jean-Yves LE DRIAN, parce que nous avons besoin de rassurer nos amis libanais - ce que j'ai fait auprès du Premier ministre comme auprès du Président du Parlement. Mais nous voulons aussi montrer que la vie doit l'emporter sur toutes les peurs, toutes les menaces. C'est pourquoi je tenais aussi à ce que la ministre de la Culture, Audrey AZOULAY, puisse être ici et dialoguer avec son homologue pour porter la belle aventure de la francophonie.

Je voudrais saluer aussi des parlementaires qui sont également présents et qui témoignent des liens profonds, intenses qui unissent beaucoup de nos territoires avec le Liban.

C'est vrai que nous sommes dans un lieu, Monsieur l'Ambassadeur, votre résidence, qui est un lieu d'histoire. N’ayez pas peur, nous ne viendrons pas nous y installer quoi qu'il arrive même si la tentation existe, j'en conviens. C’est un lieu d'histoire de France et d'histoire du Liban puisque c'est ici que le Général de Gaulle en 1941 était venu pour dire son amour pour le Liban. Il avait eu cette phrase qui était que les Libanais étaient le seul peuple au monde dont le cœur n'avait cessé de battre au rythme du cœur de la France. Aujourd'hui encore le peuple français a le cœur qui bat chaque fois que le Liban peut être menacé. Je suis sûr que les Libanais - et vous ici au Liban - vous avez le cœur qui bat quand on essaie de nous attaquer, en France, ce qui s'est produit.

Par une coïncidence qui n'en était d'ailleurs pas une, avant le 13 novembre, il y avait eu un attentat ici même à Beyrouth, c'est-à-dire que le Liban était visé, comme la France, parce que le Liban et la France portent d'une certaine façon et dans des conditions différentes, les mêmes valeurs de liberté, de pluralisme, de tolérance. En attaquant le Liban, on attaquait la France et en attaquant la France, on attaquait ce qui ici est en jeu au Liban.

Alors je venais ici aujourd'hui – et j'y serai aussi demain - pour marquer d'abord mon respect à l'égard des autorités libanaises et notamment du Premier ministre Tammam SALAM, parce qu’il a tenu bon au-delà des épreuves. Il avait fait en sorte avec son gouvernement de pouvoir gérer le Liban dans ce contexte si difficile, de pouvoir assurer sa sécurité et également d'accueillir des réfugiés, des réfugiés en grand nombre car le Liban a fait en sorte de pouvoir fournir un soutien à un 1,5 million de réfugiés (et sans doute le chiffre est-il encore sous-estimé). Parce qu’il y a eu une solidarité humaine, qu'il n’y a pas eu forcément les camps comme ailleurs, on a fini par oublier que le Liban avait une large part du fardeau de la crise syrienne.

C'est pourquoi j'ai voulu rappeler aussi bien au Premier ministre qu’au président du Parlement Nabih BERRI, que la France allait prendre une nouvelle initiative de réunir le groupe international d'aide au Liban de façon à ce que la mobilisation de la communauté internationale soit la plus large possible et que dès le mois de mai, nous puissions fédérer toutes les initiatives, agréger tous les soutiens, tous les concours pour que le Liban puisse être soutenu comme il le mérite. Je sais aussi ce qu'il y a dans l'esprit de beaucoup de Libanais et vous partagez cette préoccupation : ne pas vouloir que ces réfugiés qui sont venus de Syrie puissent considérer qu'ils auraient maintenant leur avenir ici. Non, leur avenir est en Syrie. Nous devons tout faire pour que la Syrie puisse trouver une issue après quatre années de drames, de tragédies, de massacres, de bombardements. Nous sommes sans doute dans un moment crucial puisque la trêve, même si elle n'est pas complètement respectée, a permis de retrouver le chemin de la discussion, de la négociation avec la perspective d'une transition politique. La France y prendra toute sa part. Comme la France parle à tous les partenaires les plus différents (l'Arabie Saoudite, la Turquie, l'Iran, bien sûr la Russie, les Etats-Unis, l'ensemble des pays qui sont confrontés au même mal, aux mêmes drames, des pays qui peuvent jouer aussi un rôle), nous devons saisir cette opportunité et être sévère à l'égard de ceux qui voudraient l'entraver parce que nous devons assurer un avenir à la Syrie. Nous devons d'ailleurs montrer qu’il est possible de reconstruire un pays - vous le faites ici et vous l'avez fait avec vraiment un sens aigu de la réconciliation d'abord, et de la qualité de ce que l’on pouvait faire ensemble pour donner une nouvelle image du Liban.

Nous avons aussi à assurer la sécurité du Liban. Vous savez que - je salue ici les militaires qui sont présents - la FINUL est là depuis de longues années. Vous savez aussi ce qu'a été le sacrifice de beaucoup de nos soldats et j'aurai l'occasion une fois encore de témoigner la gratitude de la France à leur égard. J'ai donc confirmé que la France continuerait -et le ministre de la Défense s'y est engagé - à maintenir nos effectifs dans le cadre de la FINUL. Mais nous devons faire davantage. Nous devons donner au Liban les capacités militaires que ce pays attend. Ce pays veut se défendre, veut se protéger. Son armée nationale a aussi montré cette volonté, cette capacité, cette qualité. Alors j'ai décidé que nous ferions en sorte d'apporter immédiatement les moyens matériels et les moyens aussi capacitaires pour que l'armée libanaise puisse être renforcée dans les prochains jours.

Et puis, j'y reviens, il y a la question des réfugiés. Cette question n'est pas simplement celle que les Libanais ont à affronter, c'est une question qui nous intéresse tous, et d'abord l'Europe et la France. Pendant près de quatre ans, l'Europe a pensé que la crise syrienne, la crise irakienne qui provoquaient des millions de déplacés, des millions de réfugiés n'auraient aucune conséquence sur notre propre situation. Une forme d'aveuglement où déjà la communauté internationale n'était pas suffisamment mobilisée pour mettre un terme à ce conflit, mais aussi pas assez consciente que lorsque des millions de personnes ne savent plus où aller, elles finissent par traverser la mer tout simplement pour aller chercher refuge et protection dans nos propres pays.

Alors, soulager le Liban, aider le Liban, soutenir les réfugiés, c'est aussi s'aider soi-même pour que nous ne soyons pas confrontés à des afflux, nous-mêmes, de migrants, de réfugiés, au risque de leur propre vie. Ils viennent également altérer l'idée même que nous nous faisons de l'Europe à travers les contrôles aux frontières, les barrières alors même que nous devons protéger notre frontière extérieure mais en même temps continuer à accorder l'asile.

J'ai donc décidé là encore que nous aiderions le Liban pour faire face à cette charge, à cette exigence de solidarité. Dès cette année, nous mettrons à disposition du Liban 50 millions d'euros pour qu'il y ait justement ce soutien et dans les deux prochaines années 100 millions d'euros parce que c'est notre devoir. Mais j'aurais pu m'arrêter là en disant que finalement, financièrement, nous avions pris notre part, nous sommes quitte, nous avons payé notre dette morale. Non, nous avons aussi à réinstaller des réfugiés qui sont aujourd'hui au Liban, pour les accueillir en France. En 2015, il y a eu mille réfugiés qui ont pu avoir l'accès à ce mécanisme qu'on appelle de réinstallation. Nous avons donc décidé de porter à deux mille l'effort supplémentaire que nous devons faire pour l'année 2016 et 2017. Cest-à-dire que nous allons faire un effort supplémentaire pour accueillir mille réfugiés de plus sur les deux prochaines années et de faire en sorte que ce soit à la fois pour ces réfugiés une solution et pour les familles ou pour les communes qui les accueilleront, les meilleures conditions qui pourraient leur être offertes. Nous voulons le faire parce que c'est une solidarité à l'égard du Liban, à l'égard des réfugiés, et aussi à l'égard de la Syrie parce que nous considérons que ces familles doivent être prioritairement accueillies dans notre pays.

Nous voulons aussi que les Libanais puissent s’aider eux-mêmes mais nous n'avons pas de leçon à leur donner. Nous avons simplement à faire ce constat : quand il n'y a pas d'institutions solides, il y a toujours un risque pour un pays, surtout quand les épreuves sont là. Depuis deux ans, le Liban n'a pas de Président de la République. Depuis deux ans, le Liban cherche à en élire un et je pense qu’il ne faut pas compter sur le temps pour trouver une solution. Le Parlement libanais doit souverainement décider et nous attendons qu'il le fasse parce que c'est l'intérêt du Liban, c'est même l'intérêt de la région, c'est l'intérêt de la communauté internationale. Il ne faut pas non plus compter sur des influences extérieures, elles existent, mais ce ne sont pas des puissances étrangères, pas même la France, qui peuvent décider à la place des Libanais. Alors je fais confiance au Parlement libanais pour qu'il puisse non seulement trouver la voie d'un compromis pour élire un Président de la République, former un gouvernement d'unité nationale, procéder à des élections législatives. Je lui fais aussi confiance à ce peuple libanais qui a tant souffert pour qu'il comprenne bien que ses institutions sont aussi son bouclier. Je le fais sans arrière-pensée parce que nous n’avons pas de candidat pour l'élection présidentielle au Liban et nous devons être sans arrière-pensée et sans calcul parce que ce sont finalement les Libanais qui doivent décider. Nous, la France, nous n'avons qu'un seul enjeu, nous n’avons qu'un seul candidat si je puis dire, c'est le Liban lui-même. Et c'est pourquoi nous attendons avec espoir qu'il y ait cette solution.

Il y a l'image que donne le Liban. Je suis de la génération qui a vécu, comme beaucoup d'entre vous, douloureusement, ce qu'était la guerre civile au Liban. Et puis aussi cette capacité formidable de se reconstituer, de se reformer, de refaire un peuple et d'aboutir à cette reconstruction avec cette pluralité - 18 communautés confessionnelles au Liban - et cette exigence du vivre ensemble quelles que soient les difficultés.

Alors vous, la communauté française du Liban, vous êtes au cœur de cette richesse, de cette façon de vivre dans la liberté, dans le pluralisme et dans la tolérance. Pour beaucoup d'entre vous, vous avez des racines profondes au Liban et j'imagine qu'il y a même beaucoup de doubles nationaux, ce qui est une chance pour notre pays, qui aiment à la fois le Liban et la France. Vous faites en sorte dans vos responsabilités, dans vos fonctions, dans vos métiers, de servir le Liban et la France. Il y a aujourd'hui grâce à vous une relation économique qui est intense avec le Liban. Nous exportons d'ailleurs plus vers le Liban que nous n’importons du Liban. Je pense que nous devons le faire dans les deux sens parce que c'est l'intérêt là aussi de nos deux pays. Il y a de grandes entreprises - et j'imagine qu'il y a ici plusieurs de leurs représentants - qui sont présentes au Liban, qui l’ont toujours été, qui ont veillé à le rester. Et puis il y a aussi beaucoup de petites et moyennes entreprises qui font l'effort et aussi ont le bonheur de travailler ici. Vous travaillez vous tous et toutes pour la langue française et je veux là encore exprimer ma gratitude : 41 établissements à programme français, homologués par la ministre de l'Education nationale. Il y a 55.000 élèves dont près de 90% de Libanais qui sont dans ces établissements. Je veux saluer tous les enseignants, tous ceux qui encadrent ces élèves parce qu'ils font vraiment un beau métier et servent une belle vocation. Et puis quand on a été scolarisé en français, on va l'université francophone, à l'université Saint Joseph – 12.000 étudiants, parlant tous français - à l'université libanaise et toutes ses ramifications dans le pays et donc là aussi c'est une chance pour le Liban. Mais c'est une chance pour la France qu’on puisse parler français, apprendre en français, chercher en français, transmettre en français et écrire en français, d’où l'enjeu culturel. Nous avons beaucoup d'artistes, d'écrivains, de plasticiens qui font en sorte de partager leur culture au bénéfice même de la francophonie. Il y aura d'ailleurs un grand salon international de la francophonie à Beyrouth au mois de novembre. On me dit que c'est le troisième du monde… cela doit être le premier parce que c'est le premier qui, avec cette force, veut montrer que la francophonie existe ici au Moyen-Orient, que la culture française est là au Moyen-Orient et qu'elle est au service de la paix, du dialogue, de la tolérance et de la liberté.

Mais nous n’avons pas que de la culture au sens du patrimoine, nous avons de la création et nous avons aussi un incubateur de start-up, French Tech – je ne sais pas pourquoi d'ailleurs on appelle cela French Tech mais enfin cela doit être la modernité - pour montrer que nous sommes les meilleurs. Et nous sommes d'ailleurs les meilleurs en matière de nouvelles technologies. En France, on dit qu'on est les meilleurs qu'en dehors de France. Moi je le fais aussi ici même si nous sommes dans cette résidence en France mais il faut se persuader que nous sommes dans beaucoup de domaines les meilleurs parce qu’on ne le dira pas à notre place. Même si on nous aime beaucoup et on nous aime beaucoup partout dans le monde, quand on dit qu'on est les meilleurs, on prend cela pour de l'arrogance. Donc disons-le, au moins entre nous, au-delà de nous et surtout faisons-le, montrons-le que nous sommes effectivement les meilleurs.

Alors je termine pour vous remercier de ce que vous faites ici pour cette double culture que vous avez, française et libanaise. Je sais qu'il y a des amis libanais qui nous ont rejoints car ils nous sont proches, d'ailleurs tout Libanais d'une certaine façon, est proche de la France, quelle que soit sa confession, quelle que soit son origine et vous nous apportez ici la force de l'amitié entre nos deux pays, la France et le Liban. Et c'est vrai que beaucoup de Libanais sont partout dans le monde. Ce qui fait que chaque fois que je me déplace en Amérique latine, en Afrique, je suis d'une certaine façon avec des Français et avec des Libanais. Et quand je ne le dis pas, ils viennent vers moi et ils me disent : nous sommes du Liban et parfois du Liban de Paris, ce qui, c'est vrai, nous donne à ce moment-là une forme de bonheur à partager. Savoir qu'il y a autant de Libanais partout dans le monde qui parlent le français - 16 millions et encore ils ne doivent pas être pas tous recensés - c'est finalement le plus beau service qu'ils pouvaient nous donner, rappelant ainsi le mot du Général de GAULLE.

Alors nous voulons être aux côtés du Liban. Vous êtes, vous, au Liban. C'est d'ailleurs le plus beau geste que vous pouviez faire, être au Liban et nous, la France, nous sommes aux côtés du Liban parce que nous aimons le Liban, un Liban souverain, un Liban indépendant, un Liban pluriel, multiconfessionnel, un Liban ouvert sur l'extérieur pour que le Liban reste toujours le Liban et la France toujours aux côtés du Liban.

Merci.

La seconde journée

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Type de contenu : VidéoLa déclaration depuis le camp informel de réfugiés de Dalhamiyeh

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte de la déclaration depuis le camp informel de réfugiés

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Je viens de visiter un campement comme il en existe beaucoup au Liban. Il y a à peu près 1 500 camps comme cela avec des familles qui sont venues parce qu’elles fuyaient la guerre qui est toute proche, à quelques kilomètres d'ici.

Ces familles voulaient être un moment accueillies, pensant que cela ne durerait pas trop longtemps. Et puis, elles ont été obligées de rester là beaucoup plus longtemps qu'il n’était prévu. Je veux saluer d'abord les Libanais qui ont fait preuve d'une solidarité exceptionnelle, et penser à tous ces villages qui ont vu affluer des milliers de Syriens qui connaissaient cette partie-là du Liban parce qu’un certain nombre venaient déjà y travailler.

Je veux saluer aussi le HCR, les organisations humanitaires, l'UNICEF pour l'accompagnement, pour l'appui et notamment des enfants. La grande question, c'est la scolarisation des enfants. On voit aussi que beaucoup d'enfants dès l’âge de 8 ans, 10 ans sont obligés de travailler pour nourrir leur famille et dans des conditions qui ne sont pas acceptables.

Alors, je ne viens pas faire simplement une visite pour des constats. La France doit s'engager d'abord à soutenir le Liban et les organisations humanitaires. C'est la raison pour laquelle, dès cette année, 50 millions d'euros seront mis à la disposition du Liban et donc des organisations humanitaires pour améliorer encore l'accueil et surtout permettre qu'il y ait sur le plan de la santé – c'est un problème très important – et sur le plan de la scolarité davantage encore, pour que ces enfants puissent avoir un espoir et puissent attendre.

Mais nous voyons bien que nous devons aussi prendre notre part. C'est pourquoi il y aura des réinstallations, c'est-à-dire qu’un certain nombre de familles pourront être accueillies en France. Il y en a eu 1 000 en 2015, il y en aura 2 000 de plus pour cette année et l'année prochaine. Mais ce que demandent ces familles pour l'essentiel, et nous en parlions avec la responsable du HCR, ce n’est pas d'aller en Europe : c'est de pouvoir retourner le plus rapidement chez elles. C'est cela qui est demandé, j’allais dire prioritairement, immédiatement : pouvoir enfin être de retour dans une maison qui, le plus souvent, a été détruite, mais pour reconstruire le pays. C'est ce que souhaitent aussi les Libanais : qu'il n’y ait pas d’implantation durable parce qu’ils ont fait preuve d'une hospitalité remarquable, mais ils ne veulent pas que puissent s'installer dans les années qui viennent des camps ici au Liban.

Alors quelle est la responsabilité là encore de la France ? C'est de faire en sorte qu'il puisse y avoir une sortie de crise en Syrie, une transition politique. C'est ce que je fais depuis maintenant quatre ans. D’abord, faire en sorte que nous puissions lutter contre le terrorisme. Faire en sorte que nous puissions dire que ce qu'a fait le régime syrien avec ses exactions ne peut plus être toléré. Faire qu'il y ait autour de la même table toutes les parties prenantes pour qu'il y ait une solution politique en Syrie et quand il y aura la paix – car la paix est possible – alors ces familles retourneront de là où elles viennent, c'est-à-dire de Syrie et pourront refaire leur vie.

Nous devons faire en sorte que les enfants qui ont vu des drames épouvantables, qui ont assisté parfois à des bombardements, à des massacres, qui ont ces images de violence puissent être accompagnés, éduqués. Et c'est ce qui se passe ici. Je veux vraiment saluer le travail qui est mené pour que ces enfants ne perdent pas leur temps et puissent être formés, qu'ils puissent apprendre, et quand ils reviendront en Syrie puissent pleinement participer à la reconstruction de leur pays. Voilà le sens de ma présence : soutien ; solidarité à l'égard du Liban, c’est-à-dire en fait aujourd'hui à l'égard des réfugiés et aussi volonté politique de faire que ces réfugiés puissent d'abord être des Syriens vivant dans leur pays.

Merci à tous.

Journaliste : Vous avez rencontré hier les leaders politiques libanais. Est-ce que vous avez réussi à débloquer la situation ?

LE PRESIDENT : Alors, je vais vous répondre mais ce que je voulais lancer comme message, c'était quand même d'abord un message pour les réfugiés, pour les organisations humanitaires, pour les Libanais. Mon premier devoir, c'est d'annoncer une aide supplémentaire de la France en plus de ce que fait l'Europe, en plus de ce que fait la communauté internationale avec le HCR pour que nous puissions contribuer à ce partage du fardeau ici, mais que nous puissions aussi porter une solution politique - je viens d'en parler.

Alors, nous devons aussi assurer la sécurité des Libanais. La somme, je ne vous la donnerai pas parce qu’elle fait partie de l'accord que nous avons avec les Libanais. Vous savez qu’il y avait un contrat qui intéressait l'Arabie Saoudite, la France et le Liban. Pour l'instant, ce contrat est suspendu, mais la France continuera de demander qu'il puisse retrouver son effectivité. En attendant, la France apportera par elle-même des capacités militaires au Liban.

Enfin sur le plan politique, c’était un moment exceptionnel puisque tous les représentants de la société politique libanaise étaient à la résidence de France. Je leur ai dit ce qu’était ma position et mon espoir : c'est que les Libanais trouvent eux-mêmes la solution, c'est-à-dire élisent le plus rapidement possible un Président de la République, procèdent à une réforme électorale, et puissent ensuite permettre aux Libanais de voter.

Je leur ai dit que la France n’avait qu’un seul candidat pour cette élection : ce candidat s'appelle le Liban. C’est le Liban qui doit être finalement le seul bénéficiaire d'une solution libanaise et qu'il faut toujours écarter tout ce qui vient de l'extérieur. Donc moi-même, je ne me permettrai pas une ingérence mais je dirais simplement que pour le Liban et pour la région, c'est important d'avoir un Président, c’est même décisif. Vous savez que par les accords qui ont été passés, depuis longtemps, ce sera un président chrétien. C'est important qu'il y ait aussi dans cette région du Moyen-Orient un président chrétien.

Merci à vous.