Avril 2014

Type de contenu : Communiqué de presseLe programme

Conseil européen des 14 et 15 mars 2013

M. François HOLLANDE, président de la République, se rendra au Conseil européen, les 14 et 15 mars 2013, à Bruxelles.

 

PROGRAMME PREVISIONNEL

JEUDI 14 MARS 2013

16h00                      Réunion de travail avec le Parti Socialiste Européen (PSE) au Square - Bruxelles Meeting Centre

16h45                      Arrivée du président de la République au Justus Lipsius

17h00                      Echange de vues des membres du Conseil avec M. Martin SCHULZ, président du Parlement européen

17h40                      Première session de travail

20h15                      Dîner de travail

A l’issue du dîner, Sommet des Chefs d’Etat ou de Gouvernement de la zone euro.

 

VENDREDI 15 MARS 2013

9h45                        Arrivée du président de la République au Justus Lipsius

10h00                      Deuxième session de travail

Première journée

Type de contenu : Album photosLes photos

Réunion de travail avec le Parti socialiste européen

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLa déclaration à l'issue de la rencontre avec M. Sergei STANISHEV, President du PSE

Déclaration du président de la République à l'issue de sa rencontre avec M. Sergei STANISHEV, President du Parti Socialiste Européen (PSE)

Mesdames, Messieurs,

 

L’enjeu du Conseil européen qui va s’ouvrir, c’est de rappeler la stratégie de croissance qui doit être celle de l’Europe. Nous avons en effet, comme il a été rappelé, engagé un pacte de croissance au mois de juin dernier. Il se met en œuvre et nous devons faire en sorte qu’il ait le plus d’impact possible en 2013.

 

De la même manière, nous devons engager un programme pour l’emploi des jeunes. Là encore, nous pouvons, dans ce Conseil européen, non seulement réaffirmer l’objectif, mais mobiliser des moyens. Nous devons parallèlement adapter, autant qu’il sera possible, nos nécessaires programmes d’ajustement budgétaire par rapport à ces objectifs de maintien de stimulation de l’activité.

 

Nous devons coordonner nos politiques économiques, faire en sorte qu’il y ait sur la zone euro – ce sera l’objet d’une discussion qui aura lieu ce soir tard – une vision commune de ce que doivent faire les principaux pays : ceux qui ont des efforts à réaliser ; et ceux qui, ayant rétabli leurs comptes publics et ayant des excédents de balance commerciale et de balance des paiements, peuvent stimuler l’activité intérieure et donc européenne.

 

Nous avons besoin, aujourd’hui, d’une Europe qui réponde à la demande des peuples – qui n’est pas de défaire l’Europe, au contraire ; qui est de faire que l’Europe puisse être une source d’espérance et non pas simplement de contrainte. Les contraintes sont celles des finances publiques, elles doivent être surmontées. Mais l’Europe doit être une nouvelle frontière qui permet, justement, de rassembler nos forces.

 

A cet égard, il y a une discussion qui s’est engagée, entre le Parlement européen et le Conseil européen, pour le cadre financier des prochaines années. La résolution qui a été votée par le Parlement européen est une forme de dialogue. C’est ainsi que je l’interprète, pour permettre ce que j’ai d’ailleurs introduit dans les conclusions de l’accord intervenu au Conseil européen, la flexibilité maximale pour l’utilisation des crédits et un accord de révision, qui puisse intervenir afin que nous puissions justement adapter le cadre financier aux exigences de la croissance.

 

Voilà les quelques mots que je voulais prononcer, ici, rappelant que le Parti socialiste européen contribue avec des chefs de gouvernement – j’allais dire à chaque Conseil européen plus nombreux ! – à faire en sorte que nous puissions donner cet esprit à l’Europe. Parce que nous sommes des partis européens et nous voulons que l’Europe réussisse. Merci.

Arrivée du président de la République au Justus Lipsius

Type de contenu : VidéoLe point de presse en vidéo

Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral du point de presse

Point de presse du président de la République lors de son arrivée au Conseil européen

QUESTION : « Est-ce que la France pourrait livrer des armes aux rebelles syriens ? »

LE PRESIDENT : « La France considère qu’aujourd’hui, en Syrie, des armes sont livrées. Au régime de Bachar El ASSAD et notamment par les Russes. Nous, nous souhaitons que les Européens lèvent l’embargo sur les armes. Non pas pour aller vers une guerre totale, nous pensons que la transition politique doit être la solution pour la Syrie. Mais, dès lors que nous devons faire pression et montrer que nous sommes prêts à soutenir l’opposition, alors nous devons aller jusque-là. C’est ce que je vais dire aussi à mes collègues européens et de ce point de vue, les Britanniques et les Français sont d’accord pour cette option.

La France doit d’abord convaincre ses partenaires européens parce que nous sommes liés les uns les autres. Mais nous devons aussi prendre nos responsabilités. On ne peut pas laisser un peuple se faire massacrer, comme il l’est aujourd’hui, par un régime qui a fait la démonstration que le pour le moment – et je crois que c’est suffisamment clair – il ne veut pas de discussion et de transition politique ».

QUESTION : « Dans quel délai allez-vous lever l’embargo ? »

LE PRESIDENT : « Nous en parlerons avec les Européens. Mais, d’ores et déjà, nous avons dit – Britanniques et Français – que nous étions pour lever l’embargo.

QUESTION : Y a-t-il divergences entre nos positions et celles des britanniques ?

LE PRESIDENT : « Nous avons la même position là-dessus, parce que nous considérons qu’aujourd’hui il y a un peuple qui est en danger. Il y a près de 100 000 morts depuis le début du soulèvement. 100 000 morts en Syrie ! Alors nous devons dire à cette opposition qu’elle doit mettre de la cohérence – c’est ce qu’elle a fait.

J’ai été le premier chef d’Etat à reconnaitre la légitimité de la Coalition nationale, c’est à dire de l’Opposition syrienne, considérant qu’elle représentait le peuple syrien. Maintenant nous devons lui donner les moyens d’obtenir enfin gain de cause, c’est-à-dire le départ de Bachar El ASSAD ».

QUESTION : « Une question sur le budget européen. Hier, le Parlement européen a rejeté les propositions du Conseil européen… »

LE PRESIDENT : « Le Parlement européen a voté une résolution permettant qu’il y ait un dialogue qui s’engage entre le Conseil européen, qui a pris une position sur le cap financier pour les années qui viennent, et le Parlement européen qui, lui, veut avoir un certain nombre de conditions respectées – une flexibilité totale dans l’utilisation des crédits – et avoir aussi une clause de révision en cours d’exercice du cadre financier européen.

Je pense que c’est une bonne base pour que nous trouvions un accord entre le Parlement européen et le Conseil européen puisque c’est maintenant le Traité qui l’exige. La France fera en sorte que nous puissions trouver ce compromis ».

QUESTION : « Est-ce que vous pensez convaincre vos partenaires ? Il faut être souple ? »

LE PRESIDENT : « Oui, la souplesse est nécessaire, si l’on veut que la croissance puisse être la priorité. Mais, en même temps, il y a des engagements qui ont été pris, une trajectoire qui doit être confirmée. C’est justement parce qu’il y a cet engagement qu’il peut y avoir de la souplesse. Parce que la seule priorité qui convienne aujourd’hui, au-delà des engagements budgétaires, c’est la croissance. S’il y avait trop de rigidité, il y aurait à ce moment-là trop de chômage. Merci. »

Première conférence de presse

Type de contenu : VidéoLa conférence de presse en vidéo

Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral de la conférence de presse

Conférence de presse du président de la République au Conseil européen

LE PRESIDENT : « Nous nous retrouvons à une heure très tôt de la soirée. Le Conseil européen a tenu une réunion à vingt-sept sut les orientations économiques de l’Europe pour l’année 2013. Il y aura une réunion de la zone euro juste après cette conférence de presse et demain une nouvelle session à vingt-sept sur les questions internationales et plus particulièrement sur les relations avec la Russie.

Je voulais vous rendre compte de ce que j’ai retenu de cette première séance, sur l’orientation économique de l’Europe. Chacun est bien conscient que nous avons réussi, ces derniers mois, à renforcer la stabilité de la zone euro et que des progrès considérables ont été accomplis. De la même manière, chacun mesure bien que les ajustements budgétaires, notamment dans les pays les plus endettés ou plus en déficit, ont été courageusement menés à bien. Même s’il y a encore un certain nombre d’efforts à accomplir.

Mais l’objectif aujourd’hui, c’est de soutenir la croissance et de faire en sorte que les disciplines budgétaires soient compatibles avec cette perspective de croissance. Il y a eu également une grande convergence de vue, sur la nécessité, déjà rappelée dans le cadre financier européen, de tout faire pour lutter contre le chômage des jeunes. Contre le chômage en général, celui des jeunes notamment. J’ai insisté pour que, sur trois points, nous puissions démontrer aux Européens que nous prenons en compte ce qu’ils ressentent, c’est-à-dire le besoin de croissance et la volonté de trouver, dans les choix qui sont faits en Europe, des raisons d’espérer.

La première décision, ce sera de mettre en œuvre, avec un rythme accéléré, le pacte de croissance qui a été adopté au mois de juin dernier. Beaucoup a déjà été fait, notamment la recapitalisation de la Banque européenne d’investissement – 10 milliards d’euros – qui permet de prêter 60 milliards d’euros. Ce qui va conduire à la réalisation de 180 milliards d’investissements.

De même, il y a eu une mobilisation des fonds structurels. Mais nous pouvons aller encore plus vite et élargir les « project bonds », c’est-à-dire les emprunts qui peuvent être liés à des partenariats public-privé, pour parler simple. Nous pouvons mettre en œuvre, à un rythme plus rapide qu’aujourd’hui, le pacte de croissance.

La Commission européenne fera donc rapport, au mois de juin, sur l’exécution de ce pacte, qui, je le rappelle, représentait 120 milliards, mais avec un effet multiplicateur qui peut aller bien au-delà.

La deuxième décision importante – et la France a joué tout son rôle – c’est le plan pour l’emploi des jeunes. C’est-à-dire de permettre qu’entre en vigueur, dans les pays qui ont un taux de chômage des jeunes supérieur à 20 ou 25%, cette garantie emploi-formation- qualification pour les jeunes.

La France n’a pas attendu d’ailleurs, la décision du Conseil européen pour prendre les devants à travers les « emplois d’avenir » ou le contrat de génération. Mais nous pourrons mobiliser des crédits du Fonds social européen pour amplifier encore ce que nous faisons en France et cela vaudra pour tous les pays qui saisiront cette opportunité. Dans le cadre financier européen, il a été inscrit 6 milliards d’euros utilisables, dès 2014, pour l’emploi des jeunes. Nous avons demandé que les programmes puissent être rapidement préparés pour être immédiatement mis en œuvre, dès le début de l’année 2014.

Enfin, la croissance, c’est aussi la compétitivité et une politique industrielle. Il y aura donc une suite de Conseils européens qui seront consacrés à la transition énergétique, à la défense – notamment au mois de décembre – et même à l’industrie – en deux temps, au mois de juin et au mois de février 2014 – avec une stratégie également sectorielle. Il y aura un Conseil européen, sans doute à l’automne qui portera sur le numérique.

L’Europe, c’était une demande française, n’est pas simplement un marché, pas simplement une monnaie pour la zone euro. C’est également une stratégie industrielle, où les Etats, avec les politiques européennes, doivent coordonner leurs actions pour que nous ayons une base industrielle qui permette d’être le plus compétitif possible dans la mondialisation. Voilà le sens de ce qui a été évoqué aujourd’hui, dans cette première session du Conseil européen.

Néanmoins, il y a eu avant le Conseil, une intervention de Martin SCHULZ, président du Parlement européen. Il a évoqué le vote – qui est intervenu au Parlement avec une majorité massive, plus de 500 voix – d’une résolution demandant l’ouverture d’un dialogue avec le Conseil européen pour trouver un accord, s’il est possible, au mois de juin. Je m’inscris complétement dans cette démarche. Depuis le traité de Lisbonne, il y a nécessité d’avoir l’accord du Conseil européen et l’accord du Parlement européen pour adopter le cadre financier de l’Europe pour les sept ans qui viennent.

Le Conseil européen a adopté lui, un volume de crédits en engagement : 960 milliards. Cette enveloppe-là est la base à partir de laquelle les discussions peuvent s’engager. Quand je dis la base, cela n’est pas négociable. En revanche, ce qui est négociable, c’est la flexibilité. En termes plus simples, c’est-à-dire le fait que tous les crédits puissent être utilisés lorsque sur une action ils n’ont pas permis de l’être, donc reportés sur une autre action ou sur une autre année, et qu’il puisse y avoir une clause de révision, à mi-parcours, peut-être même avant, pour bien adapter le volume de crédits à la réalité financière de l’Europe et économique de la zone.

La question qui reste en débat, c’est de savoir si le budget 2013 fera apparaitre un déficit. C’est la position du Parlement européen qui craint le déficit et qui demande qu’il puisse être comblé. C’est sur ces éléments-là que maintenant la discussion va s’engager. Je souhaite qu’elle puisse aboutir pour qu’un accord général soit trouvé au mois de juin, permettant au Parlement européen de prendre ses responsabilités.

Voilà ce que je peux vous dire sur cette première partie du Conseil et je peux répondre à toutes vos questions ».

QUESTION : « En arrivant vous avez réagi sur la Syrie et sur votre volonté de lever l’embargo sur les armes à destination de l‘opposition syrienne. Est-ce que vous pensez pourvoir convaincre les vingt-sept de vous suivre sur cette voie ? Est-ce que certains sont déjà convaincus ? »

LE PRESIDENT : « Nous n’avons pas encore engagé cette discussion, elle viendra demain. Ma position – ce n’est pas simplement celle de la France, c’est aussi celle du Royaume-Uni – c’est de lever l’embargo dès lors que la preuve est maintenant faite, que le régime de Bachar El ASSAD reçoit des armes et les utilise. Nous ne pouvons pas en rester, simplement, à un régime de sanctions.

Nous avons à convaincre nos partenaires. Mais des progrès ont déjà été accomplis puisque, depuis le 1er mars dernier, le régime des sanctions a été renouvelé et la fourniture d’armes, comme l’on dit, « non létales » a été autorisée. Mais nous pouvons aller plus loin, nous devons allons aller plus loin.

Pourquoi devons-nous aller plus loin ? Parce que depuis maintenant deux ans, il y a de la part de Bachar El ASSAD la volonté claire d’utiliser tous les moyens militaires pour frapper son propre peuple. Il reçoit des armes. 100 000 victimes depuis deux ans ! Pourquoi nous devons aller plus loin ? Parce que toutes les initiatives pour ouvrir une discussion politique, une transition politique, ont pour l’instant été ruinées du fait même de Bachar El ASSAD. Pourquoi nous devons aller plus loin ? Parce qu’il y a des menaces, des craintes même, quant à l’utilisation des armes chimiques.

Dès lors, nous devons prendre nos responsabilités. Je les ai prises depuis plusieurs mois. D’abord parce que la France a été le premier pays à reconnaitre la Coalition nationale comme la représentante légitime de la Syrie. Ensuite, la communauté internationale – en tout cas une bonne part des pays et notamment l’Union européenne – a fini par adhérer à ce principe : la reconnaissance de la coalition.

Aussi parce que la France a toutes les garanties que les fournitures de matériel pourraient être dans des mains qui ne seraient pas celles du fondamentalisme. Enfin parce que nous avons aussi conscience que nous devons apporter, non pas simplement une aide matérielle, mais un accompagnement et une formation. Cela se fera dans des conditions claires, transparentes, sûres.

Voilà ce qui fait que j’ai pu prendre cette décision ».

QUESTION : « Sur le rythme d’assainissement des finances publiques en Europe, diriez-vous que vous avez une divergence stratégique avec la Chancelière Angela MERKEL ? Est-ce que vous pensez, comme certains le souhaitent à la Commission européenne, que la France peut aller entre 2,5 et 2,8% de déficit en 2014 sans entrer en récession ? »

LE PRESIDENT : « Nous ne sommes pas rentrés dans la discussion pays par pays. Nous avons pris une orientation générale qui est de faire en sorte que les ajustements budgétaires ne soient pas incompatibles avec les objectifs de croissance ; qu’il y ait une adaptation qui fasse que nous atteignions les objectifs de manière cohérente ; que nous poursuivions sur notre trajectoire, en France, de retour à l’équilibre de nos comptes publics en 2017, et qu’en même temps, nous n’affaiblissions pas une croissance déjà anémiée compte-tenu de la récession en Europe. Dans les prochaines semaines – il n’y a plus longtemps à attendre – il y aura, par la Commission, une évaluation pays par pays ».

QUESTION : « Vous avez dit à votre arrivée qu’il faut un peu de souplesse dans la réduction du déficit du budget nominal. Avez-vous senti ce soir une compréhension de la part de vos homologues européens à ce propos ? Ou est-ce que vous avez l’impression de représenter un peu le « mauvais élève » de l’Europe dans la matière ? »

LE PRESIDENT : « Non, nous sommes le bon élève ! C’est-à-dire que nous faisons en sorte de corriger nos déficits. Des déficits que j’ai trouvés en arrivant aux responsabilités. Nous le faisons au rythme prévu par nos engagements européens, c’est-à-dire un effort structurel. Ce qui est prévu par les traités, ce qui est prévu par ce que l’on appelle le « Six pack - Two pack », c’est bien l’effort structurel qui doit être distingué de l’effort nominal – ce que vous avez fait – qui ne tiendrait pas compte de l’activité économique, de la conjoncture.

Nous sommes donc bien sur un effort structurel et nous tenons nos engagements. Mais nous faisons en sorte que cet effort ne contredise pas l’objectif de croissance, c’est-à-dire ne soit pas simplement regardé en terme nominal. Le débat qui va s’ouvrir avec la Commission et cette orientation qui nous est donnée aujourd’hui nous permettent d’avoir cette discussion de manière confiante ».

QUESTION : « Vous avez évoqué des « choix courageux » à poser pour 2014. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur la réforme des retraites ? Doit-on s’attendre à une hausse de la TVA ? Quelles sont vos pistes de travail ? »

LE PRESIDENT : « Nous avons à préparer un budget en 2014. Nous ferons nos choix, en terme de recettes, à l’été comme le calendrier de la loi de finances nous y oblige. Nos choix de dépenses, nous les faisons dès maintenant. Il ne vous a pas échappé que les lettres de cadrage avaient été adressées par le Premier ministre aux ministres. A donc déjà été anticipé cet effort de maîtrise de la dépense. De la même manière, nous avons lancé un certain nombre d’évaluations de politiques publiques sur les politiques familiales, sur des aides aux entreprises, sur la formation professionnelle… Elles nous permettront de faire des choix le moment venu ».

QUESTION : « A propos de la Syrie, deux questions. On ressent dans votre discours comme dans celui du ministre des Affaires étrangères un certain sentiment d’urgence. Voulez-vous obtenir, de vos partenaires européens, la levée de l’embargo avant l’échéance du 31 mai ? Avez-vous des indications sur une accélération des livraisons d’armes à Bachar El ASSAD et sur l’origine de ces livraisons ? »

LE PRESIDENT : « Sur le premier point : oui, s’il est possible de convaincre nos partenaires européens avant la fin du mois de mai, cela sera préférable. Sinon, nous attendrons la fin du mois de mai. Mais les esprits évoluent déjà. Sur les livraisons d’armes qui sont faites à Bachar El ASSAD, nous avons suffisamment de preuves pour, justement, considérer qu’il y a une asymétrie. D’un côté, un régime reçoit des armes malgré un certain nombre de sanctions qui ont pourtant été prononcées ; de l’autre, une opposition – que nous nous considérons comme légitime – est soumise à des règles qui sont celles de l’embargo.

Ces choix avaient pu se comprendre, à un moment, où nous recherchions, tous, la transition politique, l’issue par la négociation à ce conflit meurtrier. J’en ai, vous le savez, parlé au Président POUTINE. Il n’est pas fermé, loin de là, à une solution politique mais qui est récusée par Bachar El ASSAD. Au lendemain de ma visite à Moscou, Bachar El ASSAD a dit qu’il était prêt à organiser une élection présidentielle en 2014 et de s’y présenter. Ce n’est quand même pas une voie de sortie de la crise ! Pas même une voie de sortie pour Bachar El ASSAD !

Nous devons donc considérer, pour le moment, que malgré toutes les pressions, les solutions politiques ont échoué. Ce qui est regrettable. Mais, avec la pression militaire, elles peuvent justement retrouver une consistance. Dès lors, nous n’écartons pas la solution politique en souhaitant et en militant pour une levée de l’embargo. Nous pouvons même la rendre plus crédible encore. Nous ne pouvons pas accepter qu’une opposition – que, nous, nous considérons comme légitime, qui est maintenant organisée et structurée, qui fait en sorte que les courants les plus fondamentalistes puissent être mis de côté – puisse être laissée sans soutien.

Nous avons apporté, nous, un soutien à l’opposition. Un soutien politique depuis longtemps – j’ai rappelé que la France avait été le premier pays à reconnaître cette opposition comme la représentante légitime de la Syrie. Nous avons même ouvert une ambassade pour son représentant. De la même manière, nous avons donné une aide matérielle – j’ai parlé notamment du « non létal » ; nous avons apporté une assistance humanitaire – rappelez-vous, dès cet été en Jordanie ; nous avons fait en sorte de soutenir aussi financièrement l’opposition – nous avons organisé une conférence des donateurs.

Mais, là, maintenant, alors que l’opposition a gagné un certain nombre de positions et libéré des fractions de territoire, nous avons la responsabilité de prendre une décision. Je souhaite – et j’ai été interrogé là-dessus – qu’elle soit européenne. Je ne désespère pas – loin de là ! – de convaincre nos partenaires. Nous pouvons le faire avant le mois de mai – c’est votre question – au plus tard fin mai. Mais nous nous préparons à accorder à la Coalition les moyens qu’elle demande. »

QUESTION : « Il y a deux jours, à Dijon, vous avez annoncé votre intention de lancer un grand chantier de simplification des normes parce que, avez-vous dit, cela est nécessaire pour stimuler la croissance. Il se trouve que beaucoup de ces normes sont édictées au niveau européen. Avez-vous l’intention ou pris une initiative visant à simplifier également ces normes à l’échelle européenne ? »

LE PRESIDENT : « Oui, il y a une cohérence entre ce que nous disons et faisons en France et ce que nous devons également faire à l’échelle européenne. Dans ce Conseil, nous avons adopté une disposition qui fera que la Commission européenne, au mois de septembre, présentera un certain nombre de textes européens devenus obsolètes, inutiles, ayant perdu leur fondement et qui peuvent compliquer la tâche des Etats ou même de l’Europe dans son action. Cela a été le fruit d’un compromis et ne met pas en cause les politiques européennes, les droits des travailleurs et des consommateurs, ni les règles de protection de l’environnement. Mais tout ce qui est d’une complexité inutile sera également revisité au plan européen ».

QUESTION : « Nous ne vous avons pas encore entendu sur l’élection du nouveau Pape François, autrement que par voie de communiqué... »

LE PRESIDENT : « J’ai dit, dès l’élection du Pape, que la France voulait avoir des relations confiantes avec le Vatican, que nous pensons que le choix qui a été fait et qui est de la responsabilité de l’Eglise, est également un signe qui doit être entendu et regardé comme celui d’une ouverture à un nouveau continent, l’Amérique latine, qui a sûrement apprécié cette élection. Ensuite c’est le Premier ministre qui ira à la messe d’intronisation le 19, selon la tradition établie, d’ailleurs, dans notre République. Les premiers propos du Pape, témoignant de son souci de parler au nom des plus faibles et des plus fragiles, m’a paru un bon message ».

QUESTION : « Le Président du Parlement a demandé aux Etats membres de verser ce qu’ils doivent au budget pour 2013. Cela représente pour la France, je crois, 1,8 Mds d’euros. Comment allez-vous dégager cet argent ? »

LE PRESIDENT : « Dans la discussion qui va s’engager avec le Parlement européen, il y a trois points.

Le premier – j’y souscris complètement – c’est d’avoir la flexibilité totale dans l’utilisation des crédits européens, pour que tous les engagements – les 960 milliards – soient dépensés dans le temps du cadre financier. Si d’ailleurs l’Europe dépensait 960 milliards d’euros – ce qui a été donc acté par le Conseil européen – ce serait une somme supérieure à ce qui a été effectivement dépensé lors du précédent cadre financier. Ce qui ferait d’ailleurs justice de la critique que j’ai entendue, en laissant penser que l’Europe pourrait dépenser moins dans les sept prochaines années que lors des sept précédentes ! Si nous dépensons les 960 milliards d’euros, nous aurons fait davantage que lors du précédent cadre financier.

Le second souci du Parlement européen, au-delà de la flexibilité, c’est d’avoir une clause de révision, pour que le cadre financier puisse être adapté à la situation conjoncturelle. Je fais droit pour ma part – et je pense que ce sera le cas pour l’ensemble du Conseil européen – à cette demande.

Vous avez raison, le troisième point souhaité par le Parlement européen, c’est de ne pas avoir un budget en déficit en 2013. La question est maintenant de savoir quelle est l’ampleur de ce déficit, quel est le chiffre qui est celui de la réalité. Or ce n’est pas si facile, car nous sommes en début d’exercice. La Commission et le Parlement européen vont donc se mettre au travail pour trouver cet éventuel déficit et son ampleur. Vous avez évoqué un chiffre, il y en a d’autres qui circulent. En fonction de ce chiffre, il y aura sûrement un appel aux Etats. Après, il s’agira de savoir si cela sera imputé au budget 2013 des Etats de l’Union, ou s’il y aura un lissage sur plusieurs années. Je ne vous cache pas que la solution du lissage nous arrangerait ».

QUESTION : « Si la France et le Royaume-Uni ne parvenaient pas à convaincre les partenaires européens de la levée de l’embargo avant la fin mai, voire après, est-ce que ces deux pays prendraient leurs responsabilités pour éventuellement livrer directement des armes ? »

LE PRESIDENT : « Je pense que nous avons pour objectif, le Royaume-Uni et la France, de convaincre nos partenaires à la fin du mois de mai et si possible avant. Nous allons donc employer notre sens de la diplomatie, nos arguments pour faire apparaître la réalité de la situation syrienne, tragique, pour emmener l’ensemble de nos partenaires européens vers cette solution. Si d’aventure il devait y avoir un blocage, imaginons-le d’un ou deux pays – je connais un certain nombre de réticences –, alors – je ne peux pas m’engager pour d’autres que la France – la France, elle, prendrait ses responsabilités ».

QUESTION : « Vous avez évoqué la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du pacte de croissance. Est-ce à dire que certains Etats freinent le processus ? L’une des revendications fortes du Parlement européen est d’arrêter avec la mise en déficit du budget et donc de combler le trou de 16 milliards d’euros repéré pour 2013. L’un des freins à la mise en œuvre du pacte de croissance, qui comprend les fonds structurels, ne serait-il pas justement ce manque à gagner du budget européen qu’il va falloir aussi combler pour l’année prochaine ? Sur le « programme national de réformes » qui va bientôt être présenté : la Commission européenne regarde attentivement ce que fait la France ; est-on en mesure de proposer des éléments nouveaux sur la rationalisation sur les collectivités locales ou les professions protégées ? »

LE PRESIDENT : « Au moins trois questions dans votre intervention ! Y-a-t-il des Etats qui freinent la mise en œuvre du pacte de croissance ? Non, parce que ce n’est pas de la responsabilité des Etats, mais de l’Europe. Les Etats ont d’ailleurs fait leur devoir pour la recapitalisation de la Banque européenne d’investissement ; ce qui fait que, là-dessus, nous n’avons pas perdu de temps. Toutes les instances de la Banque européenne d’investissement ont été réunies et les fonds sont maintenant à disposition, pour partie d’ailleurs déjà utilisés.

Sur les fonds structurels, il y a une sous-utilisation. Nous les mobilisons donc –Car il y a effectivement des paiements qui sont encore en instance – pour faire en sorte que le pacte de croissance ait le plus d’efficacité en 2013. On est bien sur l’année 2013.

Troisièmement, nous anticipons le cadre financier européen qui va de 2014 à 2020, notamment sur l’emploi des jeunes pour avoir le plus d’impact dans les politiques de croissance et de lutte contre le chômage.

Votre deuxième question portait sur la différence de crédits de paiement pour l’année 2013. Il y a une évaluation qui sera faite : combien manque-t-il ? Et comment les Etats pourront-ils assurer les compensations ? Je vous redonnerai la réponse au mois de juin lorsque le Parlement européen aura adopté, voire refusé le cadre financier. Il ne l’adoptera que s’il a cette garantie que le déficit aura été comblé. Sur les réformes structurelles, nous en avons fait beaucoup depuis 10 mois : Le pacte de compétitivité, l’accord sur la sécurisation de l’emploi, la décentralisation, la simplification dont on a parlé, c’est une réforme structurelle. Si on pense que l’avenir c’est de savoir combien il y a de taxis à Paris, ça ne me parait pas tout à fait être à la hauteur de la responsabilité qui est la nôtre ».

QUESTION : « Je voulais revenir sur la Syrie et prolonger la question de mon confrère du Figaro. Finalement toutes les conditions que vous avez énoncées tout à l’heure, les armes chimiques, l’asymétrie, le fait que le régime syrien reçoit des armes existait déjà depuis des semaines voire des mois, des années. Je n’ai toujours pas compris ce qui vaut l’infléchissement de la position française, aucun pays n’a ouvert la question politique sur cette question. Qu’est qui vaut l’accélération de ce calendrier ? Quelle est l’urgence ? »

LE PRESIDENT : « D’abord ce n’est pas parce que ça n’a pas été fait qu’il ne faudrait pas le faire. C’est bien parce que nous considérons qu’aujourd’hui les positions politiques que nous avons recherchées n’ont pas progressé que nous sommes amenés à prendre une autre décision. C’est parce que j’ai obtenu toutes les garanties sur les livraisons de matériels et leurs bonnes destinations avec la coalition nationale. C’est enfin parce que je considère qu’à un moment nous ne pouvons plus tergiverser. Bien sûr que ça fait des mois que cela dure. De semaines en semaines, le nombre de victimes s’amplifie. Il y a maintenant l’utilisation d’armes de plus en plus terrible par le régime syrien. Dès lors nous devons convaincre nos partenaires de lever l’embargo, la date c’est le 31 mai. Nous pouvons aller plus vite si nous arrivons à trouver le consensus. Je pense qu’il y a eu une évolution. Mais il y a un moment où les garanties étant obtenues et les solutions politiques n’étant pas saisies, la responsabilité doit être prise. C’est une décision grave nous ne la prenons pas seuls. Le Royaume Uni est sur la même ligne que nous, mais je pense que c’est notre devoir. Merci ».

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Deuxième journée

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La conférence de presse

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Type de contenu : Conférence de presseLe texte intégral de la conférence de presse

Seconde conférence de presse du président de la République au Conseil européen

Bruxelles – Vendredi 15 mars 2013

LE PRESIDENT : « Mesdames, Messieurs, je vous retrouve à la fin du Conseil. Nous nous étions déjà rencontrés sur la première partie. Tard hier soir, il s’est tenu un sommet de la zone euro. Je souhaite en effet que régulièrement il puisse y avoir des réunions à 17 pour appréhender ce qu’est l’économie de cette zone, comment nous pouvons mieux coordonner nos politiques et comment nous pouvons renforcer encore les instruments de stabilité et de croissance.

Dans la réunion d’hier soir, il y a eu un focus qui a été fait sur les questions de productivité et de compétitivité. Une zone monétaire suppose d’avoir : une politique monétaire, celle qui est conduite par la Banque centrale ; une politique budgétaire coordonnée ; mais également une politique qui vise à renforcer la capacité de croissance et qui veille également à mettre en cohérence tous les pays de cette zone, pour qu’ils puissent avoir le niveau le plus élevé de compétitivité et de productivité. Ensuite, à la zone euro, par la coordination de ces politiques, et à chacun des pays, de relever le niveau de la performance industrielle. Nous avons donc regardé ce qu’étaient les niveaux de productivité et comment nous pouvons les relever.

Il y a eu également une discussion sur la coordination des politiques économiques. Il y a des pays qui sont en déficit de balance de paiement courant et qui doivent donc faire des efforts pour redresser leur commerce extérieur, pour améliorer leur compétitivité. Et puis, il y a des pays qui sont en excédent de paiement courant, qui doivent garder ces avantages, mais qui doivent également soutenir leur demande intérieure pour qu’il puisse y avoir, dans la zone euro, un soutien direct à la croissance. Pendant que d’autres font des efforts pour maîtriser leurs comptes publics ou extérieurs.

Cette discussion a donc été utile. Elle n’a pas débouché sur des décisions immédiatement opérationnelles, mais elle donne un cap stratégique à la zone euro, qui ne peut pas être simplement une zone de discipline, une zone de vigilance, une zone de stabilité. Tout cela est nécessaire et d’ailleurs des progrès ont été enregistrés depuis plusieurs mois. J’ai personnellement salué l’action qui avait été conduite par Mario MONTI en Italie. Pas simplement pour l’Italie, mais pour l’Europe.

Mais il y a aussi, au-delà de la stabilité, des règles budgétaires, une croissance à préparer et qui est spécifique aussi à la zone euro. Parce que dès lors que l’on est dans une zone monétaire, nous avons forcément des convergences aussi en terme de politique de compétitivité, de politique industrielle et de politique de production. Cela c’était le premier sujet. Chypre sera évoquée cet après-midi en Eurogroupe. Nous n’avons pas entre chefs d’Etat et de gouvernement abordé directement cette question.

Ce matin, il y a eu une discussion comme nous avions eu lors de la précédente réunion du Conseil européen, sur la Chine la dernière fois, sur la Russie cette fois-ci. Partenaire stratégique, partenaire important, partenaire avec lequel, Européens, nous devons aller unis dans un certain nombre de négociations que cela soit sur l’énergie, sur le commerce ou sur la question des droits de l’Homme.

Enfin, il y a eu la question de l’attitude de l’Europe face à la Syrie qui a été posée. Je l’ai fait. Je dois constater qu’il y a eu des progrès, depuis déjà plusieurs semaines, sur la manière dont laquelle l’Europe regarde sa relation avec la Coalition qui est aujourd’hui, je le rappelle, la représentante légitime du peuple syrien.

Il y a eu deux Conseil des Affaires étrangères qui se sont tenus, au mois de janvier et au mois de février, et qui ont permis non seulement de reconnaître la Coalition, mais en plus de lui livrer un certain nombre de matériels non létaux, ainsi qu’une assistance technique. Ce qui est maintenant regardé, c’est ce qui peut être fait pour lever l’embargo. Nous avons une date ultime qui est la fin du mois de mai. D’ici là, il y aura une prochaine réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères, en Irlande, pour que soient regardées toutes les conséquences de la levée de l’embargo.

Pourquoi je souhaite qu’il y ait cette évolution de l’attitude européenne ? Pourquoi maintenant ? Parce que justement, cela fait deux ans que le drame se produit et que le nombre des victimes s’alourdit de jour en jour. Ces derniers mois, aucune solution politique n’a été trouvée, malgré toutes les tentatives du médiateur, M. BRAHIMI, malgré les discussions que nous avons pu avoir sur le plan bilatéral, malgré les réunions du Conseil de sécurité… Rien n’a pu être obtenu du régime de Bachar Al ASSAD.

Il y a eu, enfin, une troisième évolution. C’est justement celle de la reconnaissance, par une grande partie de la communauté internationale, de la Coalition comme représentante légitime du peuple syrien. S’ajoutent les armes qui sont livrées par un certain nombre de pays, dont la Russie, pour parler clairement, à Bachar Al ASSAD et à son régime.

A partir de là, nous devons en tirer toutes les conclusions. J’estime que l’Europe doit prendre cette décision dans les prochaines semaines. C’est ce qui nous est demandé par la Coalition, mais pas seulement par la Coalition. Par la Coalition parce qu’elle veut, dès lors qu’il n’y a pas d’issue politique pour le moment – la pression militaire pourra sûrement la faire ressurgir –, dès lors qu’elle est reconnue internationalement, d’avoir les moyens de pouvoir défendre les zones qui ont été libérées.

Ensuite, nous devons faire en sorte que ces armes aillent bien à la Coalition, et seulement à la Coalition, et ne puissent pas être détournées par des groupes dont nous n’aurions pas l’assurance qu’ils en feraient le meilleur usage. Enfin, il y a des pays qui nous assurent qu’ils pourront, aussi, en assurer le contrôle et l’assistance technique. Je pense notamment aux pays de la Ligue arabe.

Il y a donc aujourd’hui une évolution à engager. Elle sera utile pour chercher l’éventuelle solution politique, elle sera nécessaire pour défendre la population en Syrie. Tel est le débat que nous avons eu. Il va se poursuivre lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères. Voilà l’état de nos discussions sur cette question importante et qui affecte l’ensemble de la vie internationale ».

QUESTION : « Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’état des discussions dont vous venez de parler ? Quels sont les pays qui seraient en train d’évoluer vers la France et ceux qui sont extrêmement éloignés ? »

PRESIDENT : « Moi, je ne veux pas chercher à diviser ou à séparer. Je veux faire en sorte que l’Union européenne puisse adopter une position commune. Je défends donc une attitude qui est, à la fois, celle de la responsabilité face à la situation en Syrie et aussi celle de la cohérence et de la cohésion que l’Europe doit donner.

La discussion devait donc avoir lieu. Elle avait d’ailleurs déjà eu lieu lors de plusieurs Conseils des ministres des Affaires étrangères. Nous avons en plus une date, la fin du mois de mai, pour en décider puisque nous aurons à délibérer sur cette question de l’embargo. On peut le faire avant, mais, de toute manière, nous aurons à le faire à la fin du mois de mai.

Ce que je cherche donc, c’est à convaincre. Pour l’instant, il y en a beaucoup qui sont convaincus autour de la table. Mais pas tous. Je respecte cette position parce qu’il y a toujours cette interrogation sur les conséquences de cette levée de l’embargo. Et aussi des assurances qui doivent être données sur l’utilisation de ces moyens matériels et militaires. Pour savoir si cela sera contrôlé et si l’opposition syrienne est capable, aujourd’hui, de les utiliser sans qu’il y ait de conséquences sur les populations civiles et sans qu’il y ait de risque d’être détournés par des groupes dont nous considérons qu’ils peuvent être dangereux pour l’après-Syrie ou plus exactement pour l’après-Bachar Al ASSAD.

QUESTION : « Est-ce que vous êtes confiant, quand vous parlez de cette date du 31 mai sur la possibilité de réunir les 27 autour de cette idée de la levée de l’embargo ? Plus précisément est-ce que vous pensez possible et même souhaitable que certains pays lèvent l’embargo unilatéralement avant ou après cette date ? »

LE PRESIDENT : « Nous devons chercher, je l’ai dit, une position commune. Nous avons une politique étrangère et de sécurité commune. Elle doit trouver sa place. Ce n’est pas facile à 27 bientôt à 28. Il y a des nuances, il y a des sensibilités, il y a des traditions. Des pays viennent de ce que l’on appelle « la neutralité ». Nous devons faire un effort pour qu’une position puisse être trouvée. Une date est fixée pour la fin du mois de mai. Cela peut arriver avant, puis ensuite nous verrons bien ce qu’il y a lieu de faire. Mais j’ai dit ce que serait l’attitude de la France. Je dois chercher la position commune et je pense que la méthode qui a été utilisée – celle de réunions des ministres des Affaires étrangères, pour regarder à chaque fois l’état de la situation – est la bonne manière de l’appréhender. Cette méthode est la bonne.

QUESTION : « En France, au sujet de la Syrie, plusieurs voix politiques se sont élevées, certaines parlant de folie, d’autres d’action isolée de la France, d’autres d’apprenti sorcier… Qu’est-ce que vous répondez à ces interpellations ? Qu’est ce vous pouvez dire également aux Français, qui pourraient s’inquiéter de cette perspective ?

LE PRESIDENT : « D’abord les Français – parce que ce sont eux qui doivent être juges de ce que nous faisons et protégés par ce que nous décidons. La levée de l’embargo n’aura aucune conséquence sur les relations que nous avons avec le régime de Bachar Al ASSAD, nous n’en n’avons plus ! Nous considérons qu’il doit partir, il n’y aura donc pas de changement de notre diplomatie.

Nous considérons que ce qu’il fait, aujourd’hui, pour son peuple est criminel. Je ne peux pas dire davantage… Levée de l’embargo ou pas levée de l’embargo, la France a été le premier pays du monde à reconnaitre l’opposition – à l’époque, c’était l’opposition, aujourd’hui c’est la Coalition nationale – comme représentante légitime du peuple syrien. J’ai pris mes responsabilités et cette position, d’ailleurs, est devenue celle de l’Europe et d’une large partie de la communauté internationale.

Nous luttons contre le terrorisme, partout dans le monde. Nous serons donc attentifs aux aides matérielles que nous faisons à la Syrie. Nous l’avons déjà fait pour ce que l’on appelle le matériel non létal, l’aide humanitaire – ce que nous avons fait déjà dès l’été – ou l’aide financière puisque nous avons réuni à Paris une Conférence des amis.

Puisque nous avons déjà aidé l’opposition, nous aurons à cœur de le faire jusqu’au bout, parce que nous avons confiance en elle. A partir de là, la France a pris cette position. Elle a déjà convaincu l’Europe à la soutenir à travers la reconnaissance, à fournir du matériel et de l’aide humanitaire. Nous continuons dans ce même processus et nous luttons contre le terrorisme partout. Parce que nous voulons éviter qu’en Syrie, il puisse y avoir, par la radicalité de certains groupes, un risque terroriste comme nous l’avons connu en Lybie. La France doit savoir qu’elle est protégée contre le terrorisme par une lutte contre le terrorisme à l’échelle du monde.

Enfin, sur les positions des uns et des autres, si je devais les commenter ! A peine étais-je élu qu’on me demandait de faire, pour la Syrie une aide qui n’avait pas était prévue jusque-là. Certains me demandaient même d’aller à Moscou cet été, en toute hâte, et demander à Mme MERKEL de m’accompagner pour convaincre M. POUTINE. Certains me demandaient de livrer des armes, déjà à cette époque, les mêmes qui aujourd’hui s’interrogent ou s’alarment…

Ecoutez, franchement, il y a ce qui relève de la politique nationale, elle a ses règles et ses principes et je ne veux pas ici commenter ces propos. Et puis il y a ce qui relève de la responsabilité. La mienne, c’est de faire en sorte que nous puissions être cohérents dans les actions que nous conduisons par rapport à la Syrie depuis plusieurs mois. Quand je dis plusieurs mois, c’est aussi par rapport à la période avant mon élection.

Il y a une cohérence que nous devons rappeler parce qu’il y a une continuité qui doit aussi, au-delà des alternances, être menée et respectée. Il y a donc ce que nous avons engagé, depuis déjà des mois, et qui doit trouver son prolongement. Je ne dis pas son aboutissement parce que ce n’est qu’une étape et que nous cherchons, de toute manière une solution politique. La pression militaire fait partie de cette démarche. Voilà je n’ai pas d’autres commentaires à faire sur les commentaires ! »

QUESTION : « Avec les 27, vous aviez à discuter de la Russie. Quel est le message que vous envoyez aujourd’hui à Moscou ? Sur la question de la Syrie, est-ce que vous pouvez lui assurer qu’elle gardera, s’il y une alternance en Syrie, sa base militaire ? Quels sont les éléments de langage que vous allez adopter avec les Russes – parce qu’une des clés de la solution politique est à Moscou – pour les amener, non pas à cesser leur livraison d’armes, mais que leur livraison d’armes soit plus utile pour une solution politique qu’elle ne l’est aujourd’hui ? Deuxièmement, comment allez-vous assurer le contrôle des armes ? Certaines armes sont parties de Lybie apparemment se sont retrouvées en Syrie dans des mains qui n’étaient pas automatiquement les bonnes. Comment va-t-on s’assurer de ce contrôle de ces armes ? »

LE PRESIDENT : « Aux Russes et au président POUTINE, j’ai déjà dit et je le répète devant vous : nous respectons la position de la Russie dans cette région et les intérêts qu’elle peut encore détenir ou préserver. C’est légitime, la Russie fait partie de ces puissances qui contribuent, qui peuvent contribuer à l’équilibre, à la stabilité. J’ai plusieurs fois garanti, autant qu’il était possible, au président POUTINE que l’après ASSAD ne serait pas, pour les Russes, la fin de la relation que ce grand pays a avec la Syrie. Nous avons donc tout fait pour associer la Russie à la solution politique.

D’ailleurs, quand je suis allé à Moscou, nous avons envisagé avec le président POUTINE l’initiative que des éléments du régime puissent discuter avec l’opposition syrienne pour chercher la solution politique, si ces éléments étaient acceptés par l’opposition et si ces éléments acceptaient de discuter avec l’opposition. Mais je constate que rien n’a bougé.

Quelques jours après que j’ai pu lancer cette initiative et que les Américains et les Russes en aient également discutée, Bachar Al ASSAD a annoncé des élections en 2014, en Syrie et qu’il était candidat à sa succession. Ce qui n’était quand même pas l’ouverture qui était attendue ! Donc, cette position qui pourrait être, demain, la levée de l’embargo n’est pas destinée à couper les relations avec la Russie. Au contraire.

Nous avons intérêt à trouver la solution sinon il y a une pression militaire qui va se faire. Vous avez raison de dire que des armes qui avaient été livrées, pendant l’insurrection et la rébellion en Lybie, se sont retrouvées sur d’autres champs et d’autres lieux. Au Mali mais aussi en Syrie.

La question de la livraison des armes, pour avoir la meilleure réponse, exige que la Coalition donne toutes les garanties. C’est parce qu’elle les fournit que nous pouvons aujourd’hui envisager la levée de l’embargo. Nous avons toute certitude maintenant de ce que serait l’utilisation de ces armes. Enfin, il y aura un accompagnement, une aide technique, une assistance qui seront fournis. Ce qui, là aussi, évitera un certain nombre de déperdition ».

QUESTION : « D’abord, est ce que vous avez parlé de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis au cours de ce sommet. Je voulais également savoir quelle était la position de la France concernant cet accord de libre-échange sachant que les droits de douanes sont déjà à un niveau historiquement bas. Est-ce qu’on ne risque pas de négocier des secteurs qu’a priori on n’a pas intérêt à négocier comme les normes sanitaires, la culture etc. ?

Seconde question concernant la nouvelle répartition des sièges au sein du Parlement européen qui a été votée, cette semaine, par les députés européens et qui viole la règle du traité de Lisbonne sur la dégressivité proportionnelle. Elle revient, en gros, à priver la France et la Grande-Bretagne des députés qu’ils auraient dû avoir en fonction de l’évolution démographique. Quelle est la position de la France ? Est-ce que la France va bloquer au mois de juin cette répartition ? »

LE PRESIDENT : « Nous n’avons pas discuté de l’accord de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis. Mais nous aurons à en débattre puisqu’un mandat doit être donné à la Commission européenne. Ma position est la suivante : je suis pour qu’il y ait une négociation qui s’ouvre pour lutter contre les barrières douanières ou les freins aux échanges de façon à favoriser la croissance.

Mais il doit y avoir des garanties par rapport à certains domaines. Vous avez évoqué les normes sanitaires. Cela en est un auquel nous sommes attentifs, notamment dans cette période. Mais il y a un autre domaine sur lequel je voudrais insister, c’est la question de l’exception culturelle et notamment des services audiovisuels. Ce secteur comme il avait été exclu pour d’autres accords, ne peut pas se trouver dans le mandat . Je veux que ces domaines soient exclus du champ de la négociation.

Sur la deuxième question, la répartition des sièges. Il y a des règles effectivement prévues par les traités, c’est la formule de « la dégressivité proportionnelle » – un jargon très européen, pour bien comprendre qu’il n’y a rien à comprendre. C’est tout simplement la règle que le nombre de siège doit être fonction de la population ».

QUESTION : « Si je peux revenir sur les questions économiques, hier soir, M. MONTI vous a envoyé une lettre qui était un cri d’alarme. Il disait qu’il faut des mesures pour éviter la marée montante du populisme. La solution politique qu’on essaie en ce moment de trouver en Italie – une alliance avec un mouvement qui demande un referendum sur l’Euro – c’est la réponse et la bonne solution ?

LE PRESIDENT : « Mario MONTI a en effet adressé une lettre à tous les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Europe. Il leur a donné une leçon qu’il retenait du scrutin qui venait d’avoir lieu en Italie. Sur le plan de la conduite économique, il a dit que ce qu’il avait fait avait permis, non seulement à l’Italie mais aussi à l’Europe, de sortir de l’instabilité financière que nous connaissions il y a encore quelques mois.

Moi, je n’oublie pas le rôle qu’a joué Mario MONTI, au Conseil européen du mois de juin dernier, pour nous permettre de trouver des instruments qui sont maintenant en place. Le rôle également qu’il a joué dans son pays, pendant plusieurs mois, pour prendre des mesures qui ont fait que la spéculation s’est ralentie pour ne pas dire retirée de la zone de la monnaie unique.

Il nous a aussi fait valoir une leçon. C’est que si les pays vont trop vite dans l’ajustement, s’ils n’entrevoient pas la croissance, l’espérance, le renouveau dans les décisions qui sont difficiles à prendre – sur le plan des disciplines budgétaires, des améliorations de compétitivité ou des reformes structurelles –, alors le risque, c’est le rejet non pas des gouvernements, mais le rejet de l’Europe en tant que telle. Cette leçon doit donc être absolument retenue y compris dans les décisions qu’aura à prendre l’Europe dans les prochains mois.

Sur la situation politique italienne, il ne m’appartient pas d’en juger. Le président de la République italienne aura à faire le choix de designer un président du Conseil qui cherchera une majorité qui semble difficile. Il y a aussi l’intérêt du peuple italien et je ne doute pas que les forces politiques y travailleront ».

QUESTION : « Concernant la Syrie : si, au 31 mai, il n’y avait pas de levée collective de l’embargo sur la livraison d’armes pour l’opposition syrienne, que ferait la France ? Vous avez dit hier que vous prendriez vos responsabilités. Seriez-vous prêt à des livraisons unilatérales avec les Britanniques en faveur de l’opposition syrienne ? Par ailleurs cela fait longtemps que les Français et les Britanniques poussent pour la levée de l’embargo. Il n’y a pas eu réellement de consensus, notamment fin février, quand on a prolongé les sanctions. Qu’est-ce qui vous permet de penser que l’état d’esprit général de l’Union européenne évolue ? En avez-vous notamment parlé avec Mme MERKEL qui n’a pas l’air très chaude là-dessus ? »

LE PRESIDENT : « Je vous l’ai dit, je ferai tout pour qu’à la fin du mois de mai, au plus tard, une solution commune soit adoptée par l’union. Je me place donc dans cette perspective, pas dans la division, pas dans la séparation, pas dans l’unilatéralisme. Nous devons convaincre. Je dois faire valoir mes arguments et montrer qu’il y a une nouvelle étape à franchir.

Qu’est ce qui fait qu’il peut y avoir une évolution ? L’Europe a déjà évolué ! Vous rappeliez, à juste raison, que ces dernières semaines non seulement la Coalition nationale, c’est-à-dire l’opposition a été maintenant reconnue seule instance légitime de représentation de la Syrie, mais en plus ce qui paraissait inenvisageable, des aides matérielles lui ont été autorisées.

Moi-même, j’ai longtemps pensé que cette simple fourniture de matériel suffisait et que cela permettait de faire la pression nécessaire sur le régime syrien, tout en donnant à l’opposition les moyens d’agir. Mais on est devant une asymétrie et c’est ce qui fait que nous devons aller plus loin.

D’un côté, un régime condamné pour ses exactions et ses massacres, qui n’a pas la reconnaissance de l’Europe et qui obtient des armes, du matériel de plusieurs pays, notamment de la Russie mais pas seulement de la Russie. Ce pays les utilise, il a des armes chimiques et menace de les employer. En face, il n’y aurait que des armements qui viennent d’on ne sait où ? La meilleure façon de procéder c’est de contrôler les armes qui sont apportées à l’opposition.

Tout à l’heure nous avons évoqué la Lybie. Je préfère donc que l’on fasse les choses avec contrôle, vigilance, précaution. Je ne désespère pas de convaincre les membres de l’Union européenne ».

Comment allez-vous faire pour convaincre Mme Merkel car l’Allemagne est réticente à la levée de l’Embargo ?

« Mme MERKEL elle-même – je n’ai pas à parler en son nom – a dit qu’elle regarderait toutes les conséquences des décisions que nous pourrions prendre et qu’elle serait attentive à ce que les ministres des Affaires étrangères pourraient avoir comme délibération, dès la prochaine réunion à Dublin. Je fais d’ailleurs observer que la déclaration du ministre des Affaires étrangères allemand était beaucoup plus ouverte que ce qu’il disait jusque-là ».

Si l’Union européenne ne parvient pas à un accord que ferez-vous ?« S’il n’y a pas d’accord, nous nous retrouverons et je vous dirais quelle sera la décision de la France. Mais j’ai déjà dit que nous aurons à prendre nos responsabilités ». 

La France souhaite-t-elle utiliser un droit de véto ?« Non, ce n’est pas une question de veto. Cela fait partie de la politique européenne de sécurité commune. Nous devons aller dans le sens de la convergence. Ensuite, nous aurons à la fin du mois de mai une décision à prendre. Mais peut-être avant, parce que la situation évolue, parce qu’il y a des dizaines et des centaines de morts chaque semaine ou chaque mois ! Nous avons donc là à faire face à une gravité qui effectivement peut convaincre beaucoup de ce que nous avons à faire maintenant ».

QUESTION : « Je comprends bien que la livraison d’armes permet d’inverser le rapport de forces et donc de faciliter une issue politique. Mais cela comporte des risques pour la France. Avez-vous d’autres objectifs en tête ? Plus le conflit perdure, plus il y a un risque de terrorisme et plus il y a un risque de déstabilisation régionale avec le Liban, la Jordanie, Israël. Est-ce à tout cela que vous pensez quand vous vous impliquez davantage dans ce conflit ? »

LE PRESIDENT : « Le plus grand risque serait de ne rien faire. Le plus grand risque serait de laisser faire. Le plus grand risque serait de faire que Bachar Al ASSAD continue à massacrer son peuple et que des groupes désespérés se réfugient dans le terrorisme. Le plus grand risque, c’est le chaos.

Voilà pourquoi nous devons agir. Au-delà des questions humanitaires, des questions qui nous interpellent au nom du devoir d’aider un peuple qui est aujourd’hui en danger, nous avons aussi à agir dans notre propre intérêt, pour la sécurité de la région ; vous avez raison. Parce que nous avons maintenant des conséquences directes de ce qui se produit en Syrie : au Liban encore ces dernières heures, mais également dans la région et avec tout ce que cela peut avoir comme conséquence à l’échelle du monde ; c’est-à-dire une guerre civile qui perdurerait, radicaliserait les deux camps et ferait que des armes seraient utilisées et avec des prolongements extérieurs - en Turquie, au Liban et ailleurs sans doute -.

Voilà, le plus grand risque, c’est l’inaction. En prenant une décision, c’est ainsi que l’on réduit les risques. Sur les armes, mieux vaut les contrôler que les laisser circuler - ce qui est le cas aujourd’hui - et avec des financeurs dont nous ne pouvons être certains qu’ils soient eux-mêmes sûrs de la destination de leur livraison ».

QUESTION : « Avez-vous des informations sur l’éventuel usage d’armes chimiques par le régime d’Al ASSAD ? »

LE PRESIDENT : « Non, nous n’avons pas d’informations. Nous avons pour l’instant conscience que le régime prendrait un risque extrêmement élevé s’il les utilisait et il le sait. Merci ».


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